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Didier Daeninckx

Didier Daeninckx
Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis. De 1966 à 1982, il travaille comme imprimeur, animateur culturel, puis journaliste dans plusieurs publications. Depuis Meurtres pour mémoire, il a écrit une quarantaine de livres - dont La mort n'oublie personne, Métropolice, Zapping ou Cannibale - q... Voir plus
Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis. De 1966 à 1982, il travaille comme imprimeur, animateur culturel, puis journaliste dans plusieurs publications. Depuis Meurtres pour mémoire, il a écrit une quarantaine de livres - dont La mort n'oublie personne, Métropolice, Zapping ou Cannibale - qui sont tous des chefs-d'oeuvre.

Avis sur cet auteur (44)

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    Couverture du livre « Têtes de maures » de Didier Daeninckx aux éditions Gallimard

    Bagus35 sur Têtes de maures de Didier Daeninckx

    Melvin Dahmani reçoit un faire-part pour un enterrement en Corse où il n'a pas mis les pieds depuis dix ans sans reconnaître le nom de l'enterrée .Il va découvrir qu'il s'agit en fait de Lysia Dalestra qu'il a aimé à l'époque et qui vient de se suicider.Un peu rattrapé par la police pour ses...
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    Melvin Dahmani reçoit un faire-part pour un enterrement en Corse où il n'a pas mis les pieds depuis dix ans sans reconnaître le nom de l'enterrée .Il va découvrir qu'il s'agit en fait de Lysia Dalestra qu'il a aimé à l'époque et qui vient de se suicider.Un peu rattrapé par la police pour ses escroqueries et ses fréquentations ,il quitte la capitale pour l'île de beauté .Sur le chemin du cimetière ,son voisin est tué d'une balle et lui blessé à l'oreille ce qui va l'inciter à découvrir pourquoi Lysia est partie.

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    Couverture du livre « Passages d'enfer » de Didier Daeninckx aux éditions Gallimard

    Ghislaine DEGACHE sur Passages d'enfer de Didier Daeninckx

    Dans Passages d'enfer, Didier Daeninckx nous offre vingt-et-une nouvelles dont le point commun comme le titre l'indique est la traversée par des êtres, souvent, somme toute assez ordinaires, de moments impitoyables générés par notre société.
    Dans ce recueil, où, presque chacune des nouvelles...
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    Dans Passages d'enfer, Didier Daeninckx nous offre vingt-et-une nouvelles dont le point commun comme le titre l'indique est la traversée par des êtres, souvent, somme toute assez ordinaires, de moments impitoyables générés par notre société.
    Dans ce recueil, où, presque chacune des nouvelles présente un grand intérêt, quelques-unes m'ont particulièrement frappée. C'est le cas par exemple de la première intitulée "Le salaire du sniper" qui débute par cette phrase tellement parlante "Il n'y a rien de pire qu'un conflit qui s'éternise". Quelque part en Europe de l'Est, deux journalistes français couvrent un conflit armé depuis quatre mois, lorsque leur directeur du service étranger les appelle de Paris. La part d'audience du journal baisse et même s’ils tentent de lui faire comprendre "qu'on ne va pas faire exploser l'audimat avec un conflit aussi enlisé que celui-ci ! Il faut être là au cas où ça pète parce que les éclats arroseront l'Europe entière...", ce dernier leur demande de trouver une solution... Et voilà nos hommes partis à la recherche d'images chocs qui coûteront la vie à un innocent.
    Un texte fort et ironique sur la manipulation de l'image pour des spectateurs assoiffés de toujours plus de sensationnel. Paru en 1999, ce livre est toujours criant de vérité !
    Dans "Détour de France", Didier Daeninckx nous conte l'histoire de ce fils qui pour offrir un dernier cadeau à son père mourant va prendre un risque qui lui sera fatal. Une histoire délirante, pleine d'humour et tellement bouleversante.
    Une troisième nouvelle m'a particulièrement touchée, c'est "Zigzag men". Le sujet choisi est la guerre d'Algérie et plus précisément les tortures qui ont pu avoir lieu durant celle-ci, l'occasion pour l'auteur, par l'intermédiaire d'Amar de poser la question : "attendre cinquante ans pour dire la vérité ?"
    Toutes les nouvelles ont un thème différent et dans chacune sont évoqués des gens discrets confrontés à la réalité sociale de l'époque. Elles sont à la fois ironiques, acides, époustouflantes, caustiques et tellement émouvantes et bouleversantes !
    Réussir en quelques pages à construire une histoire à l'intrigue palpitante dans un contexte social fort avec une chute à chaque fois stupéfiante et inattendue, c'est ce qu'a réalisé Didier Daeninckx dans Passages d'enfer.
    À noter que la dernière nouvelle porte le nom de Passage d'Enfer où elle se déroule, une voie du 14ᵉ arrondissement de Paris située entre le boulevard Raspail et la rue Campagne-Première.^

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « L'école des colonies » de Didier Daeninckx aux éditions Hoebeke

    Jean-Paul Degache sur L'école des colonies de Didier Daeninckx

    Ce magnifique livre des éditions Hoëbeke est bien dans la ligne choisie par cette maison d'édition qui ose sortir des sentiers battus. Son grand format permet de découvrir, d'apprécier, de comprendre et aussi d'être choqué par ce qui était présenté comme la vérité dans les écoles de ce qu'on...
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    Ce magnifique livre des éditions Hoëbeke est bien dans la ligne choisie par cette maison d'édition qui ose sortir des sentiers battus. Son grand format permet de découvrir, d'apprécier, de comprendre et aussi d'être choqué par ce qui était présenté comme la vérité dans les écoles de ce qu'on nommait « nos colonies ».
    Quoi de mieux que la plume précise et alerte de Didier Daeninckx pour nous emmener au début du mois de septembre 1945, au coeur de la Kabylie, sur les pas du nouvel instituteur, Roger Arvenel, arrivant à Tigali ? C'est lui qui raconte, à la première personne du singulier.
    Les formules toutes faites, les a priori fleurissent et sont véhiculés par les plus hauts responsables : « les caractéristiques de leur race résistent à toutes nos entreprises. Paresse, envie, simulation, agressivité… » L'administrateur communal poursuit et prévient l'enseignant : « En donnant l'illusion à nos protégés qu'ils peuvent être nos égaux, on ne fait que fabriquer des déclassés, des aigris. »
    Heureusement, il y a les superbes cartes Vidal-Lablache, les tableaux Rossignol mais on trouve aussi des extraits de livres de lecture ou de ce livre de géographie du cours moyen (1925) : « Une grande puissance comme la France ne peut se passer de colonies. Les colonies constituent un marché important où la métropole se procure à bon compte les matières premières et les produits alimentaires dont elle a besoin… » Tout est dit.
    Le jeune enseignant ne comprend pas pourquoi ses élèves, habillés de guenilles et dont deux seulement sont chaussés, s'endorment en classe. Il découvre pourquoi un peu plus tard alors que l'armée débarque dans le village à la recherche de bandits et que les cours sont suspendus.
    Il correspond avec ses camarades de l'École Normale et voilà qu'Armand lui répond du Sénégal. Il lui décrit une situation encore pire car ses élèves sont utilisés comme des bêtes de somme et il reconnaît que l'instituteur ne fait que du dressage.
    Une autre lettre lui arrive du Vietnam, d'Indochine où Jean-Pierre enseigne à Lao Bang, à 300 km d'Hanoï. La situation est très compliquée car Hô Chi Minh a proclamé l'indépendance. Comme le général Giap, tous ces hommes sont issus de nos plus grandes écoles…
    Depuis Madagascar, Patrick parle de l'insurrection pour l'indépendance. La France envoie des tirailleurs sénégalais, algériens, marocains pour tenter de mater les Malgaches qui veulent simplement la liberté et qui sont massacrés…
    Après avoir expliqué la fabrication du vin à ses élèves, Roger Arvenel se demande pourquoi on produit ici des millions d'hectolitres d'une boisson que les gens du pays ne consomment pas alors que le blé manque pour faire du pain…
    Enfin, c'est Marie-Joëlle qui lui écrit de Nouvelle-Calédonie. Elle est en poste à Nouméa et sa première visite a été « pour la modeste maison où Louise Michel, après son incarcération à la presqu'île Ducos, a enseigné aux enfants des communards déportés. » Elle apprenait aussi le français et le calcul aux gamins canaques. Là-bas, « le Code de l'indigénat… supprimé par l'Assemblée nationale… impose toujours sa loi. »
    Revenu en Charente-Maritime, Roger Arvenel répond à ses amis le 17 octobre 1957. En Algérie, c'est la guerre : « Je pars dans la lueur des incendies, dans les hurlements des martyrs, moi qui était venu là pour apporter la lumière et la poésie. »
    Ce livre est d'une importance immense au moment où l'on déplore, comme l'historien Benjamin Stora, que la France n'ait toujours pas réglé son passé colonial, cette « mémoire du sud » qui pèse toujours aussi lourd aujourd'hui.

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Cannibale » de Didier Daeninckx aux éditions Gallimard

    Colette LORBAT sur Cannibale de Didier Daeninckx

    Nouvelle-Calédonie 1985, deux hommes dans une voiture sont visés par un fusil tenu par un jeune kanak à un barrage sur un chemin. Gocéné en descend pour discuter, le blanc, Caroz, est sommé de faire demi-tour. « L’homme que tu as chassé sans même essayer de l’écouter, à soixante-quinze ans...
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    Nouvelle-Calédonie 1985, deux hommes dans une voiture sont visés par un fusil tenu par un jeune kanak à un barrage sur un chemin. Gocéné en descend pour discuter, le blanc, Caroz, est sommé de faire demi-tour. « L’homme que tu as chassé sans même essayer de l’écouter, à soixante-quinze ans comme moi. Même s’il est Blanc, il est tout aussi kanak que toi et moi : il a fait des mois de prison, chez les siens, pour avoir pris ma défense...Un Blanc en prison çà cause d’un kanak ? C’est la première fois que j’entends ça ». Alors Gocéné raconte son histoire aux deux jeunes indépendantistes.
    Gocéné, né à Canala en Nouvelle-Calédonie, fut une des cent onze personnes Canaques à être envoyées à Paris pour représenter « la culture ancestrale de l‘Océanie » lors de l’exposition coloniale de 1931. Bien sûr, ils n’y sont pas allés de leur plein gré, ils ont été désignés. « Il (l’adjoint du gouverneur Joseph Guyon) a commencé par nous appeler « mes amis », et tout le monde s’est méfié. Il a rendu hommage à nos pères, nos oncles qui étaient allés sauver la mère-patrie d’adoption, pendant la Grande Guerre, avant de nous annoncer que nous partirions dès le lendemain pour l’Europe. »
    Ce séjour français ne fut pas une sinécure mais une honte. Sur le panneau devant leur enclos est écrit « Hommes anthropophages de Nouvelle-Calédonie».Gocéné et les autres doivent pousser des cris, danser les seins nus pour les femmes, manger de la viande crue, pour bien attester du « bon sauvage ». Est-ce là leur culture ? Certains seront mêmes échangés, à un zoo allemand, contre des crocodiles vivants . « En échange je leur ai promis de leur prêter une trentaine de Canaques. Ils nous les rendront en septembre, à la fin de leur tournée. » ; c’est dire la considération que nous avions des habitants de nos colonies. Le maréchal Lyautey, dans son discours, lors de l’inauguration de l’exposition coloniale a dit : «  une leçon d’union entre les races qu’il ne convient pas de hiérarchiser en races supérieures ou inférieures, mais de regarder comme différentes » !
    Gocéné a promis de veiller sur la sécurité de Minoé, sa promise qui fait parti du lot prêté. Gocéné et son cousin Badimoin décident de pister le bus et les voici dans Paris à la recherche de la promise. Cela se termine par la mort, d’une balle tirée dans le dos, pour Badimoin et la prison pour Gocéné. Une seule personne blanche a pris leur parti, Caroz, ce qui lui a valu de l’emprisonnement. Beaucoup plus tard, ils se sont retrouvés et Caroz est venu en Nouvelle-Calédonie. Gocéné fera avec les indépendantistes ce que Caroz a fait avec lui.
    En parallèle, l’auteur parle des évènements en cours en Nouvelle-Calédonie et qui ont conduit à la signature des accords de Nouméa en 1998.
    Ce récit, inspiré d’un fait authentique, pose plusieurs questions. Un homme peut-il accepter d’être montré comme un cannibale, exposé comme un animal dans un zoo ? Un homme est-il un homme lorsqu’il est considéré comme un sous-homme de par sa couleur, son lieu de naissance  ?
    Un regard sur notre passé colonialiste et paternaliste qui, malheureusement n’a pas beaucoup changé. Si ce ne sont plus les autorités de l’État qui, théoriquement, considèrent les autochtones comme des cannibales ou des sous-hommes, ce sont les multinationales qui cannibalisent leurs terres pour leur seul profit et considèrent les « colonisés » comme autant de main-d’œuvre à très bon marché et que piller leurs richesses n’a aucune importance. Tout le relent xénophobe et raciste qui revient au galop montre que les choses n’évoluent pas dans le bons sens, loin s’en faut.
    Un livre, paru en 1998, qu’il faut lire.