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Didier Daeninckx

Didier Daeninckx
Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis. De 1966 à 1982, il travaille comme imprimeur, animateur culturel, puis journaliste dans plusieurs publications. Depuis Meurtres pour mémoire, il a écrit une quarantaine de livres - dont La mort n'oublie personne, Métropolice, Zapping ou Cannibale - q... Voir plus
Didier Daeninckx est né en 1949 à Saint-Denis. De 1966 à 1982, il travaille comme imprimeur, animateur culturel, puis journaliste dans plusieurs publications. Depuis Meurtres pour mémoire, il a écrit une quarantaine de livres - dont La mort n'oublie personne, Métropolice, Zapping ou Cannibale - qui sont tous des chefs-d'oeuvre.

Avis sur cet auteur (45)

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    Couverture du livre « Meurtres pour mémoire » de Didier Daeninckx aux éditions Gallimard

    Bulle noire sur Meurtres pour mémoire de Didier Daeninckx

    Ce livre de 1983 est important. Il a certes été une révélation pour moi à l’époque et a modelé mon goût de lecteur pour les polars qui mêlent la petite histoire dans la grande mais il a surtout remis sous les projecteurs un évènement tragique nié par la société : la manif des algériens en colère...
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    Ce livre de 1983 est important. Il a certes été une révélation pour moi à l’époque et a modelé mon goût de lecteur pour les polars qui mêlent la petite histoire dans la grande mais il a surtout remis sous les projecteurs un évènement tragique nié par la société : la manif des algériens en colère d’octobre 1961.

    Cela a causé quelques soucis à Daeninckx ; auteur majeur pour moi que je n’ai cessé de lire depuis, il sait marier à merveille réflexion politique et intrigue policière. Il attise les consciences tout en sachant donner une consistance réelle à ses personnages, ici l’inspecteur Cadin dont j’aurais l’occasion de reparler.

    Coup de cœur (et même plus)

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    Couverture du livre « Têtes de maures » de Didier Daeninckx aux éditions Folio

    Bagus35 sur Têtes de maures de Didier Daeninckx

    Melvin Dahmani reçoit un faire-part pour un enterrement en Corse où il n'a pas mis les pieds depuis dix ans sans reconnaître le nom de l'enterrée .Il va découvrir qu'il s'agit en fait de Lysia Dalestra qu'il a aimé à l'époque et qui vient de se suicider.Un peu rattrapé par la police pour ses...
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    Melvin Dahmani reçoit un faire-part pour un enterrement en Corse où il n'a pas mis les pieds depuis dix ans sans reconnaître le nom de l'enterrée .Il va découvrir qu'il s'agit en fait de Lysia Dalestra qu'il a aimé à l'époque et qui vient de se suicider.Un peu rattrapé par la police pour ses escroqueries et ses fréquentations ,il quitte la capitale pour l'île de beauté .Sur le chemin du cimetière ,son voisin est tué d'une balle et lui blessé à l'oreille ce qui va l'inciter à découvrir pourquoi Lysia est partie.

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    Couverture du livre « Passages d'enfer » de Didier Daeninckx aux éditions Folio

    Ghislaine Degache sur Passages d'enfer de Didier Daeninckx

    Dans Passages d'enfer, Didier Daeninckx nous offre vingt-et-une nouvelles dont le point commun comme le titre l'indique est la traversée par des êtres, souvent, somme toute assez ordinaires, de moments impitoyables générés par notre société.
    Dans ce recueil, où, presque chacune des nouvelles...
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    Dans Passages d'enfer, Didier Daeninckx nous offre vingt-et-une nouvelles dont le point commun comme le titre l'indique est la traversée par des êtres, souvent, somme toute assez ordinaires, de moments impitoyables générés par notre société.
    Dans ce recueil, où, presque chacune des nouvelles présente un grand intérêt, quelques-unes m'ont particulièrement frappée. C'est le cas par exemple de la première intitulée "Le salaire du sniper" qui débute par cette phrase tellement parlante "Il n'y a rien de pire qu'un conflit qui s'éternise". Quelque part en Europe de l'Est, deux journalistes français couvrent un conflit armé depuis quatre mois, lorsque leur directeur du service étranger les appelle de Paris. La part d'audience du journal baisse et même s’ils tentent de lui faire comprendre "qu'on ne va pas faire exploser l'audimat avec un conflit aussi enlisé que celui-ci ! Il faut être là au cas où ça pète parce que les éclats arroseront l'Europe entière...", ce dernier leur demande de trouver une solution... Et voilà nos hommes partis à la recherche d'images chocs qui coûteront la vie à un innocent.
    Un texte fort et ironique sur la manipulation de l'image pour des spectateurs assoiffés de toujours plus de sensationnel. Paru en 1999, ce livre est toujours criant de vérité !
    Dans "Détour de France", Didier Daeninckx nous conte l'histoire de ce fils qui pour offrir un dernier cadeau à son père mourant va prendre un risque qui lui sera fatal. Une histoire délirante, pleine d'humour et tellement bouleversante.
    Une troisième nouvelle m'a particulièrement touchée, c'est "Zigzag men". Le sujet choisi est la guerre d'Algérie et plus précisément les tortures qui ont pu avoir lieu durant celle-ci, l'occasion pour l'auteur, par l'intermédiaire d'Amar de poser la question : "attendre cinquante ans pour dire la vérité ?"
    Toutes les nouvelles ont un thème différent et dans chacune sont évoqués des gens discrets confrontés à la réalité sociale de l'époque. Elles sont à la fois ironiques, acides, époustouflantes, caustiques et tellement émouvantes et bouleversantes !
    Réussir en quelques pages à construire une histoire à l'intrigue palpitante dans un contexte social fort avec une chute à chaque fois stupéfiante et inattendue, c'est ce qu'a réalisé Didier Daeninckx dans Passages d'enfer.
    À noter que la dernière nouvelle porte le nom de Passage d'Enfer où elle se déroule, une voie du 14ᵉ arrondissement de Paris située entre le boulevard Raspail et la rue Campagne-Première.^

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « L'école des colonies » de Didier Daeninckx aux éditions Hoebeke

    Jean-Paul Degache sur L'école des colonies de Didier Daeninckx

    Ce magnifique livre des éditions Hoëbeke est bien dans la ligne choisie par cette maison d'édition qui ose sortir des sentiers battus. Son grand format permet de découvrir, d'apprécier, de comprendre et aussi d'être choqué par ce qui était présenté comme la vérité dans les écoles de ce qu'on...
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    Ce magnifique livre des éditions Hoëbeke est bien dans la ligne choisie par cette maison d'édition qui ose sortir des sentiers battus. Son grand format permet de découvrir, d'apprécier, de comprendre et aussi d'être choqué par ce qui était présenté comme la vérité dans les écoles de ce qu'on nommait « nos colonies ».
    Quoi de mieux que la plume précise et alerte de Didier Daeninckx pour nous emmener au début du mois de septembre 1945, au coeur de la Kabylie, sur les pas du nouvel instituteur, Roger Arvenel, arrivant à Tigali ? C'est lui qui raconte, à la première personne du singulier.
    Les formules toutes faites, les a priori fleurissent et sont véhiculés par les plus hauts responsables : « les caractéristiques de leur race résistent à toutes nos entreprises. Paresse, envie, simulation, agressivité… » L'administrateur communal poursuit et prévient l'enseignant : « En donnant l'illusion à nos protégés qu'ils peuvent être nos égaux, on ne fait que fabriquer des déclassés, des aigris. »
    Heureusement, il y a les superbes cartes Vidal-Lablache, les tableaux Rossignol mais on trouve aussi des extraits de livres de lecture ou de ce livre de géographie du cours moyen (1925) : « Une grande puissance comme la France ne peut se passer de colonies. Les colonies constituent un marché important où la métropole se procure à bon compte les matières premières et les produits alimentaires dont elle a besoin… » Tout est dit.
    Le jeune enseignant ne comprend pas pourquoi ses élèves, habillés de guenilles et dont deux seulement sont chaussés, s'endorment en classe. Il découvre pourquoi un peu plus tard alors que l'armée débarque dans le village à la recherche de bandits et que les cours sont suspendus.
    Il correspond avec ses camarades de l'École Normale et voilà qu'Armand lui répond du Sénégal. Il lui décrit une situation encore pire car ses élèves sont utilisés comme des bêtes de somme et il reconnaît que l'instituteur ne fait que du dressage.
    Une autre lettre lui arrive du Vietnam, d'Indochine où Jean-Pierre enseigne à Lao Bang, à 300 km d'Hanoï. La situation est très compliquée car Hô Chi Minh a proclamé l'indépendance. Comme le général Giap, tous ces hommes sont issus de nos plus grandes écoles…
    Depuis Madagascar, Patrick parle de l'insurrection pour l'indépendance. La France envoie des tirailleurs sénégalais, algériens, marocains pour tenter de mater les Malgaches qui veulent simplement la liberté et qui sont massacrés…
    Après avoir expliqué la fabrication du vin à ses élèves, Roger Arvenel se demande pourquoi on produit ici des millions d'hectolitres d'une boisson que les gens du pays ne consomment pas alors que le blé manque pour faire du pain…
    Enfin, c'est Marie-Joëlle qui lui écrit de Nouvelle-Calédonie. Elle est en poste à Nouméa et sa première visite a été « pour la modeste maison où Louise Michel, après son incarcération à la presqu'île Ducos, a enseigné aux enfants des communards déportés. » Elle apprenait aussi le français et le calcul aux gamins canaques. Là-bas, « le Code de l'indigénat… supprimé par l'Assemblée nationale… impose toujours sa loi. »
    Revenu en Charente-Maritime, Roger Arvenel répond à ses amis le 17 octobre 1957. En Algérie, c'est la guerre : « Je pars dans la lueur des incendies, dans les hurlements des martyrs, moi qui était venu là pour apporter la lumière et la poésie. »
    Ce livre est d'une importance immense au moment où l'on déplore, comme l'historien Benjamin Stora, que la France n'ait toujours pas réglé son passé colonial, cette « mémoire du sud » qui pèse toujours aussi lourd aujourd'hui.

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/