Cyril Dion

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Avis (21)

  • Couverture du livre « Imago » de Cyril Dion aux éditions Actes Sud

    Emma C sur Imago de Cyril Dion

    Je n’aime pas souvent les romans traitant des sujets d’actualité. Le dernier a m’avoir vraiment touché était « Nous traverserons ensemble » de Denis Lemasson qui traitait de la vie et des espoirs des migrants.
    Imago n’a pas réussi à m’impliquer autant et pourtant le sujet m’intéressait.
    Les...
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    Je n’aime pas souvent les romans traitant des sujets d’actualité. Le dernier a m’avoir vraiment touché était « Nous traverserons ensemble » de Denis Lemasson qui traitait de la vie et des espoirs des migrants.
    Imago n’a pas réussi à m’impliquer autant et pourtant le sujet m’intéressait.
    Les quatre personnages principaux sont tous liés et en même temps parfaitement isolés dans leurs quêtes et leurs angoisses.
    Aucun de parvient à sortir de son rôle qui semble préétabli par sa naissance, aucune ouverture, aucune porte de sortie ne semble leur être proposé, pas de sauvetage possible.
    Reste un sentiment profond de solitude et le poids énorme du destin inéluctable.
    Un sentiment en demi-teinte pour ce roman par ailleurs très bien écrit.

  • Couverture du livre « Imago » de Cyril Dion aux éditions Actes Sud

    Missbook85 sur Imago de Cyril Dion

    Quatre personnages. Amandine, Fernando, Nadr et Khalil. Chacun est prisonnier, soit d'une guerre, soit d'un système hiérarchique, soit d'une culpabilité.
    " Chacun d'entre nous vit avec sa propre prison plus ou moins large. Et fait ce qu'il peut pour en sortir..."
    Mais tous ont un dénominateur...
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    Quatre personnages. Amandine, Fernando, Nadr et Khalil. Chacun est prisonnier, soit d'une guerre, soit d'un système hiérarchique, soit d'une culpabilité.
    " Chacun d'entre nous vit avec sa propre prison plus ou moins large. Et fait ce qu'il peut pour en sortir..."
    Mais tous ont un dénominateur commun : le conflit israélo-palestinien.
    Loin de vouloir aborder ce sujet d'une manière strictement politique, Cyril Dion tente d'éviter les clichés, et nous prouve que ce conflit n'offre pas de solution simple.
    "Les victimes jonchent les routes et les mots et leurs noms sont des bribes de lettres mutilées comme leurs corps."
    Comment de simples jets de pierres sur ces territoires peuvent provoquer une crise diplomatique internationale ?
    Nadr est le demi-frère de Khalil. Si le premier est passionné par les livres et plus particulièrement la poésie, le second a rejoint les rangs du djihad et décidé de quitter la Palestine afin de commettre un attentat sur le sol français.
    " Dans le coeur des plus petits grandissait la haine instillée par la souffrance des plus grands."
    Nadr va donc se lancer à sa poursuite afin d'essayer d'éviter le pire...
    Des vies qui s'entrecroisent. Des destins bousculés.
    Premier roman très touchant et tellement d'actualité !
    Une immersion délicate mais nécessaire.

  • Couverture du livre « Imago » de Cyril Dion aux éditions Actes Sud

    Colette LORBAT sur Imago de Cyril Dion

    Le décor ? Le conflit entre la Palestine et l’Israël
    Les protagonistes ? Quatre personnages enfermés dans leur histoire personnelle.
    En France :
    Amandine la soixantaine retirée à la campagne, mais pour oublier quoi ?
    Fernando, rouage important ou pas du Fonds, genre FMI qui étudie, sur...
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    Le décor ? Le conflit entre la Palestine et l’Israël
    Les protagonistes ? Quatre personnages enfermés dans leur histoire personnelle.
    En France :
    Amandine la soixantaine retirée à la campagne, mais pour oublier quoi ?
    Fernando, rouage important ou pas du Fonds, genre FMI qui étudie, sur dossiers, les subventions accordées aux pays demandeurs. Il vit enfermé dans sa tour vitrée, sa tour d’ivoire, vit enfermé en lui, refuse tout contact direct avec les représentants de ces pays, totalement déconnecté de la réalité. Sa vision sera remise en cause par un départ sur le terrain palestinien. « Une part de lui-même s’accrochait à cet ancien Fernando Clerc qui avait pouvoir de vie ou de mort sur ces pauvres types. Qui pouvait choisir, à l’abri de son bureau gris, combien de fonds seraient octroyés à leur survie et de quelle façon. »

    En Palestine :
    Nadr, le poète, le fumeur de joints, le pacifique qui voit dans la religion autre chose que ce que les barbus proposent et son frère Khalil qui choisit le camp du Hamas, de la violence ; Deux visions palestiniennes du conflit
    Le désespoir pousse les jeunes palestiniens à exporter leur colère en posant des bombes. C’est ce que fait Khalil parti à Paris. Nadr, toujours persuadé qu’il peut sauver son frère, le suit à Paris où il espère qu’une petite voix lui dira, elle, c’est ta mère.
    L’auteur joue du contraste entre la réalité que vivent Nadr et Khalil et l’abstraction des chiffres avec lesquels Fernando jouent, pardon, sur lesquels il travaille. Cette barrière est la colonne vertébrale de Fernando qui ploie lorsqu’il est confronté à la réalité du conflit.
    Qu’ont-ils de commun ? Hormis leur solitude, leur enfermement, prisonnier de son parcours ? Je le saurai au fil des pages.
    Cyril Dion nous conduit, par le chemin de leurs pensées, de leurs actions mais pas de leurs omissions (oui, je sais très mauvais jeu de mots) vers leurs destins, l’accomplissement de leurs vies, comme la chrysalide quitte son habit pour devenir un imago et… mourir.

    L’histoire débute par deux pages poignantes, qui paraissent totalement hors sujet, mais…
    Cyril Dion amène beaucoup de réflexions, de questions, une fois le livre refermé. La discussion n’est pas close avec de telles phrases qui résonnent en soi.
    « Dans le cœur des plus petits grandissait la haine instillée par la souffrance des plus grands. »
    « Chacun de nous vit avec sa propre prison, plus ou moins large. Et fait ce qu’il peut pour en sortir… »
    « Pour la première fois, il ressentait la Palestine comme un fardeau ».
    « A partir d’un certain degré de pouvoir, les gens ne réfléchissent plus normalement. Vous avez déjà remarqué cela ? Ils cessent de se comporter comme des êtres humains. Ils ne voient plus les enfants mourir, la bonne terre être emportée par la crue, les innocents se faire parquer comme des rats dans de minuscules territoires entourés de soldats et de barbelés. Ils voient des intérêts. Des conflits d’intérêts. Des raisons d’Etat. »

    Un livre, servi par une écriture percutante, intense, forte qui touche du doigt, par la fiction, une réalité brutale, le conflit israélo-palestinien. Une belle trouvaille des 68 premières fois.

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