Cecile Coulon

Cecile Coulon

Née le 13 juin 1990, Cécile Coulon est une romancière française. Elle a d’abord suivi une hypokhâgne et une khâgne à Clermont-Ferrand avant d’intégrer l’université de Lettres Modernes. C’est dans le cadre de ses études qu’elle rédige une thèse sur le sujet du sport dans la littérature française c...

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Née le 13 juin 1990, Cécile Coulon est une romancière française. Elle a d’abord suivi une hypokhâgne et une khâgne à Clermont-Ferrand avant d’intégrer l’université de Lettres Modernes. C’est dans le cadre de ses études qu’elle rédige une thèse sur le sujet du sport dans la littérature française contemporaine. Fille d’un père directeur de l’INRA Auvergne et d’une mère dirigeante d’un syndicat, Cécile Coulon prend très jeune le goût d’écrire. Son premier roman, Le Voleur de vie, est publié alors qu’elle n’a que 16 ans.

En 2012, Cécile Coulon reçoit le prix Mauvais Genres France Culture / Le Nouvel Observateur pour son 3e roman Le Roi n’a pas sommeil, qui raconte l’histoire de Thomas, un brillant élève dont la vie dérape. Cinq ans après, en 2017, c’est le roman Trois saisons d’orage qui est récompensé par le Prix des Libraires. Cette saga reprend les thèmes de prédilection de l’auteure : l’opposition entre la campagne et la ville et le combat entre l’homme et la nature.

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Avis (89)

  • Couverture du livre « Trois saisons d'orage » de Cecile Coulon aux éditions Viviane Hamy

    Mumu Dans le Bocage sur Trois saisons d'orage de Cecile Coulon

    J’ai découvert Cécile Coulon l’année dernière avec la lecture de : Le Roi n’a pas sommeil et comme je vais avoir la possibilité d’assister à une rencontre avec cette jeune auteure, la semaine prochaine, j’ai voulu me replonger dans son univers et en particulier dans le livre pour lequel elle est...
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    J’ai découvert Cécile Coulon l’année dernière avec la lecture de : Le Roi n’a pas sommeil et comme je vais avoir la possibilité d’assister à une rencontre avec cette jeune auteure, la semaine prochaine, j’ai voulu me replonger dans son univers et en particulier dans le livre pour lequel elle est invitée à La Roche sur Yon.

    Ce roman est avant tout l’histoire d’un lieu :

    Les Fontaines, Ce village minuscule, tachent le paysage, morceau de craie dérivant au cœur d’une mer végétale et calcaire. La forêt crache les hommes comme des pépins, les bois bruissent, des traînées de brume couronnent leurs faîtes, au lever du soleil, la lumière les habille. (p9)

    Dès les premières pages, les premiers paragraphes, le narrateur, le prêtre du village plante le décor. C’est un paysage où la nature imprime sa marque, où les hommes, même s’ils pensent la dominer, seront toujours les perdants :

    Je vous parle d’un endroit qui est mort mille fois avant mon arrivée, qui mourra mille fois encore après mon départ, d’un lieu humide et brumeux, couvert de terre, de pierre, d’eau et d’herbe. Je vous parle d’un endroit qui a vu des hommes suffoquer, des enfants naître, d’un lieu qui leur survivra, jusqu’à la fin, s’il y en a une. (p10)

    Il existe des lieux comme Les Fontaines un peu partout, pas exactement les mêmes mais si peu différents, où la communauté bénéficie des bienfaits de la présence d’une entreprise les Frères Charrier (dans le cas présent des carrières de pierre) qui va apporter richesse, éducation, confort etc…. à l’ensemble des habitants, des travailleurs, les fourmis blanches, ces petits êtres recouverts de poussière blanche, qui lui resteront toujours reconnaissants de ce qu’elle leur a apporté sans songer que cette richesse c’est grâce à leur travail qu’ils l’ont obtenue et qu’elle les enchaîne.

    Dans ce récit la nature tient une place importante comme un élément essentiel du drame qui va s’y dérouler. Elle est le témoin silencieux mais omniprésent. Mais il y a aussi les hommes : ceux du cru, ceux qui sont nés ici, des enfants du pays et puis il y a les autres, ceux qui sont venus de la ville, comme le médecin, André, qui a apporté lui la médecine et ses bienfaits, qui pense s’être fondu dans le décor mais l’intégration est-elle possible et si oui jusqu’à quand.

    Et puis il y les croyances, les superstitions, les traditions où le maire, l’employeur, le curé dictent la conduite à tenir et détiennent les pouvoirs. Et puis il y a les petites histoires, les croyances, les superstitions, ce qui fait le mystère d’un lieu.

    Cécile Coulon offre à travers ce récit une vision très réaliste de notre société de la sortie de la deuxième guerre mondiale jusqu’à récemment, sur 3 générations. Elle aborde beaucoup de thème : la confrontation de deux univers : celui du terroir et celui de la ville, des façons de vivre, des croyances (en particulier à travers le personnage d’Agnès qui restera longtemps partagée entre les deux), celui des superstitions surtout celles liées à un lieu mais aussi aux rivalités des classes de la société : paysan et petite bourgeoisie, qui ne se comprennent pas, qui n’ont pas grand chose à se dire.

    En y intégrant la troisième génération, celle de Valère, le fils de paysan, beau, sensible et cultivé (à la différence de ses frères) et Bérangère, jolie, fille et petite-fille de médecins, brillante et joyeuse pour qui tout est promis et possible :

    Ni insolente, ni gâtée, elle jouissait de la force de ceux qui ne croient pas en l’avenir parce que l’avenir ne leur fait pas peur. L’avenir est une notion abstraite qu’ils dédaignent parce qu’ils savent d’emblée que tout ira bien. (p93)

    l’annonce de l’orage s’installe, peu à peu, le climat devient plus lourd, plus pesant.

    Après avoir connu le bonheur, la prospérité pendant plusieurs années et l’expansion, après une montée des désirs et des espérances, on commence à entendre les premiers grondements : ceux de la nature qui veut reprendre le dessus après les blessures infligées par les hommes, mais aussi ceux des cœurs, des désirs, des conventions.

    J’ai particulièrement aimé la façon dont l’auteure restitue le climat pesant de ces villages ruraux, des notables, des oppositions de classes, des pouvoirs des notables, de ce regard sans complaisance sur nos sociétés urbaines ou rurales. Par des phrases parfois « coup de poing », courtes mais lourdes, l’atmosphère du récit prend toute sa valeur.

    On s’attache aux différents personnages et pour ma part, plus particulièrement aux personnages féminins : Elise, Agnès et Bérangère : trois femmes très différentes mais modernes, décidées, conscientes de leurs rôles, de leurs désirs.

    Et puis il y a cette maison, la Cabane, qui a connu un drame mais qui va devenir le fief de la famille d’André. Il ne voudra pas croire aux superstitions, au sort qui peut s’acharner sur un lieu.

    Il y a de la violence de sentiments, d’environnement, de confrontations mais quel roman tellement réaliste de notre monde, de ses oppositions, de ce que l’homme en fait quand il pense le valoriser alors qu’il le « dénature », que la nature sera la seule survivante, peut-être, et que très souvent elle seule aura le dernier mot.

    Là-bas les corbeaux volent sur le dos pour ne pas voir la misère. (p61)

    Je dois avouer que j’avais un petit à priori, pas plus enclin à poursuivre ma découverte de cette auteure, j’en avais une fausse image, mais son écriture et son style m’ont énormément plu. Je me suis totalement immergée dans l’histoire, car j’en connaissais certains aspects pour les avoir vécus moi-même, et l’intrigue dramatique révélée dès le début est maîtrisée, dosée.

    J’ai hâte de la rencontrer pour qu’elle parle de l’écriture de ce roman qui a été couronné par le Prix des Libraires en 2017….. mérité pour une écriture que j’associe à celle de Céline Lapertot….. d’ailleurs dans la même maison d’éditions.

  • Couverture du livre « Trois saisons d'orage » de Cecile Coulon aux éditions Viviane Hamy

    yves MONTMARTIN sur Trois saisons d'orage de Cecile Coulon

    Notre bibliothèque associative n'a pas le budget suffisant pour acquérir tous les livres. Nous devons faire des choix et nous avons laissé passer le magnifique roman de Cécile Coulon lors de sa sortie en janvier. Heureusement nous venons de réparer cet oubli, et "trois saisons d'orage" a rejoint...
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    Notre bibliothèque associative n'a pas le budget suffisant pour acquérir tous les livres. Nous devons faire des choix et nous avons laissé passer le magnifique roman de Cécile Coulon lors de sa sortie en janvier. Heureusement nous venons de réparer cet oubli, et "trois saisons d'orage" a rejoint le rayon "nouveautés" de notre bibliothèque.

    Massif des trois gueules, Les Fontaines, un village minuscule, une maison calcinée avec ses quatre fenêtres, quatre yeux vides. Une famille de médecins, une famille de paysans, et au milieu la maison ou ce qu'il en reste.

    Nous sommes après-guerre, les frères Charrier exploitent une carrière, leurs ouvriers, « les fourmis blanches « et les paysans ne s'aiment pas, ils se supportent. le village entre dans une ère nouvelle. Un village avec un médecin à demeure est un endroit qui rassure, c'est ici que s'installe André un jeune médecin. Dès qu'il voit la maison il se sent chez lui, alors quand la famille s'en va, suite à la mort subite de leur jeune enfant, il propose une somme deux fois supérieure à la somme demandée.

    Elise, une fille sans chichis, sage, extrêmement sage. Après une soirée dans un bar, Elise est ivre, André aussi. Alors quand Benedict, 4 ans après, réclame son papa, Elise sait que le moment est venu pour son garçon de rencontrer son père.

    Devenu médecin à son tour, Benedict, s'installe avec son père, il tombe amoureux d'Agnès une femme, belle, libre et sauvage. Leur premier enfant, Bérangère, naît le jour de la fête du village. Aucun autre enfant n'arrivera.

    Maxime dégote Delphine une femme jolie et travailleuse, fille de paysans. Lorsque le père meurt le couple hérite de la ferme. Lorsque les quatre garçons viennent au monde, Delphine ne prend aucun repos, elle n'en fait pas toute une histoire. Valère est le troisième des enfants, il aime la terre et les animaux.

    Valère rencontre Bérangère à l'école, elle est bien née, lui n'a que la ferme, elle a la lumière, il n'a que des bouses de vache. Elle est drôle et intelligente, il est encore un adolescent mais son corps ressemble à celui d'un adulte.

    Mais quand Charles, le deuxième enfant de Bénédicte et Agnès naît miraculeusement seize ans après Bérangère, tout bascule, il a une marque de naissance transmise par les hommes de même sang, un jour quelqu'un connaîtra la vérité et se quelqu'un parlera.

    Tout d'abord, Cécile Coulon met en place le cadre de son récit, un village où tout le monde se connait, où il n'y a aucune intimité, où il n'y a pas d'endroit pour pleurer sans que ses sanglots inondent la vie des autres. Elle décrit le développement de ce village et l'arrivée de nouveaux habitants. Elle nous raconte l'attachement des paysans à leur terre et leur souhait de la préserver. Elle dresse minutieusement le caractère de chaque personnage dont certains s'opposent. Son écriture se fait précise pour décrire la passion interdite qui dévore deux êtres, les soubresauts du désir, la difficulté d'effacer l'image d'un corps de ses pensées. L'auteur peint parfaitement la ruralité, l'importance du médecin et du curé, les deux hommes à qui les habitants se confient, les regards et les non-dits. Un roman qui semble simple et qui pourtant est d'une puissance incroyable porté par une belle écriture et le lecteur n'oubliera pas les visages d'Elise, d'Agnès et de Bérangère trois femmes au coeur de ce drame.

  • Couverture du livre « Petit éloge du running » de Cecile Coulon aux éditions Francois Bourin

    Joëlle Guinard sur Petit éloge du running de Cecile Coulon

    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/08/petit-eloge-du-running-de-cecile-coulon.html

    Avec cet essai sur le running Cécile Coulon nous propose un Marathon littéraire avec trois ravitaillements pour que le lecteur puisse reprendre son souffle.

    Issue d'une famille sportive où tout le...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/08/petit-eloge-du-running-de-cecile-coulon.html

    Avec cet essai sur le running Cécile Coulon nous propose un Marathon littéraire avec trois ravitaillements pour que le lecteur puisse reprendre son souffle.

    Issue d'une famille sportive où tout le monde court, Cécile Coulon a pratiqué très jeune la course à pied en famille. D'abord loisir familial, elle a ensuite recherché la performance et participé à des courses officielles. La course est devenue un besoin pour son corps, elle avale aujourd'hui environ quarante kilomètres par semaine et déclare que cette pratique lui est indispensable comme Haruki Murakami pour pouvoir écrire . "J'écris en courant. L'histoire se construit pendant que les jambes bougent".

    Cécile Coulon parle de la solitude et de la souffrance du coureur, de son masochisme, "il faut aimer souffrir pour aimer courir", de la liberté que procure ce sport. Elle détaille le rôle de chaque ravitaillement et décortique ce qui se passe pendant un marathon, l'allégresse des dix premiers kms "où on se croit invincible", la fatigue qui apparait à mi-parcours jusqu'au moment inévitable du "mur", sensation d'impossibilité d'aller plus loin "C'est cela, le mur : la sensation que le monde entier s'abat sur soi.", la force mentale indispensable pour gérer ce mur de douleurs et les douleurs de l'après course.

    Lu par curiosité car j'aime beaucoup ce que fait Cécile Coulon, je suis tombée sous le charme de ce petit essai passionnant et très complet. Elle parle (entre autres...) de l'étymologie du verbe courir, de la course qui a d'abord servi à l'homme pour se nourrir, de la naissance du marathon, des premiers jeux olympiques, des raisons de l'engouement actuel, de l'histoire des vêtements et chaussures portés par les coureurs, de la mode et du marketing qui se sont emparés de ce sport naturel qui ne nécessite pratiquement rien, qui normalement ne coûte rien...
    La course comme addiction, la course dépassement de soi, la course recherche de ses limites physiques et mentales, la course expérience de joie et de douleur... Cécile Coulon m'a presque donné envie de m'y mettre !

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