"La Grande Escapade" de Jean-Philippe Blondel, troisième du Palmarès des Explorateurs - catégorie roman français

vendredi 15 novembre 2019

Au cœur des années 1970, une société qui change, entre nostalgie, gravité, humour et tendresse...

"La Grande Escapade" de Jean-Philippe Blondel, troisième du Palmarès des Explorateurs - catégorie roman français

Apparemment, l’auteur a pris autant de plaisir et d’émotion à écrire ce roman que le lecteur à le lire et à l’offrir.

La Grande Escapade de Jean-Philippe Blondel (Buchet Chastel) est un bonbon au goût d’antan qui se déguste et se partage. En voici la lecture des pionniers de la rentrée sur lecteurs.com.

 

Clara et les mots,

1975. En province, au groupe scolaire Denis-Diderot, les enseignants et leurs familles occupent des logements de fonction. Forcément tout le monde se connaît, les parents sont collègues et les enfants jouent ensemble. L’enseignement est basé sur les méthodes anciennes et les élèves sont menés à la baguette par le rigide directeur Lorrain. Lorsqu’un nouvel instituteur Florimont arrive, adepte d’une pédagogie différente, on se doute que ce petit monde va connaître des remous d’autant plus que les classes vont devoir être mixtes et que l’émancipation des femmes fait frémir certains maris.

A l’aube de l’adolescence, les amitiés entre enfants se délitent, les personnalités se cherchent et s’affirment.  Sous des apparences lisses et courtoises, les rivalités et les jalousies entre parents s’aiguisent et dans le sillage de Mai 68, les femmes découvrent une liberté toute nouvelle. 

 

Tassa All

Voici très certainement l’un de mes romans préférés de cette rentrée littéraire proposée par Lecteurs.com et Les Explorateurs de la rentrée littéraire 2019. A ma grande honte, je n’ai jamais lu de Jean-Philippe Blondel avant. Et pourtant : quelle maîtrise ! quel roman ! quel souffle historique !

C’est un roman d’apprentissage et aussi un roman de vie où les récits se suivent et s’entremêlent. C’est un roman qui contient tous les ingrédients qui me plaisent : un regard nostalgique sur 1975, l’avant et l’après, mais surtout, les conséquences de 1975. Jean-Philippe Blondel passe au peigne fin l’émancipation féminine, les rêves et les illusions des femmes et des hommes, il caresse de la paume de la main les grandes espérances des jeunes élèves et trace en parallèle le quotidien et la dure réalité que vivent les instituteurs et autre personnel enseignant du groupe scolaire Denis-Diderot.

Empreint d’une tendresse incomparable, d’un humour qui déclenche l’hilarité, le roman de Jean-Philippe Blondel contient tout le bruit des classes, des cours de récréation, les chants, les cris, les colères, les rires des individus qui constituent cet ouvrage. Il s’emble d’ailleurs contenir un peu (ou beaucoup ?) de lui-même. Tout semble prendre vie devant vos yeux, vous y êtes, j’y étais. Je ne voulais pas partir. Le roman respire de chaleur, d’affection, de sincérité, de réalisme. Bravo ! Splendide ! Encore !

 

Stéphanie Drouette

Les points de vue variés et le style indirect libre offrent des portraits en pointillés, distillés par le ouï-dire, les ragots, on repère les tensions, les inimitiés, les mesquineries dans ce train-train quotidien de groupe scolaire. Le lecteur louvoie entre les histoires des enfants et celles des parents, les premiers étant finalement relégués au second plan. Puis le rythme prend de l’ampleur lors d’un voyage plein de surprises où la folie et la vie rôdent.

Succombant à l’atmosphère post soixante-huitarde, chaque adulte, les femmes notamment, figé dans une fonction, un statut bien défini, se prend à s’interroger sur sa vie et à revendiquer la liberté, l’émancipation des femmes. Car c’est de ça aussi dont il est question, comprendre ce qu’a apporté Mai 68

 

Carozum

En découvrant cet auteur, je découvre son talent pour raconter des histoires ! Une plume fine, précise, drôle souvent mais jamais moqueuse. Des personnages aux caractères bien affirmés sans être jamais vraiment caricaturaux. Ils se questionnent sur leur vie, ont des regrets, cherchent leur chemin, tâtonnent et recomposent avec la nouvelle réalité de la société. L’auteur livre un récit vivant jamais larmoyant avec beaucoup de délicatesse. J’ai apprécié que la narration soit toujours bienveillante : l’ensemble est grave souvent mais surtout touchant, fin et tendre sans être mièvre. On évite les jugements hâtifs des uns et des autres.

La force de son récit c’est de faire de sujet de société comme l’émancipation féminine, l’éducation, l’entrée dans l’âge adulte dans des années qui s’inventent, un moment de détente, sans tomber dans la dérision, ni à l’opposé dans trop de gravité. 

Une lecture récréative, savoureuse et vivante.

Scrapbooké par Karine Papillaud

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