Tenir jusqu'à l'aube

Couverture du livre « Tenir jusqu'à l'aube » de Carole Fives aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072797392
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation tendre mais terriblement fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de... Voir plus

Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation tendre mais terriblement fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d'un semblant de légèreté.
Comme La chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore ?
On retrouve, dans ce roman, l'écriture enlevée de Carole Fives, qui parvient, en fine portraitiste de la famille contemporaine, à saisir les difficultés concrètes d'une mère célibataire, autant que les émotions contradictoires qui la traversent.

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  • Je vous le dis d’emblée : ce court roman de Carole Fives est un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire. A priori, le sujet d’une mère célibataire seule avec son fils qui, chaque nuit, cherche à s’échapper et à souffler le temps d’une fugue n’avait pas grand chose pour me plaire. Et...
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    Je vous le dis d’emblée : ce court roman de Carole Fives est un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire. A priori, le sujet d’une mère célibataire seule avec son fils qui, chaque nuit, cherche à s’échapper et à souffler le temps d’une fugue n’avait pas grand chose pour me plaire. Et pourtant, je l’ai lu d’une traite et je ne me suis pas ennuyée une seconde !

    Le père, on n’en parle pas, il a disparu et cette mère ne vit que pour son fils dans son minuscule appartement. Toute sa vie tournant autour de « l’enfant », comme le nomme l’auteure, la mère plonge dans une profonde solitude, sa vie sociale devenant inexistante et toute son énergie étant vouée à son fils de deux ans. Grâce à une écriture vive et de courtes phrases percutantes, l’auteure parvient à nous faire ressentir cet isolement profond. Toutefois, on ne parvient pas à s’attacher aux deux personnages que l’auteur ne nomme pas et cette dépersonnalisation nous prive de tout l’affect possible. De plus, de l’écriture se dégage une certaine froideur qui renforce cet effet de distanciation.

    Pour échapper à cet isolement, la mère s’autorise des sorties nocturnes une fois que l’enfant est couché et ce, d’autant plus longtemps au fur et à mesure du roman. On sent que ces escapades sont une véritable bouffée d’oxygène pour elle et son seul moyen de tenir jusqu’à l’aube. En tant que mère solo, elle va se rendre sur des forums pour y trouver du réconfort mais elle n’y trouve que des jugements et des leçons données sur un ton péremptoire. Le sentiment de culpabilité se rajoute ainsi à l’isolement. Ces passages sont terribles et même si on ne cautionne pas le comportement de la mère, on ne peut s’empêcher de ressentir la compassion pour elle devant tant de violence dans les mots. Ces passages se présentent plusieurs fois dans le roman dans une police différente et sous forme de conversation. J’ai apprécié ces passages et j’ai trouvé qu’il montrait très bien la solitude progressive dans laquelle s’enferme la mère.

    Bref, ce roman social fut un coup de cœur et met parfaitement en lumière le quotidien difficile des mères célibataires. Même s’il est impossible d’approuver son comportement, on se prend en pleine tête la violence et l’incompréhension à auxquelles la mère est confrontée. Mais ce qui tient en haleine tout au long du roman, c’est le style fougueux et direct de Carole Fives. Un régal !

    Ma chronique est aussi sur le blog : https://thetwinbooks.wordpress.com/2018/10/07/tenir-jusqua-laube-carole-fives/

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  • Un texte que j’ai lu pratiquement d’une traite le cœur et le corps noués, rivée au sort de cette mère et de son fils.
    Cette jeune mère d’un enfant de deux ans a été abandonnée par son compagnon, le père de l’enfant qui ne donne qu’épisodiquement signe de vie. Etrangement, pas de prénom pour...
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    Un texte que j’ai lu pratiquement d’une traite le cœur et le corps noués, rivée au sort de cette mère et de son fils.
    Cette jeune mère d’un enfant de deux ans a été abandonnée par son compagnon, le père de l’enfant qui ne donne qu’épisodiquement signe de vie. Etrangement, pas de prénom pour ces deux-là, un parti pris de l’auteure.
    Le désarroi de cette jeune maman est touchant, prisonnière de son quotidien, croulant sous les dettes, toujours seule face avec son fils. Manifestement le petit souffre aussi, réclamant son papa, réagissant par des caprices et des cris, suscitant la réprobation lorsque ses colères éclatent dans les lieux publics. Aucune main tendue dans son entourage, aucun réconfort. Même les services sociaux, le médecin sont décevants et peu enclins à lui proposer des solutions.
    Lorsqu’elle cherche une écoute compatissante et constructive sur les réseaux sociaux, elle se confronte à des jugements à l’emporte-pièce (mauvaise mère !, pauvre enfant !).
    Pour cette raison, telle la chèvre de Monsieur Seguin qui regarde la montagne et va rompre sa corde, la mère fuit l’appartement le soir lorsque l’enfant dort, avide de quelques instants de liberté. Elle s’aventure de plus en plus loin. Jusqu’où ira-t-elle ? Pourvu que l’enfant ne se réveille pas ! Elle en conçoit d’ailleurs une profonde honte et une immense culpabilité.
    Vivant, vibrant, émouvant. J’ai vraiment été touchée par ce récit et très sensible à la justesse des propos étant fréquemment confrontée, dans mon quotidien professionnel, à des situations identiques.
    Il est également question des violences faites aux femmes, du sort réservé aux mères seules, enrichissant le propos d’une orientation en faveur des femmes convaincante et nuancée
    A lire comme une chronique sociale éclairante mais pas seulement ; en effet l’auteure a distillé tout au long du récit une tension dramatique qui monte crescendo jusqu’à la fin que je vous invite à découvrir !

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  • Féministe et contemporain, le dernier roman de Carole Fives " Tenir jusqu'à l'aube " est paru aux éditions Gallimard dans la collection l'Arbalète, et a retenu toute mon attention en cette rentrée littéraire 2018.

    p. 13 : " A côté, à côté " réclame-t-il dès qu'il la sent s'éloigner".
    Elle...
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    Féministe et contemporain, le dernier roman de Carole Fives " Tenir jusqu'à l'aube " est paru aux éditions Gallimard dans la collection l'Arbalète, et a retenu toute mon attention en cette rentrée littéraire 2018.

    p. 13 : " A côté, à côté " réclame-t-il dès qu'il la sent s'éloigner".
    Elle est entrée dans la case des "mamans solos" depuis que le père de son fils d'à peine deux ans est parti. Graphiste free lance, elle ne peut compter que sur elle-même, dans cette ville où elle n'a ni famille, ni amis.
    p. 85 : " C'était ça le plus dur au final, ne pas pouvoir se reposer sur quelqu'un d'autre que soi. "
    Entre elle et son fils le rapport est fusionnel, jusqu'à l'étouffement. C'est un amour inconditionnel dans lequel elle trouve une raison de s'accrocher, de se battre pour vivre, ou plutôt survivre. Elle lui consacre ses jours et ses nuits...mais il lui faut tenir, jusqu'à l'aube.
    p. 70 : " Elle était lasse, fatiguée de cette créature qu'elle avait créée de toutes pièces : la bonne mère. "
    Alors ils attendent inlassablement un message du papa...
    p. 69 : " Le père finirait par se manifester, il voudrait un jour revoir son fils, il ne pouvait en être autrement. "
    PERE + ABSENT
    Elle ne peut se permettre aucune défaillance. L'enfant dépendant d'elle, et d'elle seule désormais.
    p. 61 : " Désormais un seul mot d'ordre, ne pas tomber malade, on ne pouvait pas se le permettre. "
    Difficile de joindre les deux bouts lorsque les contrats se font de plus en plus rares. Mais   comment pourrait-elle consacrer plus de temps à son travail ? C'est un cercle vicieux sans solution. Suite à une visite de l'huissier, elle réalise qu'elle n'aura pas d'autre choix que de déménager.
    SOLO + ARGENT
    Son statut de mère célibataire lui vaut des regards en coin,  des jugements hâtifs mais surtout des commentaires acerbes.
    p. 37 : " Encore un enfant roi, encore une mère célibataire qui ne gère rien, une pauvre conne. "
    On ne lui laisse rien passer. La société est intransigeante envers ces mamans. La moindre erreur est impardonnable !
    p. 102 : " Elle ne pouvait se permettre aucune erreur, aucun écart. L'enfant et elle devaient filer doux, afficher zéro défaut, ne laisser aucune prise à la société. A tout instant ils risquaient d'être étiquetés "famille à problèmes". Ils étaient hors norme, ils étaient fragiles, ils étaient suspects. "
    MERE CELIBATAIRE + DISPARAITRE
    Ses contacts avec le monde extérieur sont restreints. Et c'est ça qui lui manque le plus : une vie sociale ! Avoir des discussions avec des adultes. Elle ouvre le clapet de son ordinateur et commence à taper MERE SEULE + GALERE. Les forums de discussion sont nombreux et les témoignages d'une maigre consolation.
    Dans cet épuisement de vie de mère célibataire elle est en quête vitale d'un espace de liberté et d'insouciance. Alors elle va commencer à sortir, après avoir couché l'enfant et s'être assurée qu'il dort d'un sommeil profond. Attirée par la frénésie et l'animation des soirées urbaines, elle fugue, chaque soir un peu plus loin, un peu plus longtemps.
    C'est cette mise en danger à la fois d'elle-même et de son enfant qui représente le fil conducteur du roman. Elle tire sur la corde, mais jusqu'à quel point celle-ci résistera-t-elle ?
    Carole Fives utilise de manière métaphorique la fable de "La chèvre de Monsieur Seguin" pour mettre en image cette quête de liberté.

    Ce roman est le reflet d'une société dans le déni. Face à ce nouveau mode de parentalité, qui concerne majoritairement des femmes, la société et les institutions qui la représente ont décidé de fermer les yeux. Sous une fausse légèreté, Carole Fives devient à travers ce récit émouvant, la parole de nombreuses mères célibataires dans le même cas. Modèle "hors-norme" on les culpabilise au lieu de leur tendre une main, car elles ne correspondent pas au modèle standard. La monoparentalité, parallèlement à l'évolution de notre société, ne doit plus être synonyme d'enfermement et doit faire prendre conscience de la nécessité que pour être un bon parent, quelle que soit sa forme, ne peut se faire que si celui-ci à la possibilité de s'épanouir en parallèle. Le dénouement de ce roman conforte sur le fait que la différence n'est pas nécessairement une faiblesse. Pour apprécier ce roman à sa juste valeur, il faut simplement se sentir... concerné. Alors merci à cette auteure de se faire la voix de ces mamans solos.

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  • A travers ses lignes, l'auteur nous fait découvrir la dure vie d'une jeune femme, free lance, mère d'un petit garçon de 2 ans, dont le père l'a quitté.
    Elle est dépourvue d'aide extérieure, doit se débrouiller seule pour gérer l'enfant, sa vie professionnelle.
    Elle se connecte régulièrement...
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    A travers ses lignes, l'auteur nous fait découvrir la dure vie d'une jeune femme, free lance, mère d'un petit garçon de 2 ans, dont le père l'a quitté.
    Elle est dépourvue d'aide extérieure, doit se débrouiller seule pour gérer l'enfant, sa vie professionnelle.
    Elle se connecte régulièrement sur internet, sur des forums de discutions pour trouver des solutions à ses angoisses d'être mère célibataire.
    Une seule échappatoire : sortir la nuit lorsqu'il dort, pour avoir un peu de temps pour elle.
    On se reconnait plus ou moins dans certaines situations : élever ses enfants, ne pas avoir assez de temps pour soi même, ne pas trouver l'aide nécessaire....
    Une très belle écriture, une belle lecture.

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  • « Tenir jusqu’à l’aube » de Carole Fives est un roman moderne, prenant, jamais sombre. Il y a dans les lignes de l’auteure une lumière au fond du tunnel. Celle qui relève l’amour sur le piédestal du courage et de la ténacité. L’incipit apaise d’emblée le lecteur qui commence son intrusion dans...
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    « Tenir jusqu’à l’aube » de Carole Fives est un roman moderne, prenant, jamais sombre. Il y a dans les lignes de l’auteure une lumière au fond du tunnel. Celle qui relève l’amour sur le piédestal du courage et de la ténacité. L’incipit apaise d’emblée le lecteur qui commence son intrusion dans ce huis-clos entre cette jeune femme célibataire et son fils de deux ans. « Avec quelle confiance l’enfant a avalé ses pâtes, ses légumes. » Le lecteur est collé dos au mur dans cette maison où le destin de deux vies devient cette contemporanéité mise à rude épreuve. Comment cette jeune mère célibataire sans revenus stables, sans moyen de garde va-t-elle se sortir de cette impasse ? « Tenir jusqu’à l’aube » est un hymne au souffle de survie. »C’était paraît –il des chèvres indépendantes voulant à tout prix le grand air et la liberté. » Chaque soir ou presque, l’enfant endormi, cette mère tire sur la corde pour dénouer l’angoisse de la solitude. Eprouver sa résistance face aux aléas irréversibles de son contre-jour, où les rideaux tirés se confondent avec les fissures déstabilisantes de sa condition de vie. Combattante, digne cette mère emblématique d’un destin sans croisement dénoue la fureur des diktats sociétaux en bravant les dangers qui feraient d’elle, éloignée du nid, une mère indigne. La grâce d’écriture puissante, souple est une respiration donnée à ce temps de ressources où cette mère si aimante récolte la vie, miettes après miettes pour offrir à l’enfant le miroir d’une normalité plausible. Ce récit se passe dans l’intériorité des êtres écorchés par la vie, marginalisés par les empreintes sociétales déformantes. La subtilité est fervente dans ce roman relevé et tenace. Tout est suggéré et le troisième degré de lecture souligne la formidable et délicate grâce d’un amour hors pair entre une mère abandonnée par le père de l’enfant et son fils trop jeune pour répondre au vide affectif de sa mère. Plus que cela encore cette histoire est une satyre. Le lecteur est secoué. Il a tenu la corde tout au long de ce récit fiévreux et admirable. Fier d’avoir lu les batailles et les victoires de cette mère modèle. « Tenir jusqu’à l’aube » de Carole Fives publié par Les Editions Gallimard l’Arbalète est un roman majeur, poignant, beau et rare qui encense la beauté vraie d’une femme résistante.

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  • Une histoire d’amour qui se termine mal, un couple qui se sépare et voilà une jeune femme qui se retrouve isolée à Lyon, avec son petit garçon de deux ans.
    En free lance, avec peu d’argent, le quotidien se transforme rapidement en galère, il s’avère difficile de payer le loyer, la nourriture,...
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    Une histoire d’amour qui se termine mal, un couple qui se sépare et voilà une jeune femme qui se retrouve isolée à Lyon, avec son petit garçon de deux ans.
    En free lance, avec peu d’argent, le quotidien se transforme rapidement en galère, il s’avère difficile de payer le loyer, la nourriture, la crèche … Pour une maman “solo”, la routine devient insurmontable, la solitude et le regard des autres sont insupportables, les propos des forums en ligne blessants et décourageants …
    Carole Fives décrit sans “pathos ni mélo” mais avec beaucoup de brio le parcours du combattant des parents qui élèvent seuls leurs enfants - des femmes pour la grande majorité - et pour qui la société n’est pas toujours tendre ni particulièrement bienveillante. L’échec sentimental ou l’enfant “accidentel” demeure de nos jours un tabou, une sorte de poisse que certains considèrent comme une punition à subir sans se plaindre … On assume ses erreurs et l’on s’oublie au nom de la bienséance …
    Et si l’on est trop faible ou trop mal organisé pour assurer avec succès l’éducation de ses enfants, malgré les bons conseils des uns et des autres, eh bien c’est qu’on n’est pas à la hauteur !
    Merci à Carole Fives, donc, d’aborder sans complexe un fait de société trop souvent occulté et de pointer du doigt la détresse qui poussent certaines personnes à prendre des risques - personnes que pour ma part je me garderais bien de juger !

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  • Elle, graphiste en free lance est venue à Lyon suivre son compagnon. A la naissance de son fils, le père l’a quittée la laissant seule, démunie aussi bien financièrement que socialement. Elle vit en vase clos avec cet enfant de deux ans, travaillant quand il dort ou quand elle le met devant la...
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    Elle, graphiste en free lance est venue à Lyon suivre son compagnon. A la naissance de son fils, le père l’a quittée la laissant seule, démunie aussi bien financièrement que socialement. Elle vit en vase clos avec cet enfant de deux ans, travaillant quand il dort ou quand elle le met devant la télé. Cette relation est asphyxiante d’autant que les problèmes s’accumulent, problèmes financiers, solitude affective, difficulté à élever cet enfant qui réclame son père.
    Elle cherche des réponses sur des forums sur Internet mais elle ne rencontre que des propos moralisateurs, conseils et discours sur l’amour maternel. Elle a le sentiment d’être sans cesse jugée et elle n’en peut plus. Pourtant elle aime cet enfant, elle a juste besoin de se sentir libre, de respirer et le soir lorsque l’enfant s’est endormi elle sort, chaque soir un peu plus loin comme cette chèvre de Monsieur Seguin dont elle lit l’histoire à son fils….

    Un magnifique roman d’actualité qu’on lit en apnée avec une tension grandissante. Une écriture précise, aiguisée et féministe. Un roman fort qui prend le contrepied de cette image qu’on nous impose en permanence (celle des mères parfaites qui gèrent avec bonheur enfant, travail….) et qui pointe aussi le regard culpabilisateur jeté par l’ensemble de la société sur celles qui n’y arrivent pas.
    J’ai particulièrement aimé ce parallèle entre cette femme et la chèvre de Monsieur Seguin, les échanges sur les forums qui relatent les diversités des situations de ces femmes seules et le dénouement très réussi !

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  • Elle est seule avec son enfant de deux ans. Son tout petit. Si beau. Elle est ce que l’on appelle une maman solo. Solo entre les quatre murs d’un appartement dont elle a beaucoup de mal à payer le loyer . Le père ? Absent. Il l' a entraînée dans cette grande ville froide et anonyme, où elle...
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    Elle est seule avec son enfant de deux ans. Son tout petit. Si beau. Elle est ce que l’on appelle une maman solo. Solo entre les quatre murs d’un appartement dont elle a beaucoup de mal à payer le loyer . Le père ? Absent. Il l' a entraînée dans cette grande ville froide et anonyme, où elle est terriblement isolée depuis qu'il est parti. Elle l’attend. Ils l’attendent. Elle espère un geste, un sms, une paternité enfin assumée, un hypothétique retour.

    Ce roman est celui d’un huis-clos. De ceux qui vous enserrent. C’est celui d’une femme qui se bat, au quotidien, pour survivre. Pour « tenir jusqu’à l’aube », jour après jour. C’est celui de toutes ces femmes, de tous ces hommes, tous ces oubliés d’une société qui exclue, qui ferme les yeux sur ce qui la dérange. Cette même société qui lui refuse une place en crèche, qui la condamne à cet isolement qui l’étouffe, qui la condamne d’office.

    « Oh, quand on était débrouillarde, un enfant , ça ne coûtait pas si cher ! Il suffisait de préparer les repas soi-même , d’éviter les plats industriels, trop gras, trop chers. Et puis, elle avait désormais le loisir de faire le marché, trouver des produits frais, courir les vide-greniers, les Emmaüs. On y trouvait des vêtements pour rien en fouillant un peu, des petites doudounes, et même des bottes, l’employée y avait déniché ce week-end une parire de chaussures fourrées pour sa petite dernière, à peine cinq euros ».

    De temps en temps, elle tente de s’évader de ce carcan carcéral, car, malgré tout l’amour qu’elle porte à son enfant, elle étouffe, se sent prisonnière. Elle va surfer sur les forums internet, sur lesquels elle va chercher une écoute, un soutien. On l’y condamne. Au nom de la « morale ». De ce qui « se fait, se pense » ou plutôt, ne se fait pas, ne se pense pas.

    « Sur Internet, la grande chaîne de solidarité féminine s’organise et les Mères Courage se déchaînent. On les a voulus les loulous, on les a désirés, et eux ils n’ont rien demandé. Il faut relever la tête, assumer et assurer »

    Alors, elle va se créer, de temps à autre, toujours la nuit, des respirations. Quand l’enfant dort, entre un « lolo », un « à côté », un mail de Vert Baudet, elle sort, marche, oublie son apnée quotidienne, jusqu’à ce que l’alarme du téléphone portable qu’elle garde contre elle, retentisse, comme retentissait la corne de Monsieur Seguin, quand il rappelait sa chèvre, celle qui avait rompu la corde qui l’empêchait d’être libre.

    « Tenir jusqu’à l’aube » est un roman actuel. Il souligne la précarité des parents solos, la paupérisation et la solitude qui sont leurs lots quotidiens. Carole Fives dénonce la société qui enfonce la tête sous l’eau de ceux qui n’arrivent pas à nager. Elle le fait brillamment. L’écriture est aussi alerte qu’oppressante, le drame est pressenti, et se rapproche , page après page, jusqu’à la fin, inattendue.

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  • Carole Five aborde dans son nouveau roman, un thème très actuel "le burn out parental."

    L'auteure nous embarque dans une fiction au sujet grave, d'une manière très touchante et d'un réaliste implacable.

    C'est l'histoire d'une mère qui essaye de garder la tête en dehors de l'eau.
    Malgré...
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    Carole Five aborde dans son nouveau roman, un thème très actuel "le burn out parental."

    L'auteure nous embarque dans une fiction au sujet grave, d'une manière très touchante et d'un réaliste implacable.

    C'est l'histoire d'une mère qui essaye de garder la tête en dehors de l'eau.
    Malgré son envie de s'en sortir, de se battre et de se débattre dans une société sectaire et impitoyable, elle coule petit à petit dans un engrenage infernal, où l'espoir se fait de moins en moins présent.

    Son échappatoire ?! Ses sorties nocturnes où elle abandonne son fils chez elle pendant quelques minutes, se transformant en heures, afin de retrouver un semblant de vie et d'oxygène...
    JUSTE pour croire que pendant cette parenthèse, sa vie est TOUT autre !

    Sous la pression d'une société intransigeante, où les "failles "ne sont pas admises, son quotidien ressemble a un parcours du combattant. Élever son enfant seule est une bataille sans merci !
    Sans conjoint, sans famille, un travail précaire et des difficultés financières, c'est un enfer qu'elle vit chaque jour.
    Elle espère un avenir meilleur, que le père revienne, que des entreprises lui proposent du travail, que son fils fasse ses nuits, qu'une place se libère dans une crèche.

    Un tableau peu réjouissant et POURTANT ! Dans ce beau roman, c'est le combat d'une femme, d'une mère qui s'efforce de vivre et de donner du sens à sa vie, de pouvoir élever son fils tout simplement dans la dignité.

    Il lui faudra de la volonté, de la persévérance, des larmes et des moments de dérobade pour réussir à survivre, au risque de se mettre "hors la loi."

    Pour résister et lutter contre les vicissitudes de la vie que l'on a pas choisie.

    Tenir jusqu'à l'aube est un CRI ! Une histoire qui nous prend aux tripes, qui nous touche forcément !

    C'est un appel ou une révélation à tous ceux qui n'ont pas conscience que beaucoup de femmes vivent cette situation aujourd'hui.
    Un roman vibrant de réalisme, de pudeur et d'espoir dans un monde fermé aux malheurs des autres.

    Une vraie prise de conscience en ce qui concerne la précarité et le Burn-out (dit aussi "la tyrannie de l'exigence") car personne n'est à l'abri d'y basculer un jour.

    A LIRE !
    http://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/09/tenir-jusqua-laube.html

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  • Roman de la rentrée, auteure découverte grâce à l'intime festival dont elle était l'invitée en août dernier.

    Roman coup de poing, qui fait prendre conscience du sort des mères célibataires, du poids qui pèse sur leurs épaules, du risque de précarité et du regard de la société les...
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    Roman de la rentrée, auteure découverte grâce à l'intime festival dont elle était l'invitée en août dernier.

    Roman coup de poing, qui fait prendre conscience du sort des mères célibataires, du poids qui pèse sur leurs épaules, du risque de précarité et du regard de la société les concernant.

    J'ai pris une claque en lisant ce récit d'une mère solo avec son fils de deux ans. Ne pas pouvoir s'évader lui pèse, ce huis-clos perpétuel avec un fils difficile en manque de père, possessif, exclusif, réclamant sans cesse d'avoir sa maman à côté de lui "à côté, à côté".. Ne jamais pouvoir souffler, avoir un moment de répit, pas simple.

    Elle, car c'est à la troisième personne que l'auteure nous en parle, nous décrit son quotidien.

    Peu à peu, elle veut retrouver un peu de liberté, retrouver sa vie d'avant. Alors la nuit elle s'évade. Elle s'octroie un peu de temps pour elle, marchant simplement dans les rues à la recherche de ce sentiment de liberté. Quelques minutes d'abord, puis un peu plus à chaque fois.

    En parallèle, elle raconte "La chèvre de Monsieur Seguin" à son fils, cette chèvre éprise elle aussi de liberté. La fable raisonne, se fera-t-elle aussi manger par le loup ? Quelle sera la conséquence de ces petits moments d'évasion ?

    La réponse vous l'aurez en lisant ce très beau roman.

    Beaucoup de sujets abordés, la difficulté de travailler en étant 24h/24 avec son fils car difficulté de trouver une place dans une crèche, ce qui a un effet boule de neige ; moins de travail, moins de moyens, plus de fatigue mentale et physique, un enfermement social et moral.

    J'ai été interpellée par les réactions sur les forums internet, en utilisant les recherches concernant les vocables mère solo (et sortie), mère solo et argent, mère solo et disparaître ou encore mère solo et autorité, père absent, plutôt que de trouver aide et réconfort, la plupart des réactions condamnent la mère en détresse, l'enfoncent au lieu d'être solidaire.

    Un très bon livre de la rentrée, une plume vive. De courts chapitres, c'est dynamique, cela me donne envie de découvrir le répertoire de Carole Fives.

    Ma note : 9/10


    Les jolies phrases

    On les a voulus les loulous, on les a désirés, et eux, ils n'ont rien demandé. Il faut relever la tête, assumer et assurer.

    Qu'est-ce qu'on ferait sans eux ? Tout ce qu'on faisait avant !

    Le petit est devant la télé. La moins chère des babysitters, à défaut d'être la meilleure.

    Ces promenades les laissaient hagards, défaits, le plaisir de la sortie était gâché, il fallait traverser quelques rues encore, puis le grand hall de la résidence et ses mosaïques au sol, se jeter dans l'ascenseur et regagner leur dernier étage, leur huis clos, leur petit enfer quotidien.

    L'enfant avait besoin de l'affection de ses deux parents pour grandir, comme de ses deux jambes pour marcher.

    Solo, c'est moins sinistre que seule. Solo, ça renouvelle la figure de la mère célibataire, larguée, quittée, abandonnée, ça éloigne le cliché misérable de la fille-mère, de l'adolescente promenant son landau sur un trottoir défoncé du nord de la France.

    Désormais un seul mot d'ordre, ne pas tomber malade, on ne pouvait pas se le permettre.

    Un matin qu'ils avaient passé la nuit côte à côte, elle était partie seule, sur les bords de la Saône. Il faisait beau, et elle était pareille à cette rivière, profonde, escarpée, prête à se jeter dans le premier fleuve venu. Ce matin-là, quelle joie. Quelle joie de penser à lui, à eux, à l'avenir qui s'ouvrait enfin.

    C'était sans doute dans ces moments-là que l'envie de fuir était la plus forte. Quand elle réalisait qu'elle ne supportait plus cet unique rôle où on la cantonnait désormais, dans un film dont elle avait manqué le début, et qu'elle traversait en figurante. C'était alors que les fugues s'imposaient, comme une respiration, un entêtement.

    Avoir un corps. Un corps sans enfant qui s'y cramponne. Un corps sans poussette qui le prolonge. Ça lui a paru étrange lors de ses premières sorties. Elle s'était sentie nue, vulnérable. Comme si on l'avait amputée de quelque chose, d'une extension quasi naturelle d'elle-même.

    https://nathavh49.blogspot.com/2018/09/tenir-jusqua-laube-carole-fives.html

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