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Rien ne t'appartient

Couverture du livre « Rien ne t'appartient » de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072952227
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Elle ne se contente plus d'habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n'aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C'est elle qui envoie le garçon, c'est elle qui me fait oublier les... Voir plus

« Elle ne se contente plus d'habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n'aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C'est elle qui envoie le garçon, c'est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c'est elle qui me fait danser nue. » Il n'y a pas que le chagrin et la solitude qui viennent tourmenter Tara depuis la mort de son mari. En elle, quelque chose se lève et gronde comme une vague. C'est la résurgence d'une histoire qu'elle croyait étouffée, c'est la réapparition de celle qu'elle avait été, avant. Une fille avec un autre prénom, qui aimait rire et danser, qui croyait en l'éternelle enfance jusqu'à ce qu'elle soit rattrapée par les démons de son pays.
À travers le destin de Tara, Nathacha Appanah nous offre une immersion sensuelle et implacable dans un monde où il faut aller au bout de soi-même pour préserver son intégrité.

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Avis (19)

  • C'est sombre, c'est beau, c'est poétique.
    Il est question d'une enfance volée, de maltraitance, d'un secret indicible, d'un amour qui doit guérir de tout, qui ne guérit de rien.
    Nathacha Appanah, comme dans ses autres romans toujours courts, toujours puissants, condense une tranche de vie.
    La...
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    C'est sombre, c'est beau, c'est poétique.
    Il est question d'une enfance volée, de maltraitance, d'un secret indicible, d'un amour qui doit guérir de tout, qui ne guérit de rien.
    Nathacha Appanah, comme dans ses autres romans toujours courts, toujours puissants, condense une tranche de vie.
    La plume est précise et élégante.
    C'est émouvant et tragique.

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  • Rien ne t’appartient est un roman assez court, d’une force incroyable.
    Nathacha Appanah qui m’avait estomaqué avec Tropique de la violence, confirmant, à un degré moindre avec Le ciel par-dessus le toit, m’a ramené en Asie, dans un pays bouleversé par la guerre et les luttes fratricides dont...
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    Rien ne t’appartient est un roman assez court, d’une force incroyable.
    Nathacha Appanah qui m’avait estomaqué avec Tropique de la violence, confirmant, à un degré moindre avec Le ciel par-dessus le toit, m’a ramené en Asie, dans un pays bouleversé par la guerre et les luttes fratricides dont les femmes sont les premières victimes.
    Tara s’exprime dans une première partie très énigmatique qui ne m’emballe pas. Emmanuel, son mari qui avait quinze ans de plus qu’elle, est mort. Il a un fils, Eli, d’un premier mariage. Prof de maths dans un collège, il tente d’aider Tara victime d’hallucinations et très perturbée. Il a beau lui poser des questions, voulant savoir qui est cette Vijaya, prénom qu’il a vu écrit sur des feuilles trainant dans la chambre de Tara mais celle-ci ne répond pas.
    Où sommes-nous ? Dans quel pays nous trouvons-nous ? Nathacha Appanah ne le dit pas, s’attachant exclusivement au côté psychologique de sa narratrice mais, lors des Correspondances de Manosque 2021, elle nous avait confié que cela se passe au Sri Lanka. Tara est au plus mal, veut en finir et refuse de raconter ce qu’elle a vécu à Eli qui voudrait tant l’aider. Pourquoi ? Je n’ai pas d’explication sauf cette seconde partie à la fois terrible et passionnante, intitulée Vijaya.
    Tout commence par une vie idyllique pour cette fillette vivant dans un décor paradisiaque. Son père est opposant politique, parle à la radio, à la télévision et sa mère a des pouvoirs magiques. Ils sont riches assurément. Ce père souriant devient un tuteur sévère lorsqu’il enseigne à sa fille, Vijaya. Depuis la capitale, vient Rada, professeure de danse qui lui enseigne la bharatanatyam, danse traditionnelle de l’Inde du sud, deux jours par semaine. D’ailleurs, Vijaya danse à ravir lorsqu’une fête lui en donne l’occasion.
    Hélas, sa vie va basculer dans l’horreur avec ce qui fait penser à un coup d’État militaire, l’installation d’une dictature qui élimine sans pitié les opposants.
    Si Vijaya échappe à la mort, son calvaire est égayé par un garçon qui vient la voir régulièrement et qui partage l’amour avec elle. Cela explique peut-être ce garçon qu’elle voit chez elle dans la première partie puis qui disparaît subitement sans qu’on en sache davantage à son sujet.
    La conséquence de ces relations sexuelles si belles transforme Vijaya en « fille gâchée ». C’est là qu’elle se retrouve dans une sorte de pensionnat, de maison de correction pour « filles gâchées » où la tenancière lui assène sans arrêt : Rien ne t’appartient ici.
    La vie de Vijaya est celle que d’autres jeunes filles comme elles ont dû subir : privations, punitions, travail très dur, jusqu’au jour où ce tsunami dont nous nous souvenons tous, remet tout en question, juste après Noël, le 26 décembre 2004. Il dévasta une bonne partie des côtes de l’Océan Indien causant énormément de victimes.
    Les quelques pages faisant vivre, survivre Vijaya dans ces vagues qui emportent tout, sont terribles. C’est dense, prenant, rythmé, d’un réalisme d’autant plus choquant que l’autrice n’exagère pas.
    Rien ne t’appartient me semble un formidable témoignage sur les dégâts psychologiques causés, pendant des siècles d’exploitation et d’oppression de beaucoup de femmes. C’est écrit délicatement, avec un minimum de précisions géographiques et aucune date. Tout est dans les mots, les phrases mettant en place une vie sacrifiée où tant de malheurs, tant de souffrances accumulées sont impossibles à évacuer. Tara et Vijaya, ces deux jeunes femmes cohabitent dans la même personne qui, privée du seul homme venu à son secours, se trouve dans l’impossibilité de communiquer pour se relever et continuer à vivre.

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Depuis la mort d’Emmanuel, son mari, avec qui elle était mariée depuis quinze ans, Tara est oppressée par le chagrin et la solitude, et de plus elle est hantée par des visions et des fantômes. Une fille s’immisce dans ses rêves et Tara pense que c’est elle qui lui fait oublier les mots, les...
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    Depuis la mort d’Emmanuel, son mari, avec qui elle était mariée depuis quinze ans, Tara est oppressée par le chagrin et la solitude, et de plus elle est hantée par des visions et des fantômes. Une fille s’immisce dans ses rêves et Tara pense que c’est elle qui lui fait oublier les mots, les événements, elle, qui lui envoie ce garçon qu’elle voit sur le fauteuil, elle qui lui fait danser nue la bharatanatyam. Des souvenirs clignotent. Elle sent qu’elle n’aura bientôt plus la force de retenir en elle ce qui gronde et menace de ressurgir, c’est-à-dire la réapparition de celle qu’elle a été avant, une fille avec un autre prénom qui aimait rire et danser, qui croyait en l’éternelle enfance avec un appétit de vie immense comme si elle se doutait que cela n’allait pas durer.
    Elle s’accroche tout en pensant à Emmanuel et se disant que « lui seul pouvait me maintenir debout, me garder intacte et préservée de ma vie d’avant, mais il n’existe plus ».
    Quand elle apprend que Eli, le fils d’Emmanuel, inquiet pour sa santé, a pris pour elle un rendez-vous chez le neurologue, qu’étant allé dans sa chambre lui chercher une couverture, il revient en lui demandant « C’est qui, Vijaya ? », Tara pense qu’il faut que ça s’arrête et qu’il est temps d’en finir.
    Rien ne t’appartient est construit en deux parties. Le roman commence par la voix de Tara puis vient ensuite celle de Vijaya, une voix qui vient du passé, celle de cette petite fille à la vie délicieuse et sans entraves, éveillée à la beauté, à la sensualité, à la danse et à la connaissance par ses parents mais à qui « jamais personne n’a expliqué ce que c’est qu’être une fille dans ce pays ».
    Aussi tout bascule lorsque des militaires forcent l’entrée de la propriété. Vijaya sera enfermée et comme d’autres fillettes heureuses, transformée en esclave silencieuse. Ce qui signera la fin de son insouciance sera cette phrase que lui jette à la figure la directrice du lieu où elle va être enfermée « Rien ne t’appartient » et fera dire à Vijaya « En vérité, plus rien ne m’appartient, ni ici, ni ailleurs, ni jamais. Mon nom, mon histoire, ma mémoire s’effacent. Je m’endors comme on tombe dans un puits noir ». Ce sera son premier tsunami !
    Rien ne t’appartient s’attache à montrer que cette dépossession ne peut être totale pour Vijaya et qu’avec beaucoup de courage, en apprenant à mentir, elle gardera son cœur pour aider ses consœurs dans la détresse et parviendra à une sorte de renaissance. En allant au bout d’elle-même, elle parvient à garder son intégrité. La perte et la reconquête, la condition féminine de même que le deuil, la mémoire, le corps, le désir et la mort sont les thèmes abordés dans ce magnifique roman.
    J’ai été une nouvelle fois émerveillée par l’écriture à la fois tellement sensible, poétique, délicate, élégante, sensuelle et rythmée de Nathacha Appanah, une écriture charnelle, véritable immersion sensorielle dans un monde fait pourtant de tant de douleur, de brutalité et de ténèbres mais aussi de tant de douceur, de beauté et de sensualité et d’où finalement surgit la lumière…
    Quel moment sublime lorsque Tara se remémore une séance de danse et se met à l’exécuter ! La description est telle que son souffle m’a enveloppée et que j’ai cru la voir et la sentir danser.
    Rien ne t’appartient, ce roman bouleversant tout en sobriété, en suggestions et d’une extrême sensibilité m’a vraiment touchée et enthousiasmée.

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • J'avais déjà lu et apprécié les textes précédents de Natacha Appanah et sa façon de nous entraîner dans des zones sombres, que ce soient des zones géographiques ou intimes, avec de sacrés personnages.
    Cette fois, il n'y a qu'un seul personnage, une femme va nous raconter, à travers sa voix, sa...
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    J'avais déjà lu et apprécié les textes précédents de Natacha Appanah et sa façon de nous entraîner dans des zones sombres, que ce soient des zones géographiques ou intimes, avec de sacrés personnages.
    Cette fois, il n'y a qu'un seul personnage, une femme va nous raconter, à travers sa voix, sa vie, son passé, ses détresses, ses espoirs, ses oublis, dénis...
    Un texte très poétique et percutant.
    En 160 pages, l'auteure va nous entraîner dans les souvenirs de la narratrice. Elle vient de perdre son mari et elle attend son beau fils et il lui demande de se ressaisir, mais le peut elle et le veut elle vraiment ??
    Avec une belle écriture, Natacha Appanah va nous faire connaître les vies de cette femme, car elle a vécu plusieurs vies. Son enfance, son adolescence et sa fin de vie. une vie terrible et des pages très difficiles sur la situation des filles, femmes dans certains pays, jamais nommés d'ailleurs, peut être la Thaïlande. Des pages terribles mais aussi des pages d'espoir,; des pages d'un terrible réalisme mais aussi fantastique avec des fantômes qui frôlent la narratrice pendant ses journées.

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  • Lorsque son mari Emmanuel disparaît brusquement, l'univers de Tara s'effondre et la digue de son esprit lâche et une vague l'entraîne vers la dépression aux portes de la folie, comme le tsunami qui l'avait emportée alors qu'elle s'appelait Vijaya.
    Vijaya, une petite fille libre qui rêvait de...
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    Lorsque son mari Emmanuel disparaît brusquement, l'univers de Tara s'effondre et la digue de son esprit lâche et une vague l'entraîne vers la dépression aux portes de la folie, comme le tsunami qui l'avait emportée alors qu'elle s'appelait Vijaya.
    Vijaya, une petite fille libre qui rêvait de voler qui s'éveillait à la beauté, à la sensualité, à la danse, à la connaissance et qui va devenir une fille gâchée à qui rien n'appartient.


    Une narration simple, efficace, rythmée. Nathacha Appanah nous raconte avec tendresse l'histoire d'une jeune femme qui se réinvente une vie pour oublier son passé tragique marqué par la violence des hommes et éléments.
    Une description très réaliste du tsunami, de la vague qui emporte tout laissant des gens complètement désemparés au milieu d'une nature défigurée. Un récit douloureux et émouvant porté par une plume délicate et sensible, un personnage inoubliable qui m'a profondément marqué. Un livre lumineux et envoûtant.

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  • Sculpter le flou
    Emmanuel est mort depuis plus de trois mois et il laisse Tara seule.
    Elle a le cœur fracturé, son esprit vacille, elle sait que son beau-fils Eli doit venir, la journée est orageuse, elle a chaud, très chaud et elle se dévêtit. Elle a des visions surnaturelles, celle d’un...
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    Sculpter le flou
    Emmanuel est mort depuis plus de trois mois et il laisse Tara seule.
    Elle a le cœur fracturé, son esprit vacille, elle sait que son beau-fils Eli doit venir, la journée est orageuse, elle a chaud, très chaud et elle se dévêtit. Elle a des visions surnaturelles, celle d’un jeune garçon qui lui sourit en silence. Cela marque de façon indélébile son esprit qui glisse vers un néant que la saleté de son appartement laisse présager, son espace se remplit de déchets, son esprit tend vers une épure.
    Car Tara n’a pas seulement perdu l’homme qu’elle aimait, elle a perdu son pilier, son rempart, sa forteresse, celui qui l’a ramené à la vie, lui a donné une seconde vie.
    Sans lui les fantômes reviennent en une sarabande déstabilisante.
    Elle fût une petite fille choyée, avec des parents lettrés qui lui enseignaient un savoir qui devait lui servir de viatique ver une vie libre et meilleure.
    Son père ne répétait-il pas qu’il ne croyait « qu’aux faits et à la science ».
    Entourée de ses parents amoureux et aimants, elle s’appelait Vijaya, ce qui signifie Victoire, elle avait une nourrice pour veiller sur elle. Alors Vijaya était emplie de la certitude que la vie était une chose douce.
    « C’est une vie sans entraves : je vais nus pieds partout, je saute dans l’étang lorsqu’il est débarrassé des racines de lotus et des grenouilles, je grimpe aux arbres, je marche sur le rebord du puits quand personne ne me surveille, je me suspends aux poutres qui traverse la véranda, je cours dans la boue fraîche de la rizière en évitant les pousses de riz… »
    Mais certains dirigeants n’aiment pas les hommes libres qui s’expriment haut et fort, alors ils les font disparaître.
    Vijaya sera recueilli par le jardinier et sa femme, mais ils n’ont pas les codes, la petite fille s’éteint, elle devient mutique, et quasi transparente.
    Mais voilà qu’un jour elle est traitée de « fille gâchée », elle ne sait pas pourquoi et encore moins ce que cela veut dire.
    Le lecteur plonge avec elle dans ce monde flou et sensoriel, il comprend avec cette petite fille que la liberté est concomitante avec la contrainte.
    Tout le reste de sa vie remonte à la surface, jusqu’à ce que l’eau envahisse tout, comme une grande lessive, qui l’a laissé pour morte.
    C’est là qu’Emmanuel est arrivé et que Tara est née.
    Le lecteur retrouve les thèmes chers à l’auteur : la mort, le deuil, la mémoire du corps, les traumatismes dont on accouche un jour où l’autre.
    La voix de Tara est devenue celle de Vijaya, elle est ressentie comme celle d’une petite fille pleine de vie que l’on a tué à petits feux, comme une ampoule qui faiblit en lançant quelques éclairs de plus en plus faibles.
    Le roman est rythmé, d’une grande musicalité, il a un souffle ample qui se déploie pour dire la vie et ses accrocs qui induisent l’errance.
    C’est un bonheur de retrouver cette plume intimiste et épurée qui sait dire en douceur, la force des drames humains, elle met de la lumière dans les âmes meurtries.
    Je crois que longtemps après cette lecture, dans notre mémoire Tara / Vijaya :
    « Elle ne se contente plus d’habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que bientôt, je n’aurais plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C’est elle qui envoie le garçon, c’est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c’est elle qui me fait danser nue. »
    Un roman d’une belle maîtrise où les ombres de l’histoire sont en contraste avec une écriture superbement sculptée.
    ©Chantal Lafon
    https://jai2motsavousdire.wordpress.com/2022/01/09/rien-ne-tappartient-nathacha-appanah/

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  • Le mari de Tara est mort.
    Elle ne s'en remet pas, coule, part à la dérive.
    Et surtout ses souvenirs si bien enfouis ressurgissent comme un raz de marée.
    Parce qu'en réalité, elle ne s'appelle pas Tara, mais Vijaya.
    Et pour survivre, elle a enterré Vijaya au plus profond d'elle-même, mais la...
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    Le mari de Tara est mort.
    Elle ne s'en remet pas, coule, part à la dérive.
    Et surtout ses souvenirs si bien enfouis ressurgissent comme un raz de marée.
    Parce qu'en réalité, elle ne s'appelle pas Tara, mais Vijaya.
    Et pour survivre, elle a enterré Vijaya au plus profond d'elle-même, mais la voilà qui ressurgit.
    Son enfance heureuse (en Thaïlande peut-être?), et puis sa vie qui bascule quand ses parents sont assassinés.
    Son passage chez l'ancien jardinier où elle devient chien fou sauf quand elle voit « le garçon »,
    Et puis son enferment au refuge, en tant que « fille gâchée »
    Et puis le tsunami..... et Emmanuel, son mari maintenant mort.
    Quelle belle et poignante histoire.
    Et outre la beauté de l'histoire, il y a la beauté de l'écriture.
    Natacha Appanah a un très beau style qui n'est propre qu'à elle.
    Elle aime jouer avec les mots qui alors deviennent musique.
    C'est un roman prenant dans lequel je me suis complètement immergée.
    Et j'en ressors étourdie.

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  • Depuis la mort de son mari, Tara n’est pas seulement envahie par le chagrin et la solitude. C’est tout le passé, qui, longtemps refoulé, s’invite au crépuscule de sa vie. Un passé dans un autre pays, où elle portait un autre nom, et au cours duquel, après avoir tout perdu, il lui a fallu trouver...
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    Depuis la mort de son mari, Tara n’est pas seulement envahie par le chagrin et la solitude. C’est tout le passé, qui, longtemps refoulé, s’invite au crépuscule de sa vie. Un passé dans un autre pays, où elle portait un autre nom, et au cours duquel, après avoir tout perdu, il lui a fallu trouver la force de survivre et de rebondir.

    Quoi de plus bouleversant que d’entamer le récit d’une vie par son terme. Tara est une vieille femme dont le récent veuvage semble faire vaciller la raison. L’on ne tarde pas à réaliser qu’il ne fait que rompre les digues du passé. Avec son mari disparaît ce qui l’amarrait au présent et à son existence en France, nul n’ayant jamais su ce qu’elle avait vraiment vécu avant, tant elle s’est toujours instinctivement attachée à l’enfouir au plus secret d’elle-même. Longtemps contenus, les souvenirs n’en ressurgissent qu’avec plus de force, et la femme âgée s’efface peu à peu pour laisser revivre l’enfant et la jeune femme, intactes dans une mémoire où se mélangent désormais les époques.

    En remontant le temps, la narration nous transporte quelque part en Asie, en Thaïlande peut-être, mais peu importe finalement. Elle raconte la violence et la dictature, l'humiliation et la privation de liberté, la condition des filles, qui plus est, des orphelines et des « filles gâchées », la lutte pour la survie dans un maelström de circonstances où les hasards et la chance comptent autant que la force de résilience. Tout en retenue et suggestivité, le récit laisse peu à peu crever la gangue de silence dont s’était entourée Tara, comme souvent les survivants de l’indicible. Et le lecteur découvre avec émotion la fragilité d’une reconstruction, permise par l’amour d’un homme qui n'en aura d’ailleurs jamais pleinement pris conscience, sans que jamais elle ne parvienne à cicatriser vraiment les blessures d’une jeunesse saccagée.

    Ses personnages justes et attachants, sa narration sobre et sa tonalité douce-amère, entre ombre et lumière, confèrent émotion et profondeur à cette histoire irrémédiablement douloureuse, malgré la résilience. Jamais ne se comble l’abîme d’une enfance massacrée… Coup de coeur.

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