Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Rien ne t'appartient

Couverture du livre « Rien ne t'appartient » de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072952227
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Elle ne se contente plus d'habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n'aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C'est elle qui envoie le garçon, c'est elle qui me fait oublier les... Voir plus

« Elle ne se contente plus d'habiter mes rêves, cette fille. Elle pousse en moi, contre mes flancs, elle veut sortir et je sens que, bientôt, je n'aurai plus la force de la retenir tant elle me hante, tant elle est puissante. C'est elle qui envoie le garçon, c'est elle qui me fait oublier les mots, les événements, c'est elle qui me fait danser nue. » Il n'y a pas que le chagrin et la solitude qui viennent tourmenter Tara depuis la mort de son mari. En elle, quelque chose se lève et gronde comme une vague. C'est la résurgence d'une histoire qu'elle croyait étouffée, c'est la réapparition de celle qu'elle avait été, avant. Une fille avec un autre prénom, qui aimait rire et danser, qui croyait en l'éternelle enfance jusqu'à ce qu'elle soit rattrapée par les démons de son pays.
À travers le destin de Tara, Nathacha Appanah nous offre une immersion sensuelle et implacable dans un monde où il faut aller au bout de soi-même pour préserver son intégrité.

Donner votre avis

Avis (8)

  • Voilà une auteure que j'affectionne pour la qualité de sa plume!ici,c'est un portrait exceptionnel d'une femme au destin particulier.Qui est-elle?La mort de son mari la laisse détruite et prête à basculer dans la folie.Tara ou Vijaya?l'émotion nous étreint à chaque page...Un beau moment de lecture!

    Voilà une auteure que j'affectionne pour la qualité de sa plume!ici,c'est un portrait exceptionnel d'une femme au destin particulier.Qui est-elle?La mort de son mari la laisse détruite et prête à basculer dans la folie.Tara ou Vijaya?l'émotion nous étreint à chaque page...Un beau moment de lecture!

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Je connaissais Natacha Appanah uniquement de renom. Ces derniers livres avaient fait plusieurs heureux parmi les blogueurs et je me devais de comprendre un tel enthousiasme.

    On suit le destin de Tara qui voit son passé tourmenté remonter à la surface. Même s’il fait référence à une région et...
    Voir plus

    Je connaissais Natacha Appanah uniquement de renom. Ces derniers livres avaient fait plusieurs heureux parmi les blogueurs et je me devais de comprendre un tel enthousiasme.

    On suit le destin de Tara qui voit son passé tourmenté remonter à la surface. Même s’il fait référence à une région et une époque, « Rien ne t’appartient » n’est pas un roman historique. L’autrice ne rentre jamais dans les détails des évènements. Le lecteur est placé dans l’esprit de l’héroïne et est confronté avec elle au destin de ces femmes. Le déroulement du drame n’est pas décrit. Il se vit par les sensations et les émotions qu’ont ressenti les actrices et devient alors universel.

    La beauté de la langue et la magie des mots opèrent parfaitement afin de nous imprégner de l’atmosphère. J’ai lu cette histoire d’une seule traite et je pense que c’est la meilleure façon de percevoir sa puissance. La maîtrise de la plume de l’écrivaine lui permet de taper fort en très peu de mots. J’ai vécu ces pages comme une expérience, un transfert dans un autre corps.

    Ce texte de Natacha Appanah justifie que l’on élève la littérature au rang d’art. Elle m’a tout bonnement époustouflé. J’ai ressenti la force de la désillusion dans mes tripes. A la sortie de cette plongée, je n’ai qu’un seul mot à la bouche « Whaou ! ». Je sais que l’argument est léger mais il résume bien mon humeur à la fermeture de ce court récit.

    Bien que j’aurais volontiers accepté quelques pages de plus pour le plaisir de lecture, je suis ravi d’avoir suivi les conseils des amis de la blogosphère et d’avoir découvert cette autrice. Ce court roman à l’écriture charnelle est une ode au combat des femmes dans le monde et au dépassement de soi. Une chose est sûre, je n’en resterai pas là avec Natacha Appanah !

    https://leslivresdek79.wordpress.com/2021/10/14/698-natacha-appanah-rien-ne-tappartient/

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Ce qui me frappe à chaque lecture de Nathacha Appanah c'est son écriture qui vous plonge, dès les premières lignes dans le climat de l'histoire qu'elle va nous révéler mais également dans l'état psychologique des personnages. Ici elle emprunte deux voix pour une même identité : Tara puis Vijaya,...
    Voir plus

    Ce qui me frappe à chaque lecture de Nathacha Appanah c'est son écriture qui vous plonge, dès les premières lignes dans le climat de l'histoire qu'elle va nous révéler mais également dans l'état psychologique des personnages. Ici elle emprunte deux voix pour une même identité : Tara puis Vijaya, deux voix mais une seule femme qui délaisse son présent avec sa douleur pour revenir sur son passé, celui d'avant Tara, celui de Vijaya (Victoire), d'une petite fille entourée de ses parents, dont le père se transforme en Monsieur, quand il lui fait la classe mais qu'elle verra disparaître ainsi que sa famille dans ce que la politique peut générer de violences.

    A partir de ce jour elle va s'apercevoir que Rien ne lui appartient et qu'elle va devenir l'objet des autres, ceux qui décideront de son sort, de son corps, de ses meurtrissures et qui ne devra sa survivance qu'à un cataclysme qui mettra sur sa route celui qui lui offrira, pour quelques années, un répit.

    Après Tropique de la violence et Le ciel par-dessus les toits, je retrouve avec bonheur et émotion l'écriture de cette auteure qui arrive, avec concision, justesse, sans effet d'aucune sorte, simplement par la force de ses mots, leur rythme, à vous plonger dans l'âme humaine. Ici elle nous parle à la fois du bonheur d'une enfance choyée, heureuse mais qui par les circonvolutions des hommes et des régimes va prendre fin avec les mots d'une petite fille qui dit ce qu'elle voit, ce qu'elle imagine, ce qu'elle comprend ou croit comprendre, qui obéit sans réaliser tout ce qui lui arrive. Une vie de fille "gâchée" soumise aux hommes mais également aux femmes qui la réduiront à son expression la plus simple, lui ôtant toute féminité et richesse, même dans ce qu'elle a de plus intime et personnel car Rien ne t'appartient désormais, même son prénom sera gommé la réduisant à un mois...

    "Elles (ces femmes) savent comment lacérer le ventre de l'intérieur, comment arracher les mauvaises lianes qui accrochent aux parois et quand bien même je crie, je pleure, elles restent là, au bord de cette douleur sans nom, elles attendent que je traverse la rie, le corps vide. (p112)"

    Heureusement elle garde en elle la bharatanatyam,  la danse enseignée enfant par Rada, composée d'adavus qui sont comme des lettres d'un alphabet musical et dans lesquels chaque position de mains, de doigts, de jambes et de pieds sont une ôde à la nature, à la grâce, aux Dieux et à la vie et qui lui permettent de s'évader, ailleurs, loin d'un monde où l'on tue, brûle, viole, détruit les temples.

    Ce roman est un petit bijou dans lequel on s'immerge par la grâce des mots même quand il s'agit de violence, de douleurs, de mort et même si l'histoire est terrifiante, elle n'use pas d'artifices, de grandiloquence mais elle reste à hauteur de la narratrice de ce qu'elle ressent dans son âme blessée et traumatisée, de ce à quoi elle se rattache, s'attache même si elle le sait rien ne lui appartient et que tout ce qu'elle aime ou à aimer lui sera arraché.

    "Il agit tel un sculpteur, à former un corps, à dessiner un visage, à lisser une folie, à faire émerger d'une fille gâchée une autre à promesses. (p153)"

    Je n'en dirai pas plus. Il faut lire Nathacha Appanah et comprendre pourquoi son écriture envoute, chavire, comment chaque mot, chaque virgule est pesée, ôtée pour conférer à son récit toute sa puissance.

    J'ai beaucoup aimé.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Nathacha Appanah montre dans son roman Rien ne t’appartient qu’on peut oublier jusqu’à son prénom et vivre sans recoller les tranches de sa vie. Mais, cela ne dure qu’un temps, pendant quinze ans dans ce roman. Après tout craque avec une violence difficile à canaliser, surtout si un événement...
    Voir plus

    Nathacha Appanah montre dans son roman Rien ne t’appartient qu’on peut oublier jusqu’à son prénom et vivre sans recoller les tranches de sa vie. Mais, cela ne dure qu’un temps, pendant quinze ans dans ce roman. Après tout craque avec une violence difficile à canaliser, surtout si un événement important vient détruire le mensonge.
    L’histoire
    Tara se retrouve complétement déphasée après la mort de son mari, Emmanuel, plus âgé qu’elle. Son beau-fils doit venir la visiter alors qu’elle aimerait tellement rester auprès de ce garçon au corps dégingandé avec ses vêtements trop grands. Il faudrait qu’elle s’active, qu’elle range et qu’elle donne un coup de propre partout, mais le temps passe trop vite. Elle se noie dans ses pensées disparates. Le désordre a envahit cet espace qu’il y a peu était propre et plein de vie.
    Nathacha Appanah commence par la fin, lorsque le présent est bouché, que l’univers s’écroule et que les forces quittent le corps, que la folie risque de s’installer ! Alors, pour la seconde partie, Natacha Appanah donne la parole à Vijaya. Elle est éduquée à l’occidental. Mais, les violences, les croyances ancestrales et le statut inférieur de la femme vont la transformer en « chien méchant » puis en « fille gâchée ».
    Deux voies, deux prénoms,
    Tara et Vijaya rendent compte de l’enfance, du deuil, de la mémoire et des conditions faites aux filles dans un pays corseté dans ses traditions d’un autre âge. Car, le père de Vijaya croyait à l’avenir de la liberté de conscience et de culte et le criait trop fort. Alors que sa mère, aux pouvoirs extraordinaires deux jours par mois, ne cessait de le mettre en garde ! Mais la danse Bharatanatyam qui habille de grelot ses chevilles ont fait croire à l’enfant que la séduction n’amène que regards et applaudissements.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2021/09/27/nathacha-appanah/

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • A chaque fois que je lis un roman de Natacha Appanah, je suis éblouie par sa capacité à dire tant en si peu de pages. Elle a un sens de l'épure absolument remarquable, immergeant totalement le lecteur dans l'intimité de ses personnages juste par la magie des mots. Car la plume ciselée de Natacha...
    Voir plus

    A chaque fois que je lis un roman de Natacha Appanah, je suis éblouie par sa capacité à dire tant en si peu de pages. Elle a un sens de l'épure absolument remarquable, immergeant totalement le lecteur dans l'intimité de ses personnages juste par la magie des mots. Car la plume ciselée de Natacha Appanah a bien quelque chose de magique, tellement sensorielle et musicale qu'on se retrouve entrainé à l'unisson d'une vie, avec ses ténèbres et sa douceur, ses respirations lentes et ses accélérations dangereuses. Tour est sensation, de la plus physique à la plus éthérée.

    « Je me souviens de tout, ça vient comme une envie de vomir, ça me prend aux tripes et ça va rejaillir ici, en grumeaux noirs et gluants, dans cet endroit où j'ai connu la paix. Je me souviens que le prénom que mon père m'avait donné voulait dire « victoire ». Vijaya. Je me redresse, je regarde le treillis métallique serré et je sais que je n'aurai ni le temps ni la force d'y grimper. Les chiens sont là, la jeune fille hurle, Arrête ! J'ai cette pensée étrange et douce qu'elle me tutoie comme si elle me connaissait mais à quoi bon, je veux que tout meure avec moi, le garçon, Tara et Vijaya. Je me traîne jusqu'à la berge qui n'existe plus tant l'eau est haute, tant le courant a mangé la terre, aplati les herbes. J'essaie de me mettre debout mais il n'y a rien sous mes pieds. Mon corps cède. Je m'étonne de crier comme si c'était une surprise, comme s'il restait encore une infime partie de moi qui refusait ce geste et j'aimerais arracher cette partie, la poser dans ma main, la regarder en face, l'écouter raconter son histoire mais alors l'eau, toute cette eau ... »

    Toute la première partie est troublante et insaisissable. Tara vient de perdre son mari. Elle est flou, semble avoir perdu la tête, perturbée par l'apparition spectrale d'un garçon. En fait le choc du deuil agit comme un catalyseur de souvenirs et ce garçon n'est qu'une réminiscence du passé, une vapeur de son enfance déchirée. Tara est comme engloutit par ce passé traumatique dont elle était parvenue à s'extraire. L'infusion est lente pour mener à la deuxième partie dans un pays, jamais nommé tant il pourrait être pluriel ( même s'il ressemble fort au Sri Lanka ) lorsque Tara était une autre et qu'elle a vécu l'enfer. Elle qui a été élevée dans la conscience que tout était possible, et qui va réaliser que ce n'était pas le cas lorsqu'on nait fille, qu'on vous dit que vous êtes une « fille gâchée » juste par la liberté prise et la sensualité que vous avez à fleur de peau. Que nous reste-t-il lorsque le corps ne nous appartient plus ?

    Natacha Appanah s'empare une nouvelle fois des thématiques fortes qui courent dans tous ses romans : l'enfermement, la mémoire, la résistance. Son phrasé est doux, poétique, tout en suggestion, même ou plutôt surtout lorsque la violence surgit. Elle tisse les silences, faisant confiance au lecteur pour les comprendre. Jusqu'aux trois dernières pages qui compose l'épilogue, absolument bouleversantes pour dire, à travers ce superbe portrait de femme, l'éphémère d'une vie traversée de drames et de lumière, et la fragilité de l'identité malgré une résilience qui semblait acquise.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Un roman d’une force et d’une beauté remarquables !

    Tara va mal. L’état de son logement en témoigne et elle en prend conscience lorsque le fils de mari défunt lui annonce sa visite. Mais elle n’a pas la force de donner un semblant de décence à son décor. Les confidences viendront, mais les...
    Voir plus

    Un roman d’une force et d’une beauté remarquables !

    Tara va mal. L’état de son logement en témoigne et elle en prend conscience lorsque le fils de mari défunt lui annonce sa visite. Mais elle n’a pas la force de donner un semblant de décence à son décor. Les confidences viendront, mais les plus lourds secrets ne seront confiés qu’au lecteur.
    C’est dans l’enfance qu’il faut rechercher le traumatisme, ce qui a créé une blessure irréparable, la fin d’une parenthèse idéale, malgré le danger perdu comme une menace permanente.
    Lorsque le destin s’accomplit, la fillette quitte l’enfance et aux yeux de ses proches, incarne le mal, une fille gâchée, méprisable, tout juste bonne à être enfermée avec ses semblables.

    Il faudra un autre drame pour sortir de ce cercle infernal. Mais en sort-on vraiment ?

    La plume est époustouflante ! Il y a une justesse dans le phrasé qui dit les choses sans les dire, avec poésie et retenue, sans jamais cependant créer le doute. L’art de dire l’indicible, sans mièvrerie, sans faux-semblants.

    C’est court pour un récit aussi dense, mais l’indispensable est là, aucun mot n’est inutile.

    L’amour, la mort, Eros et Thanatos s’affrontent en une danse diabolique, qui scellent les destins et détruisent les rêves d’enfance.

    Très belle lecture .

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Tara, récente veuve d’Emmanuel est perturbée au point qu’elle n’effectue plus aucune tâche ménagère dans son appartement qui devient quasi-insalubre. Eli, fils d’Emmanuel intervient en lui proposant un rendez-vous avec un neurologue auquel elle ne se rendra pas. Cette entrée en matière du roman...
    Voir plus

    Tara, récente veuve d’Emmanuel est perturbée au point qu’elle n’effectue plus aucune tâche ménagère dans son appartement qui devient quasi-insalubre. Eli, fils d’Emmanuel intervient en lui proposant un rendez-vous avec un neurologue auquel elle ne se rendra pas. Cette entrée en matière du roman laisse ensuite la place a ce qui s’est passé avant, la rencontre avec Vijaya, cœur de la narration et réminiscences du passé de Tara. Une vie rapidement perturbée par des violences qui tuent les parents de Vilaya, la malmènent durement, la cabossent et la conduisent au « refuge des femmes gâchées ». L’auteure nous offre un récit d’une grande sensibilité s’appuyant sur une écriture sobre et poétique restituant admirablement le drame de Vilaya-Tara.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/08/rien-ne-tappartient-de-nathacha-appanah.html

    COUP DE CŒUR

    " Rien ne m'appartient, ni ici, ni ailleurs, ni jamais. Mon nom, mon histoire, ma mémoire s'effacent."

    Tara est une femme en pleine confusion depuis la mort trois mois plus tôt de...
    Voir plus

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/08/rien-ne-tappartient-de-nathacha-appanah.html

    COUP DE CŒUR

    " Rien ne m'appartient, ni ici, ni ailleurs, ni jamais. Mon nom, mon histoire, ma mémoire s'effacent."

    Tara est une femme en pleine confusion depuis la mort trois mois plus tôt de son mari Emmanuel. Il y quinze ans Emmanuel avait épousé cette femme beaucoup plus jeune que lui, ramenée d'un pays ravagé. Emmanuel était le seul homme qui la maintenait debout, qui la maintenait entière, " intacte et préservée de sa vie d'avant. "

    Mais ce n'est seulement le chagrin causé par la mort d'Emmanuel qui tourmente Tara. Elle est hantée par la petite fille qu'elle était dans une autre vie, dans un autre pays quand elle s'appelait Viyaja, le prénom choisi par son père qui signifiait "victoire".

    Elle se souvient des couleurs et des parfums de son enfance, elle se souvient de la rizière, de la joie, de l'innocence, d'une vie douce sans entraves auprès de parents aimants, de son amour pour la danse. Elle se souvient de son père souriant qui se transformait en tuteur sévère pendant quelques heures chaque jour, cet opposant politique refusait en effet que sa fille aille à l'école du village où l'enseignement dispensé était de la pure propagande.

    Mais son père pensait des choses qu'on ne pouvait pas dire dans ce pays... Une barbarie mettra brutalement fin à l'enfance de Viyaja qui deviendra une survivante, "une bête en cage, un chien méchant", mais elle découvrira bientôt ce que signifie être une fille dans ce pays." Jamais personne ne m'a jamais expliqué ce que c'est qu'être une fille dans ce pays... Personne ne m'a dit : profite de ce ciel, de cette terre, de cette eau pendant qu'il est encore temps... bientôt ce sera fini, bientôt tu sauras ce que c'est une fille de ce pays."

    " Pour l'instant, ce "rien ne t’appartient ici" ne concerne que mon sac et ce qu'il contient. Je ne sais pas encore que ces mots englobent la robe que je porte, ma peau, mon corps, mes pensées, ma sueur, mon passé, mon présent, mon avenir, mes rêves et mon nom."

    Gros coup de cœur pour ce roman de Nathacha Appanah, une auteure qui ne m'a jamais déçue. Elle confirme son talent pour trouver les mots pour raconter l'indicible sans descriptions sordides, le tout dans une langue délicieusement poétique. Au début du livre le monologue de Tara qui nous montre à quel point sa raison vacille est époustouflant.

    Une construction parfaite, aucune baisse d’intensité, des éléments subtilement dévoilés, une histoire qui se déroule dans un pays d'Asie non dévoilé qui réserve un sort épouvantable aux filles, une héroïne marquante au destin terrible et une écriture sublime, poétique et sensuelle. "Ils disent que je suis une fille gâchée, je ne sais pas ce que c'est." Un roman très fort.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.