Nos vies

Couverture du livre « Nos vies » de Marie-Helene Lafon aux éditions Buchet Chastel

4.125

8 notes

Résumé:

« J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente. J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille, jusqu'à la mort de la grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d'autre pour lui raconter, elle disait qu'avec moi elle... Voir plus

« J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente. J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille, jusqu'à la mort de la grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d'autre pour lui raconter, elle disait qu'avec moi elle voyait mieux qu'avant son attaque. » Le Franprix de la rue du Rendez-vous, à Paris. Ils sont trois : une femme, qui regarde ; Gordana, une caissière ; et l'homme encore jeune qui s'obstine à passer en caisse 4, celle de Gordana, chaque vendredi matin. Cette femme qui regarde, Jeanne Santoire, est celle qui dit « je ». C'est par elle que tout existe. Elle imagine, suppose, une vie, des vies, au présent, au futur et au passé, pour Gordana et pour l'homme.
Elle creuse aussi des galeries dans sa propre vie qu'elle revisite et recompose. On apprendra qu'elle est fille de commerçants de province, a eu une grandmère aveugle, a exercé le métier de comptable, a aimé un homme et que cet homme est parti.
Nos vies, nouvel opus de Marie-Hélène Lafon, raconte les solitudes urbaines. Ce texte a comme point de départ une nouvelle, Gordana, publiée au Chemin de fer (2012). Depuis Le Soir du chien, son premier roman (2001), Marie-Hélène Lafon construit une oeuvre exigeante qui, livre après livre, séduit un large public.

Donner mon avis

Les derniers avis

  • 0.2

    Marie-Hélène Lafon a le talent exceptionnel et singulier de prêter sa plume, son style et son attention aux petites gens, aux petits riens qui nous fondent.

    Dans son nouveau roman, c’est Jeanne que nous découvrons, nouvellement retraitée elle se rend chaque vendredi matin au Franprix, situé...
    Voir plus

    Marie-Hélène Lafon a le talent exceptionnel et singulier de prêter sa plume, son style et son attention aux petites gens, aux petits riens qui nous fondent.

    Dans son nouveau roman, c’est Jeanne que nous découvrons, nouvellement retraitée elle se rend chaque vendredi matin au Franprix, situé au 93 rue du Rendez-vous à Paris. Là travaille Gordana, une jeune femme au prénom rugueux, au buste avantageux mais à l’allure bancale. Elle occupe toujours la même caisse que la narratrice emprunte systématiquement en espérant peut-être une reconnaissance, une marque de sympathie.
    Il faut dire que Jeanne est seule, comme on peut l’être au milieu de la foule indifférente. Alors, elle observe, scrute, invente ce qui n’est pas perceptible à l’œil nu mais plausible. Comme une voyeuse habituée à regarder par en dessous pour voir ce qui s’y déroule, elle accède aussi à sa propre nudité, se laisse aller à ses souvenirs, à son amour inoubliable et perdu. Elle tisse ce réseau de vies intimes entrelacées, ces solitudes noyées de chagrin.

    Marie Hélène Lafon a l’art de transcender la banalité du quotidien pour en faire des histoires profondément émouvantes et humaines.
    Une belle lecture.

  • 0.2

    =======================

    Elle s’appelle Gordana, est caissière (caisse n°4) au Franprix du n°93 de la rue du Rendez-vous dans le 12ème arrondissement de Paris. La narratrice la décrit avec force de mots, de
    superlatifs, lui invente une vie. Un homme, Horacio Fortunato (je saurai son nom plus...
    Voir plus

    =======================

    Elle s’appelle Gordana, est caissière (caisse n°4) au Franprix du n°93 de la rue du Rendez-vous dans le 12ème arrondissement de Paris. La narratrice la décrit avec force de mots, de
    superlatifs, lui invente une vie. Un homme, Horacio Fortunato (je saurai son nom plus tard), chaque vendredi à la même heure, passe toujours par la caisse de Gordana. Jeanne lui invente aussi une vie et, comme les enfants, emploie le futur du conditionnel, il serait, il aurait… Son assiduité l’autorise à ébaucherune histoire d’amour entre eux, histoire d’amour qui n’aura pas lieu.
    Cette femme qui raconte à la première personne, s’appelle Jeanne Santoire. Elle remonte aussi sa vie, parle de sa grand-mère aveugle, de la vieillesse de ses parents, des liens qui les relient. Il y eut Karim, l’homme de sa vie, un Algérien, que le père qui avait fait la guerre d’Algérie n’a jamais voulu rencontrer. Une vie de couple entrecoupée de silence. Il ne sait rien de sa vie antérieure pas plus qu’elle ne connait la sienne. Un jour, il part pour l’Algérie et ne reviendra jamais à Paris, sans plus d’explication. Plus tard, elle apprend qu’il vit à Marseille, marié, avec un enfant.
    Cette fois, le roman se passe à Paris, même si il y a des incursions mémorielles en province. Marie-Hélène Lafon a quitté sa Creuse natale pour remonter vers le nord, en suivant, peu ou prou, la Nationale 7. Souvigny, Saint-Hilaire, Moulins, Nevers… Comme elle remonte le fil de ses souvenirs.
    Toutes ces histoires inventées sont faites à partir de solitude, pour en combler le vide qu’elle ressent. Ses souvenirs jouent à saute-moutons avec les vies qu’elle invente.
    Les phrases sont longues, ponctuées, comme elle les aime, de virgules et points virgules (plus guère utilisé). L’écriture est riche, inventive. Avec Marie-Hélène Lafon, je prends un bain de mots que les voyelles font mousser, les ponctuations me soutiennent dans ma lévitation au
    pays de ses rêves.
    J’ai gardé ce livre pour la fin, pour le déguster comme un dessert et je me lèche les doigts de ses expressions qui fleurent bon l’Auvergne. « Il s’était enroutiné à Saint-Hilaire ». « Il faisait besoin à sa mère». « En me regardant aux yeux », « Faire maison ». Une madeleine gourmande et goûtue.
    Faire partie des Explolecteurs fut un grand plaisir pour moi. Je ne serais jamais allée du côté de "C'est le cœur qui lâche en dernier". Grâce à "Une fille dans la jungle", je peux mettre
    beaucoup d'humanité sur des faits divers. Je fus un peu déçue par "Le Cœur battant de nos mères" qui promettait plus que ce que j'en ai ressenti. Quant à "Nos vies » !!!!

  • 0.25

    Jeanne Santoire, jeune retraitée, habitant à Paris, nous fait le récit de sa vie entremêlé aux vies qu’elle imagine de Gordana, caissière au Franprix 93 rue du Rendez-vous et d’ Horacio Fortunato, client régulier du vendredi, tous deux fidèles abonnés à la caisse de Gordana.
    Le roman, s’il...
    Voir plus

    Jeanne Santoire, jeune retraitée, habitant à Paris, nous fait le récit de sa vie entremêlé aux vies qu’elle imagine de Gordana, caissière au Franprix 93 rue du Rendez-vous et d’ Horacio Fortunato, client régulier du vendredi, tous deux fidèles abonnés à la caisse de Gordana.
    Le roman, s’il évoque la solitude que toutes les critiques mettent en avant, est porteur d’espoir par sa construction et sa conclusion. Mais il est avant tout l’histoire de nos vies.
    En effet, tout lecteur peut y retrouver des parcelles de sa propre vie qu’elle soit, dans le roman, réelle ou imaginée : Couple sans enfants dont le mari se consacre à un club de sport de manière trop envahissante par rapport à la vie du couple et dont la femme décide le divorce, femme trompée qui tue son mari, homme qui abandonne sa compagne après dix-huit ans de vie commune sans explications, parent vieillissant assisté par un fils, une fille, femme se mettant en couple avec un homme rejeté par ses parents, hommes et femmes en couple avec enfants faisant face au chômage, à la maladie et se retrouvant en famille chaque année dans une grande « cousinade », femme expatriée venue travailler en France, femme chantant dans une chorale.
    D’ailleurs, l’auteur le mentionne elle-même, en parlant de la vie des anciennes camarades de lycée de Jeanne et conclut, page 25 par la phrase : « Nos vies ont coulé, les leurs et la mienne. ». Ici, le thème principal est la vie de Jeanne.
    La vie de Jeanne qui, après « un hiver de sidération » (page 154) malgré les amis de la chorale, est solitaire, refermée sur elle-même : « j’ai tenu et j’ai continué et, pendant des années, j’ai sousvécu, juste au ras… » page 82. Cette vie de Jeanne est symbolisée par Gordana, revêche à nouer tout contact « On n’attrape pas Gordana. Rien ne commencera. Rien ne sera ébauché. Point d’idylle subreptice » page 37.
    Mais la vie de Jeanne s’ouvre à nouveau avec Jean-Jacques le fils de Mme Jaladis, « elle serait contente de voir l’appartement dans cet état, et de nous savoir accordés, les deux, il rit, il rit volontiers ; accordés me va bien et fait image ; on s’élargit, on s’apprivoise. » page 182. Un espoir dans la vie de Jeanne vers une vie plus belle ?
    Et toujours dans cette même page, la page finale, le symbole hivernal, la glaciation s’évapore, disparait : « Elle reviendra pas Gordana elle a quitté elle est partie. ».
    Et là, à nous d’imaginer pourquoi elle est partie, une vie nouvelle pour elle, plus belle peut-être ?
    Voilà pour le fonds mais en plus de belles histoires de vies, ce qui fait la beauté et le charme de cette œuvre c’est le style Lafon et là, c’est un festival magique et unique de broderie de mots riches et rares (à moi le dictionnaire) et ce dés le début parlant des cuisses de Gordana : « Elles reposent à plat, moulées dans le jean, posées l’une à côté de l’autre, en immuable oblation. » ; de mots inventés tels moyennâgés ou sousvécu. Cette broderie m’a enchanté, je ne peux m’empêcher de citer cet extrait qui m’a impressionné par sa recherche : « L’homme est dans le temps de l’avant, il est le beau croyant, le fervent silencieux qui rumine ses rogatons merveilleux dans le désert habité des semaines »
    Le roman commence par la présentation physique de Gordana alternant phrase courte, basique : sujet, verbe, complément : « Elle est blonde. » et phrases longues : « Les seins de Gordana ne pardonnent pas, ils dépassent la mesure…n’ont aucun respect ni aucune éducation. » Le tout est formidable dans cette évocation des seins de Gordana et cette image dessinée de main de maître, finit par nous faire sourire. Ainsi Marie-Hélène Lafon rompt avec la dureté et le drame de ses précédentes œuvres avec cet ouvrage en introduisant de la légèreté, de la joie, du sexe. Celà se retrouve tout au long du roman avec des extraits de chanson « Ti amo ti amo ti amo. Quoi que je fasse où que je sois rien ne t’efface je pense à toi. … Je ne résiste pas, çà m’essore un peu, je me souviens vaguement, en pièces et morceaux, en bribes, quoi que je fasse où que je sois » page 33 et plus loin « Gordana est inexorable. Elle est la déesse au chef jaune qu’implore l’homme sans mots » page 36 ; Horatio Fortunato « Quand il prenait les produits en mains, il avait l’air de les caresser…on aurait dit une cérémonie » page 85 ; grand-mère Lucie : « Il faut que la jeunesse rie, elle soulignait cet adage de son index droit…quand elle me faisait réciter mes conjugaisons, à l’école primaire, elle choisissait toujours des verbes joyeux… ». page 99 Jeanne « ils m’invitent et je passe parfois, ici et là, je reste une soirée ou deux, c’est ma tournée, la tournée des familles. » page 119 Gordana « Aujourd’hui j’ai vu et entendu le rire de Gordana et elle n’était plus la même personne... » page 149 ; un voisin de Jeanne « L’homme se masturbait, çà durait longtemps… » page 165 ; une cliente du Franprix « et l’apparition a mis le cap sur le rayon des laitages, souveraine, impavide, cinglant au large des armoires réfrigérées, flanquée d’un élégant caddie violet… ».
    Mais si elle nous amène plus de gaité, Marie-Hélène Lafon reste fidèle à son Cantal, il surgit dans le nom de Jeanne. Santoire est le nom d’une rivière cantalienne nous apprends Mme Jaladis, voisine nonagénaire de Jeanne, qui est originaire de St-Amandin dans le Cantal, tout comme Régis qui travaille au Franprix avec qui Gordana rit dans la rue devant le magasin.
    De même pas de dialogues dans ce roman, tout se déroule dans la tête de Jeanne comme se déroulait les pensées de Joseph et celles de Marie Combes-Santoire dans les Derniers indiens. Et nous retrouvons des expressions telles que faire face ou faire maison. En parlant de sa vie avec Karim : « Ma vie passait allait passer passerait, et je n’aurais rien construit qui vaille, pas de maisons, et pas de famille, surtout pas de famille. Grand-mère Lucie disait faire maison, et le mot rassemblait, ramassait tout ce qui valait d’être, ce pour quoi on était là, plantés là, nous les humains, les hommes, les femmes. » page 179.
    Je ne peux tout détailler mais j’ai adoré ce roman, je l’ai lu, relu et le relirais au long de toutes ces semaines, mois, années de ma vie.

  • 0.2

    Jeanne marche, vit, se souvient. Elle observe les autres, en particulier Gordana, la caissière sur Franprix, et les clients autres qui viennent eux aussi à la même caisse. Elle invente leurs vies, leurs bonheurs manqués, leurs quotidiens avec beaucoup d’imagination. Au passage, on la découvre,...
    Voir plus

    Jeanne marche, vit, se souvient. Elle observe les autres, en particulier Gordana, la caissière sur Franprix, et les clients autres qui viennent eux aussi à la même caisse. Elle invente leurs vies, leurs bonheurs manqués, leurs quotidiens avec beaucoup d’imagination. Au passage, on la découvre, solitaire, sans homme ni enfant, sans parents, juste une famille qu’elle voit de temps en temps, mais avec manifestement peu de plaisir. On devine le mariage, puis le mari parti, la vie sans enfants, le travail banal et triste, le vide de son quotidien.
    Avec des mots justes et simples, Marie-Hélène Lafon nous dépeint des solitudes urbaines, des destins figés, des histoires de vies à la tristesse sous-jacente pas toujours avouée, des rêves et des illusions…
    Elle nous entraine dans son histoire et nous enveloppe de souvenirs et de regrets qu’elle distille par petites touches et qui longtemps après nous laissent un goût étrange !

  • 0.2

    L'avis de la page 100 :

    Au Franprix de la rue du Rendez-Vous à Paris, nous suivons Jeanne la narratrice qui vient faire ses courses tous les vendredis. Elle observe et imagine la vie de la caissière Gordana et d'un homme qui passe systématiquement à sa caisse. Pendant ses "divagations", la...
    Voir plus

    L'avis de la page 100 :

    Au Franprix de la rue du Rendez-Vous à Paris, nous suivons Jeanne la narratrice qui vient faire ses courses tous les vendredis. Elle observe et imagine la vie de la caissière Gordana et d'un homme qui passe systématiquement à sa caisse. Pendant ses "divagations", la narratrice nous raconte aussi sa propre vie et vision des choses.
    Marie-Hélène Lafon a choisi de parler de la solitude dans l'univers citadin à travers ces trois personnages. Le jeu sur la langue est sublime et l'auteur a l'art, le sens du détail et de la description. Au bout de 100 pages, je suis pressée de connaitre la suite !

    L'avis définitif :

    Nous sommes à Paris dans le Franprix de la rue du Rendez-Vous, la bien nommée. Jeanne est retraitée et vient faire ses courses deux fois par semaine dans ce supermarché. Tous les vendredis, elle y croise un homme qui va toujours à la même caisse, celle de Gordana. Dans ce récit où elle est la narratrice, elle imagine la vie de ces deux personnes tout en livrant sa propre histoire, en dévoilant ses amours et déceptions passées.
    Dans une langue riche et exquise, Marie-Hélène Lafon évoque le sentiment de solitude dans le monde des grandes villes où règne l’anonymat. Et pourtant, cette solitude laisse le loisir de rêver, d’imaginer la vie des autres. Marie-Hélène Lafon m’avait déjà séduite dans ses ouvrages précédents. J’aime la façon dont elle décrit avec minutie la vie des gens et notamment des « petites gens » dans le sens noble du terme : ses héros de la banalité, du quotidien. Son précédent roman Joseph était dans la même veine hormis que le cadre était cette fois-ci agricole.
    J’ai passé un excellent moment en compagnie de ces trois personnages car l’auteure sait vraiment leur donner chair et j’ai pu aussi retrouver toutes ces expressions qui font le sel, la patte Lafon comme « faire maison » pour se mettre en ménage. Un très beau roman, inspiré d’une nouvelle écrite en 2012, que je ne peux que vous conseiller.

  • 0.2

    Explorateurs de la rentrée 2017 :

    La narratrice observe et imagine les vies des gens qui l'entourent au Franprix de son quartier à Paris. Il y a là Gordana la caissière et un homme sombre qui passe tous les vendredis à sa caisse.
    Peu à peu, la narratrice se dévoile au fil de ses souvenirs...
    Voir plus

    Explorateurs de la rentrée 2017 :

    La narratrice observe et imagine les vies des gens qui l'entourent au Franprix de son quartier à Paris. Il y a là Gordana la caissière et un homme sombre qui passe tous les vendredis à sa caisse.
    Peu à peu, la narratrice se dévoile au fil de ses souvenirs et parsème des éléments de sa propre histoire au milieu de la vie qu’elle imagine pour Gordana et Horacio. Elle évoque également ce qu’elle imagine de la vie de ses amis, de ses voisins…

    On apprend ainsi que Jeanne, puisque c'est ainsi que s'appelle la narratrice, fille de commerçants de province, ancienne comptable, est une retraitée solitaire qui a choisi un homme qui l'a séparée de sa famille. Cet homme est parti après 18 ans de vie commune.

    Cette histoire m'a captivée dès les premières pages, l'écriture est précise, le récit sans chapitres est dense et fourmille de détails, la galerie de portraits est riche.
    J’ai beaucoup aimé ce roman de Marie-Hélène Lafon car il explore avec une extrême finesse toutes les facettes de la vie : l'enfance, l'amour, la folie, le vieillissement, la maladie, la mort. C’est un livre qui parle magnifiquement de solitude sur fond de nostalgie et de tous les évènements petits ou grands qui font une vie, qui font "nos vies".


    Mon avis de la page 50 :

    La narratrice observe et imagine les vies des gens qui l'entourent au Franprix de son quartier à Paris. Il y a Gordana la caissière et un homme qui passe tous les vendredis à sa caisse. Peu à peu, la narratrice se dévoile et sème des éléments de sa propre histoire.
    Cette histoire m'a accrochée dès les premières pages, l'écriture est précise et dense, la galerie de portraits est riche. Je pressens un livre qui va me marquer...

  • 0.2

    Le livre s’ouvre sur le portrait haut en couleur de Gordana, la caissière du Franprix aux seins flamboyants et à la moue revêche. C’est Jeanne qui nous parle, Jeanne qui regarde et imagine la vie de ceux qu’elle croise.
    Le récit de la vie de Gordana imaginé par Jeanne est entremêlé avec le...
    Voir plus

    Le livre s’ouvre sur le portrait haut en couleur de Gordana, la caissière du Franprix aux seins flamboyants et à la moue revêche. C’est Jeanne qui nous parle, Jeanne qui regarde et imagine la vie de ceux qu’elle croise.
    Le récit de la vie de Gordana imaginé par Jeanne est entremêlé avec le récit de sa propre vie. Apparaissent Lionel l’homme qu’elle n’a pas voulu épouser, Karim celui qu’elle a passionnément aimé et Lucie sa grand-mère aimante. Jeanne a appris à mettre des mots sur le monde pour sa grand-mère qui a perdu la vue et colore les phrases aux humeurs de la rue, au plus près de ce qu’elle observe.

    C’est la première fois que je lis un livre de Marie-Hélène Lafon et je suis totalement sous le charme. Son écriture sous une apparente simplicité est très précise dans le choix des mots pour lesquels on sent tout son attachement. Elle se saisit du langage courant pour lui redonner ces couleurs. En quelques lignes des scènettes se dessinent et les personnages nous apparaissent avec toute leur personnalité, leur singularité.
    « Un caniche abricot prénommé Nino, hors d’âge et affligé de menus tremblements, qu’il partageait avec sa maîtresse, non moins frisottée, précaire et chancelante que lui...»

    Dans le récit de ces vies aux destins ordinaires et souvent teintés de mélancolie la langue n’est jamais triste mais elle est vivifiante, gaie, tendre et parfois drôle. Elle saisit les êtres à travers leur langage. Sous sa plume les expressions familières reprennent leurs éclats particuliers «...il avait appuyé son geste d’un tonitruant Roulez jeunesse, formule joviale dont il usait en toutes circonstances...»

    Les parents de Jeanne ne font pas des courses, ils vont aux commissions. C’est pour moi les mots de mon enfance qui reviennent en mémoire, une façon de dire et avec elle de faire. La justesse des mots choisit par l’auteur ressuscite des moments de vies simples et précieux.

    Lorsqu’elle annonce des choses graves comme la mort ou la maladie, l’auteur introduit toujours quelque chose de décalé. J’y vois une délicatesse, une politesse pour son lecteur, un désir de ne pas l’assommer de la noirceur de la condition humaine, mais aussi une façon de prendre la vie en ne voyant toujours que le verre plein, pour utiliser une expression qui je pense aurait plu à Jeanne.



    L’avis de la page 50:

    Le livre s’ouvre sur le portrait haut en couleur de Gordana, la caissière du Franprix aux seins flamboyants et à la moue revêche. C’est Jeanne qui nous parle, Jeanne qui regarde et imagine la vie de ceux qu’elle croise. Et déjà, tout un univers se pose en quelques pages. L’écriture très vivante et la galerie de portraits qui se dessine me tiennent en haleine. Pour tout dire, je n’ai qu’une envie: commencer la page 51 !

Voir tous les avis

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre
Soyez le premier à en lancer une !

Les articles associés

Widget

Code à intégrer dans votre page

Code à intégrer dans votre page

Lancez une discussion

Pour lancer une discussion, vous devez être connecté...
Vous n'avez pas encore de compte ? Rendez-vous ici et laissez-vous guider !

Du même auteur

La maison santoire Marie-Helene Lafon BLEU AUTOUR

Voir tous les livres de Marie-Helene Lafon

Autres éditions

Nos vies Marie-Helene Lafon BUCHET CHASTEL

4.125

Voir toutes les éditions

Récemment sur lecteurs.com