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L'homme qui n'aimait plus les chats

Couverture du livre « L'homme qui n'aimait plus les chats » de Isabelle Aupy aux éditions Le Panseur
  • Date de parution :
  • Editeur : Le Panseur
  • EAN : 9782490834006
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Il y a ce goût de sel et d'embruns, ce vent qui met la pagaille et donc remet tout en ordre. Il y a la voix de ce vieil homme qui nous raconte son histoire et celle des autres, qui parle de vivre ensemble, mais surtout qui cherche ses mots aux accents de son émotion pour comprendre un monde où... Voir plus

Il y a ce goût de sel et d'embruns, ce vent qui met la pagaille et donc remet tout en ordre. Il y a la voix de ce vieil homme qui nous raconte son histoire et celle des autres, qui parle de vivre ensemble, mais surtout qui cherche ses mots aux accents de son émotion pour comprendre un monde où le langage se manipule pour changer les idées.
Traité sous la forme de la transmission orale, l'auteur nous offre une oeuvre qui s'inscrit dans la lignée des grandes dystopies telles 1984 et Matin Brun. Mais là où ces histoires nous condamnent à subir un demain qui s'écroule, L'homme qui n'aimait plus les chats est bien plus qu'une utopie, c'est un possible, un autrement :
Un aujourd'hui déjà en train de se relever.

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Avis (16)

  • Un livre en apparence léger mais qui fait réfléchir (comme Matin Brun). Comment se laisse-t-on perdre sa liberté?
    Dans notre époque liberticide (terrorisme et maintenant coronavirus, bien des libertés disparaissent et nous font croire que les chiens sont des chats), on peut fermer les yeux et...
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    Un livre en apparence léger mais qui fait réfléchir (comme Matin Brun). Comment se laisse-t-on perdre sa liberté?
    Dans notre époque liberticide (terrorisme et maintenant coronavirus, bien des libertés disparaissent et nous font croire que les chiens sont des chats), on peut fermer les yeux et accepter n'importe quoi; on masque les inégalités des enfants face à la scolarité, on masque les "colères", on trouve de l'argent pour tout alors que les soignants se plaignent depuis des années du manque de moyens en matériel et personnels…
    Dans ce récit, les iliens vivent en bonne entente, le gardien de phare est toujours à son poste ;en fait il a peur de rater le retour de sa femme: elle a rejoint le continent parce que son fils est en danger, il risque de mourir faute de soins sur l'île, elle est enceinte et ne reviendra jamais, sauf le petit-fils beaucoup plus tard, c'est à lui que s'adresse le nouveau gardien du phare après la mort de celui -ci: déjà vieux, lui aussi, il va raconter l'histoire de l'île (d'où le style oral écrit).
    Comme sur toute île, il y a des chats sans doute échappés des barques de pêcheurs, ils se sont reproduits mais peu à peu les chats disparaissent: un enfant voit de gens qui les attrapent à la manière de la fourrière et les mettent en boites pour repartir vers le continent. Les gens missionnent l'instituteur (qui est là contre son gré)pour en savoir plus. Il revient avec une responsable qui comprend leur "besoin" de chats et veut y remédier mais ce sont des chiens qui débarquent et il faut les appeler chats; on démontre à chacun qu'ils ont" besoin"
    des chats-chiens. Chacun va être affublé d'un chien qu'il le souhaite ou non; un groupe de résistance s'instaure.
    Il faut lire ce livre!

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  • Je vous le conseille. Et cela encourage aussi les petits éditeurs.

    Je vous le conseille. Et cela encourage aussi les petits éditeurs.

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  • D'abord il y a l'objet livre en lui-même, la toute première publication d'une nouvelle maison d'édition indépendante Les éditions du Panseur
    La couverture tout en sobriété, titre et nom de l'auteur en blanc, offre au lecteur curieux un résumé de l'histoire; en fonction de la lumière les lettres...
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    D'abord il y a l'objet livre en lui-même, la toute première publication d'une nouvelle maison d'édition indépendante Les éditions du Panseur
    La couverture tout en sobriété, titre et nom de l'auteur en blanc, offre au lecteur curieux un résumé de l'histoire; en fonction de la lumière les lettres imprimées en légère surbrillance apparaissent...ou pas !

    Ensuite le contenu, une histoire entre dystopie et fable philosophique, une sorte de conte moderne pour nous raconter de façon limpide le pouvoir des mots, les dangers de la manipulation, la fragilité de la liberté. De penser, de vivre selon ses désirs, d'être différent... Et comment un ordre nouveau / une dictature peut s'installer insidieusement sans soulever d'opposition. Quand les esprits se réveillent il est parfois trop tard. Mais pas toujours...

    Un viel homme raconte son île et ses habitants: le gardien de phare, le poète, le curé, le professeur...Il parle de la mer, du vent et de leurs chats qui depuis toujours vont et viennent à leur rythme comme à leur choix. Mais quand ils disparaissent sans explication, c'est la façon de vivre de toute la communauté qui s'en trouve menacée.
    Car des gens venus du continent leur amènent des chiens en voulant leur faire croire que ce sont des chats...

    "Les dirigeants avaient vite compris que pour asservir les gens aujourd'hui, il ne fallait plus la force, il fallait créer le manque et le besoin."
    "J'ai lu des pages et des pages d'histoires qui se ressemblent, qui ressemblaient à la nôtre surtout. Parce que cette histoire, elle existait ailleurs, comme toutes les histoires, elle existait partout. D'autres noms, d'autres lieux, d'autres méthodes, mais au final, ça revenait au même : à des gens qui perdaient leur liberté d'être. "

    Un petit bijou de roman, j'ai adoré ! A lire, à faire lire, à lire à haute voix, il s'y prête merveilleusement...

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  • Une ile, avec des hommes et des femmes qui se connaissent tous, qui s’apprécient plus ou moins, et vivent en bonne intelligence ; amoureux, solitaires, retraité, pêcheur, institutrice, chacun vit sa vie. Et quelques chats, jusqu’au jour où tous réalisent que justement, les chats, on ne les voit...
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    Une ile, avec des hommes et des femmes qui se connaissent tous, qui s’apprécient plus ou moins, et vivent en bonne intelligence ; amoureux, solitaires, retraité, pêcheur, institutrice, chacun vit sa vie. Et quelques chats, jusqu’au jour où tous réalisent que justement, les chats, on ne les voit plus. Discrets, indépendants, ils ne faisaient pas d’ennui et on vivait avec, mais leur disparition surprend la population. Que s’est-il passé ? Où sont-ils passés ?
    Pour pallier au manque, des hommes et femmes étranges venus du continent apportent sur l’ile des chats qu’ils offrent, de force, aux iliens. Des chats qui ressemblent étrangement à des chiens, tenus en laisse, qui dorment dans leur niche et protègent les maisons des intrus. Mais sur l’ile, il n’y a pas d’intrus, puisque tout le monde se connait et chacun tolère, ignore, protège ou respecte l’autre.

    Les réactions de chacun vont être très différentes, montrant aussi les différentes façons de réagir à ce qui nous arrive, au niveau de l’individu, de l’ile, d’un pays pourquoi pas ? Avec ce récit largement dystopique, l’auteur nous offre une fable sur l’homme, les dérives du langage, si faciles à installer, mais aussi les règles de société qui nous étouffent et que l’on accepte sans les vouloir au fond, sans se rebeller.

    lire ma chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2020/01/20/lhomme-qui-naimait-plus-les-chats-isabelle-audy/

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  • dubonheurdelire.wordpress.com
    Les 68 premières fois ce sont des romans et aussi des récits plus inattendus entre la fable et l’uchronie comme le court récit d’Isabelle Aupy L’homme qui n’aimait plus les chats. La couverture de ce roman est déjà à elle seule une intrigue… En fonction de votre...
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    dubonheurdelire.wordpress.com
    Les 68 premières fois ce sont des romans et aussi des récits plus inattendus entre la fable et l’uchronie comme le court récit d’Isabelle Aupy L’homme qui n’aimait plus les chats. La couverture de ce roman est déjà à elle seule une intrigue… En fonction de votre façon de la regarder, elle ne révèle pas tout le temps les mêmes éléments. Ce récit est également une invitation à porter un autre regard sur le monde qui nous entoure. Il est une alerte des consciences.
    Comment résumer ce récit ? Faut-il d’ailleurs le résumer ?
    Nous sommes embarqués dans un récit oral, celui du narrateur, un insulaire qui raconte son île, miroir de notre société. Son île a vu les chats disparaître, a vu les interrogations surgir, l’incompréhension, l’arrivée des gens du continent, leur tentative de persuasion. Mais son île est aussi celle qui refuse, qui dit non, qui défend une liberté, la liberté.
    En choisissant de faire de ce récit un récit sans nom d’île et en adoptant la forme orale, l’auteure garde une universalité qui n’est pas sans rappeler celle des fables. Elle s’inscrit dans la continuité des récits qui éveillent les consciences comme Matin Brun et ce récit philosophique est une réelle invitation à défendre la liberté. En ces temps agités, il est donc à mettre entre toutes les mains pour que la manipulation du langage et des consciences ne devienne pas plus forte que la liberté et le pouvoir des mots.
    En résumé : un récit entre la fable, la dystopie, le roman mais surtout un éveil des consciences !

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  • "L'art de faire un conte est là tout entier, dans ce don de tirer, du petit quelque chose qu'on a pu saisir de la vie, tout le reste : on noircit la page, puis on retourne à la vie, pour s'apercevoir que ce que l'on pouvait en connaître était au fond si peu que rien."
    Italo Calvino, "Le...
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    "L'art de faire un conte est là tout entier, dans ce don de tirer, du petit quelque chose qu'on a pu saisir de la vie, tout le reste : on noircit la page, puis on retourne à la vie, pour s'apercevoir que ce que l'on pouvait en connaître était au fond si peu que rien."
    Italo Calvino, "Le Chevalier inexistant"


    "À ce moment, je n'aurais pas su dire si on en avait besoin de nos chats. Est-ce qu'on a besoin des nuages dans le ciel, des papillons au printemps ou des mouettes sur le port ? Sans doute que s'ils sont là, c'est qu'il y a une bonne raison. Sans doute que non, on n'en a pas besoin, que oui, on peut vivre sans. On arrivait à vivre sans nos chats, mais on n'en avait pas envie."

    "L'homme qui n'aimait plus les chats" est le premier roman d'Isabelle Aupy, il est aussi le premier ouvrage publié par la toute jeune maison d'édition du Panseur, une maison qui fait le choix de prendre le temps d'accompagner chacun de ses auteurs en ne publiant que de deux à quatre livres par an, une maison qui, de son propre aveu, espère être "percutée par l'inattendu d'une rencontre" ; pas de ligne éditoriale, donc.

    "C'est la singularité d'une voix qui nous intéresse, ou en d'autres termes, comment un auteur use des mots et des techniques d'écriture, comment son oeuvre force à se tordre et provoque cet écart selon nous nécessaire, comment une parole nous transforme malgré nos résistances."

    Ajoutez à cela que leurs livres sont de beaux objets. Oui, je suis très sensible à l'objet-livre. Celui-ci est chic et sobre, sa 1re de couverture, d'un raffinement non ostentatoire, son papier, d'un grain ivoire d'un bel effet et sa typographie, d'un confort de lecture parfait. Et quand, à la toute dernière ligne de la toute dernière page, je découvre un petit mot glissé là à mon intention "Merci à toi qui tiens ce livre entre les mains"… est-il vraiment besoin d'en dire plus ?

    "Imagine une île avec des chats."

    "La première phrase doit frapper à la poitrine. Entrer dans la peau et serrer le coeur. Sous-entendre que rien ne sera plus jamais pareil", (Colum McCann, "Lettres à un jeune auteur") ou alors, sans fracas, toute de douceur ouatée, susurrée, cette phrase inaugurale peut être une invite à fermer les yeux, à écouter la voix d'un homme qui d'emblée nous embarque et entrouvre les portes d'un monde inconnu…

    "Imagine une île avec des chats."

    Six petits mots où plane la musicalité des [i] et des [a], ce "petit quelque chose" d'Italo Calvino, il n'en faut pas plus pour que la magie opère.

    Une île, une toute petite île, et ses habitants ayant laissé le continent derrière eux

    "Sinon, on était tous des réfugiés comme on dit. Oui, on venait ici trouver refuge, on fuyait le continent parce qu'on n'y arrivait plus, qu'on cherchait un mieux-vivre, un mieux-être, ou pas forcément mieux d'ailleurs. On voulait trouver une manière d'être comme soi, tout simplement."

    Dans cette galerie de personnages attachants, le narrateur porte le deuil de Louise, Thomas, le gardien de phare, guette le retour de sa famille, Léonore Guenel, doyenne de l'île et ancienne maîtresse d'école, accueille un professeur fraîchement débarqué, Monsieur le curé et Sergei, poète tchèque, sont les meilleurs ennemis du monde, Gaël ne sait pas mentir puisque la vérité sort toujours de la bouche des enfants, n'est-ce pas ?, Gwen a le coeur aussi généreux que le caractère bien trempé, et Ludo est un bon vivant à la gueule de grizzly.

    "Car nous étions tous différents, nous possédions tous un truc à nous, jusque dans notre façon de penser, de parler ou d'être. Chacun avec ses histoires, ses envies. Y avait du commun bien sûr, sinon on se serait pas retrouvé là, mais y avait aussi beaucoup de singuliers. C'était notre force, je crois, d'être égaux sans l'être, de ne pas être semblables et de le savoir pertinemment, mieux encore : de le respecter."

    Et les chats, bien sûr ; indifférents, errants, domestiqués, funambules, pantouflards, mais tous superbement indépendants. Quand ces véritables maîtres des lieux disparaissent subrepticement, mais irrémédiablement, la petite société ilienne se crispe.

    "Les chats pour nous, c'était comme la liberté, c'est quand on la perd qu'on se rend compte qu'elle manque."

    Dépêché sur le continent pour tenter d'éclaircir ce mystère et y apporter une solution, le professeur reviendra avec… des chiens que l'administration appelle chats…

    "C'est important la façon de parler, n'est-ce pas ? de nommer les choses. Parfois les noms changent, parce que les anciens ne correspondent plus, ils n'évoquent pas l'idée entière, où ils évoquent de fausses idées, des associations malheureuses."

    Et là vous vous dites, mais qui diantre va gober ça ? Eh bien, beaucoup plus que vous ne le pensez, étant donné que

    "C'est ce qui arrive quand on appelle un chien un chat. On embrouille tout, on change les idées des gens, on les empêche de savoir ce qu'ils aiment ou ce qu'ils pensent. J'ai lu des pages et des pages d'histoires qui se ressemblent, qui ressemblaient à la nôtre surtout. Parce que cette histoire, elle existait ailleurs, comme toutes les histoires, elle existait partout. D'autres noms, d'autres lieux, d'autres méthodes, mais au final, ça revenait au même : à des gens qui perdaient leur liberté d'être."

    Vous l'aurez compris, "L'homme qui n'aimait plus les chats" est un texte futé qui déroule son argument en toute simplicité, en tournant le dos aux grands effets, dans une langue économe et poétique. Si je me suis surprise à sourire devant l'inventivité de l'autrice et le cocasse de certaines situations, je n'oublie pas que le propos de ce court récit métaphorique et parabolique est grave, car il pose que les plus grands chambardements commencent souvent de la manière la plus anodine et insignifiante qu'il soit.

    Il alerte sur les dérives d'aujourd'hui,

    "Les dirigeants avaient vite compris que pour asservir les gens aujourd'hui, il ne fallait plus la force, il fallait créer le manque et le besoin."

    plaide en faveur de la sauvegarde de notre liberté qui ne doit pas être tenue en laisse pour ne pas ployer sous le joug de la pensée unique,

    "Les chats, je les aime parce qu'ils ne nous sont pas soumis. Ils viennent parce qu'ils le veulent, non par habitude, ou de ne pas savoir où aller. J'ai réalisé qu'à la question "c'est quoi un chat pour vous ?", j'aurais dû répondre : "un animal qui ne se tient pas en laisse". J'aurais dû répondre : "la liberté d'être soi"."

    éveille contre les dissensions orchestrées où nous sommes exclus quand nous ne rentrons plus dans un même moule et voulons sauvegarder notre individualité,

    "Les chiens étaient nos reflets. Ils servaient de miroir finalement : se ressembler pour se sentir moins seul. Se ressembler tous, une sorte de masse plurielle contre le singulier. […] Je ne faisais pas partie des « sans-chiens », je ne faisais pas partie des « sans-chats » non plus, je n'appartenais plus à rien."

    dénonce les éléments de langage trompeurs dont on nous repaît et, astucieusement, nous appelle à la vigilance dès lors qu'il devient impossible de continuer à appeler un chat un chat, un chien un chien et que l'on nous fait le coup de l'autorité pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

    Si "Fahrenheit 451" (Ray Bradbury) et "1984" (George Orwell) sont mis en exergue, Isabelle Aupy choisit d'offrir un dénouement bien moins sombre où pointe l'espérance. Elle évite l'écueil du ton docte et moralisateur en lui préférant la force tranquille de l'intelligence sereine et habile.

    Rien d'étonnant à ce que "L'homme qui n'aimait plus les chats" ait reçu le prix Coup de foudre aux Vendanges littéraires de Rivesaltes, car la profondeur n'attend pas le nombre de pages.

    Quant à moi, "percutée par l'inattendu d'une rencontre", j'ai envie de mettre ce 1er roman entre toutes les mains. Brava Isabelle Aupy ! Hâte de lire votre 2e roman, "Le Panseur de mots", annoncé pour mars 2020, toujours aux Éditions du Panseur à qui je souhaite bon vent.

    Merci aux fées des 68 premières fois d'avoir eu la bonne idée de sélectionner pour cette session d'automne ce malin petit livre pourtant paru au printemps.

    1er roman,
    Lu pour la session automne des #68premieresfois

    https://www.calliope-petrichor.fr/2019/11/29/l-homme-qui-n-aimait-plus-les-chats-isabelle-aupy-éditions-du-panseur/

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  • Coup de coeur
    *
    Eveillons nos consciences pour éviter le pire
    *
    Alors quelle dystopie étrange. Même déjà par son apparence visuelle. La couverture unie de prime abord révèle par son mouvement un texte en filigrane. Voilà un roman singulier. Qui nous promet une comparaison avec le très...
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    Coup de coeur
    *
    Eveillons nos consciences pour éviter le pire
    *
    Alors quelle dystopie étrange. Même déjà par son apparence visuelle. La couverture unie de prime abord révèle par son mouvement un texte en filigrane. Voilà un roman singulier. Qui nous promet une comparaison avec le très célèbre texte d'anticipation 1984 d'Orwell. La barre est haute me suis-je dit. Qui pourrait rivaliser avec le grand Orwell et son classique SF où totalitarisme et dictature sont à l'oeuvre.
    *
    Imaginez une île avec des résidents pas tout à fait comme les autres. Et des chats. Les chats justement sont partis. Les habitants s'inquiètent. L'administration du continent ramènera donc des chiens pour les faire passer pour des chats. Ben voyons!
    *
    Ce texte assez court est écrit sous forme de conte en utilisant l'absurde. Il nous met en garde contre les dérives de la société. Contre la liberté de penser, d'agir. de pouvoir choisir tout simplement. Pourquoi faire dire le mot "chat" quand c'est réellement un chien? L'évidence est là.
    *
    Mais quelle force dans les propos. J'étais sceptique au début. Je ne voyais pas du tout où voulait en venir l'auteure. L'histoire présentée est simple en apparence mais subtile dans la réflexion. Encore une fois, prenez garde aux éléments de langage. Mal utilisé, mal mal compris, il peut faire des ravages.
    *
    Ce texte m'a également rappelé la façon de penser du héros dans l'excellent "nous rêvions juste de liberté" de Loevenbruck. le narrateur nous devient familier et nous partageons son intimité. Un style qui a du chien!
    *
    Court mais costaud. Recommandé aux âmes sensibles et à tous les autres. Nécessaire!
    *
    Lu dans le cadre des #68premieresfois

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  • Il est des romans "coup de foudre" où la toute première phrase vous emporte et pour toujours. Il en est d’autres pour lesquels il faut attendre, attendre que la magie opère. Ce fut le cas pour "L’homme qui n’aimait plus les chats", le premier roman d’Isabelle Aupy, premier roman écrit mais aussi...
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    Il est des romans "coup de foudre" où la toute première phrase vous emporte et pour toujours. Il en est d’autres pour lesquels il faut attendre, attendre que la magie opère. Ce fut le cas pour "L’homme qui n’aimait plus les chats", le premier roman d’Isabelle Aupy, premier roman écrit mais aussi premier roman publié par les toutes nouvelles Editions du Panseur.
    "Imagine une île avec des chats. Des domestiqués, des pantouflards et des errants, qui se baladent un peu chez l’un, un peu chez l’autre, pas faciles à apprivoiser, mais qui aiment bien se laisser caresser de temps en temps." Une île avec des chats, non, à part l’île de Man, je ne voyais pas bien. Pourtant au fil des pages de ce petit, tout petit livre, le charme s’est invité. Lorsque les chats disparaissent de l’île, décor de ce roman, la vie des habitants s’en trouve changée. Les bonnes âmes du continent tentent d’y remédier en y important des chiens qu’ils appellent… chats.
    C’est une véritable fable que nous conte l’auteure, où la philosophie le dispute à la poésie. L’écriture pour simple qu’elle soit est d’une grande beauté et traduit à merveille les sentiments de chacun des personnages. La mer est présente, certes, mais l’essentiel est ailleurs, il est dans la parabole que représente cette histoire de chats remplacés par des chiens. Une histoire aux accents légers qui petit à petit laissent transparaître la profondeur du propos.
    Dès lors, tout est image, métaphore. Les chiens appelés chats sont le reflet de ce que l’on veut nous faire croire, des besoins que l’on nous crée, des choses que l’on nous impose au motif qu’elles nous sont indispensables. L’auteure subrepticement nous appelle à la vigilance, un mot peut changer tellement de choses. Et mieux vaut appeler un chat, un chat. Malgré tout, dotée d’un certain optimisme, elle s’appuie sur le narrateur prêt à en découdre pour tenir le cap et ne pas se laisser aller à des querelles de clocher manigancées par l’extérieur. Que ne suis-je encore enseignante pour proposer l’étude de ce roman à mes élèves, les faire réfléchir à travers lui à la notion de choix et de libre arbitre.
    Un roman d’une grande puissance sous des airs de légèreté féline.

    https://memo-emoi.fr

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