L'été des charognes

Couverture du livre « L'été des charognes » de Simon Johannin aux éditions Allia
  • Date de parution :
  • Editeur : Allia
  • EAN : 9791030405842
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans une langue radicale, ironique et espiègle, Simon Johannin ressuscite son enfance, sorte d'été éternel, avec ses rudes besognes et ses jeux cruels. Les règlements de compte, l'alcoolisme, l'abattage du cochon ou la découpe des agneaux rythment ce récit bouleversant, où la tendresse et la... Voir plus

Dans une langue radicale, ironique et espiègle, Simon Johannin ressuscite son enfance, sorte d'été éternel, avec ses rudes besognes et ses jeux cruels. Les règlements de compte, l'alcoolisme, l'abattage du cochon ou la découpe des agneaux rythment ce récit bouleversant, où la tendresse et la camaraderie le disputent à la rage et à la véhémence.
Les gosses qui grandissent à La Fourrière, hameau égaré en montagne, n'ont qu'à bien se tenir pour éviter les roustes paternelles. Et les évitent rarement. L'auteur inflige, lui, une violente correction à la langue. Cet été-là, c'est toute une vie condensée, où le passage à l'adolescence ne sera pas sans heurts. Ces personnages aux prénoms bibliques - Simon est toujours flanqué de son copain Jonas - sont les héros d'une parabole.

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  • Le Nature writing français bien trash
    *
    Un roman noir, violent et sanglant.
    Voilà les 2 adjectifs qui me viennent immédiatement à l'esprit à l'évocation de cette lecture.
    Ce livre, de format court, n'est pas à mettre entre toutes les mains. Je le conseillerais plutôt à des lecteurs aguerris...
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    Le Nature writing français bien trash
    *
    Un roman noir, violent et sanglant.
    Voilà les 2 adjectifs qui me viennent immédiatement à l'esprit à l'évocation de cette lecture.
    Ce livre, de format court, n'est pas à mettre entre toutes les mains. Je le conseillerais plutôt à des lecteurs aguerris aux scènes dérangeantes. Ce n'est pas un polar , pas de crime à l'horizon, pas (trop) de sang mais alors de la chair il y en a à profusion!
    Même moi qui ai l'habitude de "trifouiller" dans les viscères, de ramasser le vomi et autres liquides organiques (infirmière en digestif, ça ne s'explique pas:), j'ai eu besoin de quelques moments d'accommodation à ces phrases trop/très suggestives.
    Le style est poétique (malgré le sujet), tout en finesse et sensibilité. L'auteur ne mâche pas ses mots. Il les expose sur le papier sans filtres, sans ornements.
    Attention aussi aux lecteurs sensibles à la cause des animaux car dès la première page, vous appellerez la SPA ! Ici , les charognes sont reines, cela déborde de partout. Et pourtant, il y a du respect envers ceux-ci (c'est subtil).
    Et les enfants? Elevés comme des animaux domestiques, toujours en quête de jeux sauvages, nourris à la viande, fessés au moindre regard de travers.
    La première partie évoque surtout les premières années du jeune garçon. Ses parties de jeux avec ses voisins (ils collectionnent tous types d'ossements même humains !), la débrouille dans cette cambrousse remplie de crasse mais aussi élevé à l'amour "je t'aime moi non plus" de ses parents. Puis l'adolescence à la ville où tout se délite.
    *
    Un récit que j'ai dévoré presque comme le gamin qui mastique et engloutit son bout de méchoui. Oui, c'est une pépite qui fracasse sec. Du lourd qui t'en met plein les mirettes et te donne la nausée. Les bêtes, la crasse, l'alcool mais aussi l'amour. C'est brutal et beau à la fois.
    Puissant et évocateur (je l'ai déjà souligné mais j'insiste!)
    Et puis l'édition Allia l'a proposé dans un bel écrin noir. What else?
    Un auteur à suivre donc....

    * Lu dans le cadre du challenge #theblacknovember

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  • Bravo à ce jeune auteur, Simon Johannin (né en 1993) qui, avec ce premier roman, L’Été des charognes, révèle un grand talent.
    Déjà, la couleur noire de la couverture de ce livre est en phase avec son contenu. L’écriture ne prend pas de détours et ne fait pas dans la dentelle. Les faits sont...
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    Bravo à ce jeune auteur, Simon Johannin (né en 1993) qui, avec ce premier roman, L’Été des charognes, révèle un grand talent.
    Déjà, la couleur noire de la couverture de ce livre est en phase avec son contenu. L’écriture ne prend pas de détours et ne fait pas dans la dentelle. Les faits sont racontés de façon directe et crue, avec un style percutant qui ne peut laisser indifférent.
    J’ai préféré la première partie où le narrateur raconte son enfance et celle de son copain, Jonas, tous deux vivant dans un hameau reculé, perdu en pleine campagne. Le récit est mené à un rythme soutenu et nous suivons ces enfants dans des scènes terribles mais très réalistes où nous sommes spectateurs de faits et de jeux terribles. Tous nos sens sont happés, que ce soit l’ouïe, le toucher la vue, le goût mais surtout l’odorat !
    La deuxième partie qui traite de l’adolescence est un peu moins rythmée mais néanmoins très intéressante et malheureusement assez pessimiste.
    C’est un livre fort, très fort qui m’a passionnée.
    Il faut enfin signaler que ce roman a été finaliste du Prix Orange du livre 2017.
    Merci à Lecteurs.com pour m’avoir permis cette découverte.

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  • Brut. Un livre qui m‘a rappelé le grand cahier d’Agotha Kristof pour la dureté du récit et La vie devant soi de Romain Gary pour le style direct et sans apprêt. L’auteur privilégie les émotions qui vous arrivent comme des uppercuts, sans crier gare. On en ressort sonné et enchanté à la fois. Une...
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    Brut. Un livre qui m‘a rappelé le grand cahier d’Agotha Kristof pour la dureté du récit et La vie devant soi de Romain Gary pour le style direct et sans apprêt. L’auteur privilégie les émotions qui vous arrivent comme des uppercuts, sans crier gare. On en ressort sonné et enchanté à la fois. Une lecture jouissive, presque masochiste. Seule reproche : le recours trop systématique à la scatologie. ; c’est la merde, on a compris, inutile d’en tartiner chaque page.

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  • Premier livre de Simon Johannin, finaliste du prix Orange des lecteurs 2017 et Prix ex aequo de la vocation 2017, je remercie Lecteurs.com et l’éditeur de me l’avoir fait parvenir.

    Difficile d’aborder la chronique d’un livre qui a été encensé... mais dont l’histoire ne m’a pas plu....
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    Premier livre de Simon Johannin, finaliste du prix Orange des lecteurs 2017 et Prix ex aequo de la vocation 2017, je remercie Lecteurs.com et l’éditeur de me l’avoir fait parvenir.

    Difficile d’aborder la chronique d’un livre qui a été encensé... mais dont l’histoire ne m’a pas plu.

    Souvenirs du narrateur majoritairement adolescent, dans un trou paumé aux alentours de Lyon, avec quelques autres jeunes, puis adulte, sur quelques étés (et un peu d’automne et d’hiver aussi...).
    Mais dès la première page, je l’aurais bien refermé : lapidation de chiens, beuveries, bagarres en tous genres, le désœuvrement de ces gamins et adultes, tout y est décrit ad nauseam, jusqu’aux délires hallucinatoires du drogué que devient le narrateur.
    Une des activités récréatives de ces jeunes est tout de même de collectionner les os, et notamment ceux trouvés dans les cimetières... « Sinon, c’est les bêtes, les champs, et les cuites. »

    Et cette odeur pestilentielle de charognes, jusqu’à celle de l’usine d’équarrissage, qui envahit les narines et ne nous quitte pas une seconde. « On connaissait bien la charogne, mais la charogne qui brûle ça c’était nouveau et on était pas déçus, surtout quand ça se mélangeait au grillé des cacahuètes de la fabrique d’à côté. »

    Quoi que... c’est sans doute le génie de l’auteur que de nous prendre par les tripes (littéralement), de nous remuer, de nous amener à rejeter ce livre car les sens inhabituels sont sollicités : pas d’empathie pour le narrateur, mais le goût et l’odeur de la mort, le cœur au bord des lèvres en permanence. Et subtilement, au hasard des pages, une trouée de lumière (de l’humour par moments) permet une respiration. C’est à ce moment qu’on se rend compte qu’on est resté en apnée pendant quelques instants.

    Alors non je n’aime pas l’histoire. Mais j’aime l’écriture. J’aime les ruptures de style. J’aime la toute relative simplicité de cette narration qui fait oublier le livre et visualiser les événements. C’est un film qui se déroule sous nos yeux, mais sans doute un film avec projection d’odeurs...
    Alors si le jeune auteur abordait d’autres thèmes, je serais prête à repartir pour un voyage olfactif... mais par pitié, plus de charognes!

    lirelanuitoupas.wordpress.com

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  • Il y a du Céline chez Simon Johannin, l'auteur de L'été des charognes. Il y a du Bardamu chez le jeune narrateur de ce voyage au bout de la merde, sous toutes ses formes et dans tous les sens du terme. La pestilence côtoie le sublime, le putride tutoie la poésie et le lecteur n'en ressort pas...
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    Il y a du Céline chez Simon Johannin, l'auteur de L'été des charognes. Il y a du Bardamu chez le jeune narrateur de ce voyage au bout de la merde, sous toutes ses formes et dans tous les sens du terme. La pestilence côtoie le sublime, le putride tutoie la poésie et le lecteur n'en ressort pas vraiment indemne. C'est chez nous que cette vie de "gueux" se passe ?
    Âmes sensibles (et végétariennes) ne pas s'abstenir mais prendre un cache-nez au cas où.

    Merci Lecteurs.com pour ce cadeau inattendu !

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  • Le narrateur, un gamin d’un minuscule hameau de trois maisons (que l’on pourrait qualifier sans hésitation de “France profonde”) raconte ses étés sur plusieurs années avec les copains et son ami et voisin Jonas.

    Il est question de parents toujours ivres, de déjections animales et d’abattage...
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    Le narrateur, un gamin d’un minuscule hameau de trois maisons (que l’on pourrait qualifier sans hésitation de “France profonde”) raconte ses étés sur plusieurs années avec les copains et son ami et voisin Jonas.

    Il est question de parents toujours ivres, de déjections animales et d’abattage de moutons et de cochons, de jeux nauséeux sur des cadavres en putréfaction, de crasse corporelle, mais aussi de la voisine Didi chez qui on va regarder la télévision le dimanche et d’une immense envie de vivre ...

    Un roman magistralement écrit par un jeune homme issu du milieu rural (ce n’est pas du vécu, ses parents sont apiculteurs, Dieu merci !) qui vient d’accomplir un tour de force pour un premier roman !

    Ce petit roman de 140 pages va vous dégoûter ou vous stupéfier par la force de son écriture : en tout cas il ne vous laissera pas indifférent ! Pour moi c’est gagné ! Impossible de ne pas admirer ce talent naissant, même si le contexte est fortement dérangeant ...

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  • Résumé Nathalie Bullat 2 02 18
    Je remercie Orangelecteurs.com et les Editions Allia de m’avoir envoyé ce livre politiquement incorrect où la plume est féroce, puissante, dérangeante mais tellement réaliste !

    Cela nous bouscule et nous sort des lectures « de Confort ». La campagne ici n’a...
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    Résumé Nathalie Bullat 2 02 18
    Je remercie Orangelecteurs.com et les Editions Allia de m’avoir envoyé ce livre politiquement incorrect où la plume est féroce, puissante, dérangeante mais tellement réaliste !

    Cela nous bouscule et nous sort des lectures « de Confort ». La campagne ici n’a pas la douceur de cartes postales .
    Mais j’ai été désorientée par une impression de lire deux livres différents en un seul.
    J’ai préféré la première partie, même si le vocabulaire et la violence de certaines scènes peuvent choquer parce qu’on rit aussi !!!
    Les enfants sont livrés à eux même, ils ont le langage des rues, celui de parents incultes, dans une campagne totalement oubliée entourée de barres HLM. L’auteur peint au vitriol un sous prolétariat de notre époque, une misère intellectuelle. Les père travaillent dur, boivent beaucoup et les coups pleuvent ! mais les enfants ne sont pas malheureux parce qu’il y a aussi de grands festins avec beaucoup d’amis, les animaux, la vie dehors.
    j’ai trouvé un peu l’influence des auteurs du Sud des Etats-Unis, comme chez Carson Mcculler où les enfants grandissent dans la crasse, la poussière, « avec peu d’espoir juste la pauvreté à l’horizon ».
    Et puis au fil du livre le ton change. Le phrasé est plus élégant. Mais on rit beaucoup moins. Le jeune narrateur et son copain Jonas devenus adolescents savent qu’ils ont peu de chance de s’en sortir. Ils préfèrent ressembler à cet oncle au regard de serpent qui sort de prison. Il s’éloignent de la nature et s’enfoncent dans le béton, les coups pour tromper l’ennui, les drogues. Je vous laisse découvrir ce qu’ils deviennent. On s’attache à ces gamins. On les retient pour qu’ils ne tombent pas.
    L’auteur écrit ici avec ses poings pour nous mettre KO . C ‘est à découvrir ! Il a du talent.
    Citation : On s’est dit qu’un jour ce serait bien de retourner pêcher, un jour où il ferait beau, où la lumière serait la même que ce matin, pour s’offrir un souvenir où s’accrocher plus tard ; Pour oublier l’angoisse..

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  • L histoire a l air cruelle mais passionnante a découvrir , la réalité , mais je pense qu' il faut s accrocher et decouvrir toutes ses choses que l on ne connaît pas pour moi c est une découverte intéressante et sûrement passionnante a voir

    L histoire a l air cruelle mais passionnante a découvrir , la réalité , mais je pense qu' il faut s accrocher et decouvrir toutes ses choses que l on ne connaît pas pour moi c est une découverte intéressante et sûrement passionnante a voir

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  • Il n'y a aucun doute, L'été des charognes porte bien son titre ! Bon, vous ne vous apprêtez pas à passer à table ? Non ? Très bien, alors, on y va.
    Allez, je dirais, dans les cinquante premières pages, vous passez… de la lapidation d'un chien à la dégustation du fromage aux asticots (gentil...
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    Il n'y a aucun doute, L'été des charognes porte bien son titre ! Bon, vous ne vous apprêtez pas à passer à table ? Non ? Très bien, alors, on y va.
    Allez, je dirais, dans les cinquante premières pages, vous passez… de la lapidation d'un chien à la dégustation du fromage aux asticots (gentil hein, mais attendez un peu pour voir), à la description des cadavres de quarante-six brebis qui pourrissent au soleil et dans lesquelles les gamins jouent à se pousser (eh oui, l'équarrisseur ne peut venir avant deux semaines…), un extrait pour voir ? Allez, courage : « … il y en a un en trébuchant qui est tombé sur les brebis mortes. Les bras en avant sur le tas gluant, il a fallu qu'on le tire par le col de sa chemise pour le sortir de là tellement les corps s'étaient mélangés en un amas de pourriture grasse, où il pouvait pas s'appuyer pour sortir et s'enfonçait un peu plus à chaque essai. Nous on hurlait de rire tellement c'était drôle qu'il soit recouvert de cette chose pire que de la merde, et puis quand il s'est approché les moins accrochés ont vomi. Il en avait partout presque jusque dans la bouche, plein ses bouclettes blondes du jus marron dégueulasse et des asticots collés sur les mains, même pour la pêche, on les aurait pas pris ceux-là. »
    Ça va ? Vous êtes toujours là ?
    Continuons !
    Ensuite, on assiste à l'enterrement de Didi une femme chez qui les gamins allaient regarder la TV. Elle a laissé un cochon, qu'il faut manger et donc qu'il faut tuer… scène suivante, je vous le donne en mille : la mort du cochon (je vous en fais grâce), puis, c'est le tour des agneaux qu'il faut tuer… on passe au labo, une petite pièce de la bergerie…
    Et là, on arrive à la page 50 et soudain, le rythme un peu éprouvant se calme, on souffle, je dirais presque, on respire…
    L'été des charognes est un récit d'enfance puis d'adolescence : dans une campagne loin de tout, des gens très pauvres vivent plus ou moins coupés du monde. Ils élèvent des bêtes, les mangent, en vendent quelques-unes : « J'ai grandi à La Fourrière, c'est le nom du bout de goudron qui finit en patte d'oie pleine de boue dans la forêt et meurt un peu plus loin après les premiers arbres. La Fourrière, c'est nulle part. Le père, il s'est mis là parce qu'il dit qu'au moins, à part ceux qui ont quelque chose à faire ici personne ne l'emmerde en passant sous ses fenêtres. Il y a trois maisons, la mienne, celle de Jonas et sa famille et celle de la grosse conne qui a écrasé mon chat, celle à qui il était le chien qu'on a défoncé avec les pierres et qui vient que de temps en temps pour faire ses patates et pour faire chier. »
    Les gamins s'amusent comme ils peuvent, c'est la misère : on boit, on se bagarre, les mômes ramènent les parents en voiture les soirs de beuverie, puis, un jour, ils quittent le pays pour aller voir ailleurs si ce n'est pas mieux.
    Finalement, ils traînent partout où ils vont la mouise de leur enfance, ne trouvent pas de travail, se droguent, se battent, errent sans but et se perdent ...
    J'ai aimé ce texte, la cruauté qu'il met en scène, la violence qu'il nous lance à la figure, la brutalité qui nous assomme à chaque phrase, chaque mot.
    L'écriture est puissante, crue, âpre, poétique aussi. C'est sombre à souhait, terrible, désespéré et beau à la fois. Il y a du Céline et du Del Amo de Règne animal dans L'été des charognes.
    Cependant, j'ai trouvé que les premières pages « en faisaient trop » : on passe sur un rythme effréné d'une scène insoutenable à l'autre et l'on entend l'auteur nous dire : attention, en voilà une autre, tenez-vous bien, encore une « grande scène » ! C'est un peu forcé, démonstratif donc artificiel et, il faut bien le dire, on sature très vite.
    Attention, ces scènes, en elles-mêmes, sont fortes, puissantes : pas de doute, on y est, on les voit, on les sent (!), mais le problème, encore une fois, c'est le rythme. Trop serré. La narration perd de sa crédibilité, on décroche un peu. On a presque l'impression de lire des « morceaux choisis », une espèce d'anthologie de la cruauté. J'aurais préféré connaître davantage les personnages, leurs rapports entre eux, leur quotidien ... sans forcément qu'il y ait de l'hémoglobine.
    La seconde partie qui évoque l'adolescence du narrateur à travers son errance urbaine dans les brumes de l'alcool et de la drogue est plus posée. On reprend son souffle, même si l'on reste dans un univers glauque et halluciné. L'écriture se fait plus poétique, les phrases s'allongent. Deux livres en un donc.
    Simon Johannin, jeune auteur de 23 ans, promet.
    Je retiens son nom et lirai à coup sûr son prochain roman.
    Car il a du talent, c'est certain !

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

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  • L'Ete des Charognes, c'est la narration d'un homme qui se replonge dans ses souvenirs d'enfance, alors qu'il vivait dans un endroit reculé de la France où la pauvreté est bien présente et les loisirs assez restreints. Malgré la dureté de la vie de l'époque (on n'est pas sûr de manger tous les...
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    L'Ete des Charognes, c'est la narration d'un homme qui se replonge dans ses souvenirs d'enfance, alors qu'il vivait dans un endroit reculé de la France où la pauvreté est bien présente et les loisirs assez restreints. Malgré la dureté de la vie de l'époque (on n'est pas sûr de manger tous les soirs à sa fin, on élève des animaux pour vivre, on les tue, pour vendre leur viande, sans émoi devant les enfants désabusés, qui servent parfois de chaperon à leurs parents, en les raccompagnant en voiture les soirs de beuverie), c'est pourtant un regard plein de tendresse et de nostalgie que semble poser le narrateur en repensant à cette partie de sa vie.

    Ce qui est brillant dans cette narration, c'est que le jeune auteur qu'est Simon Johannin réussit le tour de force de nous faire ressentir toutes les émotions qui traversent le narrateur, grâce à une écriture, certes brute, et âpre, mais qui happe le lecteur dès les premières lignes entamées. Et ceci notamment grâce à un réalisme du récit (à tel point qu'on peut se demander si celui-ci n'est pas autobiographique - ce qui ne semble pourtant pas être le cas).

    Il faut cependant reconnaître que les dernières petites parties du récit (les cinquante dernières pages), quand le narrateur est devenu un jeune adolescent, sont moins intéressantes, ou tout du moins beaucoup moins fortes (ou alors il aurait fallu les mettre en début du livre ce qui aurait permis de renforcer encore l'impact de la partie "enfance").

    Mais, dans tous les cas, c'est une très belle réussite pour un premier livre, un des livres les plus captivants du début de l'année qui laisse avec l'envie de découvrir rapidement le prochain roman de l'auteur.

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