L'appartement du dessous

Couverture du livre « L'appartement du dessous » de Florence Herrlemann aux éditions Albin Michel
  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226436665
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans le petit immeuble parisien du Marais où elle vit depuis des lustres, Hectorine voit d'un jour à l'autre l'appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame dépose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de... Voir plus

Dans le petit immeuble parisien du Marais où elle vit depuis des lustres, Hectorine voit d'un jour à l'autre l'appartement du dessous investi par une nouvelle voisine, Sarah. Pour lui souhaiter la bienvenue, la vieille dame dépose une lettre sur le pas de sa porte. Cette missive sera suivie de beaucoup d'autres, retraçant une traversée du XXe siècle incroyable, entre le Cabourg de La Recherche, le Berlin du IIIe Reich et le Paris d'après-guerre.
Mais pourquoi toutes ces lettres ? "Un jour, vous saurez", promet la centenaire à Sarah qui se prend au jeu, intriguée par cette voisine invisible dont les confidences laissent percer l'aiguillon d'un douloureux secret... Dans ce roman totalement insolite qui redonne vie et fraîcheur au genre épistolaire, Florence Herrlemann insuffle un véritable hymne à la vie, à la parole qui délivre et à la transmission entre générations.
Ce voyage fascinant au coeur de l'Histoire nous rappelle aussi que l'amitié est le plus tendre des pactes.

Donner votre avis

Articles (1)

Avis(10)

  • Roman épistolaire d’une tendresse infinie ! Florence Herrlemann réinvente la correspondance avec talent, charmant son lecteur en alternant douceur et humanisme. Un roman qui réconcilie les générations, les voisins, et déleste du poids de la culpabilité. » L’appartement du dessous « est publié...
    Voir plus

    Roman épistolaire d’une tendresse infinie ! Florence Herrlemann réinvente la correspondance avec talent, charmant son lecteur en alternant douceur et humanisme. Un roman qui réconcilie les générations, les voisins, et déleste du poids de la culpabilité. » L’appartement du dessous « est publié en cette rentrée littéraire 2019 aux éditions Albin Michel.
    Au cœur du quartier du Marais à Paris, Hectorine est la doyenne de son immeuble. À l’âge de cent trois ans elle est une figure incontestable de ce lieu où se côtoient de discrets mais néanmoins truculents résidents.
    p. 62 : » Décidément cet immeuble est le terreau de singulières péripéties et de cocasseries en tout genre. «
    Depuis près d’un demi-siècle qu’elle occupe son appartement, il faut dire qu’elle en a vu passer ! Mais elle conserve cette même ferveur à offrir l’accueil le plus chaleureux possible à ses nouveaux arrivants.
    C’est ainsi qu’en découvrant l’emménagement de cette jeune femme dans l’appartement du dessus, Hectorine décide de lui écrire quelques mots de bienvenue, en ce dimanche ensoleillé du 17 avril.
    En effet, Sarah vient d’hériter de cet appartement de son arrière-grand-mère Lene. Malheureusement la missive de la vieille femme reste sans réponse. Un brin contrariée par cette déconvenue et par une nuit écourtée par la pendaison de crémaillère de sa nouvelle voisine, Hectorine se lâche dans une nouvelle lettre, dans un monologue décapant !
    p. 19 : » Il faut voir comme on nous parle, et encore, si tant est qu’on veuille bien s’adresser à nous. Comme on nous traite ! De quelle manière on nous considère ! Plus exactement, comment on nous dénigre ! Nous les vieux, les inutiles, les ruines, les vains, les finis, les usés, les démodés, les poussiéreux, les oisifs et pleure-misère. Nous, pleure-misère ? Pour la majorité d’entre nous, nous avons tout juste de quoi subsister en attendant notre fin prochaine. Nous les périmés, nous agrippant pitoyables que nous sommes, à nos idées réactionnaires. Nous les vioques, les croulants décrépits, les fossiles délabrés, les usagés obsolètes. À vos yeux nous sommes pénibles et encombrants, râleurs, radoteurs, menteurs, orgueilleux, hâbleurs, nous octroyant des médailles, pleurnicheurs inconsolables, plaintifs, suintants et dégoulinants , semeurs sans complexe de puanteurs nauséabondes annonciatrices de mort imminente. Car, comble de tout, nous avons l’outrecuidance de vous jeter en pleine figure et de vous rabâcher, en espérant bien vous le mettre dans la tête, qu’un jour, vous aussi les jeunes, vous aussi vous serez vieux, ridés, malades, accablés, seuls, abandonnés et malheureux. Que vous aussi, vous y passerez ! «
    Cette fois, la réponse tombe. Sèche et distante, Sarah expédie de manière définitive, l’espère-t-elle en tout cas, cette vieille femme envahissante, dont la correspondance semble être son unique occupation journalière !
    p. 31 : » Je voulais aussi vous dire que je travaille beaucoup et n’ai vraiment pas de temps à consacrer à l’écriture. De plus, je ne suis pas très à l’aise avec ce mode de communication. «
    Hectorine ne se laisse pas démonter pour si peu. Attentionnée, elle joint même à ses courriers de petites mais sincères marques d’affection. Mais Sarah n’en semble pas touchée pour autant, et feint l’indifférence. Tenace, Hectorine se laisse aller à la confidence. D’origine berlinoise, elle relate des bribes de son enfance, au rythme de ce que son âge lui permet d’écrire.
    p. 36 : » C’est à onze ans que j’ai été frappée de plein fouet par l’aride réalité de notre monde, de ce que les hommes en font. C’est à onze ans que la joie de vivre m’a quittée. «
    Ainsi, une correspondance régulière se met en place, au gré des confidences. Mais Sarah reste perplexe sur les raisons de ces échanges…
    p. 67 : » Vous avez sûrement vécu des choses incroyables et je comprends votre besoin de les raconter. Mais le mieux, je pense, serait que vous écriviez vos mémoires. «
    Dorénavant bienveillante plus qu’agacée, Sarah s’attache à Hectorine et à son histoire, et n’hésite pas à lui proposer quelques services. Seulement la vieille dame semble vouloir conserver un certain mystère, notamment sur le fait qu’elle évite soigneusement toute rencontre.
    p. 114 : » Laissez-moi le temps, j’ai besoin de ce temps. Vous saurez. Je vous en fais la promesse. Pourquoi insistez-vous pour que nous nous rencontrions ? «
    Les confidences se font plus intimes. La complicité naissante n’en devient que plus touchante. Après tout, n’y a-t-il pas une part de lâcheté, ou du moins de facilité, à se confier à l’anonymat d’une interlocutrice ?
    Quoiqu’il en soit, ces deux femmes que l’âge éloigne semblent cependant se découvrir des passions communes, malgré des chemins de vie bien différents…
    p. 55 : » La littérature a toujours fait partie de ma vie. Elle m’a permis de croire encore en l’humanité, lorsque ce mot n’était devenu pour moi qu’une idée dénuée de sens, une coque vide. Elle m’a indiquée le chemin, m’a aidée à distinguer ce qui a du prix de ce qui n’en a pas. Elle m’a donné la force de continuer à garder la tête haute, à sourire, à ressentir, à rêver. Elle m’a appris à supporter la douleur, le froid, à contenir ma colère, à adoucir mes peines, à grandir, à aimer et aimer encore. Elle m’a sauvé la vie. «
    Sarah, quant à elle, travaille pour une petite maison d’édition, en qualité de graphiste et illustratrice.
    C’est dans une innommable confession et une délicate pudeur qu’Hectorine retrace sa jeunesse, entre le Cabour de La Recherche, le Berlin du IIIè Reich et le Paris d’après-guerre, faite de brefs instants de bonheur absolu, dans une tragique période de l’Histoire.
    p. 107 : » Nous avions franchi une autre dimension. L’humain s’avérait parfaitement inhumain, nous étions réduites à l’état de bêtes par des hommes et des femmes rendus totalement insensibles à nos souffrances : le mal devenait banal, comme l’explique très bien Hannah Arendt. Nous allions vivre un cauchemar sans issue, chaque jour recommencé. C’est à cette époque que je sus ce qu’était véritablement la peur. «
    Sarah prend soudain conscience de son attachement à cette femme. Les « Ma chère Hectorine » ont succédé aux « Bonjour Madame » des premières lettres.
    p. 139 : » Il y a vous, vous et vos lettres. Elles me dévastent. Comment vais-je pouvoir vous raconter que je vis comme un séisme, à vous, vous qui avez subi des choses tellement… tellement, que les mots manquent aux émotions qu’elles suscitent ? «
    Un lien invisible unit ses deux femmes. Une fois la confiance acquise, Hectorine va révéler son terrible secret. Une promesse qu’elle se doit d’honorer pour soulager sa conscience, au risque de perdre cette amitié récente mais scellée par cette correspondance.
    p. 230 : » Je vous l’ai promise, je tiens toujours mes promesses. Je sais combien l’ignorance des choses peut être bien plus douce que la vérité. D’avance pardon pour les émois que ces confessions vous causeront. Pardon pour la peine, la déception, mais aussi pour tous les mensonges du début. Il fallait que je m’assure que vous étiez bien l’arrière-petite-fille de Lene. «
    Comment susciter l’intérêt du lecteur de la génération de l’immédiateté et des interfaces numériques à ce roman insolite, exclusivement constitué de correspondances ? C’est là que réside toute la virtuosité de Florence Herrlemann.
    Le concept, la construction narrative, le développement de l’intrigue… et l’écriture, tout est réuni pour happer le lecteur dans cette histoire ! Mais la réussite incontestable se joue à travers ses deux personnages féminins, incroyablement attachants. Je me suis délectée de chaque page, de chaque lettre, redoutant cette révélation qui me fera clore ce livre et quitter ces deux personnages, avec un réel déchirement.

    » Ecrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture. » Jean COCTEAU

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • https://emmatourte.wixsite.com/website
    Retrouvez moi sur Instagram: les livres d'Emma

    L’appartement du dessous de Florence Herrlemann
    @albinmichel

    Premières phrases : « je ne me présente pas, pas tout de suite. Je m’expliquerai plus tard sur cette volonté que j’ai, parfois d’envoyer...
    Voir plus

    https://emmatourte.wixsite.com/website
    Retrouvez moi sur Instagram: les livres d'Emma

    L’appartement du dessous de Florence Herrlemann
    @albinmichel

    Premières phrases : « je ne me présente pas, pas tout de suite. Je m’expliquerai plus tard sur cette volonté que j’ai, parfois d’envoyer valser les usages.»

    Qui d’entre nous, peux prétendre bien connaitre ses voisins ?
    Un ou deux lèveront la main, et vous ne serez alors que quelques exceptions qui confirme la règle !
    Si ce n’est du bruit dans l’escalier, un bonjour devant la boite aux lettres, nous ne savons rien d’eux, rien de leur vie, de leur rêve, de leur histoire.

    Hectorine 103 ans, a décidé d’écrire, de s’imposer et de se présenter à Sarah, sa voisine du dessus fraîchement installée, à travers le mode de communication qu’elle affectionne à savoir l’écriture, se suivront alors des missives tantôt personnelles tantôt anodines.
    Imaginez, la surprise de Sarah qui trouve devant sa porte, les cartons à peine déballée et la crémaillère à peine pendue, une lettre.

    L’auteure grâce à la finesse de son écriture et à sa justesse, nous livre magnifiquement les émotions, les interrogations et les confidences de nos deux voisines.
    Le ton léger et aérien d’une lettre, peut dès la suivante se couvrir de nuage sombre et d’intensité dramatique.

    Un roman coup de cœur, que l’on ne peut lâcher et que l’on dévore comme une délicieuse madeleine.

    Emma aime
    -la forme épistolaire
    -Hectorine et Sarah deux femmes terriblement attachantes
    -Gouter d’une madeleine maison et d’un thé (earl grey pour moi !!!)

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Sur le blog: https://alombredunoyer.com/2019/02/27/lappartement-du-dessous-florence-herrlemann/

    Ayant énormément apprécié son premier ouvrage, le festin du lézard, j'avais hâte de retrouver la plume de Florence, auteure que je vous avais mieux fait connaitre il y a deux ans. Allait-elle...
    Voir plus

    Sur le blog: https://alombredunoyer.com/2019/02/27/lappartement-du-dessous-florence-herrlemann/

    Ayant énormément apprécié son premier ouvrage, le festin du lézard, j'avais hâte de retrouver la plume de Florence, auteure que je vous avais mieux fait connaitre il y a deux ans. Allait-elle transformer l'essai? Allais-je être déçu? Autant de questions, d'anxiété que d'impatience… en partie gommés par le nom de l'éditeur du futur ouvrage.

    « Un jour vous saurez, je vous le promets… »

    Hectorine et Sarah entretiennent une « répondance », joli terme évoquant la correspondance intergénérationnelle entre ces deux voisines d'immeuble. La première va sur ses 104 ans et habite ici depuis plus d'un demi-siècle. La seconde, jeune active, vient d'emménager dans l'appartement de sa grand-mère. Tout les sépare en apparence.

    « Entretiennent » est d'ailleurs un mot trop fort tant Hectorine semble « imposer ses lettres » à sa jeune voisine du dessus. Elles sont empreintes de secrets et de mystères. En dire sans trop en dire, mêler la petite anecdote à l'Histoire, le temps présent au passé douloureux… Que cache-t-elle? Que lui est-il arrivé? Pourquoi diantre écrit-elle à Sarah? Comment va réagir cette dernière?
    Je vous laisse découvrir…

    « Il est des combats déjà vains. Quand tout devient sombre, quand on ne saisit plus réellement le sens de l'existence, il est bon de savoir s'arrêter. Ne plus penser à rien d'autre qu'à l'instant présent. Respirer lentement et se dire qu'une seule chose importe, le souffle qui se propage jusque dans chaque extrémité de notre corps, la présence à nous même, maintenant, à cet instant précis. Et vous vous rendrez compte alors que votre respiration absorbe le passé et l'avenir, les regrets et les peurs, et qu'elle vous fait goûter à l'éternité, parce que, justement, elle est hors du temps! »

    Comment ne pas s'attacher aux personnages!

    A Hectorine tout d'abord, cette mère, grand-mère, coach à l'esprit si vif et organisé. D'aucuns la diraient manipulatrice, machiavélique ou folle, d'autres très organisée et méthodique… Au fur et à mesure des lettres, on s'aperçoit qu'elle est totalement lucide et sait parfaitement où elle veut en venir. Bluffant! Elle se donne le temps, elle fait languir sa correspondante, tout en lui livrant petit à petit des secrets, des conseils, des leçons de vie… Prendre son temps, se libérer des contraintes, vivre au jour le jour. Belle leçons de vie… petit clin d'oeil à la madeleine trempée dans le thé aux agrumes et non le coca cher Olivier Liron

    « J'hésitais à vous répondre. Je sais que vous refusez de me voir. […] Oui, j'ai bien compris que vous cherchiez à m'imposer votre mode de communication. Là encore, grosse interrogation. de toute façon, je n'ai pas le temps, et honnêtement ce n'est pas mon truc. »

    De même, Sarah ne laisse pas indifférent. Elle évolue au fur et à mesure des chapitres. Si au départ elle est réfractaire et irritée par ce manège (elle se sent épiée, forcée, prisonnière), elle finit par se prendre au jeu. Elle répond, fait des courses pour Hectorine, s'inquiète pour elle, lui offre sa salle de bain pour qu'elle se délasse… mais également met en pratique ses conseils, se confie de plus en plus… jusqu'à l'addiction. La fin est magnifique, je vous laisse découvrir.

    Les personnages secondaires sont également très bien dépeints et s'intègrent sans anicroches au récit. Eux aussi ne sont pas piqués des vers. On sourit régulièrement quand ceux-ci sont évoqués. Il y a des scènes géniales, très bien décrites, qui nous donnent l'impression de réellement les vivre.

    « Comment était la mer? Portait-elle sa robe d'automne, étincelant d'éclats vert et gris? Vous a-t-elle raconté ce qu'elle charriait au plus profond de ses abimes? Qu'a-t-elle déposé sur le sable? A vos pieds? Vous a-t-elle fait don de ses murmures enchantés qu'elle brasse la nuit au clair de lune? »

    Enfin, comment ne pas évoquer l'écriture. Vive et dynamique, elle produit des phrases fluides, offre des descriptions sublimes, tout en usant de mots simples, judicieusement choisis, de tournures élégantes, riches et travaillées. On tourne les pages avec gourmandise, on voyage, on apprend, on écoute… On est happé, envouté et captivé. La pression monte petit à petit, l'étau se resserre tel un roman policier. Plus on avance dans les chapitres, plus on élabore des scénarii, plus on a hâte de savoir!

    Florence Herrlemann a pris des risques en écrivant une histoire totalement différente à la fois sur le fond que dans la forme. Il n'est jamais simple d'utiliser le roman épistolaire en gardant son lecteur attentif et intéressé jusqu'à la fin. Elle a très clairement gagné son pari! Elle nous offre un très grand livre! C'est fort et brillant. Haletant, captivant, régénérant, émouvant et assurément marquant.

    Après la découverte et la confirmation d'un talent, jamais 2 sans 3: le prochain sera celui de la consécration!
    J'ai pris un tel plaisir que je ne peux que vous le recommander très fortement. On en entendra parler j'en suis certain.

    Ruez-vous chez votre libraire indépendant préféré, vous ne serez pas déçu.

    5/5 Coup de coeur!

    comment Commentaire (1) flag Signalez un abus
  • Quelle serait votre réaction si une vieille dame, Hectorine, âgée de 103 ans, vivant dans l’appartement en-dessous du vôtre dans lequel vous venez d’emménager, déposait une lettre sur votre paillasson vous demandant de façon appuyée de lui raconter votre vie et de devenir votre amie ?

    C’est...
    Voir plus

    Quelle serait votre réaction si une vieille dame, Hectorine, âgée de 103 ans, vivant dans l’appartement en-dessous du vôtre dans lequel vous venez d’emménager, déposait une lettre sur votre paillasson vous demandant de façon appuyée de lui raconter votre vie et de devenir votre amie ?

    C’est ce qui arrive à Sarah, jeune illustratrice de 29 ans et malgré un refus ferme de prime abord, elle va tout doucement prendre goût à cet échange épistolaire, cette « répondance » avec cette voisine qu’elle ne connaît pas, ne voit jamais. Il faut dire qu’Hectorine sait comment l’appâter.

    Elle est insistante, à la limite du harcèlement. Petit à petit une relation amicale, douce et tendre va s’installer mais baignée du mystère qui entoure Hectorine et le lien qui les unit.

    Quelle est intrigante cette vieille dame non pas indigne mais spéciale ! Elle a tous les culots, elle n’hésite pas à espionner la vie de ses voisins, à porter un jugement sur eux, elle que l’on ne voit jamais, qui n’est qu’une ombre mais qui connaît tout de la vie des occupants de l’immeuble. Comme Sarah j’ai pensé qu’elle était bien indiscrète, agaçante, et exigeante car elle pose des questions mais ne répond à aucune !

    C’est un roman d’amitié, de tendre amitié qui naît entre une dame qui détient un secret qu’elle ne révélera qu’au fil des lettres, qui sait appâter en accompagnant ses missives parfois d’une douceur, chaque courrier devenant comme une madeleine de Proust pour la jeune femme, entretenant le mystère sur elle mais aussi sur le lien qui les unit paraît-il.

    Mais au-delà de la correspondance, les deux femmes vont devenir l’une pour l’autre des confidentes sur leur passé, leur présent et leur futur et vont partager leurs quotidiens ainsi que leurs émois.

    Car comme dit Hectorine : « Les émotions sont là pour nous rappeler combien nous sommes vivants ! » et des émotions il y en a. Ce roman a tous les ingrédients pour tenir en haleine ses lecteurs(trices) même s’ils paraissent, pour ma part, assez improbables mais c’est un roman et il est écrit pour nous raconter une histoire et cela fonctionne.

    Pour ma part, dès le moment pour Hectorine a commencé à dévoiler son passé, ses origines, j’ai eu les pistes qui mèneraient à la vérité ou tout du moins à une partie de la vérité.

    J’ai trouvé Hectorine intrusive et curieuse et Sarah très obéissante, pour ma part j’ai élaboré mille stratagèmes qui m’auraient permis de découvrir au moins le visage de cette Hectorine, mais Sarah, elle ne transgresse pas les règles

    C’est un roman agréable, fluide mais surtout addictif car le suspens est bien entretenu ….. 103 ans vous imaginez ! Elle en a vu et connu des choses Hectorine, un siècle d’histoire.

    Florence Herrlemann évoque une jolie amitié inter-générationnelle, féminine, douce et délicate, avec des parfums d’eau de rose, de madeleines, de cliquetis sur les touches d’une machine à écrire ou d’un ordinateur (à chaque génération son outil…), où les sentiments sont bienveillants, où chacun apporte son expérience et ses conseils.

    J’ai passé un agréable moment à accompagner ces deux femmes mais il y a un pan tellement improbable et quelque part prévisible que cela me laisse un peu sur ma faim. J’avais en tête bien d’autres idées sur l’identité d’Hectorine, parfois très farfelues je dois l’admettre mais peut être plus surprenantes, que celle-ci m’a un peu déçue et pas surprise.

    Il n’en reste pas moins qu’un roman est fait aussi pour nous raconter une histoire et celui-ci en fait partie. Je connais autour de moi quelques personnes qui aimeront ce genre de récit, à qui je le conseillerais en sachant qu’il plaira.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.