Il est juste que les forts soient frappés

Couverture du livre « Il est juste que les forts soient frappés » de Thibault Berard aux éditions L'observatoire
Résumé:

Lorsque Sarah rencontre Théo, c'est un choc amoureux. Elle, l'écorchée vive, la punkette qui ne s'autorisait ni le romantisme ni la légèreté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de... Voir plus

Lorsque Sarah rencontre Théo, c'est un choc amoureux. Elle, l'écorchée vive, la punkette qui ne s'autorisait ni le romantisme ni la légèreté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de Fellini.

Dans le tintamarre joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions naît Simon. Puis, Sarah tombe enceinte d'une petite fille. Mais très vite, comme si leur bonheur avait provoqué la colère de l'univers, à l'euphorie de cette grossesse se substituent la peur et l'incertitude tandis que les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. Chaque minute compte pour la sauver.

Le couple se lance alors à corps perdu dans un long combat, refusant de sombrer dans le désespoir.

Un récit d'une légèreté et d'une grâce bouleversantes, entre rire et larmes, dont on ressort empreint de gratitude devant la puissance redoutable du bonheur.

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Avis (7)

  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/02/il-est-juste-que-les-forts-soient.html

    " La force d'un homme se mesure à ses faiblesses."
    " Into my arms. Oh Lord. Into my arms."

    Dès les premières phrases du roman, on sait que la narratrice, une jeune femme de 42 ans qui a décidé de se...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2020/02/il-est-juste-que-les-forts-soient.html

    " La force d'un homme se mesure à ses faiblesses."
    " Into my arms. Oh Lord. Into my arms."

    Dès les premières phrases du roman, on sait que la narratrice, une jeune femme de 42 ans qui a décidé de se dénommer Sarah, est morte. C'est une des forces de ce texte, on sait d'emblée que Sarah ne s'en sortira pas, c'est elle qui va nous raconter son histoire.

    Sarah dit se trouver dans ce qu'elle décrit comme une cellule, un lieu où les vivants ramènent les morts quand ils pensent à eux trop fort. Cette femme morte aspire à l'oubli des vivants. " Le but ultime de tout le monde, dans la mort, c'est de se faire oublier des vivants. Couper le codon une bonne fois avec "l'avant" pour, enfin, accéder à cette absolue félicité, ce repos parfait des sens et de l'esprit dont on nous rabat les oreilles depuis les siècles des siècles."

    Elle nous raconte son histoire, son adolescence déglinguée, sa vie avant de rencontrer Théo lorsqu'elle clamait qu'elle allait crever avant 40 ans, sa rencontre avec cet homme solaire qui va compenser "ses errements lunatiques" jusqu'à ce qu'un jour le drame arrive alors qu'elle est enceinte de sept mois de son deuxième enfant. Un drame qui survient de surcroît la veille de Noël... L' oiseau aux ailes noires que Sarah sentait depuis longtemps au-dessus d'elle prend la forme d'une tumeur cancéreuse qui progresse à une vitesse alarmante, mettant sa vie en danger...

    Théo et Sarah, Lutin et Moineau comme ils se dénomment, décident de devenir des super-héros pour affronter le mal, de vivre cette histoire comme une aventure terrible et extraordinaire. Théo, prêt pour le combat, fonce tête baissée et décide d'être un mur d'optimisme pour sa compagne sur lequel elle va pouvoir s'appuyer, il considère que c'est parce qu'ils sont forts qu'ils ont été frappés "Il est juste que les forts soient frappés", ils vont surmonter cette épreuve justement parce qu'ils en sont capables.... voilà la théorie de Théo. La naissance de Camille est provoquée en urgence, Sarah ne peut voir que deux minutes son bébé qu'elle ne pourra tenir dans ses bras que deux mois plus tard, une rencontre qui fera l'objet d'une magnifique passage dans le texte. Invincibles, ils vivent alors quatre années et demie de bonheur gagnées à l'arraché avant que le drame ne les rattrape. Des jours heureux avant le retour en enfer.

    Inspiré de l'histoire personnelle de l'auteur ce roman raconte une histoire triste mais terriblement lumineuse, c'est un roman plein de vie, plein de force et de rage de vivre. Sarah et Théo forment un couple extrêmement attachant qui ne perd jamais de vue la lumière au bout du tunnel, un couple drôle et vivant. On passe par toutes les émotions tout au long de cette lecture, le cœur se serre souvent mais le sourire est très souvent là aussi. La plume est vive, souvent légère, parsemée de phrases qui percutent sans jamais que l'auteur ne cherche à en rajouter. Voilà une histoire d'amour hors du commun et une magnifique histoire d'amitié car Sarah et Théo sont entourés d'une ronde d'amis engagés avec eux dans la lutte dès le premier jour. Même si j'ai parfois trouvé un peu agaçant de voir l'auteur se donner le rôle de super héros, j'ai aimé sa grande franchise dans la dernière partie du texte d'une sublime beauté. Un récit énergique d'une sidérante sincérité sans une once d’apitoiement sur soi. En écrivant ce livre, Thibault Bérard offre un magnifique cadeau à ses enfants. Un texte qui bouscule et qui rappelle qu'il faut vivre, profiter du moment présent.

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  • Attention : montagnes russes émotionnelles garanties.

    En ouvrant ce livre, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. La quatrième de couverture laissait supposer une histoire d’amour, entre deux êtres que tout oppose… bref, le style de romans que je n’affectionne pas particulièrement.
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    Attention : montagnes russes émotionnelles garanties.

    En ouvrant ce livre, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. La quatrième de couverture laissait supposer une histoire d’amour, entre deux êtres que tout oppose… bref, le style de romans que je n’affectionne pas particulièrement.
    Je le commence toutefois, en ravalant mes a priori. Et là : OH. LA. LA. Dévoré en une soirée.

    Certes, le thème a déjà été traité, un couple qui doit faire face à la maladie.

    Mais ce livre-là respire la sincérité : dès le départ, on est happé par l’humanité des personnages, leurs imperfections qui les rendent sympathiques, comme si on les connaissait depuis toujours. Sarah et Théo, c’est le couple de copains avec qui on aime passer du bon temps. On a l’impression de vivre avec eux, de rire à leurs blagues (oui, Théo fait des blagues nulles), de participer à leurs soirées entre potes, à leurs moments de vie, les heureux comme les plus tristes.

    Je suis passée du rire aux larmes. Oui, les vraies larmes : une preuve que cette histoire prend aux tripes.
    Bien plus qu’une histoire d’amour, c’est l’histoire d’une vie, d’un amour de la vie que l’auteur nous décrit. Une plume simple, à l’image des personnages, qui, sans jamais flirter avec la mièvrerie, nous donne une belle leçon d’humanité.

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  • Cette histoire est celle de Sarah et de Théo , celle d'un moineau et d'un lutin, de deux êtres écorchés vifs, deux âmes destinées à se rencontrer et à s'aimer pour le meilleur, et pour le pire. Le pire, on l'apprend très vite, c'est la tumeur cancéreuse dont elle est atteinte, et qui est...
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    Cette histoire est celle de Sarah et de Théo , celle d'un moineau et d'un lutin, de deux êtres écorchés vifs, deux âmes destinées à se rencontrer et à s'aimer pour le meilleur, et pour le pire. Le pire, on l'apprend très vite, c'est la tumeur cancéreuse dont elle est atteinte, et qui est détectée à la fin de sa seconde grossesse, tsunami balayant tout sur son passage.

    Les jours vont alors s'égrener au rythme des séjours à l'hôpital, des chimiothérapies, des retours à la maison, des larmes, des rires, des fêtes, des moments d'espoir et de désespoir, du carpe diem, des enfants qui grandissent, des mots lapidaires de Docteur House, des petits riens des grands tout. De ce quotidien à créer. Cet Autrement.

    Sarah va mourir. C'est d 'ailleurs sa voix qui , depuis l'endroit où elle est, va raconter « les jours les plus précieux » de sa vie. Elle les livre au lecteur, comme ça, comme ils viennent, avec cette constante émotion, celle qui ne vous quitte pas, celle qui vous noue le ventre et vous enserre le palpitant. Celle qui fait pleurer. Celle qui fait sourire parfois. Un peu. Juste parfois. Parce que l'hiver n'est jamais totalement obscur.

    Si ce roman raconte la mort, il est parcouru par un immense souffle vital . Paradoxal . Tout comme l'est l'être humain. Alors oui, il y a la souffrance, la peur, le froid, la solitude de la chambre d'hôpital et celle qu'engendre le compte à rebours dès lors qu'il est enclenché. Mais il y a surtout l'amour, le bonheur, l'amitié. Il y a la musique. Il y a l'avenir. Il y a la douleur, lancinante, terrible. Il y a la force, la colère. Il y a le film de Franck Capra, « La vie est belle ». Il y a les remerciements, à la fin du livre. Il y a ce sentiment étrange qui reste après la la lecture. Il y a la Vie. Avec ses pleins et ses déliés, ses lendemains , et la lumière. Toujours.

    Je voudrais mettre des mots sur toutes ces émotions qui me restent après avoir refermé le roman. Je ne les ai pas. Peut-être parce qu'il n'y en a pas. Et puis, est-ce bien nécessaire de les nommer ? Peut-être est il juste préférable de les garder au chaud, au fond de son cœur.

    Immense coup de cœur de la rentrée littéraire d'hiver, ce roman est splendidement servi par l'écriture puissante et flamboyante de Thibault Bérard . Sans pathos aucun, il est porté par l'urgence de vivre. Et d'aimer.

    « Il est confiant aussi pour une autre raison, plus étrange. Plus démente, à y repenser. Une raison liée à cette phrase qui résonne soudain dans son crâne de lutin rêveur, sans qu'il sache d'où elle vient. Il se demandera longtemps si elle n'est pas ressortie d'une de ses lectures, un vieux texte de théologie médicale, un extrait de la Bible, un truc mal digéré pendant ses études littéraires... Mais en fin de compte, non , pas du tout, il s'avérera que c'était simplement une fantaisie personnelle grimée en signe du destin.

    Il est juste que les forts soient frappés »

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  • Tu ne sais pas.

    Tu ne sais pas avant de te plonger dans un livre ce qu’il va pouvoir bien se passer. Ce qu’il va arriver. Ce qu’il va remuer en toi.

    Je ne savais pas donc.

    Je ne savais pas que j’allais me retrouver le bide serré et les yeux mouillés. Je ne savais pas que j’allais...
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    Tu ne sais pas.

    Tu ne sais pas avant de te plonger dans un livre ce qu’il va pouvoir bien se passer. Ce qu’il va arriver. Ce qu’il va remuer en toi.

    Je ne savais pas donc.

    Je ne savais pas que j’allais me retrouver le bide serré et les yeux mouillés. Je ne savais pas que j’allais m’émouvoir, pour de vrai. Je ne savais pas qu’il se passerait quelque chose de fort.

    Je ne savais pas.

    Ils ne savent pas, Sarah et Théo, que la vie est parfois un peu dégueulasse. Ils ne savent pas qu’on peut s’aimer d’amour. D’amour grand, d’amour fort et voir la tempête débarquer à l’intérieur de son propre corps.

    On ne sait pas que les gens qui meurent ne peuvent pas s’envoler tant qu’on pense trop fort à eux sur la Terre. Tant que quelqu’un ne veut pas les laisser partir, ils doivent se retrouver quelque part entre souvenirs et félicité.

    C’est le roman de Sarah, qui de ce là-bas nous raconte son histoire d’amour avec ce grand gamin facétieux de Théo.

    Il sait, lui qu’il doit tenir le coup pour leurs enfants. Il sait que les super héros peuvent se battre plus fort que le commun des mortels… Et il veut croire qu’ils vont être forts …

    Je sais que ce roman, si c’en est bien un, m’a remué.

    Je ne sais pas si le personnage de Cléo, qui vient plus tard dans le roman, ne m’a pas semblé faire partie d’une autre histoire, de quelque chose d’autre à raconter … Ce n’est pas à moi d’en juger, évidemment, mais ma lecture s’en est trouvée quelque peu modifiée …

    Un roman difficile et lumineux à la fois qui saura peut-être vous toucher au cœur …

    Qui sait ?

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  • Avec un tel sujet, le risque est énorme. Ceux de ma génération se souviennent peut-être des larmes versées avec Ryan O'Neal quand meurt Ali McGraw à la fin de Love story. Culte et pourtant bien sirupeux, bande-son assortie. Heureusement, la littérature est un art qui, pratiqué avec talent,...
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    Avec un tel sujet, le risque est énorme. Ceux de ma génération se souviennent peut-être des larmes versées avec Ryan O'Neal quand meurt Ali McGraw à la fin de Love story. Culte et pourtant bien sirupeux, bande-son assortie. Heureusement, la littérature est un art qui, pratiqué avec talent, sincérité et délicatesse permet d'offrir des bouquets d'émotions. Les larmes peuvent faire du bien, puiser leur source dans la beauté et la force des sentiments, dans la colère aussi. Les larmes peuvent apaiser et donner une furieuse envie de vivre.

    Car d'emblée, nous le savons, la voix de celle qui raconte est une voix d'outre-tombe. Sarah est morte, à 42 ans, balayée par un cancer foudroyant détecté alors qu'elle était enceinte de son deuxième enfant. Sarah est morte mais sa colère est toujours là, mêlée à l'amour qui l'unit à Théo et à leurs deux jeunes enfants, Simon et Camille. Sarah est morte et son dernier acte d'amour est de permettre à Théo de libérer son esprit du deuil pour rester sur le chemin qu'il a toujours privilégié et pour lequel il est si doué : celui de la vie ; et par la même occasion, la laisser reposer en paix. Alors Sarah raconte. Comment Théo, plus jeune qu'elle, a pourtant joué le rôle de tuteur autour duquel elle s'est enroulée pour laisser de côté ses peurs et ses failles pour avancer, s'autoriser à aimer et à croire au bonheur. Il faut dire qu'il est irrésistible ce "lutin", boosté à l'optimisme, à la beauté et à "La vie est belle" de Capra. De quoi chasser les dernières traces du spleen que la jeune femme traîne depuis son adolescence. Sarah raconte la vie, les projets, l'amour fou, la naissance de Simon, les avancées professionnelles, la deuxième grossesse, le diagnostic terrible, l'entrée en guerre (oui, il y a quelques accents de La guerre est déclarée aussi)... Sarah raconte et le lecteur se saisit de sa colère, parce que non, pas sûr que ce soit vraiment juste que les forts soient frappés.

    J'ai versé mes premières larmes à la page 135 et ensuite, bah... c'était parti. Mais ce qui m'a fait pleurer, c'est la chaleur qui se dégage de ce récit, la farouche volonté affichée par tous de faire face ensemble, bien droits, unis par ce qu'on ne peut pas qualifier autrement que de l'amour, qu'il soit exprimé par le regard d'un ami, par le message d'un patron, par celui qui sait qu'il va rester ou par celle qui sait qu'elle va partir. Le respect total des sentiments de l'autre, de sa douleur, du chemin qu'il emprunte pour s'en sortir. Et puis, il faut le dire, faire parler Sarah donne une force extraordinaire au roman, excluant toute mièvrerie par son langage direct qui ne se cache derrière aucun faux-semblant. On comprend, au moment des remerciements et en lisant les commentaires sur les réseaux sociaux que l'auteur utilise une matière autobiographique ce qui amplifie le tour de force et explique sans doute en partie ce judicieux parti-pris de narration.

    Peut-être que si Franck Capra vivait au 21ème siècle, il aurait aimé s'emparer de ce texte, magnifique hymne à la vie, pour en faire l'un de ses chefs d’œuvre. Qui sait ? Tous les ingrédients sont là. Impossible de ne pas être touché par la force positive qui se dégage de ce roman que l'on termine dans un grand sourire baigné de larmes en se disant que oui, faut pas l'oublier, la vie est belle.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • C'est clair, dès le départ, on sait que Sarah est morte à l'âge de 42ans. Et c'est elle qui raconte l'histoire, son histoire car elle a le pouvoir de revivre sa vie mais vu de là-haut et voir à travers différents angles ce qu'elle n'a pas pu voir...

    Il était une fois un moineau prénommé...
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    C'est clair, dès le départ, on sait que Sarah est morte à l'âge de 42ans. Et c'est elle qui raconte l'histoire, son histoire car elle a le pouvoir de revivre sa vie mais vu de là-haut et voir à travers différents angles ce qu'elle n'a pas pu voir...

    Il était une fois un moineau prénommé Sarah, fille borderline dès la jeune enfance, prête à mettre fin à ses jours, sauvé par une psy et un lutin prénommé Théo, un jeune homme fougueux à la joie de vivre. Rien ne les prédestinaient à se rencontrer, à nouer cette relation, à forme ce couple, à avoir des enfants, et de connaitre la joie dans le malheur !

    Je ne vais pas y aller par 4 chemins, ce roman est juste un énorme coup de coeur. C'est une expérience unique, un roman exceptionnel comme il est rare dans lire, intensément intense, très éprouvant qui m'a valu quelques larmes (et je l'assume!).

    Thibault Bérard livre une histoire de vie, d'amour et de mort. C'est à la fois d'une beauté unique et d'une tristesse infinie. Avec une plume lumineuse, joyeuse, dynamique, remplie de sentiments et juste, l'auteur nous fait sentir nos tripes et fait sortir nos sanglots.

    Thibault Bérard a dû en voir pour nous livrer à travers ce roman une histoire aussi belle. Une claque, une vague, un tsunami, l'auteur emmène notre coeur et notre âme dans ses lignes, dans son histoire, dans ses entrailles.

    Je pourrai vous en parler des heures, utiliser tous les plus beaux qualificatifs pour vous dire de lire ce premier roman. Ce roman grandiose, l'histoire d'une vie, d'une aventure, d'une souffrance, celle qui nous ai donnée à vivre, à la fois merveilleuse mais aussi terrifiante et bouleversante.

    Pour Thibault Bérard il est peut être juste que les forts soient frappés mais il est certain que les lecteurs soient frappés en plein coeur par ce premier roman extraordinairement beau, lumineux et d'une intensité rare.

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  • A force de le dire et de l’écrire vous commencez à le savoir je ne suis pas très « roman d’amour », sauf quelques exceptions dont Mon désir le plus ardent de Pete Fromm, une histoire d’amour, de nature et de maladie et qui fut et reste un coup de cœur dans le genre. Ce premier roman de Thibault...
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    A force de le dire et de l’écrire vous commencez à le savoir je ne suis pas très « roman d’amour », sauf quelques exceptions dont Mon désir le plus ardent de Pete Fromm, une histoire d’amour, de nature et de maladie et qui fut et reste un coup de cœur dans le genre. Ce premier roman de Thibault Bérard est de la même veine. Sarah et Théo s’aiment. Rien ne les prédestinait à former un couple. Elle, « moineau », à la jeunesse border-line, un peu paumée, lui, le « lutin » de quelques années plus jeune, l’optimiste à tout épreuve. Ils ont tout pour être heureux : travail, enfant, ami(e)s, famille, tout roule jusqu’au jour où le Dr House entre dans leurs vies pour le pire. Moineau n’a pas voulu voir les premiers signes et pourtant désormais ses jours sont comptés……

    Je vous prie de m’excuser en premier lieu car je n’ai pas le talent de Thibault Bérard pour exprimer avec l’écriture autant de beauté dans les sentiments, donner autant d’émotions dans la narration d’une histoire, j’allais dire banale, d’un couple, autant de profondeur dans les ressentis ….. Mais je vais malgré tout essayer car moi la « dure » aux sentiments amoureux, j’ai craqué, j’ai fini avec des larmes qui coulaient sans que je puisse les retenir mais que ces larmes étaient belles….

    Notre guide s’appelle Sarah, c’est elle qui nous raconte son histoire et dès les premières lignes elle est directe, elle ne tergiverse pas, ne nous enfume pas : elle est décédée, à 42 ans, voilà c’est dit, alors soit vous faites le choix de continuer et d’écouter ce qu’elle a à vous dire, soit vous refermez dès maintenant le livre car vous vous doutez que tout ne vas pas être rose. Moi j’ai continué car ce qui m’a plu dès le début c’est le ton de Sarah, sa façon d’exprimer les choses, à vous de juger :

    "Incipit :

    J’imagine que vous serez d’accord : ce que tout le monde veut, dans la vie, c’est laisser une trace, non ? Résister à l’oubli éternel ? Et bien le scoop, mes amis, le truc pas croyable que je vais vous annoncer ici, dans ces pages et même dès la première, c’est que le but ultime de tout le monde, dans la mort, c’est exactement l’inverse : se faire oublier des vivants. Couper le cordon une bonne fois avec l’avant, pour, enfin, accéder à cette absolue félicité, ce repos parfait des sens et de l’esprit dont on nous rebat les oreilles depuis les siècles des siècles. Avouez que ça remet les choses en perspective. Moi-même, j’ai mis un moment à comprendre ça et, quand j’ai fini par y arriver, je me suis décidée à en faire quelque chose, histoire que ça vous rentre dans le crâne, pour le « jour où » (parce que, vous le savez, ou alors il serait temps, ce sera votre tour à un moment ou à un autre). Décidée avec un « e », ça n’a as échappé aux premiers de la classe, parce que je suis une fille, enfin une femme. J’étais une femme quand je suis morte – une jeune femme, 42 ans, ça vous donne déjà une idée de l’ampleur du drame à venir. (p9)"

    Et il faut savoir que dans un roman tout est possible, tout est imaginable et l’auteur a octroyé à Sarah un don : « Le privilège des morts », ce don lui permet d’exprimer ses ressentis, émotions mais aussi ceux des autres, de ses proches.

    Alors j’ai plongé dans le tourbillon de la vie de Sarah et Théo, dans leur amour qui verra naître Simon puis Camille mais comme si trop d’amour devait se payer un jour, les jours sombres vont les engloutir, ils vont se débattre, espérer, surnager puis déposer les armes.

    C’est une lecture où malgré un sujet très « plombant » il n’en reste pas moins un sentiment lumineux en partie due à l’écriture : c’est intense, vivant, avec un ton moderne, avec ici et là une part de dérision dans les propos de Sarah, parce qu’elle est comme cela Sarah, même dans les moments les plus cruciaux. Ils forment un couple fort, oui ils sont forts et comme leur dit Dr House :

    "Il est juste que les forts soient frappés

    La phrase s’affiche tel un blason en lui. Et elle lui semble parfaitement logique, évidente – appropriée, là encore. Il est juste, oui, précisément parce c’est plus injuste que tout ce qu’on puisse imaginer, plus absurde, plus cruel, et donc plus éloigné de l’entendement des simples mortels, que lui et moi, qui sommes jeunes, pleins de vie, si forts, nous soyons frappés. Nous plutôt que d’autres, qui ne s’en relèveraient pas. (p116)"

    L’auteur confirmant un peu l’adage que « les histoires d’amour finissent mal en général » prend le parti de faire d’un drame un récit où se mêlent références cinématographiques, littéraires, musicales, univers dans lesquelles baignent nos deux tourtereaux (lui journaliste, elle productrice de documentaires) et dans lesquelles ils vont trouver la force de tenir, se raccrocher. Oui La vie est belle comme le titre du film de Capra, film culte de Lutin, quelque soit sa durée, ce qui compte c’est de la vivre.

    Bon vous l’avez compris j’ai passé un excellent et émouvant moment de lecture et je vous rassure même si les dernières pages sont particulièrement poignantes, il n’en reste pas moins un roman d’une rare intensité, lumineux et bouleversant, dont j’ai aimé le ton à la fois dynamique, juste, imagé parfois (j’ai adoré les « bulles » de Sarah), mais aussi doux et réaliste. Beaucoup d’humanité transpire des épreuves que le couple va traverser, du bel et vrai amour, du respect et de l’écoute, sans faille, sans gnangnan. Ils en sortiront encore plus forts, plus beaux même s’ils n’en sortiront pas forcément vainqueurs.

    Un de mes seuls reproches (un tout petit), ne pratiquant pas forcément la langue anglaise, beaucoup de citations en anglais auraient mérité une traduction……

    Roman sélectionné pour le Grand Prix RTL – LIRE 2020 et moi je sais pourquoi. Je vous encourage à le découvrir. On en ressort pas indemne mais qu’est-ce que l’émotion est belle.

    Thibault Bérard est depuis 13 ans responsable du secteur romans aux Editions Sarbacane.

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