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Helena

Couverture du livre « Helena » de Jeremy Fel aux éditions Rivages
  • Date de parution :
  • Editeur : Rivages
  • EAN : 9782743644673
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue.   Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l'équilibre familial.   Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa... Voir plus

La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue.   Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l'équilibre familial.   Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu'en l'infligeant à d'autres...   Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d'où ils tenteront par tous les moyens de s'extirper. Quitte à risquer le pire.   Et il y a Helena...
Dans ce deuxième roman très attendu, Jérémy Fel dépeint un drame familial pour décortiquer avec une implacable maîtrise les mécanismes de la violence.

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Articles (3)

Avis (26)

  • J'hésitais déjà à abandonner au bout de la cinquantième pas. Finalement, j'ai tenu jusqu'à la deux-centième page (environ). Quel calvaire !
    Peut-être que le moment était mal choisi pour lire ce roman ... peut-être avais-je besoin de quelque chose de plus léger ... Peut-être !
    Quoiqu'il en...
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    J'hésitais déjà à abandonner au bout de la cinquantième pas. Finalement, j'ai tenu jusqu'à la deux-centième page (environ). Quel calvaire !
    Peut-être que le moment était mal choisi pour lire ce roman ... peut-être avais-je besoin de quelque chose de plus léger ... Peut-être !
    Quoiqu'il en soit, il m'a toujours été difficile de lire des œuvres qui trainent en longueur pour rien. Et c'est la sensation que j'ai eu ici. Généralement, les romans noirs et les thrillers m'emportent. Je ne crois pas me souvenir d'un seul thriller que j'ai abandonné ... Il y a un début à tout, visiblement.
    Outre le rythme, j'ai eu un problème avec la cohérence. Quelqu'un se fait violer et agresser dans une maison pleine de monde et personne n'entend rien. Tout va bien, ce sont des bruits normaux ... En même temps, quand la mère est aussi tarée que le fils ... Enfin bref, ça ne m'a pas animé. Peut-être que je réessaierai de le lire. À un autre moment.

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  • Quelle claque que ce roman ! Un livre dont la couverture seule est une promesse, me rappelant celle, toute aussi inquiétante, d’Alex de Pierre Lemaitre. Dès les premières lignes, je sais que je ne suis pas là par hasard, ce que je tiens dans les mains sera réaliste, cruel et addictif… Je...
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    Quelle claque que ce roman ! Un livre dont la couverture seule est une promesse, me rappelant celle, toute aussi inquiétante, d’Alex de Pierre Lemaitre. Dès les premières lignes, je sais que je ne suis pas là par hasard, ce que je tiens dans les mains sera réaliste, cruel et addictif… Je cherchais du noir: en voilà… Toutefois, je me suis laissé le temps après la lecture de digérer ce livre et me rendre compte à quel point il a été traité avec intelligence et subtilité: j’ai éprouvé le besoin de l’autopsier pour en approfondir les rouages et en explorer la mécanique imparable.

    J’ai tout d’abord été surprise de le trouver au rayon roman et non thriller/policier de ma bibliothèque : une erreur de classement comme je l’ai d’abord supposé en lisant le premier chapitre ? A la réflexion non, et la question mérite d’être soulevée car ce roman possède le contenu d’un thriller psychologique mais est, à mon avis, bien plus que cela… Car le sujet essentiel de ce livre est l’amour, et pas n’importe lequel… Celui d’une mère… L’Amour d’une mère et son importance primordiale. Nous n’avons pas là un thriller mené tambour battant, enchaînant les scènes d’action : si l’ensemble est savamment construit et intrigue comme il se doit, l’auteur prend soin de planter le décor et prend le temps qu’il faut pour que nous soyons imprégnés des personnages : l’alternance de chapitres consacrés au point de vue de chaque interlocuteur nous laisse sans répit… Nous allons partager le quotidien d’une famille américaine en apparence lambda (en apparence seulement…) et nous astreindre à quelques clichés type Desperate Housewives, extrêmement trompeurs et surtout nécessaires à notre immersion dans la vie de ces personnages ô combien complexes.

    Norma Hewitt, la petite quarantaine, est une mère de famille, aimante, attentionnée et possessive: elle n’a d’yeux que pour sa fille Cindy, huit ans, qu’elle veut propulser reine d’un concours de mini-miss… Elle est aussi la mère de deux garçons : Graham, plutôt bien dans ses baskets, qui projette d’intégrer une école de photographie à New York, en compagnie de sa petite amie. Reste à l’annoncer à Maman… Et puis, Tommy… qui visiblement souffre de quelques problèmes psychologiques, dont on a un aperçu dès le premier chapitre…

    L’été s’annonce plus chaud que d’habitude dans les environs de Wichita, Texas… et c’est dans ce contexte qu’une jeune femme, Hayley Hives, fraîchement plantée par son petit ami, projette de se rendre chez sa tante, dans le Missouri, pour un entrainement à un tournoi de golf… Quatre heure de route au volant d’une Chevrolet flambant neuve… Ces personnages vont finir par se rencontrer: où, quand, dans quelles circonstances?… La tension grimpe au fil des pages… et j’ai rarement eu autant envie d’hurler à un personnage de faire demi-tour…

    Si certaines scènes sont éprouvantes, décrites de façon quasi cinématographiques, et marquent les esprits par leur violence, ce qui rend ce livre vertigineux est la mise en abîme de chacun des événements : les décisions se succèdent et tirent irrémédiablement vers la catastrophe… L’engrenage est fatal : les pièces s’assemblent et la toile se tisse, enfermant chacun des personnages dans un piège sans issu… L’auteur pousse le lecteur dans ses retranchements : qu’aurions nous fait si… et les personnages qui au départ sont d’une superficialité déroutante deviennent si réalistes que l’on comprend chacune de leur motivation. Les origines du mal sont étudiées… scrupuleusement disséquées pour nous offrir en plus d’un excellent thriller psychologique, une leçon à méditer : l’amour d’une mère change tout.

    Retrouvez mes chroniques sur https://loeilnoir.wordpress.com/

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  • Univers noir pour le fond, empli de nombreux drames.
    Roman bien mené pour la forme, où le lecteur ne s’ennuie jamais malgré la construction du récit en aller-retour entre présent et passé.

    Univers noir pour le fond, empli de nombreux drames.
    Roman bien mené pour la forme, où le lecteur ne s’ennuie jamais malgré la construction du récit en aller-retour entre présent et passé.

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  • Plus de 700 pages intenses et suffocants dans la moiteur du Kansas.
    Norma élève seule ses 3 enfants : Graham 20 ans, Tommy 17 ans et Cindy 8 ans, dans une maison au milieu des champs.
    Hayley est une jeune fille qui tente de devenir une professionnelle du golf en hommage à sa mère disparue.
    Un...
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    Plus de 700 pages intenses et suffocants dans la moiteur du Kansas.
    Norma élève seule ses 3 enfants : Graham 20 ans, Tommy 17 ans et Cindy 8 ans, dans une maison au milieu des champs.
    Hayley est une jeune fille qui tente de devenir une professionnelle du golf en hommage à sa mère disparue.
    Un drame va lier ses protagonistes entre eux et chaque choix successif de chacun va les enfoncer dans un piège infernal où l'issue semble de plus en plus obscure.
    Le portrait de plusieurs souffrances rythmées par des chapitres centrés sur chacun.
    Vengeance, culpabilité, violence, haine, maternité, acharnement, fatalité...
    C'est explosif, bouleversant, addictif... un peu d essoufflement de ma part lors des 150 dernières pages.
    Mais waouh, accrochez-vous !
    Et qui est Helena ?

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  • 1er livre de cet auteur et je n'ai pas été déçue!! On suit l'histoire de 3 personnages au sein d'une même famille : la mère et les deux fils et une adolescente partant pour un concours de golf. Très rapidement on plonge dans l'angoisse ou l'on pressent qu'il va arriver quelque chose. Tout part...
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    1er livre de cet auteur et je n'ai pas été déçue!! On suit l'histoire de 3 personnages au sein d'une même famille : la mère et les deux fils et une adolescente partant pour un concours de golf. Très rapidement on plonge dans l'angoisse ou l'on pressent qu'il va arriver quelque chose. Tout part dans la violence, la séquestration, les non dits familiaux ou chacun joue un rôle. Peu à peu les éléments se mettent en place mais il plane une menace, une vengeance se prépare.
    Ce thriller parle également d'amour, celui d'une mère qui est prête à tout pour ses enfants et sa famille.
    Jusqu'au bout ce livre m'a tenu en haleine, je n'avais aucune idée de son aboutissement, une belle réussite pour un premier essai, j'ai hâte de lire les suivants.

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  • Pas vraiment spécialiste des thrillers, je me suis lancée dans cette lecture avec l'envie de découvrir ce genre. Et grand bien m’en a pris ! Helena est un thriller psychologique qui vous prend aux tripes dès l’incipit, grandiose, magnifique. Ce roman digne d’un Stephen King francophone vous...
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    Pas vraiment spécialiste des thrillers, je me suis lancée dans cette lecture avec l'envie de découvrir ce genre. Et grand bien m’en a pris ! Helena est un thriller psychologique qui vous prend aux tripes dès l’incipit, grandiose, magnifique. Ce roman digne d’un Stephen King francophone vous hante de la toute première ligne à l’épilogue !
    Pourquoi cette analogie avec l’écriture de Stephen King ? Eh bien, tout simplement, parce que la thématique essentielle de Stephen King est, à mes yeux, le « monstre ». Dès ses débuts King s’intéresse au monstre qui se tapit dans le noir, qui peut, à tout moment (et plus particulièrement la nuit), nous sauter dessus et nous détruire si possible de façon horrifique ; puis petit à petit, S. King s’éloigne de ce monstre fantasmagorique, fantasmé, fantôme, pour s’intéresser au Monstre qui peut sommeiller en nous.
    Et c’est bien de cela qu’il s’agit dans Helena. Bien sûr, des croque-mitaines, il y en a dans la tête de Tommy, adulte traumatisé, mais ils correspondent à de véritables Monstres qu’il a rencontrés dans son enfance et qui l’ont, à tout jamais, brisé.

    Ce roman nous parle de familles dysfonctionnelles, d’obsessions, de fêlures et de traumatismes de l’enfance, multiples, qui vont transformer des êtres anodins en monstres eux-mêmes, lorsqu’ils sont adultes et qu’une étincelle fera tout exploser, tout remettre en question : le bien / le mal. Cependant, pas de manichéisme dans ce roman, bien au contraire, les personnages de Jérémy Fel sont tout ce qu’il y a de plus humains : ni foncièrement bons, ni complètement noirs. Ils sont humains et tentent par tous les moyens de sortir leur épingle du jeu (en espérant une vie moins morne, en tentant de ne pas être simplement dans la norme…), de protéger les leurs (en particulier leurs enfants lorsqu’il s’agit des mères, leurs frères et sœurs…). Même les êtres les plus sordides nous font pitié.
    Les actes que Norma est prête à commettre (voire commet), pour protéger Tommy, son fils, véritable Dr Jekyll et Mr Hyde, sont condamnables et difficiles à comprendre, mais rachètent, étrangement, jusqu’à un certain point, son personnage, assez narcissique et égoïste, par ailleurs. Elle est, comme les autres protagonistes, prise au piège de sa propre vie, de son passé et n’aspire qu’à une chose :
    « fuir cette vie dont elle ne voulait plus » (page 325), car
    « Norma rêvait d’accomplir quelque chose qui la ferait connaître à travers le pays tout entier. » (Page 354)
    Les nombreuses références littéraires et cinématographiques éclairent le texte de mille façons : par exemple, le prénom de Norma m’a immédiatement fait penser au personnage de Psychose de Hitchcock, Norman Bates, et à l’atmosphère délétère, angoissante, étouffante mais surtout néfaste de cet hôtel, tout comme celle de cette petite maison du Kansas, dans laquelle la mère est, de la même façon, omniprésente. Le Magicien d’Oz et son univers jouent un rôle majeur dans la psychologie de personnages comme Hayley qui aimerait que tout puisse s’arranger d’un coup de baguette magique. En outre, les références peuvent aussi parfois être imaginées par le lecteur comme celle à Nathaniel Hawthorne et sa Lettre écarlate, autre histoire d’amour impossible, à travers le prénom de Nathan. Parfois le lecteur que nous sommes se demande s’il ne va pas trop loin…

    Les horreurs sont parfois réelles, parfois imaginées, souvent revisitées et transcendées par le temps qui passe. La symbolique de l’oiseau qui peut s’échapper, s’envoler est très prégnante.
    De même, des dichotomies : noir / blanc, nuit / jour, dehors / dedans, sécurité / danger… nous éclairent sur le monde imaginaire des personnages. Or, cette dichotomie est parfois tournée en dérision lorsque par exemple la forêt, les champs de maïs (comme dans un texte de S. King) cristallisent toutes les peurs alors que le véritable danger vient de l’intérieur, de la cellule familiale, pour atteindre le summum de l’horreur et plonger les enfants dans le gouffre dont ils ne réussiront jamais vraiment à sortir, ce gouffre béant symbolisé par le puits de l’enfance de Norma.

    La symbolique est omniprésente : celle des chiffres par exemple : Norma et Tommy ont tous deux 8 ans lorsqu’ils vont devoir faire face à des traumatismes. Or, le nombre 8 est la manifestation de la perfection, et la figuration de l'éternité immuable ou de l'autodestruction…


    Un roman fort et efficace dans lequel rien n’est laissé au hasard, qui donne envie de se plonger dans Les loups à leur porte !

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  • Découvrez HELENA, un redoutable « page turner »
    Chronique Nathalie Bullat 29 11 18
    C’est certain Jérémy Fel est un élève de Stephen King.
    IL sera responsable de votre plus terrifiante insomnie ! Alors verrouillez portes et fenêtres et attaquez son roman. Dès le premier chapitre un...
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    Découvrez HELENA, un redoutable « page turner »
    Chronique Nathalie Bullat 29 11 18
    C’est certain Jérémy Fel est un élève de Stephen King.
    IL sera responsable de votre plus terrifiante insomnie ! Alors verrouillez portes et fenêtres et attaquez son roman. Dès le premier chapitre un sentiment de danger s’installe. Vous hésitez à continuer ? Vous serez très vite happé par ce thriller démoniaque où se mêlent amour, haine, souffrance et drame familial.
    Hayley, jolie «fille à papa » championne de golf a des problèmes avec sa Chevrolet rouge cerise sur l’autoroute. Elle est dépannée par Norma, une mère de famille de trois enfants qui lui propose le gîte et le couvert en attendant que sa voiture soit réparée. L’ambiance est chaleureuse dans la grande maison isolée du Kansas. Norma a deux grands fils dont un schizophrène et une fillette adepte des concours de mini-miss.
    Mais la vie « normale » de chacun va sortir des rails bien tracés et virer au cauchemar.
    Parce que des gens ordinaires peuvent prendre des figures d’ogres !
    Comme l’orage,la violence est tapie et peu éclater à tout moment. Le lecteur retient son souffle !
    La maison, elle même, est marquée des drames passés. Norma est possessive, capable de soulever des montagnes pour protéger ses enfants mais capable aussi d’être dans le déni. Et la charmante invitée Hayley cache sa part d’ombre ! Chacun est ambivalent. Les pères, qui ne sont plus là, ont des responsabilités bonnes ou mauvaises dans la destinée de leurs enfants.
    Vous suivez ces 4 personnages, tous ayant vécu des traumatismes, des fêlures d’enfance. Quelques soient leurs actes vous aurez de l’empathie pour eux..
    La lecture terminée, vous vous interrogez : qu’aurai-je fait à la place de Norma? jusqu’où peut-on aller pour aider son enfant

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  • Dévoré en un week-end ! 700 pages englouties avec une avidité qui ne s'est pas démentie au fil de l'intrigue, à peine le temps de piocher quelques nutriments et autres vitamines pour tenir le choc. Pas envie de le poser... et surtout pas avant de savoir qui est Helena ! Ce que réalise Jérémy Fel...
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    Dévoré en un week-end ! 700 pages englouties avec une avidité qui ne s'est pas démentie au fil de l'intrigue, à peine le temps de piocher quelques nutriments et autres vitamines pour tenir le choc. Pas envie de le poser... et surtout pas avant de savoir qui est Helena ! Ce que réalise Jérémy Fel est phénoménal et pouvoir mesurer sa progression depuis Les loups à leur porte, son premier roman si singulier et déjà prometteur est tout simplement passionnant. Helena va captiver des tonnes de lecteurs, ça c'est certain !

    Pourquoi ça marche ? Peut-être parce que l'auteur parvient à maîtriser sa construction au cordeau sans se laisser dépasser par sa passion pour les maîtres U.S. de l'horreur version cinéma ou littérature. Au contraire, il s'en imprègne pour prendre un recul plus important et inviter le lecteur à entrer dans son jeu. Dans Les loups à leur porte, déjà, il fallait être attentif à bien assembler les pièces d'un puzzle dessinant un roman choral plutôt gonflé pour une première fois. Helena se révèle à la fois plus simple et beaucoup plus complexe dans l'exploration de la psychologie des personnages. Ceci dit, sans être une suite, les clins d’œil évoquant le précédent roman créent une connivence supplémentaire avec le lecteur fidèle qui retrouvera également les principaux éléments de l'univers de Jérémy Fel, les cauchemars et les monstres issus du monde de l'enfance et qui hantent les nuits des uns et des autres.

    Pas de foisonnement de personnages ici mais il est surtout question de mauvaises rencontres. Lorsque la voiture de Hayley, en route pour un stage de golf tombe malencontreusement en panne sur une route déserte du Kansas, la jeune fille ne se doute pas qu'en choisissant d'accepter l'aide de Norma Hewitt au lieu de celle d'un fermier dont la tête l'inquiétait, elle fait peut-être le mauvais choix. Pour l'instant, la voilà ravie d'accepter l'hospitalité de cette respectueuse mère de famille et de faire la connaissance de ses deux fils, Graham et Tommy ainsi que de la petite Cindy très occupée par ses concours de mini miss. Le lecteur lui a un peu d'avance sur Hayley. Il sait que dans la tête de Tommy, c'est assez compliqué et que les pulsions qui le gouvernent vont un jour lui poser de sérieux problèmes. Il sait aussi que l'emplacement de la maison de Norma a un passé assez chargé puisque c'est là que trente-huit ans plus tôt, Daryl Greer avait tué ses propres parents (cf Les loups à leur porte). Bref. Le lecteur n'est pas rassuré et la suite va lui donner raison.

    Pourquoi ça marche ? Mais simplement parce que les motivations de chacun des personnages nous sont parfaitement saisissables et compréhensibles, que Jérémy Fel avance à pas de loup sans pour autant étirer son propos. Qu'il utilise la quintessence de la "culture" américaine sans jamais donner l'impression de la parodier. Peut-être aussi parce qu'il construit son histoire un peu comme une série américaine et que ses dialogues sont particulièrement bien troussés.

    Mais si son roman a l'apparence d'un thriller, il n'en est pas moins une interrogation originale et captivante sur la figure maternelle et son corollaire, l'amour maternel. Le projecteur est braqué sur Norma, prête à tout pour défendre sa progéniture, le côté pile en somme alors que dans l'ombre se dessine en creux le côté face...

    Lorsque vous déciderez de commencer ce livre, prévenez votre entourage : il va vous rendre asocial le temps de 700 pages haletantes.

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