Jeremy Fel

Jeremy Fel

Jérémy Fel est un écrivain français dont le premier roman, Les loups à leur porte, est paru en 2015 (Rivages). Le lecteur plonge dans une atmosphère trouble, entre Stephen King et David Lynch, et, de rebondissement en rebondissement, explore la face monstrueuse du « self made man » américain.

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Jérémy Fel est un écrivain français dont le premier roman, Les loups à leur porte, est paru en 2015 (Rivages). Le lecteur plonge dans une atmosphère trouble, entre Stephen King et David Lynch, et, de rebondissement en rebondissement, explore la face monstrueuse du « self made man » américain.

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Avis (45)

  • Couverture du livre « Helena » de Jeremy Fel aux éditions Rivages

    Marie Hélène Fasquel sur Helena de Jeremy Fel

    Pas vraiment spécialiste des thrillers, je me suis lancée dans cette lecture avec l'envie de découvrir ce genre. Et grand bien m’en a pris ! Helena est un thriller psychologique qui vous prend aux tripes dès l’incipit, grandiose, magnifique. Ce roman digne d’un Stephen King francophone vous...
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    Pas vraiment spécialiste des thrillers, je me suis lancée dans cette lecture avec l'envie de découvrir ce genre. Et grand bien m’en a pris ! Helena est un thriller psychologique qui vous prend aux tripes dès l’incipit, grandiose, magnifique. Ce roman digne d’un Stephen King francophone vous hante de la toute première ligne à l’épilogue !
    Pourquoi cette analogie avec l’écriture de Stephen King ? Eh bien, tout simplement, parce que la thématique essentielle de Stephen King est, à mes yeux, le « monstre ». Dès ses débuts King s’intéresse au monstre qui se tapit dans le noir, qui peut, à tout moment (et plus particulièrement la nuit), nous sauter dessus et nous détruire si possible de façon horrifique ; puis petit à petit, S. King s’éloigne de ce monstre fantasmagorique, fantasmé, fantôme, pour s’intéresser au Monstre qui peut sommeiller en nous.
    Et c’est bien de cela qu’il s’agit dans Helena. Bien sûr, des croque-mitaines, il y en a dans la tête de Tommy, adulte traumatisé, mais ils correspondent à de véritables Monstres qu’il a rencontrés dans son enfance et qui l’ont, à tout jamais, brisé.

    Ce roman nous parle de familles dysfonctionnelles, d’obsessions, de fêlures et de traumatismes de l’enfance, multiples, qui vont transformer des êtres anodins en monstres eux-mêmes, lorsqu’ils sont adultes et qu’une étincelle fera tout exploser, tout remettre en question : le bien / le mal. Cependant, pas de manichéisme dans ce roman, bien au contraire, les personnages de Jérémy Fel sont tout ce qu’il y a de plus humains : ni foncièrement bons, ni complètement noirs. Ils sont humains et tentent par tous les moyens de sortir leur épingle du jeu (en espérant une vie moins morne, en tentant de ne pas être simplement dans la norme…), de protéger les leurs (en particulier leurs enfants lorsqu’il s’agit des mères, leurs frères et sœurs…). Même les êtres les plus sordides nous font pitié.
    Les actes que Norma est prête à commettre (voire commet), pour protéger Tommy, son fils, véritable Dr Jekyll et Mr Hyde, sont condamnables et difficiles à comprendre, mais rachètent, étrangement, jusqu’à un certain point, son personnage, assez narcissique et égoïste, par ailleurs. Elle est, comme les autres protagonistes, prise au piège de sa propre vie, de son passé et n’aspire qu’à une chose :
    « fuir cette vie dont elle ne voulait plus » (page 325), car
    « Norma rêvait d’accomplir quelque chose qui la ferait connaître à travers le pays tout entier. » (Page 354)
    Les nombreuses références littéraires et cinématographiques éclairent le texte de mille façons : par exemple, le prénom de Norma m’a immédiatement fait penser au personnage de Psychose de Hitchcock, Norman Bates, et à l’atmosphère délétère, angoissante, étouffante mais surtout néfaste de cet hôtel, tout comme celle de cette petite maison du Kansas, dans laquelle la mère est, de la même façon, omniprésente. Le Magicien d’Oz et son univers jouent un rôle majeur dans la psychologie de personnages comme Hayley qui aimerait que tout puisse s’arranger d’un coup de baguette magique. En outre, les références peuvent aussi parfois être imaginées par le lecteur comme celle à Nathaniel Hawthorne et sa Lettre écarlate, autre histoire d’amour impossible, à travers le prénom de Nathan. Parfois le lecteur que nous sommes se demande s’il ne va pas trop loin…

    Les horreurs sont parfois réelles, parfois imaginées, souvent revisitées et transcendées par le temps qui passe. La symbolique de l’oiseau qui peut s’échapper, s’envoler est très prégnante.
    De même, des dichotomies : noir / blanc, nuit / jour, dehors / dedans, sécurité / danger… nous éclairent sur le monde imaginaire des personnages. Or, cette dichotomie est parfois tournée en dérision lorsque par exemple la forêt, les champs de maïs (comme dans un texte de S. King) cristallisent toutes les peurs alors que le véritable danger vient de l’intérieur, de la cellule familiale, pour atteindre le summum de l’horreur et plonger les enfants dans le gouffre dont ils ne réussiront jamais vraiment à sortir, ce gouffre béant symbolisé par le puits de l’enfance de Norma.

    La symbolique est omniprésente : celle des chiffres par exemple : Norma et Tommy ont tous deux 8 ans lorsqu’ils vont devoir faire face à des traumatismes. Or, le nombre 8 est la manifestation de la perfection, et la figuration de l'éternité immuable ou de l'autodestruction…


    Un roman fort et efficace dans lequel rien n’est laissé au hasard, qui donne envie de se plonger dans Les loups à leur porte !

  • Couverture du livre « Helena » de Jeremy Fel aux éditions Rivages

    Nathalie Bullat sur Helena de Jeremy Fel

    Découvrez HELENA, un redoutable « page turner »
    Chronique Nathalie Bullat 29 11 18
    C’est certain Jérémy Fel est un élève de Stephen King.
    IL sera responsable de votre plus terrifiante insomnie ! Alors verrouillez portes et fenêtres et attaquez son roman. Dès le premier chapitre un...
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    Découvrez HELENA, un redoutable « page turner »
    Chronique Nathalie Bullat 29 11 18
    C’est certain Jérémy Fel est un élève de Stephen King.
    IL sera responsable de votre plus terrifiante insomnie ! Alors verrouillez portes et fenêtres et attaquez son roman. Dès le premier chapitre un sentiment de danger s’installe. Vous hésitez à continuer ? Vous serez très vite happé par ce thriller démoniaque où se mêlent amour, haine, souffrance et drame familial.
    Hayley, jolie «fille à papa » championne de golf a des problèmes avec sa Chevrolet rouge cerise sur l’autoroute. Elle est dépannée par Norma, une mère de famille de trois enfants qui lui propose le gîte et le couvert en attendant que sa voiture soit réparée. L’ambiance est chaleureuse dans la grande maison isolée du Kansas. Norma a deux grands fils dont un schizophrène et une fillette adepte des concours de mini-miss.
    Mais la vie « normale » de chacun va sortir des rails bien tracés et virer au cauchemar.
    Parce que des gens ordinaires peuvent prendre des figures d’ogres !
    Comme l’orage,la violence est tapie et peu éclater à tout moment. Le lecteur retient son souffle !
    La maison, elle même, est marquée des drames passés. Norma est possessive, capable de soulever des montagnes pour protéger ses enfants mais capable aussi d’être dans le déni. Et la charmante invitée Hayley cache sa part d’ombre ! Chacun est ambivalent. Les pères, qui ne sont plus là, ont des responsabilités bonnes ou mauvaises dans la destinée de leurs enfants.
    Vous suivez ces 4 personnages, tous ayant vécu des traumatismes, des fêlures d’enfance. Quelques soient leurs actes vous aurez de l’empathie pour eux..
    La lecture terminée, vous vous interrogez : qu’aurai-je fait à la place de Norma? jusqu’où peut-on aller pour aider son enfant

  • Couverture du livre « Helena » de Jeremy Fel aux éditions Rivages

    Nicole Grundlinger sur Helena de Jeremy Fel

    Dévoré en un week-end ! 700 pages englouties avec une avidité qui ne s'est pas démentie au fil de l'intrigue, à peine le temps de piocher quelques nutriments et autres vitamines pour tenir le choc. Pas envie de le poser... et surtout pas avant de savoir qui est Helena ! Ce que réalise Jérémy Fel...
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    Dévoré en un week-end ! 700 pages englouties avec une avidité qui ne s'est pas démentie au fil de l'intrigue, à peine le temps de piocher quelques nutriments et autres vitamines pour tenir le choc. Pas envie de le poser... et surtout pas avant de savoir qui est Helena ! Ce que réalise Jérémy Fel est phénoménal et pouvoir mesurer sa progression depuis Les loups à leur porte, son premier roman si singulier et déjà prometteur est tout simplement passionnant. Helena va captiver des tonnes de lecteurs, ça c'est certain !

    Pourquoi ça marche ? Peut-être parce que l'auteur parvient à maîtriser sa construction au cordeau sans se laisser dépasser par sa passion pour les maîtres U.S. de l'horreur version cinéma ou littérature. Au contraire, il s'en imprègne pour prendre un recul plus important et inviter le lecteur à entrer dans son jeu. Dans Les loups à leur porte, déjà, il fallait être attentif à bien assembler les pièces d'un puzzle dessinant un roman choral plutôt gonflé pour une première fois. Helena se révèle à la fois plus simple et beaucoup plus complexe dans l'exploration de la psychologie des personnages. Ceci dit, sans être une suite, les clins d’œil évoquant le précédent roman créent une connivence supplémentaire avec le lecteur fidèle qui retrouvera également les principaux éléments de l'univers de Jérémy Fel, les cauchemars et les monstres issus du monde de l'enfance et qui hantent les nuits des uns et des autres.

    Pas de foisonnement de personnages ici mais il est surtout question de mauvaises rencontres. Lorsque la voiture de Hayley, en route pour un stage de golf tombe malencontreusement en panne sur une route déserte du Kansas, la jeune fille ne se doute pas qu'en choisissant d'accepter l'aide de Norma Hewitt au lieu de celle d'un fermier dont la tête l'inquiétait, elle fait peut-être le mauvais choix. Pour l'instant, la voilà ravie d'accepter l'hospitalité de cette respectueuse mère de famille et de faire la connaissance de ses deux fils, Graham et Tommy ainsi que de la petite Cindy très occupée par ses concours de mini miss. Le lecteur lui a un peu d'avance sur Hayley. Il sait que dans la tête de Tommy, c'est assez compliqué et que les pulsions qui le gouvernent vont un jour lui poser de sérieux problèmes. Il sait aussi que l'emplacement de la maison de Norma a un passé assez chargé puisque c'est là que trente-huit ans plus tôt, Daryl Greer avait tué ses propres parents (cf Les loups à leur porte). Bref. Le lecteur n'est pas rassuré et la suite va lui donner raison.

    Pourquoi ça marche ? Mais simplement parce que les motivations de chacun des personnages nous sont parfaitement saisissables et compréhensibles, que Jérémy Fel avance à pas de loup sans pour autant étirer son propos. Qu'il utilise la quintessence de la "culture" américaine sans jamais donner l'impression de la parodier. Peut-être aussi parce qu'il construit son histoire un peu comme une série américaine et que ses dialogues sont particulièrement bien troussés.

    Mais si son roman a l'apparence d'un thriller, il n'en est pas moins une interrogation originale et captivante sur la figure maternelle et son corollaire, l'amour maternel. Le projecteur est braqué sur Norma, prête à tout pour défendre sa progéniture, le côté pile en somme alors que dans l'ombre se dessine en creux le côté face...

    Lorsque vous déciderez de commencer ce livre, prévenez votre entourage : il va vous rendre asocial le temps de 700 pages haletantes.

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