Arcadie

Couverture du livre « Arcadie » de Emmanuelle Bayamack-Tam aux éditions P.o.l
  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818046005
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

"Si on n'aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse". Farah et ses parents ont trouvé refuge en zone blanche, dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur tel que le façonnent les nouvelles... Voir plus

"Si on n'aimait que les gens qui le méritent, la vie serait une distribution de prix très ennuyeuse". Farah et ses parents ont trouvé refuge en zone blanche, dans une communauté libertaire qui rassemble des gens fragiles, inadaptés au monde extérieur tel que le façonnent les nouvelles technologies, la mondialisation et les réseaux sociaux. Tendrement aimée mais livrée à elle-même, Farah grandit au milieu des arbres, des fleurs et des bêtes.
Mais cet Eden est établi à la frontière franco-italienne, dans une zone sillonnée par les migrants : les portes du paradis vont-elles s'ouvrir pour les accueillir ?

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  • C'est l'un des romans de la rentrée littéraire que je voulais absolument lire.

    Chose faite !

    Malheureusement, ce fut une déception pour ma part.

    Dans ce roman, l'auteure aborde la question de la recherche de l'identité sexuelle.
    Sujet étonnant et intéressant, je me suis plongée dans...
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    C'est l'un des romans de la rentrée littéraire que je voulais absolument lire.

    Chose faite !

    Malheureusement, ce fut une déception pour ma part.

    Dans ce roman, l'auteure aborde la question de la recherche de l'identité sexuelle.
    Sujet étonnant et intéressant, je me suis plongée dans cette histoire, m' attendant à être émue par ce thème délicat.
    Ce fut plutôt la surprise !


    Je m'explique :
    L'intrigue se passe dans une secte, le lecteur suit le parcours de Farah, une adolescente intersexuée, évoluant dans une communauté où prime le libre amour.
    Aïe....Je poursuis :
    Dans ce roman, cette jeune fille(15 ans) découvre l'amour, le désir, le plaisir tout en cherchant son identité morale, physique et sexuelle. Qui est-elle vraiment ?

    Ce fut pour moi, une lecture vraiment dérangeante. Beaucoup de scènes m'ont paru trash et glauques qui n'étaient nullement nécessaires.
    J'ai terminé ce roman, cherchant désespérément l’intérêt et le sens que cela pouvait apporter aux lecteurs ?
    Je n'ai pas trouvé...

    Un roman qui n'est pas fait pour moi.
    Pour des lecteurs avertis.

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  • Quand on évoquait le mot « Arcadie » dans l'Antiquité, il était synonyme de « lieu béni des dieux qui représentait un âge d'or désormais perdu. »
    C'est le titre qu'a choisi Emmanuelle Bayamack-Tam, une écrivaine française (née à Marseille, cocorico...), pour son dernier livre. Celui-ci ayant...
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    Quand on évoquait le mot « Arcadie » dans l'Antiquité, il était synonyme de « lieu béni des dieux qui représentait un âge d'or désormais perdu. »
    C'est le titre qu'a choisi Emmanuelle Bayamack-Tam, une écrivaine française (née à Marseille, cocorico...), pour son dernier livre. Celui-ci ayant déjà été largement chroniqué, je vais me contenter de me faire une petite place, juste « me caser ».
    Dans une interview, l'auteure reconnaît que toutes les utopies l'intéressent et c'est ce qu'elle a voulu incarner avec « Arcadie ».
    On va suivre la petite Farah, qui toute jeune, grandit dans une communauté (attention, pas une secte), « Liberty House », gérée par une sorte de gourou, un certain Arcady. On y trouve des personnages pas gâtés par leur physique mais ici on ne les rejette pas (ils sont comme ils sont) – d'autres ont une vision de la vie tendant à évoluer au contact de la nature (même au point d'être naturistes à n'importe quel âge) – peu importe que l'on soit jeune ou vieux, beau ou laid – obèse ou maigre… Non, ici c'est une vie idéale sans tabous physiques ou moraux. Cet endroit apparemment idyllique se trouve à la frontière franco-italienne, une « zone blanche « car les téléphones portables et autres technologies de communication sont bannis de Liberty House et de son projet communautaire.

    Quant aux noms des personnages, « Arcady a débaptisé à peu près tout le monde, multipliant les diminutifs et les sobriquets ». le père de Sarah est devenu « Marqui » (sans le « s ») - sa mère est « Bichette » - la cuisinière Fiorentina est « Mrs Danvers – Dolores et Teresa sont « Dos » et « Tres » - Daniel, l'ami qui le restera très longtemps, est « Nello »… J'en passe car je ne peux pas énumérer tout le monde. J'ajoute seulement que Farah aussi n'y coupe pas et a droit à : « Farah Facette » ou « Farah Diba » ou encore « Farah Fawcette ».
    La jeunesse de Farah se passe donc dans la plus grande liberté mais son problème est qu'elle ne peut rien contre son corps. Elle a le sentiment d'être une fille mais des signes masculins s'affirment. Alors, est-elle une fille ou un garçon ? Est-elle une fille-garçon ou un garçon-fille ?
    « Farah, au fait : vous êtes une fille ou un garçon ? Parce que si j'en crois l'état-civil, vous êtes une fille, mais bon, à vous voir, ce n'est pas si clair... » (p.417).
    Comme on la laisse grandir librement, son corps se développe tout seul et ce thème des « corps hors normes » intéresse beaucoup l'auteure.
    L'été de ses quinze ans, on organise une quinceañera, une fête qui marque le passage à la féminité (en principe). C'est le moment qu'a choisi Farah pour être (enfin) déflorée par Arcady qu'elle aime depuis longtemps tandis que lui, attendait qu'elle soit femme. Mais comme à son âge elle n'a toujours pas ses règles, il va même jusqu'à l'emmener chez une gynécologue qui lui explique que cela n'est pas bien rare.
    On retrouve le thème de l'amour tout au long du livre, la passion folle, la sexualité débridée, l'érotisme torride….
    Puis un jour, apparaît un migrant, surnommé « Angossom », que Farah et Daniel essaient de cacher dans cette arche de Noé mais qui sera vite découvert. Et là, voici que l'accueil tant prôné par la communauté, vole en morceaux : on veut bien reconnaître ce gros problème, mais pas ici, pas chez eux, non : ailleurs.
    C'est ainsi que Farah, qui raisonne autrement, va s'éloigner. Elle voit qu'elle vit dans un végétarisme imposé dans ces lieux où l'on préfère respecter les animaux plutôt que les Syriens qui arrivent après avoir risqué mille occasions de mourir.
    Emmanuelle Bayamack-Tam passe par une brutalité de la description et de l'écriture. Elle n'a reproduit qu'à petite échelle ce qui se passe actuellement (mais aussi depuis un certain temps. On dit bien que nous sommes tous des migrants…). Derrière les beaux principes des Droits de l'Homme, la politique n'est pas à la hauteur – des paroles mais pas des actes et pendant ce temps des milliers d'êtres humains perdent la vie en voulant fuir la mort dans leurs pays.
    L'auteure dit s'intéresser à la décrépitude des corps, la vieillesse (par exemple avec « Dadah ») pour raconter que le désir n'est pas réservé seulement aux gens jeunes, beaux, parfaits.
    Dans cet ouvrage, on trouve ainsi plusieurs thèmes, plusieurs fins et l'auteure a voulu que le dénouement soit une forme d'espoir. Elle dit également qu'il n'y a pas vraiment une morale à tirer de ce récit…
    On verra que l'AMOUR y est très présent. Ce livre est d'une grande beauté même si les personnages ne le sont pas tous (physiquement) et on peut conclure avec la règle de cette communauté, ce paradis perdu, cette maison du jouir : « Omnia vincit amore » (« L'amour triomphe de tout »).
    En arrivant à la fin de l'ouvrage on remarque que si l'on s'est pris une grande gifle, on peut malgré tout remercier Emmanuelle pour avoir écrit un livre aussi fort, magnifique et fi de la pudibonderie car certains passages sont très explicites.

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  • Comme j’avais beaucoup aimé Les garçons de l’été de Rebecca Lighieri, autre nom de plume de Emmanuelle Bayamack-Tam, j’ai voulu découvrir ce qu’elle écrivait sous sa véritable identité et donc son dernier roman : Arcadie.

    Arcadie, comme une terre promise. Le paradis sur terre existe-t-il ?...
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    Comme j’avais beaucoup aimé Les garçons de l’été de Rebecca Lighieri, autre nom de plume de Emmanuelle Bayamack-Tam, j’ai voulu découvrir ce qu’elle écrivait sous sa véritable identité et donc son dernier roman : Arcadie.

    Arcadie, comme une terre promise. Le paradis sur terre existe-t-il ? Serait-il dans ce lieu près d’une ville jamais nommée ? Serait-il à Liberty House, dans une zone blanche que le monde, pour ceux qu’ils l’habitent, n’a pas abimée, qui est encore une terre vierge.

    La narratrice, Farah, à 6 ans, s’y est installée avec sa famille de sang, composée de Bichette sa mère, son père Marqui et sa grand-mère Kirsten, elle vit entourée d’une autre famille, celle qu’ils se sont choisis.

    Liberty House est une sorte de communauté, très libre dont le Maître et Inspirateur se prénomme Arcady, 50 ans, petit, grassouillet, en couple avec Victor. Car il faut tout de suite préciser que lorsque vous entrez dans cet immense domaine, vous entrez dans un autre monde. Non seulement vous êtes coupés du monde moderne (pas de portable, ni internet etc…) mais en plus tous les plaisirs charnels sont possibles, aucun frein, tout est consenti, rien de forcé. Les relations sont libres, sans complexe, sans jugement.

    Depuis 10 ans c’est l’environnement de Farah, rien ne la choque, rien ne l’indispose et dès son arrivée elle va tomber sous le charme d’Arcady et en fera son mentor intellectuel mais aussi l’initiateur de sa vie sexuelle.

    Il faut entrer dans ce roman sans idée toute faite : le sujet peut sembler à priori un peu sensible, voir glauque. Le fait que la narration soit faite par une jeune adolescente d’une quinzaine d’années ramène le discours à sa hauteur. Il y a de l’humour, de la naïveté également, c’est une enfant livrée à elle-même depuis son plus jeune âge, les parents étant plus préoccupés par leurs vies que par l’éducation de leur fille.

    Dans cette communauté assez libre, non repliée sur elle-même (les enfants vont à l’école à la ville voisine, sortent en boîte, ont leur fait confiance même si certains franchissent certaines limites) tous les âges sont présents de 0 à 96 ans, tous avec chacun ses particularités, ses différences, mais vivants en bonne intelligence. Tout n’est qu’amour et retour aux fondamentaux que sont la nature, le respect de toutes formes de vie.

    Bien évidemment quand on parle d’amour, on parle également de sexe et ce récit est principalement un roman initiatique d’une enfant qui passe à l’adolescence, au réveil de ses sens, mais l’auteure a voulu amplifier le sujet en donnant à son héroïne une ambivalence quant à son sexe : féminin mais incomplète, évoluant vers le masculin. De plus Farah n’a rien pour plaire : pas très jolie, légèrement bossue, une allure assez virile et doute donc de son pouvoir de séduction.

    Et plus elle grandit, plus elle s’ouvre à l’extérieur et au monde tel qu’il est. Elle va prendre conscience que les préceptes enseignés sont loin d’être appliqués, que l’amour peut survenir également de l’extérieur, qu’il va lui falloir faire des choix, être en accord avec elle-même, s’affirmer, se différencier et s’accepter.

    Pour moi ce fut une lecture pas toujours facile. Les nombreuses scènes de sexe, très détaillées, peut être trop, m’ont gênée, je dois l’avouer même si je n’ai pas le sentiment d’être prude. On comprend très vite que l’auteure a laissé libre cours à son héroïne pour raconter son quotidien, ses émotions, ses sensations, ce sont ses mots, ses ressentis, ses impressions et elle les exprime comme elles lui viennent, simplement, sans aucune pudeur….. Pudeur : elle ne connaît pas, on ne lui a pas appris ce que c’était, elle vit sa sexualité comme elle vit, comme elle mange, comme elle aime.

    Cette enfant libre qui parle sans frein, n’a aucune limite et ne s’en donne aucune sinon celles de son propre plaisir. Elle découvre, elle expérimente, elle nous le dit avec franchise et humour, les mots venant au rythme de ses pensées, de ses envies et croyez-moi elle en a beaucoup. C’est une enfant sans repère que ce soit familial, parental, environnemental. Elle ne connaît que la liberté qu’on lui a donnée depuis sa naissance.

    J’ai de loin préféré la deuxième partie du récit, à l’arrivée de Angossom, un migrant, qui va agir comme un révélateur pour Farah, celui qui va lui ouvrir les portes sur le monde, sur sa conscience, sur un autre monde.

    Jusqu’ici je n’avais pas compris que l’amour et la tolérance ne s’adressaient qu’aux bipolaires et aux électrosensibles blancs : je pensais que nous avions le cœur assez grand pour aimer tout le monde. Mais non. Les migrants peuvent bien traverser le Sinaï et s’y faire torturer, être mis en esclavage, se noyer en Méditerranée, mourir de froid dans un réacteur, se faire faucher par un train, happer par les flots tumultueux de la Roya : les sociétaires de Liberty House ne bougeront pas le petit doigt pour les secourir. Ils réservent leur sollicitude aux lapins, aux vaches, aux poulets, aux visions. Meat is murder, mais soixante-dix Syriens peuvent bien s’entasser dans un camion frigorifique et y trouver la mort, je ne sais pas quel crime et quelle carcasse les scandaliseront le plus.(…) Ils ne mangent plus de viande et ils ont peur de la jungle, mais ils tolèrent que sa loi s’exerce jusque dans leurs petits cœurs sensibles. (p314)

    Il y a derrière toute cela une satire de la Société, de notre monde moderne. Il y a de l’humour oui mais aussi des grincements, et c’est cette partie, cette prise de conscience de l’adolescente qui devient femme qui m’a le plus touchée. C’est un récit à plusieurs couches, à plusieurs degrés : initiatique, drôle dans ses extrêmes, ses no-limites mais plus froid et cynique sur notre société, qui a parfois les traits de cette communauté.

    Ne jamais oublier qu’il s’agit de la vision de Farah, une enfant puis une adolescente un travail d’écriture que de se glisser dans le personnage, abandonner ses propres repères d’ailleurs rien n’est dit sur les pensées des parents qu’on ne découvre qu’à travers ce que Farah nous en dit, d’ Arcady (sauf peut-être à la fin), les autres membres. Farah est le filtre de toute cette histoire.

    L’amour est faible, facilement terrassé, aussi prompt à s’éteindre, qu’à naître. La haine, en revanche, prospère d’un rien et ne meurt jamais. Elle est comme les blattes ou les méduses : coupez-lui la lumière, elle s’en fout ; privez-la d’oxygène, elle siphonnera celui des autres ; tronçonnez-la, et cent autres haines naîtront d’un seul de ses morceaux. (p316)

    J’ai longtemps tergiversé pour donner une graduation à mon avis, balançant entre 3,5 et 4 . C’est déroutant, parfois gênant, déstabilisant, c’est pour moi finalement un beau travail d’écriture mais je reste sur mon impression première en fin de lecture : Pas mal, original mais toute la première partie m’a réellement mise mal à l’aise par rapport à ses excès.

    Par contre Emmanuelle Bayamack-Tam est une auteure que je vais continuer à lire, sous ses deux identités car je trouve qu’elle a le courage et la force d’aller au bout de ses styles de narration, quitte à choquer, à pousser plus loin ses limites pour une construction de récit intéressante.

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  • Arcadie, utopie et… robinetterie

    Dans son nouveau roman Emmanuelle Bayamack-Tam continue à explorer l’adolescence. Cette fois, elle imagine Farah cherchant son identité sexuelle au sein d’une communauté.

    C’est un peu comme le paradis sur terre, cette grande propriété entourée de forêts et...
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    Arcadie, utopie et… robinetterie

    Dans son nouveau roman Emmanuelle Bayamack-Tam continue à explorer l’adolescence. Cette fois, elle imagine Farah cherchant son identité sexuelle au sein d’une communauté.

    C’est un peu comme le paradis sur terre, cette grande propriété entourée de forêts et d’un grand jardin. Farah y débarque à 14 ans avec ses parents et sa grand-mère pour intégrer la communauté libertaire qui a choisi de tourner le dos à la technologie, en particulier aux écrans et aux ondes, pour se consacrer à la nature, à la littérature et à l’amour.
    L’adolescente arrive dans cette période où son corps change, où elle devient femme. Sauf que pour elle la chose est loin d’être évidente. Au lieu de seins, ce sont des pectoraux qui se développent et une analyse plus poussée permettent de découvrir qu’elle est atteinte du syndrome de Rokitanski, soit l’absence totale ou partielle d’utérus et de vagin. Voilà qui peut perturber une jeune fille. Mais pour Farah, cette robinetterie défaillante va être l’occasion de mener l’enquête sur le genre, d’essayer de comprendre ce qu’est une femme, ce qu’est un homme.
    Emmanuelle Bayamack-Tam, en choisissant une communauté libertaire comme terrain d’observation, nous offre une joyeuse – mais fort intéressante – exploration en offrant à chacun des protagonistes approchés par Farah de donner leur définition, à commencer par Arcady, le «gourou» toujours avide de nouvelles expériences.
    À Liberty House, Farah peut quasiment exiger qu’il la déflore. Elle attendra pour cela sa majorité sexuelle, mais aura droit à une initiation qui la rassurera et lui ouvrira de nouveaux horizons.
    Et c’est au moment où elle semble goûter pleinement à la seule règle de la communauté, «Omnia vincit amor» ou «L’amour triomphe de tout», qu’elle va en découvrir les limites avec l’arrivée d’un migrant. Le groupe va alors se scinder en deux, entre ceux qui veulent l’accueillir parmi eux et ceux qui jugent sa présence contraire aux exigences de la communauté.
    Un épisode qui poussera Farah à prendre ses distances. Et sans dévoiler l’issue du roman, on dira que cette décision s’avèrera des plus sages.
    Après Une fille du feu et Je viens qui nous proposaient déjà des portraits de jeunes filles partant à la conquête de leur liberté, on trouvera avec Arcadie une nouvelle variante, allègre et satirique.
    En guise de conclusion, disons un mot du style très particulier de cette romancière qui mélange avec bonheur les références classiques et le langage très cru. Une sorte de récit biblique agrémenté de San-Antonio. Là encore, on saluera cette belle liberté.
    http://urlz.fr/822U

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  • Arcadie, c’est le monde dans lequel vit Farah.
    Arcadie c’est un univers utopique.
    ​Arcadie c’est Liberty House, une maison isolée en pleine nature, au cœur d’une zone blanche, habitée par une communauté d’adultes libertaires ayant choisi de ne plus avoir aucun contact avec la technologie....
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    Arcadie, c’est le monde dans lequel vit Farah.
    Arcadie c’est un univers utopique.
    ​Arcadie c’est Liberty House, une maison isolée en pleine nature, au cœur d’une zone blanche, habitée par une communauté d’adultes libertaires ayant choisi de ne plus avoir aucun contact avec la technologie. Farah grandit - aimée de tous, ennuyée par personne - dans cet environnement dont Arcady est le maître. Il est fort, beau, charismatique et forcément, l’adolescente est amoureuse de ce mentor qui prône le végétarisme, l'anti-spécisme, la tolérance, l'amour libre en dehors de toute idée de possession … et qui baise comme un dieu.
    Difficile d’aller plus loin sans en dire trop. Farah est en pleine puberté et son corps évolue … mais elle souffre d'une maladie orpheline, le syndrome de Rokitanski, faisant d'elle une créature androgyne.
    Ne vous fiez pas à la quatrième de couverture (ils sont fous chez P.O.L ou bien ?). Est-ce que l’intervention du migrant est censé racoler le lecteur ? En tous cas, ce garçon aussi beau soit-il et au destin malheureux ne sera qu’un détonateur dans la vie de Farah, n’intervient que quelques pages et n’est surtout pas le sujet de ce roman aux multiples portes d’entrées, savoureuse satire de notre société actuelle.
    Arcadie c’est surtout un livre sur l’amour, l’acceptation, la différence … et le transgenre, mais c’est bien loin de se résumer à cela. C’est aussi une immersion dans ce qu’on pourrait appeler une secte (le mot est trop réducteur) et au fil des pages, Farah est notre œil lucide et bienveillant sur cette communauté.
    Arcadie, c’est l’écriture sublime d’Emmanuelle Bayamack-Tam au style juste et inventif, c’est magnifique.
    Arcadie, c’est à la fois irrésistiblement drôle, cinglant et tendre, cru et poétique, érotique parfois … jouissif même et c’est une surtout une sacrée claque, un énorme coup de cœur dans cette rentrée littéraire 2018.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/arcadie-demmanuelle-bayamack-tam_15.html

    La narratrice, Farah, vit depuis l'âge de six ans avec ses parents et sa grand-mère au sein d'une communauté libertaire et autogérée conduite par Arcady, un gourou charismatique. Ils sont installés à...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/arcadie-demmanuelle-bayamack-tam_15.html

    La narratrice, Farah, vit depuis l'âge de six ans avec ses parents et sa grand-mère au sein d'une communauté libertaire et autogérée conduite par Arcady, un gourou charismatique. Ils sont installés à Liberty House, une grande propriété, ancien internat pour jeunes filles située dans une zone frontalière. C'est une zone blanche et la trentaine de personnes qui vivent là n'ont aucun contact technologique avec le reste du monde. Arcady prône le végétarisme, l'anti-spécisme, l'amour libre en dehors de toute idée de possession, le naturisme dans ce jardin d'Éden préservé du mal qui accueille des gens fragiles, des inadaptés sociaux, des invalides en tous genres. La mère de Farah est hyper sensible aux ondes électromagnétiques, son père est hyper émotif, ce sont des parents défaillants centrés sur eux même qui se déchargent de leurs tâches éducatives sur la communauté. Ils ont tous l'utopie de fonder une société meilleure, de vivre protégés du mal alors que l'humanité court à sa perte.

    Farah a eu une enfance hors normes, elle a grandi comme une enfant sauvage, hors technologie et progrès, au contact de la nature, des animaux et des livres, entourée de peu d'enfants et de beaucoup de vieillards tous plus déficients les uns que les autres.

    Dans ce roman, on suit le destin de la narratrice mais la plus grande partie du récit porte sur l'été de ses quinze ans, son entrée dans l'âge adulte et son exploration de la sexualité. Elle est en adoration depuis toujours devant Arcady, son père spirituel, son éducateur sentimental. Farah a un physique disgracieux mais un autre problème se pose à elle car au fur et à mesure que son corps se développe, elle se virilise, la puberté fait d'elle une créature androgyne. Atteinte d'ambiguïté sexuelle, Farah se pose des questions sur sa véritable identité, seule face à sa mutation sans télé, sans internet, sans réseaux sociaux pour y trouver des réponses qu'elle cherchera dans les livres.

    Mais un jour, un migrant érythréen va débarquer dans cette utopie libertaire. La communauté composée d'êtres doux, gentils adeptes de la non-violence, va refuser de s'ouvrir aux migrants malgré ses beaux principes d'amour et de tolérance.

    Ce roman est une délicieuse fable aux multiples portes d'entrée. En effet, comme dans ses précédents romans, Emmanuelle Bayamack-Tam nous parle du corps, de l'apparence physique, elle aime mettre en scène des personnages au corps disgracieux très éloignés des canons de la beauté qui deviennent objets de désir sous sa plume. Elle nous parle aussi de liberté, d'indépendance, d'amour et de désir, de sexualité, de vieillesse, d'apprentissage au contact de la nature et des livres, elle aborde aussi avec beaucoup de finesse la question du genre et l'ultime liberté de décider qui on est, fille ou garçon.
    C'est un roman étonnant et drôle avec des personnages incroyables et une héroïne qui pose un regard lucide, critique parfois cynique mais aussi plein de bienveillance sur la communauté au sein de laquelle elle a acquis une grande ouverture d'esprit, une héroïne droite qui saura aussi être intransigeante quand la communauté la décevra par sa lâcheté. L'écriture mêle avec finesse poésie et trivialité, les préoccupations des ados sont bien observées, leurs dialogues sonnent très juste, la lecture est très fluide sans aucune longueur et ouvre de nombreuses pistes de réflexion. Cette utopie savoureuse ouvre sur une satire décapante de notre société et fait réfléchir sur notre monde rendu invivable par l'activité humaine. Un vrai régal.

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