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Stephanie Chaillou

Stephanie Chaillou
Stéphanie Chaillou est née à Nantes en 1969. Elle étudie et enseigne la philosophie, avant de rejoindre le spectacle vivant en 2004. Elle vit et travaille à Paris. Entre 2008 et 2011, elle publie aux éditions Isabelle Sauvage trois ouvrages de poésie contemporaine. En 2015, son premier roman, L'h... Voir plus
Stéphanie Chaillou est née à Nantes en 1969. Elle étudie et enseigne la philosophie, avant de rejoindre le spectacle vivant en 2004. Elle vit et travaille à Paris. Entre 2008 et 2011, elle publie aux éditions Isabelle Sauvage trois ouvrages de poésie contemporaine. En 2015, son premier roman, L'homme incertain, est adapté au théâtre par le metteur en scène Julien Gosselin sous le titre "Le père".

Articles en lien avec Stephanie Chaillou (1)

Avis sur cet auteur (13)

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    Couverture du livre « Un jour d'été que rien ne distinguait » de Stephanie Chaillou aux éditions Noir Sur Blanc

    MAPATOU sur Un jour d'été que rien ne distinguait de Stephanie Chaillou

    Dans les années 1970, Louise est la benjamine d'une fratrie de trois. Ses frères aînés ne sont pas vraiment des compagnons de jeu. D'ailleurs, l'ambiance à la ferme exploitée par ses parents est plutôt plombante, ceux-ci devant faire face à des dettes conséquentes.

    Très tôt, la petite fille...
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    Dans les années 1970, Louise est la benjamine d'une fratrie de trois. Ses frères aînés ne sont pas vraiment des compagnons de jeu. D'ailleurs, l'ambiance à la ferme exploitée par ses parents est plutôt plombante, ceux-ci devant faire face à des dettes conséquentes.

    Très tôt, la petite fille prend conscience des injonctions que la société lui impose notamment à l'école : « Il y avait d'un côté les filles, de l'autre les garçons. D'un côté ce qui était permis aux filles, de l'autre ce qui était permis aux garçons. Et ce n'étaient pas les mêmes choses. Comme si nous étions si différents, si distincts, faits d'une matière singulière chacun, qu'il était impossible, voire dangereux, de nous mélanger. »

    Louise remarque aussi le comportement des femmes de sa famille lors des réunions dominicales : « Quand les hommes entraient, les femmes se taisaient. Il y avait comme un arrêt qui se produisait dans leurs corps, à travers leurs bouches. L'air même qu'elles respiraient semblait se suspendre, suspendre sa circulation, au moment où les hommes entraient dans la pièce. Comme si elles étaient coupables. Coupables de parler. Coupables d'être assises. Coupables d'être dans cette position d'un corps qui ne travaille pas. Les hommes entraient et toutes affaires cessantes, les femmes se levaient pour les servir, répondre à leurs demandes. »

    Dès lors, Louise se fait le serment de ne pas être comme elles, de ne pas se laisser imposer de choix qui ne soit pas le sien, de vivre comme elle l'entend.

    Mais respecter ce serment a un prix dans la mesure où il implique une solitude certaine puisqu'elle refuse d'entrer dans le moule des autres femmes : « A l'ordre des hommes, j'ai préféré un ordre nouveau des êtres et des possibles. J'ai préféré ce qui pousse lentement, seul, sans autre témoin que les landes, le vent et la lumière ».

    La lecture de ce roman m'a rappelé ma propre enfance à la même époque : écoles non mixtes, les diktats sur la façon dont une fille doit se comporter. J'ai été touchée par le combat de Louise, car s'en est bien un, pour être réellement, complètement elle même.

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    Couverture du livre « Un jour d'été que rien ne distinguait » de Stephanie Chaillou aux éditions Noir Sur Blanc

    yves MONTMARTIN sur Un jour d'été que rien ne distinguait de Stephanie Chaillou

    Ses parents étaient tristes, elle percevait les difficultés qu'ils rencontraient et qu'ils s'efforçaient de cacher. Une scène dans la cuisine qu'elle n'aurait pas dû voir, ses parents en pleurs, des mots qu'elle n'aurait pas dû entendre ; traites, huissier, pauvreté, humiliation. Alors elle...
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    Ses parents étaient tristes, elle percevait les difficultés qu'ils rencontraient et qu'ils s'efforçaient de cacher. Une scène dans la cuisine qu'elle n'aurait pas dû voir, ses parents en pleurs, des mots qu'elle n'aurait pas dû entendre ; traites, huissier, pauvreté, humiliation. Alors elle s'invente une présence pour se consoler, la jeune fille du fleuve qui est à ses côtés. Mais en même temps que son enfance, la jeune fille du fleuve va disparaître.

    J'ai beaucoup aimé ce livre, tout d'abord par la qualité de l'écriture, des mots remplis de poésie qui rendent bien compte de l'âme de Louise. Louise refuse l'avenir que son statut de fille impose, la place qu'elle doit tenir, elle entre en résistance, une envie de liberté sans limites.
    « Il y avait une sorte d'évidence de la vie en moi. La vie qui opérait ses forces, ses luttes, ses poussées. La vie qui affirmait ses droits, sa puissance illimitée. Je me souvenais combien j'avais envie de m'avancer, de prendre place, de m'affirmer. Une envie folle de rire, de courir, de respirer. »

    Ce qu'elle aime par-dessus tout, montrer aux garçons qu'une fille peut être meilleure qu'eux.
    « Pourtant, je n'aimais pas particulièrement la victoire. Je n'avais pas le goût du triomphe ou de la domination. Ce n'était pas pour dominer que je voulais battre les garçons. Mais je n'acceptais pas cette différence qui était faite entre eux et moi. Cette idée que quelque chose nous distinguait. Comme si nous étions autres, nous les filles. Autres. Et que c'étaient eux la norme. Eux, l'Étalon. »

    Un livre sur la place des femmes, mais ce sujet est abordé, ici, d'une manière très originale. Des chapitres courts qui s'allument comme des flashes sur la vie de Louise.

    À force de vouloir être différente, Louise devient invisible, inexistante aux yeux des garçons. Elle ne comprend pas la femme qu'elle est devenue. Sa vie ne ressemble pas à ce qu'elle désirait. Elle ressent le besoin d'un autre, un témoin à ses côtés, une personne qui lui parle, la rassure, lui dise qu'elle existe. Et puis un jour, la jeune fille du fleuve va revenir…

    Il y a des livres qui vous parlent le roman de Stéphanie Chaillou en fait partie.

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    Couverture du livre « Le bruit du monde » de Stephanie Chaillou aux éditions Noir Sur Blanc

    Loa Elven sur Le bruit du monde de Stephanie Chaillou

    Le style est à l'image du personnage, vide et insignifiant. Rien ne m'a malheureusement raccrochée au livre pas plus qu'au personnage central malgré un thème qui aurait pu être porteur.

    Le style est à l'image du personnage, vide et insignifiant. Rien ne m'a malheureusement raccrochée au livre pas plus qu'au personnage central malgré un thème qui aurait pu être porteur.

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    Couverture du livre « Le bruit du monde » de Stephanie Chaillou aux éditions Noir Sur Blanc

    Denis Arnoud sur Le bruit du monde de Stephanie Chaillou

    Marie-Hélène Coulanges, dite Marilène, est née en 1964 à Pouzauges, en milieu rural. Elle voit le jour dans une famille pauvre. Cette pauvreté ne figure nulle part sur ses papiers d’identité, elle ne se voit pas au premier regard. La vie entière de Marliène va-t-elle être conditionnée par sa...
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    Marie-Hélène Coulanges, dite Marilène, est née en 1964 à Pouzauges, en milieu rural. Elle voit le jour dans une famille pauvre. Cette pauvreté ne figure nulle part sur ses papiers d’identité, elle ne se voit pas au premier regard. La vie entière de Marliène va-t-elle être conditionnée par sa naissance, par son milieu ?



    Marilène voit le jour dans une famille d’agriculteurs. Sa petite enfance, elle la passe dans la ferme de ses parents dans le hameau de Brigneau. Ses parents ont du mal à joindre les deux bouts, la ferme est aux bords de la faillite, les terres sont hypothéqués.



    Dès son plus jeune âge, Marilène ressent dans sa chair la différence avec ses petits camarades, elle tient en un mot : pauvreté. La fillette finit d’user les habits de ses frères et sœurs. Pour elle, pas de vêtements à la mode. Elle commence à ressentir la honte.



    « La honte qui entoure l’enfance de Marilène ne s’accroche à rien de précis. Elle prend la forme d’un éloignement. D’un rabais. Une atténuation diffuse. Pour Marilène, tout est loin. Entaché de distance. La joie. La vie. Tout est comme enfermé dans une impossibilité à éclater, à exister. »



    Marilène est bonne élève. Pour échapper à son milieu, elle travaille pour être la meilleure. Ses efforts paient. Après une scolarité bien négociée, elle entre en classe préparatoire dans la grande ville. C’est à ce moment que le gouffre qui la sépare des autres lui saute aux yeux avec le plus de violence. Elle a beau travailler, elle n’est plus en tête de classe, elle est juste moyenne. C’est inacceptable pour Marilène. Cet écart entre elle et les autres la mine. Elle abandonne en cours de deuxième année.



    Quelques années plus tard c’est le mariage avec Michel. Un mariage comme un échec programmé. Marilène n’est pas vraiment amoureuse. Elle suit juste la logique imposée par son milieu, elle respecte les convenances, elle suit la voie tracée pour une jeune fille de sa condition. Elle se méprise pour cela. Elle devient institutrice mais très vite elle prend en grippe les enfants, elle devient cassante avec eux, bien trop autoritaire.



    Le bruit du monde nous raconte la vie d’une jeune femme issue d’une famille pauvre. Cette pauvreté va longtemps la hanter, la ronger. Va-t-elle finir comme ses parents dont elle a honte. Va-t-elle vivre comme eux, enfermée, isolée, écrasée par le manque d’argent et tout ce que cela implique comme empêchement. Est-il possible de sortir de son milieu ? En a-t-on le droit ? Voilà toutes les questions qui tournent en boucle dans la tête de Marilène, qui la mettent en colère.



    La colère de la jeune femme reste pourtant improductive. À quoi bon lutter quand on semble prédestiné à être pauvre. À reproduire les schémas de ses parents.



    Marilène ne trouvera l’apaisement qu’en écrivant son histoire, qu’en la criant à la face du monde. En participant enfin à ce bruit du monde qu’elle devine mais que sa condition l’empêche de vivre.



    Stéphanie Chaillou nous plonge dans la tête de Marilène. Le style est sec, saccadé, fait de phrases courtes presque scandées tant elle n’hésite pas à user de la répétition.



    Le bruit de monde est un roman très noir sur la misère. Très peu d’espoir dans ces pages. La pauvreté y est décrite comme une sorte de maladie génétique incurable qui ronge le cerveau. Une maladie dont personne, pas même l’État dont la devise est Liberté, Égalité, Fraternité, ne semble se soucier . Cette république qui n’offre pas la même chance à tous ses enfants. Un livre réussi mais qu’il vaut mieux lire quand on a le moral.



    « Le pauvre, un petit animal infécond. Qui ne produit rien. Une bête stérile. Qui pourtant fait des enfants. Des enfants pauvres. Comme Marilène. D’où les surnoms. Des noms raccourcis.

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