Alice ou le choix des armes

Couverture du livre « Alice ou le choix des armes » de Stephanie Chaillou aux éditions Alma Editeur
  • Date de parution :
  • Editeur : Alma Editeur
  • EAN : 9782362791932
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

 Un inspecteur de police auditionne une jeune femme, Alice Delcourt, soupçonnée du meurtre de son ancien chef de service, Samuel Tison. Nous apprendrons au fil de l'interrogatoire qu'elle a été harcelée par Samuel Tison, et que c'est peut-être là le mobile du crime, si crime il y a eu.  Le roman... Voir plus

 Un inspecteur de police auditionne une jeune femme, Alice Delcourt, soupçonnée du meurtre de son ancien chef de service, Samuel Tison. Nous apprendrons au fil de l'interrogatoire qu'elle a été harcelée par Samuel Tison, et que c'est peut-être là le mobile du crime, si crime il y a eu.  Le roman tout entier tourne et retourne la question de la violence au travail. Comment réagir ? Avec quelles armes ? Celles de la légalité, par le recours à la justice, celles de la violence, en usant de la loi du talion ? Que faut-il faire ? Se venger, porter plainte, tuer, se tuer, dénoncer ? En témoignant, Alice Delcourt inventorie, en détails, toutes ces questions, et les émotions qui les accompagnent : peur, effondrement, haine, révolte, désir de vengeance.
Si le roman met en scène une enquête, ce qu'il exprime avant tout c'est le besoin qu'éprouve Alice d'être entendue. Jouant du champ/contrechamp, Stephanie Chaillou émaille la déposition de textes brefs, éclatants qui racontent les souvenirs, les espoirs, les fantômes et les peurs d'Alice, tout un arrière-monde qui permet de la localiser autrement que comme coupable et victime. 

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Avis(8)

  • Alice ou le choix des armes est un récit qui ne laisse pas indifférent·e : il dépose sur moi une empreinte en demie-teinte au point de ne pas savoir véritablement si j’ai apprécié le livre. Stéphanie Chailloux offre un récit quelque peu insondable dont la composition, énigmatique et troublante,...
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    Alice ou le choix des armes est un récit qui ne laisse pas indifférent·e : il dépose sur moi une empreinte en demie-teinte au point de ne pas savoir véritablement si j’ai apprécié le livre. Stéphanie Chailloux offre un récit quelque peu insondable dont la composition, énigmatique et troublante, est toutefois très éveillée : l’auteure fait le choix narratif de segmenter ses propos en deux tableaux, d’une part l’interrogatoire mené par le personnage du policier -en retrait malgré le fait qu’il soit le conteur du roman- et d’autre part, des inserts -qui me semble-t-il se veulent poétiques mais qui restent hermétiques- nichés à chaque fin de chapitre. Cette esthétique architecturale, prometteuse au demeurant, met selon moi en péril l’essence du roman et dessert le caractère emphatique des propos. Ce huis-clos psychologique fait la dissection du piège qu’enferme les victimes d’harcèlement moral au travail, mais au gré d’un détachement proche de l’abnégation qui provoquera un certain malaise chez le·a lecteur·rice. En outre, l’entretien entre les deux protagonistes paraît peu crédible du point de vue du dispositif quand bien même il permet de tendre un fil d’ariane accompagnant le·a lecteur·rice. Pour autant, l’auteure parvient à retenir ce·tte dernier·ère dans cet espace feutré duquel découle in fine une relative sensibilité. C’est en définitive une lecture qui a je pense atteint son but premier, celui d’interroger et d’intriguer son lectorat, qu’il y prenne du plaisir ou non.

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  • Alice Delcourt est entendue par la police dans une affaire de meurtre. Son ancien chef de service, Samuel Tison, est retrouvé mort. Or, Alice pourrait avoir un mobile sérieux. Elle a démissionné de son travail suite au harcèlement moral opéré par Samuel Tison. Cet interrogatoire est l’occasion...
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    Alice Delcourt est entendue par la police dans une affaire de meurtre. Son ancien chef de service, Samuel Tison, est retrouvé mort. Or, Alice pourrait avoir un mobile sérieux. Elle a démissionné de son travail suite au harcèlement moral opéré par Samuel Tison. Cet interrogatoire est l’occasion pour elle de faire entendre sa voix, de raconter sa version de l’histoire.

    Il n’y a pas besoin d’en dire plus sur l’histoire car il ne faut pas vous attendre à un roman policier ou à suivre une intrigue autour de cette mort. Il n’est finalement pas question ici de déterminer si Alice est coupable et qui a tué Samuel Tison. Sans se préoccuper des questions de l’enquêteur, elle va dérouler le fil de son histoire, comment tout a commencé : les mises à l’écart, les remarques acerbes, les brimades, etc mais en toute discrétion bien sûr.

    Cependant, je trouve que Stéphanie Chaillou a privilégié la forme au fond. Ma première impression à la lecture fut celle de lire un exercice de style : par le choix de narration, le travail sur l’écriture et finalement le fait que le sujet soit plutôt survolé. A chaque date, nous avons le récit d’Alice et pour clore chaque journée, quelques lignes hors récit nous parlent du « théâtre d’Alice ». Ces parenthèses très oniriques ont un lien plus ou moins évident avec l’histoire et pour être honnête, je les ai laissées tomber à la moitié du roman. Cette partie de l’exercice m’a laissée un peu perplexe parfois.

    C’est une lecture qui est en demi-teinte pour moi. Je trouve dommage de ne pas avoir plus approfondi le thème du harcèlement moral qui m’aurait vraiment intéressée. Le récit tourne un peu en rond sur la fin à cause de cela je pense. Néanmoins, le projet d’écriture et la narration sont intéressants.

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  • Ce court roman de 135 pages est frappant de réalisme et se lit très facilement. Sous couvert d'une enquête policière, Stéphanie Chaillou décrit parfaitement le harcèlement au travail, les réactions de la hiérarchie (qui "couvre" le harceleur), tout ce que subit la personne harcelée et...
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    Ce court roman de 135 pages est frappant de réalisme et se lit très facilement. Sous couvert d'une enquête policière, Stéphanie Chaillou décrit parfaitement le harcèlement au travail, les réactions de la hiérarchie (qui "couvre" le harceleur), tout ce que subit la personne harcelée et l'obsession qui s'installe, et tente d'analyser les raisons de ce harcèlement. J'ai subi moi même ce phénomène il y a quelques années (arrêt maladie de 10 mois, mise sur la touche de l'équipe à mon retour puis éviction définitive pour un nouveau départ en bas de l'échelle, lente reconstruction personnelle...). Ce livre m'a donc beaucoup parlé et comme le dit très bien Alice, c'est le harcelé qui donne l'autorisation au harceleur de faire son oeuvre. Je regrette de ne pas avoir pu lire ce livre à ce moment là de ma vie car j'aurais pu et peut-être su me défendre mieux, j'espère qu'il pourra aider d'autres personnes à ne plus subir. Ce livre devrait être distribué aux salariés de toutes les entreprises par les médecines du travail lors des visites bisannuelles.

    Mes phrases préférées :
    - Elle qui avait un problème, elle et pas lui
    - Ce qui l’avait troublé, me dit-elle, c’est qu’elle avait mesuré qu’en fait elle n’avait rien compris. Pas du tout compris le jeu, les règles du jeu. Celles que tout le monde jouait, appliquait.
    - Après la sidération, la peur et la colère, elle n’avait plus éprouvé envers Samuel Tison, envers ce qu’il était en train d’essayer de faire, contre elle de mettre en œuvre, que haine.
    Haine et mépris

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  • Livre déconcertant, qui n'est pas, je le précise dès mon entame de chronique, un roman policier, bien qu'il se déroule en huis clos au commissariat. Déconcertant, parce qu'il débute très bien, dans un certain suspens, une tension puisqu'on ne sait pas trop où l'auteure et son héroïne veulent...
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    Livre déconcertant, qui n'est pas, je le précise dès mon entame de chronique, un roman policier, bien qu'il se déroule en huis clos au commissariat. Déconcertant, parce qu'il débute très bien, dans un certain suspens, une tension puisqu'on ne sait pas trop où l'auteure et son héroïne veulent nous emmener, et que le rythme et le style de la romancière sont très prometteurs, et parce que ce qui m'a plu au départ a fini par me lasser. Heureusement que l'ouvrage ne fait que 136 pages, sinon, je crois que je ne serais pas allé au bout.

    J'aime bien la construction en petits chapitres, un par jour d'audition. J'aime bien aussi le style fait de phrases hachées, qui collent au monologue d'Alice, qui sans doute, comme beaucoup d'entre nous, ne finit pas sa phrase avant d'en entamer une autre : "L'impression aussi que le mécanisme dont elle tentait de rendre compte, ce mécanisme ancré dans la réalité, avec ses étapes, ses effets, ses retentissements. Ce mécanisme, mené par Samuel Tison avec constance et détermination. L'impression donc, que ce mécanisme, pour eux, ne correspondait à rien, ne représentait rien." (p.51) Et puis parfois, ce procédé m'agace, parce que les phrases n'ont pas de sens -on dirait du C. Angot : "Il vivait qu'il régnait sur elle, sur eux, comme sur une basse-cour d'êtres vivants mais faibles et invertébrés." (p.87/88) Dans le même genre, j'ai aimé les répétitions du premier extrait. Stéphanie Chaillou en use pas mal, mais parfois, ça fait grincer des dents : "Les limites de ce qu'elle pouvait faire, de ce qu'il était possible d'assumer qu'elle fasse, qu'elle ferait, qu'elle avait fait aussi. Et elle n'était pas prête à faire n'importe quoi, me dit Alice Delcourt." (p.98/99) Là, je pense qu'elle atteint également les limites de cet autre procédé, le sens est altéré, et la phrase franchement très moche. Déconcertant donc parce que ce qui plaît au départ finit par fatiguer, l'auteure tire trop sur la corde. Déconcertant enfin, parce que je n'ai pas compris les fins de chapitres qui parlent du théâtre d'Alice, je ne dis pas qu'elles ne sont pas belles, mais elles arrivent de manière... déconcertante et ne m'ont rien apporté.

    Néanmoins, je dois dire qu'à travers les questions de l'inspecteur et les réponses d'Alice, se révèle une femme qui ose dire ce qu'elle a subi. Le harcèlement moral n'est pas un sujet beaucoup traité dans le roman, je sais gré à Stéphanie Chaillou d'en parler, ce n'est pas facile, et malgré toutes mes remarques précédentes, c'est plutôt bien fait. De la même manière qu'Hugo Boris parlait des gardiens de la paix, dans son roman Police, de ceux qu'on ne voit pas, qui font le sale boulot, elle parle des petites gens, de nous les lecteurs, de ce qu'on peut vivre ou de ce qu'on entend autour de nous. Ce n'est pas une mode très partagée, les romanciers parlant souvent d'eux-mêmes ou de leurs congénères.
    Publié dans Roman

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