Silvia Avallone

Silvia Avallone
Silvia Avallone est née en 1984 à Biella, dans le Piémont, et vit aujourd'hui à Bologne. Diplômée en philosophie, elle commence par écrire de la poésie et des nouvelles pour des journaux et des revues littéraires. D'acier, son premier roman, la propulse au premier plan de la scène littéraire ital... Voir plus
Silvia Avallone est née en 1984 à Biella, dans le Piémont, et vit aujourd'hui à Bologne. Diplômée en philosophie, elle commence par écrire de la poésie et des nouvelles pour des journaux et des revues littéraires. D'acier, son premier roman, la propulse au premier plan de la scène littéraire italienne. Il est traduit dans 21 pays. En France, il remporte le Prix des lecteurs de L'Express 2011 et le magazine Lire le distingue dans la catégorie « Meilleur premier roman étranger ».

Articles en lien avec Silvia Avallone (3)

Avis sur cet auteur (38)

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    Couverture du livre « Le lynx » de Silvia Avallone aux éditions Liana Levi

    Bill sur Le lynx de Silvia Avallone

    Descendu d'une Alfa-Roméo dernier cri - mais volée -, arborant un costume de grande marque, Piero erre dans les rayons d'une station service d'autoroute, guettant le moment propice pour braquer la caissière. 

    Aux toilettes, il croise un jeune homme, Andrea, ado paumé et piercé à l'étrange...
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    Descendu d'une Alfa-Roméo dernier cri - mais volée -, arborant un costume de grande marque, Piero erre dans les rayons d'une station service d'autoroute, guettant le moment propice pour braquer la caissière. 

    Aux toilettes, il croise un jeune homme, Andrea, ado paumé et piercé à l'étrange beauté. 

    Rencontre improbable, et de covoiturage, en retrouvailles ultérieures, une relation étrange va s'installer entre eux. 

    Entre affection paternelle, trouble sexuel et rappel de sa propre adolescence, Piero cherchera à percer les secrets d'Andrea que celui-ci cherche à protéger à tout prix. 

    Un très court roman qui va à l'essentiel malgré quelques clichés sur Maria, l'épouse trop traditionnelle de Piero et le machisme clinquant de ce dernier. 

    Une auteur que j'avais oubliée et dont je vais rechercher d'autres productions.

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    Couverture du livre « La vie parfaite » de Silvia Avallone aux éditions Liana Levi

    Elizabeth Neef-Pianon sur La vie parfaite de Silvia Avallone

    Comme dans « D’acier » Silvia Avallone nous entraîne dans des tours sans espoir.
    Dans la banlieue de Bologne, Adele, 17 ans, se retrouve enceinte de Manuel.
    Son quartier, les Lombriconi…. «une suite de mots, misère, marginalisation, drame, qui décrivait leur vie comme quelque chose...
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    Comme dans « D’acier » Silvia Avallone nous entraîne dans des tours sans espoir.
    Dans la banlieue de Bologne, Adele, 17 ans, se retrouve enceinte de Manuel.
    Son quartier, les Lombriconi…. «une suite de mots, misère, marginalisation, drame, qui décrivait leur vie comme quelque chose d’effroyable.»
    Plusieurs générations, pléthore de personnages….
    Le poids de ces vies pèse sur les épaules du lecteur.
    Mais que c’est bien raconté, bien décrit.
    Des femmes souvent seules à se dépatouiller, des hommes peu fiables, le manque d’argent….. mais des vies à part entières, pleines de rêves souvent déçus et d’idéal tellement difficile à atteindre.
    Des personnages touchants qui inspirent l’empathie.
    Un tableau vivant d’une société à bout de souffle.
    Et toujours, malgré ces cas désespérés, la magie de se retrouver en Italie.
    Le petit bémol de ce roman, c’est qu’à chaque nouveau chapitre, il faut une page voire deux, voire trois, pour savoir de qui ça parle. L’auteur n’annonce pas tout de suite le nom du personnage. Une petite difficulté qui n’est pas indispensable et n’ajoute rien.

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    Couverture du livre « La vie parfaite » de Silvia Avallone aux éditions Liana Levi

    Catherine L sur La vie parfaite de Silvia Avallone

    J’avais reçu un bon coup de poing avec le premier roman de Silvia Avallone, D’acier, tant pour les personnages, des ados de quatorze ans, que pour le cadre, une ville ouvrière aussi dépérissante que ses aciéries. Par la suite, dans Marina Bellezza, le cadre, ville rurale encerclée de montagnes,...
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    J’avais reçu un bon coup de poing avec le premier roman de Silvia Avallone, D’acier, tant pour les personnages, des ados de quatorze ans, que pour le cadre, une ville ouvrière aussi dépérissante que ses aciéries. Par la suite, dans Marina Bellezza, le cadre, ville rurale encerclée de montagnes, et les personnages secondaires, m’avaient davantage plu que la jeune Marina elle-même.
    Silvia Avallone continue, avec La vie parfaite, ses portraits d’adolescentes ou de jeunes femmes.
    Adele, même pas dix-huit ans, est sur le point d’accoucher, et a malheureusement, trop bien saisi tous les enjeux du choix qui s’offre à elle : élever l’enfant ou accoucher sous X. Elle vient de la triste cité des Lombriconi, en banlieue de Bologne, où les jeunes ne connaissent que des pères défaillants et des mères qui peinent à jouer leur rôle, qu’elles soient trop jeunes ou déjà abîmées par la vie.
    Roman choral, et qui revient en arrière sur un laps de temps de neuf mois, La vie parfaite met aussi en scène, entre autres, Dora et Fabio, un jeune couple plus aisé qui rêve de concevoir enfin un enfant. Quant à Zeno, le jeune voisin qui observe Adele et se rêve écrivain, il semble l’exact opposé de Manuel, le père de l’enfant d’Adele, que seul l’argent facile intéresse…

    J’ai trouvé les personnages plus incarnés, plus forts que dans Marina Bellezza, où le paysage était cependant plus présent. Même si le quartier et son architecture sont évoqués, je n’ai pas senti trop fortement leur influence sur les acteurs du drame qui se joue, mais plutôt l’influence de la pauvreté.
    L’écriture percutante est la marque de l’auteure, elle ne va pas par quatre chemins, et fait merveille avec des dialogues qui sonnent très juste. Le style colle bien au thème de la maternité, aux douleurs de l’enfantement comme aux affres de l’amour maternel, au vide de l’absence d’enfant comme au poids de la mono-parentalité.
    Avec un rythme qui ne souffre d’aucun temps mort, les pages tournent vite, et il n’est pas difficile de partager les dilemmes de personnages bien incarnés et touchants. Silvia Avallone reste pour moi une auteure à suivre, qui parle comme peu d’autres des espoirs et des désillusions de la jeunesse. Sur le sujet de la maternité, le récit oscille entre idéalisation et réalité la plus terre-à-terre. C’est la vie qui naît entre les pages, la vraie vie, à défaut d’être la vie parfaite.

    https://lettresexpres.wordpress.com/2019/05/16/silvia-avallone-la-vie-parfaite/

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    Couverture du livre « D'acier » de Silvia Avallone aux éditions J'ai Lu

    Mumu Dans le Bocage sur D'acier de Silvia Avallone

    Dès les premières pages j’ai eu le sentiment de déjà lu….. Ne suis-je pas en train de relire l’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante ? Deux fillettes, une cité ouvrière, deux familles semblables et différentes à la fois, Milan…. Ah non nous sommes à Piambino, en Tocasne, face à l’île d’Elbe….. L’un...
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    Dès les premières pages j’ai eu le sentiment de déjà lu….. Ne suis-je pas en train de relire l’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante ? Deux fillettes, une cité ouvrière, deux familles semblables et différentes à la fois, Milan…. Ah non nous sommes à Piambino, en Tocasne, face à l’île d’Elbe….. L’un des deux adolescentes est douée à l’école, l’autre en échec, l’une veut être écrivain etc…..Ce livre paru en 2010 (Italie) a beaucoup de similitudes avec la saga en 4 tomes de l’Amie Prodigieuse dont le premier tome est paru en 2011 (Italie)….. Coïncidence peut-être…..

    2001 – Italie, Piambino, une ville coincée entre deux mondes, celui de l’aciérie Lucchini où tout bruit, noirceur et crasse et où travaille une partie de la population de la cité ouvrière où vivent Anne et Francesca, 13 ans, de l’autre l’Ile d’Elbe, le miroir aux alouettes, où tout semble doux et doré. L’usine transforme les métaux en acier, la vie va transformer ces deux jeunes adolescentes qui rêvent d’ailleurs et oscillent entre jeux et rêves et qui vont grandir vite, très vite, trop vite.

    Les filles de leur âge, les boudins que leur propre vision dans le miroir plongeait dans la crise totale, les détestaient. Anna et Francesca, leur beauté, elles te l’envoyaient dans la gueule. Chaque putain de minute, il fallait qu’elles te prouvent qu’elles étaient mieux que toi, qu’elles avaient gagné, à priori et pour toujours. (p103)

    C’est l’histoire d’une amitié qui va être confrontée à des drames : il y a des coups qui pleuvent sur l’une mais elle se tait et ne pleure plus, elle serre les poings et les lèvres, il y a l’argent qui manque, les dettes qui s’accumulent dans la famille de l’autre, mais toutes les deux regardent par la fenêtre et narguent les hommes qui les regardent, elles rient, elles ont tous les culots car elles sont à l’âge où on découvre le pouvoir du corps et le monde des adultes. Elles se pensent invincibles car elles sont deux et leur force vient de là. Mais sont-elles si fortes que cela….. A vouloir se comporter en femme on oublie que l’on est encore qu’une enfant.

    Comme à la maternelle quand on te montre du doigt et qu’on te dit sèchement : « Toi non, tu joues pas ». Une expérience qu’elle n’avait jamais connue Qu’elle n’imaginait même pas. Parce qu’elle n’était pas un mais deux. N’était pas tu mais vous. Vous ne jouez pas. Annafrancesca ne joue pas. Mais elles s’en fichaient bien, toutes les deux : elles avaient leurs plages secrètes, des cabanes en bois, des caves, des bancs, la côte de Salivoli tout entière pour elles seules. (p351)

    L’aciérie Lucchini donne le tempo dans la vie de la cité et de ses familles : les métaux se transforment en acier, les adolescentes veulent se transformer en femmes, ailleurs, sur les plages de l’ïle d’Elbe, sous le soleil qui dore la peau, où la mer est bleue et sans détritus. L’acier résiste mais leur amitié va-t-elle résister, vont-elles résister à ce de partir, d’un ailleurs où les rêves, croient-elles, deviennent réalité, où c’est forcément plus beau, où l’avenir passe par autre chose qu’une vie comme leurs mères, par la cité et par l’aciérie.

    L’âge où on croit que le monde est une mine d’or, qu’il suffira de grandir, de quitter ses parents (p159)

    Mais la vie ne fait pas de détails, parce que la vie lamine, sape, détruit dans ces cités où les corps et les esprits souffrent, s’usent, les soucis et les peines prennent le dessus,, comme pour Alissio, le frère d’Anna, le Don Juan de la cité, qui passe des week-ends sans sommeil après le travail à la coulée, de l’acier au sexe et à la drogue pour tenir, pour oublier.

    C’est l’histoire d’une année de la vie de ces deux fleurs à peine écloses, rieuses, effrontées, sûres d’elles (en apparence) mais finalement si fragiles qui vont passer du rire aux larmes, de l’espérance au désespoir.

    Elle était en train d’éclore. Elle avait quelque chose d’indéchiffrable dans les yeux. Simplement elle était encore entre deux. (p205)

    A 13 ans elles pensent mener la danse mais le monde des adultes n’est pas tendre, à vouloir grandir trop vite on peut franchir les limites, être confrontées à une réalité qu’elles n’imaginaient pas.

    Roman d’apprentissage et de constrastes où deux mondes s’affrontent, celui du quotidien et celui dont on rêve mais qui ont peu de chance de se rejoindre, car il n’y a que les contes qui finissent bien, la vie est bien plus cruelle pour Anna et Francesca.

    Dans ce roman les hommes ne sont pas à l’honneur et mis à mal, les familles ne se préoccupent guère (ou trop et mal) de leurs enfants, ils ont d’autres problèmes : la fatigue, les factures qui s’accumulent, la vie qui ne fait pas de cadeau, la violence. La promiscuité de ces barres d’immeubles ne rapproche pas les êtres, chacun s’enferme, se tait mais parfois les silences sont plus criants que les mots.

    Roman d’une année charnière dans la vie de deux adolescentes, au moment où le monde, comme l’acier, se transforme, bascule comme basculent leurs deux vies. Rien ne sera plus pareil ensuite.

    J’ai retrouvé le ton vif, efficace de Silvia Avallone, qui nous immerge dans les vies : féminines, celles des cités ouvrières, dans l’éveil aux sens, dans l’adolescence et ses tourments.

    Les deux mondes ne communiquent pas. Il ne suffit pas de faire un trou dans le grillage et d’y glisser la tête pour vivre une autre vie. (p236)

    Ça poisse, c’est rugueux, c’est noir parfois mais il y a Anna et Francesca, qui illuminent le quotidien par leurs beautés, leurs rires, leurs jeux car il ne s’agit pour elles que de jeux, dangereux parfois mais elles sont jeunes, jolies et n’ont peur de rien. Silvia Avallone distille peu à peu tous les ingrédients du drame, car à trop vouloir jouer avec le feu on se brûle, à trop vouloir croire que l’on maîtrise on tombe.

    Roman d’apprentissage, roman noir, roman sociétal d’une Italie ouvrière que l’auteure observe, analyse, aime et semble bien connaître. On s’installe au milieu de cette cité, on regarde, on entend même ce qui n’est pas dit, on voit ce qui se cache sous la crasse quand on gratte un peu, on voit ces vies et ces âmes abîmées, détruites mais il y a toujours dans les romans de Silvia Avallone l’amour, l’amitié, la beauté, c’est brut, c’est fort, c’est costaud : c’est un acier bien trempé grâce à sa plume et il y a toujours de l’espoir.

    Je te jure, j’ai cherché « acier » et ça ne veut rien dire. C’est un alliage, avait-elle dit en fronçant les sourcils. Ouais, mais j’ai cherché dans le dico et ça veut rien dire. C’est pas un mot qui cache un autre mot. Ça veut dire cette chose-là. Basta. (p307)

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