Silvia Avallone

Silvia Avallone
Silvia Avallone est née en 1984 à Biella, dans le Piémont, et vit aujourd'hui à Bologne. Diplômée en philosophie, elle commence par écrire de la poésie et des nouvelles pour des journaux et des revues littéraires. D'acier, son premier roman, la propulse au premier plan de la scène littéraire ital... Voir plus
Silvia Avallone est née en 1984 à Biella, dans le Piémont, et vit aujourd'hui à Bologne. Diplômée en philosophie, elle commence par écrire de la poésie et des nouvelles pour des journaux et des revues littéraires. D'acier, son premier roman, la propulse au premier plan de la scène littéraire italienne. Il est traduit dans 21 pays. En France, il remporte le Prix des lecteurs de L'Express 2011 et le magazine Lire le distingue dans la catégorie « Meilleur premier roman étranger ».

Articles (3)

Avis (34)

  • Couverture du livre « La vie parfaite » de Silvia Avallone aux éditions Liana Levi

    Sociolitté sur La vie parfaite de Silvia Avallone

    Elle vient d'avoir dix-huit ans. Elle vit avec sa soeur et sa mère dans un appartement des Lombriconi, la « cité des Lombrics », près de Bologne. Son père vient de sortir de prison, et il n'est pas le bienvenu à la maison. Mais Adele a d'autres soucis : elle est enceinte de Manuel, la petite...
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    Elle vient d'avoir dix-huit ans. Elle vit avec sa soeur et sa mère dans un appartement des Lombriconi, la « cité des Lombrics », près de Bologne. Son père vient de sortir de prison, et il n'est pas le bienvenu à la maison. Mais Adele a d'autres soucis : elle est enceinte de Manuel, la petite frappe du quartier, qui l'a laissée avant que son
    corps ne déforme, préférant faire carrière dans la mafia locale, son t-shirt « Born to lose » sur le dos.

    « Trop jeune pour se faire déchirer les entrailles », Adele a pourtant tenu à garder ce bébé. Par peur de l'abandon d'abord, et dans l'espoir qu'il lui ramène Manuel, ce jeune voyou qui est tout pour
    elle. Pourra-t-elle en assumer la responsabilité jusqu'au bout ?

    « le roman s'ouvrait sur ça, sur la réalité des faits » : une citation on ne peut plus vraie tant le style réaliste de l'auteur vous étreint dès les premières pages de ce roman. Tout en douceur mais avec un
    talent certain pour la mise en scène et l'identification, suivons ses pas à la découverte d'une Italie hors des cartes postales estivales. [...]

    Neuf mois de grossesse, neuf mois d'espoir pour « une vie parfaite ».
    Si elle ne peut élever son enfant, elle fera tout pour lui donner la chance d'avoir « une vie meilleure ».

    « Une mère ne suffit pas. Les pères aussi ça compte. Même les menteurs et les voyous. » Adele évolue et on la suit avec un intérêt décuplé tant l'écriture de Silvia Avallone nous emporte.

    « le banc d'où la vie est parfaite »

    Les personnages défilent et les émotions se déchaînent. Comment ne pas évoquer Dora Cattaneo qui, à l'opposé d'Adele meurt de ne pas pouvoir enfanter. le drame de la maternité, désirée ou non, et donc de la condition féminine dans l'Italie d'aujourd'hui y est magistralement illustré.

    « Il y a des forces contres lesquelles on ne peut rien ». Tous ces personnages s'imbriquent et se déterminent par leurs forces respectives et leurs conditions sociales qui les enferment.

    Après "D'acier", "Le Lynx", ou "Marina Bellezza", vous ne résisterez pas au
    nouveau roman de Silvia Avallone, certainement parmi les auteurs
    italiens les plus importants du moment. Poignant et addictif, son style épouse parfaitement les contours de la « vraie vie ».

    Alors, il ne nous reste peut-être plus qu'à nous asseoir comme Dora,
    sur ce banc d'où elle imaginait sa vie rêvée, car « le monde est plein
    de perfection, il faut seulement se laisser conduire. » Laissons-nous
    donc conduire par cette vie parfaite...

    Lu en juillet 2018.

  • Couverture du livre « La vie parfaite » de Silvia Avallone aux éditions Liana Levi

    Mumu Dans le Bocage sur La vie parfaite de Silvia Avallone

    Vouloir être mère et ne pas arriver à être enceinte, être mère alors qu'on ne l'a pas souhaité. Pour certaines c'est un long chemin de croix, pour d'autres cela arrive alors que l'on est à un âge où l'on n'y pense pas. Comment se vivent ces deux situations totalement opposées. A travers Dora et...
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    Vouloir être mère et ne pas arriver à être enceinte, être mère alors qu'on ne l'a pas souhaité. Pour certaines c'est un long chemin de croix, pour d'autres cela arrive alors que l'on est à un âge où l'on n'y pense pas. Comment se vivent ces deux situations totalement opposées. A travers Dora et Adèle, l'auteure imagine les deux situations.

    L'action se déroule à Bologne, dans le quartier des Lombriconi, une cité où se retrouvent les déshérités, les exclus, les laisser pour compte de la société. Des barres d'immeubles qui n'offrent aucune ouverture sur l'horizon, sur un avenir meilleur. Là vit Adèle, 17 ans, lycéenne, avec sa mère Rosaria et sa jeune sœur, Jessica, depuis que leur père les a abandonnées. Elle est amoureuse de Manuel, petit dealer et découvre qu'elle est enceinte.

    Dora, elle, est professeur de littérature, vit dans un quartier un peu éloigné avec son mari Fabio. Dora se sent bancale, pas seulement parce que, suite à une malformation de naissance, elle n'a qu'une jambe mais parce qu'elle se sent incomplète, pas totalement femme,  car elle n'arrive pas à mener à bien son désir d'enfant. Traitements, examens, rien n'y fait.

    Inutiles, les piqûres quotidiennes de Decapeptyl autour du nombril. Inutiles les stimulations et l'enchaînement des échographies. Les fax, les virements. Les certificats sur l'honneur et les attestations de maladie. Parce que oui, c'était une maladie. La pire. Elle aurait pu réduire en pièces Dieu et la Nature. Comme la compassion des autres, le regard compréhensif de ceux qui, au fond, sont soulagés d'avoir échappé à ça. (p93)

    A travers ces deux femmes, de deux horizons différents, de deux constructions différentes, l'une lettrée, l'autre en échec scolaire, l'auteure traite de la maternité vue sous deux angles : celle qui arrive sans le vouloir et celle que l'on désire et qui n'aboutit pas.

    Parce qu'il y a des forces contre lesquelles on ne peut rien, répondit-il d'un ton détaché. Peut-être plus irréparables encore qu'un désir stupide et égoïste. (p89)

    Silvia Avallone est une auteure à l'écriture fougueuse. Elle nous plonge dans la une cité où se côtoient beaucoup de familles mono-parentales, un monde de femmes, seules, gérant ou essayant de gérer le quotidien, vivant de petits boulots. C'est la vie de plusieurs familles que l'on va suivre où règnent pour certaines des non-dits, des silences, des absences, elles ont toutes un lien entre elles : bandes d'adolescents, voisins, professeur etc....

    L'histoire débute par l'accouchement d'Adèle, seule, vivant l'événement comme elle a vécu l'installation de cet être dans son corps, ne sachant pas qu'elle va être sa décision : le garder ou l'abandonner afin de lui offrir une chance de "vie parfaite" dans un autre foyer.

    Parallèlement Dora et Fabio sont devant le juge qui doit statuer sur leur dossier d'adoption : seront-ils reconnus aptes à être parents ? Leur dernier espoir de construire une famille, l'espoir d'avoir une famille parfaite alors que leur couple est en train de se désagréger.

    Puis on remonte le temps, 9 mois plus tôt, quand finalement tout a commencé. Nous allons vivre les parcours de ces deux femmes pendant toute la durée de la grossesse d'Adèle et le calvaire de Dora pour être mère.

    Tous les personnages ont leur importance. On ne devient pas ce que l'on est par hasard : tous ont un passé, des raisons d'en être là dans leurs vies :  abandons, drames mais rien ne nous est révélé de but en blanc : c'est par petites touches, ici et là, on sent que chacun a ses blessures. Les gens des cités ont aussi de la pudeur à révéler leurs souffrances, leurs causes, rien n'est tout noir ni tout blanc.

    Un vide, que tu traînerais toute ta vie, parce que quelqu'un ne t'avait pas aimé, ne t'avait pas souri, ne t'avais pas appris à parler. (p285)

    L'auteure ne tombe pas dans les clichés de nombreux romans traitant des cités : oui il y a des petits trafics, oui il y a de la misère, du désœuvrement, oui il y a des familles éclatées mais par le prisme du cheminement de ces deux femmes, elle donne à chacun de ses personnages des circonstances atténuantes. 

    Comme dans un précédent roman que j'ai lu de cette auteure, Marina Bellezza, Silvia Avallone, parle des femmes, des cités, de la société italienne (mais cela pourrait se dérouler n'importe où), de l'importance de l'éducation, du milieu où l'on vit, de l'entourage.

    Son écriture est fluide, vive, elle glisse beaucoup de thèmes finalement à travers son récit : le couple, la jeunesse, la culture : j'ai particulièrement été touché par Zeno, l'ami de Manuel, voisin timide, discret d'Adèle mais aussi l'ami de Manuel. A travers lui, enfant solitaire s'occupant de sa mère muette dont on ne saura qu'à la fin les raisons de son silence, Silvia Avallone introduit l'idée que la culture et l'éducation peuvent sauver, peuvent élevé. Il est repéré par Dora, son professeur, qui décèle en lui des dispositions, il écrit  d'ailleurs en secret, un roman, son refuge.

    Il se sentait avec elle un lien plus pur, plus exclusif. Le lien entre un écrivain et son personnage principal. (p105)

    On baigne dans la vie de cette cité de barres d'immeubles, où chacun sait ou croit savoir ce qui se passe chez le voisin, on épie, on devine, on imagine. Il y a des cris, il y a des révoltes mais il y a également de l'amour et de l'entraide.

    On est nés pour perdre. (p305)

    Cela reste malgré tout un roman optimiste, positif, il y a des gens qui prennent le temps de déceler des signes, donnent la possibilité d'un autre avenir, tout devient possible. D'ailleurs ces jeunes héros ne sont pas tous en position d'échec, ne sont pas sans ressources : parfois ils s'accrochent, parfois ils ont renoncé, parfois ils ont fait semblant.

    La troisième partie est celle des décisions. On a toutes les cartes en mains, comme les personnages,  attention les apparences sont trompeuses, leur interprétation aussi. On pense savoir comment tout cela va se terminer, mais la romancière a construit son roman avec finesse, tout s'emboîte et elle pose les dernières pierres avec une sorte de petit clin d'œil : "Vous voyez les apparences, les croyances et bien moi je vous montre qu'il y a une autre vérité". Moi je me suis faite avoir.....

    J'ai beaucoup aimé la texture des personnages : certains paraissent odieux, misérables mais quand on découvre leur vérité, comment ils en sont arrivés là, on ne peut que les voir sous un autre jour. Chacun peut avoir une seconde chance, une rédemption, parfois les événements du passé ont fait ce qu'ils sont :

    Ne te punis pas. Si tu désires une chose ne t'en défends pas. Ne te cherche pas des excuses pour éviter de l'atteindre. (p239)

    Je me suis particulièrement attachée et glissée dans les sentiments de ces deux femmes, de leur ressenti, dans leurs pensées et émotions au seuil d'une étape cruciale dans la vie des femmes et le fait d'opposer les deux parcours, l'un laborieux et l'autre inattendu et trop tôt, permet de se confronter à une situation par des chemins différents.

    Beaucoup de sentiments pendant cette lecture : émotion, tristesse, compassion, le devenir de chacun et chacune, révolte parfois. La construction du récit est habile, on comprend rapidement que tous les protagonistes sont liés entre eux d'une façon ou d'une autre. Silva Avallone a tissé une toile sur ce quartier, sur ces femmes, sur ces familles. 

    Seuls les liens qui ne se relâchent pas ne risquent pas de se briser. Tous les autres sont fugaces, fragiles. (p320)

    J'ai eu un peu peur de me perdre au début entre les personnages, mais très vite on est embarqué. Rien de caricatural et c'est ce que j'ai le plus apprécié. C'est maîtrisé, dosé. 

    C'est un roman sociétal, sur le sens des responsabilités, sur les choix à faire, sur les liens familiaux, sur la femme et la maternité mais aussi sur la place du père, son implication ou non. Mais il y a également de jolies prises de conscience sur la place de cet enfant qui s'installe, ou pas, dans le corps, les sensations, la prise de conscience de son existence (ou son absence) du plein ou du vide qu'il créée.

    J'ai dévoré ce livre car il possède une énergie, une force qui nous transporte, nous émeut, nous interroge. Ce n'est pas seulement une histoire parmi d'autres, c'est aussi l'histoire de femmes confrontées à un état qu'elles n'ont pas choisi.

    Il lui prit les mains. Oui, l'histoire les déterminait. Les modes de production, le capital, cette banlieue perdue. Il la regarda dans les yeux. Malgré cela, il était vivant. Même s'il avait toujours son portefeuille Spiderman, même s'il n'avait que vingt euros dedans. (p334)

    La vie n'est jamais parfaite.... On le voudrait mais on doit faire avec les cartes que la vie distribue. On fait de son mieux, on ne l'a pas choisie, on s'adapte, on enjolive, on triche parfois, on oublie, on force le destin également. Il faut avoir confiance en soi, croire en soi, rien n'est joué, tous les dés ne sont pas pipés.

    Depuis plusieurs mois j'ai à mon programme de lecture D'acier, son premier roman, que je vais tenter de mettre dans ma PAL très vite.

  • Couverture du livre « La vie parfaite » de Silvia Avallone aux éditions Liana Levi

    Michèle FINANCE sur La vie parfaite de Silvia Avallone

    Le désir d'enfant dans une Italie corrompue, dans Bologne et ses quartiers ghettos où la drogue appelle à la violence et tue.

    Le désir d'amour dans une vie maltraitée, dans les souvenirs absurdes et cruels de l'enfance violée.

    Le désir de vivre et de s'accrocher à l'autre dans ce qu'il a...
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    Le désir d'enfant dans une Italie corrompue, dans Bologne et ses quartiers ghettos où la drogue appelle à la violence et tue.

    Le désir d'amour dans une vie maltraitée, dans les souvenirs absurdes et cruels de l'enfance violée.

    Le désir de vivre et de s'accrocher à l'autre dans ce qu'il a de mystérieux, même si l'habit ne fait pas le moine.

    Une fois de plus, Silvia Avallone sait capter son lecteur avec des sentiments justes, des mots forts et une incroyable ambition de partage et de rédemption.

  • Couverture du livre « La vie parfaite » de Silvia Avallone aux éditions Liana Levi

    Madame Tapioca sur La vie parfaite de Silvia Avallone

    Une adolescente de banlieue qui se retrouve enceinte sans l’avoir voulu, un couple aisé du centre-ville en mal d’enfant. La vie n’est décidemment pas parfaite à Bologne.

    Adèle, 17 ans, est seule en salle d'accouchement. Bianca, l'enfant qu'elle porte depuis neuf mois, est sur le point de...
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    Une adolescente de banlieue qui se retrouve enceinte sans l’avoir voulu, un couple aisé du centre-ville en mal d’enfant. La vie n’est décidemment pas parfaite à Bologne.

    Adèle, 17 ans, est seule en salle d'accouchement. Bianca, l'enfant qu'elle porte depuis neuf mois, est sur le point de naître. Elles n’auront que 20 minutes ensemble avant que leurs routes se séparent définitivement car Adèle sait qu’elle n’a aucun avenir à proposer à cet enfant. Un petit copain délinquant, un père en prison, une mère qui lutte pour joindre les deux bouts, Bianca sera proposée à l’adoption.
    Dora, trente ans, rêve de maternité, c’est sa seule raison de vivre. Enseignante, mariée au beau Fabio, elle est écrasée par l’absence d’enfant. Les innombrables tentatives infructueuses pour être enceinte, les soins épuisants, les déceptions continues ont fini par déchirer son mariage et son esprit.
    Au milieu il y a Zeno. L’ami d’Adèle, l’étudiant de Dora. Trop grand, trop maigre, trop intelligent, trop sensible, parfois trop enfant, souvent trop adulte.

    Le roman de Silvia Avallone repose sur deux histoires qui parlent de maternité, de désir d’enfant. Deux histoires dans la même ville où la banlieue et le centre-ville se regardent comme dans un miroir déformé, capable de donner aux mêmes choses des formes et des contours différents. Deux histoires qui suivent leur route, s’entrelacent et se rejoignent. Deux solitudes, celle de l'adolescente et celle de la femme mûre, incomparables mais finalement, tellement identiques.

    Roman réaliste qui explorent les vies imparfaites qui nous entourent. Des vies qui parlent de malaise social, d'âmes désespérées, de désirs irréalisables et de choix irréparables, des vies abîmées. Un entrelacement d'attentes, de choix et de renoncements qui touchent au sens profond d'être mère mais aussi père.

    Une lecture que j’ai beaucoup aimé mais qui ne sera pas pour moi l’immense coup de cœur qu’avait été « D’acier ».
    Sans doute parce que Silvia Avallone ne fait finalement que reproduire le même roman. Les mêmes protagonistes, les mêmes milieux et les mêmes intrigues: banlieues, adolescentes marginalisées à la recherche de rédemption, adultes sans maturité, dénonciation de la dégradation sociale dans laquelle nous sommes immergés et que nous ne remarquons plus.

    Alors petit conseil très personnel si vous voulez découvrir Silvia Avallone, lisez en priorité « D’acier ».

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