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Rachid Benzine

Rachid Benzine

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Avis sur cet auteur (14)

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    Couverture du livre « Lettres à Nour » de Rachid Benzine aux éditions Points

    une_grande_lectriceee sur Lettres à Nour de Rachid Benzine

    L'auteur se demande : 《Pourquoi de jeunes hommes et de jeunes femmes, nés dans mon pays, issus de ma culture, dont les appartenances semblent recouvrir les miennes, décident-ils de partir dans un pays en guerre, et pour certains de tuer au nom d'un dieu qui est aussi le mien?》

    《《Allahou...
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    L'auteur se demande : 《Pourquoi de jeunes hommes et de jeunes femmes, nés dans mon pays, issus de ma culture, dont les appartenances semblent recouvrir les miennes, décident-ils de partir dans un pays en guerre, et pour certains de tuer au nom d'un dieu qui est aussi le mien?》

    《《Allahou Akbar》, 《Allah est Plus Grand》, est un formidable cri d'amour et d'humilité. [...] Mais de cet appel à l'humilité, vous avez fait un hurlement de haine, de suffisance, d'orgueil imbécile et ignoble.》
    .
    Nour.
    Prénom arabe féminin.
    Signification : 《lumière》.
    Et pourtant, elle a décidé de rejoindre les ténèbres.

    Un père. Sa fille.
    Deux visions de l'Islam qui s'affrontent.
    Mais un lien précieux, un amour inconditionnel, les unit.
    .
    À 20 ans, Nour part pour Falloujah où les rangs de Daesh elle rejoindra.
    Son père, enseignant, philosophe et chercheur reconnu, tombe des nues.

    Pendant deux ans, ils correspondront par lettres.
    Chacun avancera des arguments défendant sa cause.
    Le père se basera sur sa raison.
    La fille, sur son idéal et sur sa Religion.
    Le père culpabilisera, s'accusera. Il la suppliera, implorera.
    La fille aimerait tellement partager son bonheur avec Papa...
    .
    Coups contre coups.
    Faits contre faits.
    Argument contre argument.
    Idéologie contre idéologie.

    Poignant.
    Passionnant.
    Émouvant.
    Bouleversant.

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    Couverture du livre « Dans les yeux du ciel » de Rachid Benzine aux éditions Seuil

    dubonheurdelire sur Dans les yeux du ciel de Rachid Benzine

    Aujourd’hui, j’aurais dû vous raconter ma première rencontre littéraire mais non pas en tant que spectatrice mais animatrice. La situation sanitaire en a décidé autrement et faisant fi des regrets de cette rencontre manquée, j’ai décidé de vous parler sur mon blog du roman de Rachid Benzine Dans...
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    Aujourd’hui, j’aurais dû vous raconter ma première rencontre littéraire mais non pas en tant que spectatrice mais animatrice. La situation sanitaire en a décidé autrement et faisant fi des regrets de cette rencontre manquée, j’ai décidé de vous parler sur mon blog du roman de Rachid Benzine Dans les yeux du ciel paru lors de la rentrée littéraire de septembre 2020.

    Dans les yeux du ciel par Benzine
    Je n’ai pas lu les autres écrits de cet auteur et je me jette donc sans le moindre a priori dans cette lecture afin de préparer la rencontre. Carnet et crayon sont à côté de moi – j’ai toujours eu un côté élève sérieuse, et souffrant du syndrome de l’imposteur, j’avais à coeur de bien préparer cette rencontre, j’ouvre le livre et me voilà projetée vers un ailleurs qui n’a pas de nom, vers l’ici de Nour, au coeur d’un pays qui vit les débuts du printemps arabe, d’une révolution qui germe dans ce pays de faux-semblants et d’hypocrisie.

    En faisant de Nour son héroïne de son roman, Rachid Benzine choisit un prisme qui pourrait paraître déroutant mais la révolution, la colère ne peut venir que des opprimés, que des exclus et des marginaux. Nour est une exclue, de mère en fille. Fille de prostituée, elle l’est devenue à l’âge de 12 ans et sous le nom de Malika, elle reçoit dans son studio, loin de son appartement et de la vie qu’elle mène avec sa fille, des hommes, emplis de violence, de contradictions, de paradoxes, de mensonges et d’hypocrisie, ceux qui affichent une morale sans faille et qui se paient les services d’une prostituée, ceux qui préfèrent les hommes et que l’on rééduque dans les bras de Nour, ceux qui prennent le corps d’une femme pour un défouloir.

    « EN PRÈS DE TRENTE ANS D’EXERCICE, J’AI ÉTÉ LE RÉCEPTACLE DE TOUTES LES FRUSTRATIONS DU MONDE ARABE »

    Nour, c’est le corps et l’âme de ce pays qui ne dit pas son nom, c’est le corps colonisé par les hommes comme l’a été son pays, Nour, c’est aussi la lutte pour que sa fille, Selma, échappe à la terrible destinée qui s’est abattue sur elle. Nour, c’est la lumière.

    A travers elle et Slimane, son ami, son confident, sa quasi âme sœur, poète et homosexuel, nous vivons les trois temps du printemps arabe, de sa montée en tension à sa réalisation dans la liesse et l’espoir qui ne laisseront la place qu’à la désillusion, aux « lendemains qui déchantent » et au retour à l’ancien ordre – en pire.

    C’est aussi le roman miroir d’une société où le patriarcat règne en maître, où la femme n’est rien, si ce n’est un corps soumis aux désirs des hommes. En creux, pourtant Rachid Benzine délivre un message d’espoir pour ces femmes méprisées, oubliées, insultées et violentées. A travers Nour, sa force, son courage, son désir de protéger sa fille, il livre un vibrant hommage à l’éducation et à la lecture :

    « ET CETTE INTUITION VENUE DE JE NE SAIS OÙ, QUE L’ÉDUCATION LIBÈRERAIT LES FEMMES UN JOUR »

    « J’AI RECOURS À TROIS PURGATIONS : LES CONSEILS DE BEAUTÉ DES CHAÎNES ARABES POUR ME VIDER LA TÊTE, LA PRIÈRE POUR ME PURGER L’ÂME; LA LECTURE POUR NE PAS CREVER »

    Plus qu’un roman sur le printemps arabe, Dans les yeux du ciel est une réflexion juste et percutante sur les sociétés arabes, leurs paradoxes, leurs désirs mais aussi leur réalité faite de violence et de poésie.

    Construit comme une pièce de théâtre, comme une tragédie plus exactement, ce roman nous emporte par son écriture rythmée, percutante, jusqu’au cri de Nour, ce cri tragique qui émerge du chaos.

    En résumé : j’aurais aimé échanger avec Rachid Benzine sur son roman, sur Nour et Slimane, mais faute d’avoir pu réaliser cette rencontre, j’espère que cet article vous donnera envie d’acheter, de lire et d’offrir Dans les yeux du ciel.

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    Couverture du livre « Dans les yeux du ciel » de Rachid Benzine aux éditions Seuil

    Henri-Charles Dahlem sur Dans les yeux du ciel de Rachid Benzine

    Rachid Benzine explore le printemps arabe à travers le regard d’une prostituée. Louvoyant entre dictature et islamistes, Nour va essayer d’offrir un avenir à sa fille Selma.

    A première vue, rien de commun entre Ainsi parlait ma mère, qui marquait les débuts dans le roman de Rachid Benzine et...
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    Rachid Benzine explore le printemps arabe à travers le regard d’une prostituée. Louvoyant entre dictature et islamistes, Nour va essayer d’offrir un avenir à sa fille Selma.

    A première vue, rien de commun entre Ainsi parlait ma mère, qui marquait les débuts dans le roman de Rachid Benzine et dressait le portrait sensible de sa mère et cet autre portrait de femme, une prostituée, dans ce second roman intitulé Dans les yeux du ciel. Mais à y regarder de plus près, on y trouvera bien des points communs, à commencer par le courage de ces deux femmes, leur force de caractère et leur lucidité. «Je m’appelle Nour. Chez moi, on est prostituée de mère en fille. Enfin, depuis deux générations. Pas de quoi se vanter d’un savoir-faire ancestral. Mais ça laisse des marques. Sur le corps. Sur la peau. En dedans, quelque part.»
    Tout au long du récit, le lecteur est invité suivre son quotidien, à explorer ces marques que le plus vieux métier du monde lui laisse, à comprendre les risques encourus dans un pays soumis à la dictature, puis aux islamistes. Avec Nour, on va ressentir cette amertume «qui donne envie de gerber. D’en finir. Comme ça, d’un claquement de doigts. Disparaître. Un dernier vol plané du haut d’un minaret. Sous les roues d’un char. N’être plus que de la bouillie. Une flaque de chair, de merde, de sang.»
    Car la violence est omniprésente, soulignée par un style cru, vrai, direct, ne laissant guère place aux fioritures. Nour a pris soin de situer son studio loin de chez elle pour que personne ne se doute de ses activités. Mais, à l’image des clients qui s’y succèdent, la mise à nu est permanente, nous proposant ainsi un miroir à peine déformé de la société. Il y a là les postes-clé d’un pouvoir qui vacille et les tenants du changement. Une dictature qui s’accroche à ses privilèges, une révolution arabe qui gronde et enfle. Des tensions qui vont rendre la vie de Nour de plus en plus difficile. Outre ses «trois purgations: les conseils beauté des chaînes arabes pour me vider la tête; la prière pour me purger l’âme; la lecture pour ne pas crever. La plupart du temps, des essais philosophiques ou sociologiques. J'en lis chaque phrase comme si toute ma vie en dépendait.» elle va trouver un soutien auprès de Slimane, un homosexuel qui va lui apporter toute son affection. Mais qu’elle va pourtant trahir parce qu’il s’est rapproché de l’un de ses clients. Roué de coups, Slimane va alors s’engager dans la bataille pour un changement de régime, animant notamment un blog vidéo sur le soulèvement «Pour que chacune et chacun ait le courage d’être. Pour dire la liberté aussi. Celle des mœurs. Celle de la pensée surtout.»
    On le voit, Rachis Benzine a construit son roman autour d’épisodes qui offrent au lecteur plusieurs niveaux de réflexion. Commençons par la place de la femme, brimée et avilie, harcelée en permanence et prisonnière de mœurs machistes qui rendent tout déplacement dangereux, y compris dans les défilés qui réclament davantage de liberté. Le niveau politique est du reste tout aussi passionnant. L’aspiration du peuple à sortir d’un système corrompu qui tente de contrôler les faits et gestes de la population à l’aide d’espions va finir par gagner, mais à quel prix? L’auteur, lucide, montre qu’il ne suffit pas d’abolir un régime pour gagner, que les lendemains de victoire peuvent aussi être très douloureux. La religion et la façon dont l’islam est dévoyé pour en faire un instrument d’oppression est aussi parfaitement analysé ici, montrant notamment combien les homosexuels ont de la peine à se faire accepter dans une telle société.
    Disons aussi un mot du niveau économique. Entre la morale et la nécessité de nourrir sa famille, on voit bien que la prostitution constitue pour des familles entières un moyen de survivre. Pour Nour, c’est aussi le moyen de payer des études de sa fille, de sortir de cette spirale infernale.
    Un roman fort et dense, un constat lucide qui sonne aussi comme un avertissement. Intelligent et salutaire!
    https://urlz.fr/ekbW

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    Couverture du livre « Dans les yeux du ciel » de Rachid Benzine aux éditions Seuil

    Littéraflure sur Dans les yeux du ciel de Rachid Benzine

    Le printemps arabe a fait tomber les tyrans mais un hiver de répression et de régression lui a succédé. La révolution populaire a été confisquée par l’armée et les islamistes : « en pleine révolution, cette société fait un tour complet sur elle-même et plonge dans son passé. Loin de vouloir...
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    Le printemps arabe a fait tomber les tyrans mais un hiver de répression et de régression lui a succédé. La révolution populaire a été confisquée par l’armée et les islamistes : « en pleine révolution, cette société fait un tour complet sur elle-même et plonge dans son passé. Loin de vouloir s’émanciper, elle veut restaurer les tabous archaïques : l’illusion d’une société musulmane idéale est plus forte que les lumières de la modernité » (p97).
    Rachid Benzine fait de cet effondrement un roman puissant dans lequel les deux personnages principaux, Nour (Malika) et Slimane, sont éclatants d’humanité. Nour est magnifique : « un corps de femme, même le plus beau du monde, c’est toujours une forteresse assiégée ». Nour est une pute. Dans son studio viennent s’échouer les âmes damnées d’une société pétrie d’hypocrisie, toute la misère sexuelle de ces hommes que la soumission et la frustration ont rendu violents. Nour fait de son mieux : « Rares sont ceux qui m’ont donné le sentiment qu’ils me quittaient vraiment ressourcés. C’est pourtant la fonction première de mon cul ». Slimane, lui, est un poète homosexuel qui n’a d’autre choix que de se prostituer pour survivre – sa verve et sa verge. Sa liberté de ton fera le bonheur de la révolte.
    Il faut avoir vécu (pas seulement voyagé) dans un pays arabe pour comprendre à quelle point la société peut imploser à tout moment. Le patriarcat, l’injustice et le retour d’idées rétrogrades minent des citoyens avides d’émancipation. La souffrance et l’inquiétude sont palpables. Rachid Benzine en montre parfaitement les symptômes.
    Ce roman est aussi une déclaration d’amour à celles qui contiennent le désir des hommes. Ils leur confient leur honte et leur désespoir. Ils les humilient et trouvent dans leur avilissement la source de leur rédemption. Que serions-nous sans les putes et les poètes ? Cela me rappelle la réponse d’un ami psychanalyste à qui j’avais demandé quels étaient ses plus grands concurrents. « Les prostituées » m’avait-il répondu.
    Bilan :