Linda Le

Linda Le
Née en 1963 au Viêt-nam, Linda Lê avoue volontiers qu'elle n'a plus une connaissance intime de sa langue natale. Le français, appris dès l'enfance, à Saigon, est devenu, sinon sa patrie, du moins un espace mouvant qui lui permet tout ensemble de se désabriter et de trouver une ancre flottante. Arrivée en France en 1977, deux ans après la fin de la guerre du Viêt-nam, elle a pris le chemin de la littérature. Après trois livres parus lorsqu'elle était très jeune, elle a publié Les Evangiles du crime dont une presse unanime a salué l'originalité exceptionnelle. En 1993, Christian Bourgois a édité son cinquième livre, le roman Calomnies (traduit et publié aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal) puis en 1995, Les dits d'un idiot. Les Trois Parques et Voix ont paru en 1998, Lettre morte en 1999, Personne en 2003, Kriss/L'homme de Porlock en 2004 et In memoriam en 2007. Elle a reçu le prix Wepler-Fondation La Poste en 2010 pour son roman Cronos et le prix Renaudot-poche en 2011 pour À l'enfant que je n'aurai pas (Nil).
Née en 1963 au Viêt-nam, Linda Lê avoue volontiers qu'elle n'a plus une connaissance intime de sa langue natale. Le français, appris dès l'enfance, à Saigon, est devenu, sinon sa patrie, du moins un espace mouvant qui lui permet tout ensemble de se désabriter et de trouver une ancre flottante. Arrivée en France en 1977, deux ans après la fin de la guerre du Viêt-nam, elle a pris le chemin de la littérature. Après trois livres parus lorsqu'elle était très jeune, elle a publié Les Evangiles du crime dont une presse unanime a salué l'originalité exceptionnelle. En 1993, Christian Bourgois a édité son cinquième livre, le roman Calomnies (traduit et publié aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal) puis en 1995, Les dits d'un idiot. Les Trois Parques et Voix ont paru en 1998, Lettre morte en 1999, Personne en 2003, Kriss/L'homme de Porlock en 2004 et In memoriam en 2007. Elle a reçu le prix Wepler-Fondation La Poste en 2010 pour son roman Cronos et le prix Renaudot-poche en 2011 pour À l'enfant que je n'aurai pas (Nil).

Avis (19)

  • Couverture du livre « Héroïnes » de Linda Le aux éditions Christian Bourgois

    0.15

    Sandrine Fernandez sur Héroïnes de Linda Le

    Amoureux de Kafka, sujet de sa thèse en cours, V. est né et a grandi au bord du lac Léman, élevé par ses parents vietnamiens en bon citoyen suisse. Du Vietnam, il ne connaît que des bribes, un pays aimé mais fui, une ville, Saïgon, véritable paradis sur terre jusqu'à l'arrivée de communistes, et...
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    Amoureux de Kafka, sujet de sa thèse en cours, V. est né et a grandi au bord du lac Léman, élevé par ses parents vietnamiens en bon citoyen suisse. Du Vietnam, il ne connaît que des bribes, un pays aimé mais fui, une ville, Saïgon, véritable paradis sur terre jusqu'à l'arrivée de communistes, et une date, le 30 avril 1975, jour noir de la chute, du désespoir, de l'enfer. Mais aussi, une voix, celle d'une chanteuse aux mélodies sirupeuses et pourtant si troublantes, si nostalgiques que même lui l'écoute les larmes aux yeux. Pourtant, la femme a mauvaise réputation, elle dit incarner le Vietnam, elle représente la luxure aux yeux de ses compatriotes. Alors que V. pense à arrêter sa thèse, il erre dans un musée où il croise une photographie de la chanteuse, vieille beauté fanée qui tente encore de séduire. Subjugué, V. entame une relation épistolaire avec la photographe. D'origine vietnamienne elle aussi, elle lui raconte ce qu'elle sait de la diva qui essaie de relancer sa carrière en France après des années d'exil aux Etats-Unis. Elle lui parle aussi d'une maquisarde en exil parce qu'elle s'est élevée contre ceux avec qui elle avait combattu. Deux femmes qui représentent les deux faces du Vietnam, le yin et le yang, la sainte et la putain et auxquelles se rajoute une troisième qui aurait la beauté de l'une et l'intégrité de l'autre.V. se passionne, s'amourache même de la photographe parisienne et découvre son pays à travers ces trois tragiques destins.

    Très bien écrit mais aussi très complexe, le dernier roman de Linda Lê est une exploration de ses racines vietnamiennes. A travers le portrait de ses héroïnes, elle dresse le portrait d'un pays déchiré et trahi. La chanteuse, sulfureuse mangeuse d'hommes, liée au Viet Cong et aux américains, véhicule encore auprès des exilés l'image d'un Vietnam idyllique et idéalisée tandis qu'ils se détournent de la maquisarde qui a cru agir pour le peuple avant de se rendre compte des abus commis par les siens et de l'instauration d'un état totalitaire et liberticide. Mais l'auteure a aussi voulu évoquer la deuxième génération, ces enfants nés en exil dont V. est un représentant emblématique. Elevé en Suisse comme un suisse par des parents nostalgique d'un pays qui n'existe plus, il a grandi sans se penser vietnamien. Il ne s'est jamais intéressé à ce pays lointain et inconnu et quand il a commencé à le faire c'est tout naturellement en se rebellant contre ses parents, en épousant un idéal communiste à l'opposé de leurs convictions. Sa rencontre virtuelle avec la photographe lui ouvre de nouvelles perspectives et lui fait connaître un autre Vietnam. Grâce aux figures féminines qu'elle lui présente, il découvre les multiples facettes du pays de ses ancêtres, le mélange d'une langueur érotique et d'une force combattante.
    Un roman ardu mais d'une beauté magnétique, à l'image de cette chanteuse qui l'illumine et l'obscurcit tout à la fois par sa force d'attraction et sa part vénéneuse. A découvrir.git sta

  • Couverture du livre « Roman » de Linda Le aux éditions Christian Bourgois

    Manuel Hirbec de LA BUISSONNIÈRE sur Roman de Linda Le

    Sur un fil narratif de haute-volée, Linda Lê livre un récit dense et intense qui explore «les territoires du rêve et de la réalité» incarnés par deux personnages que tout oppose. Un cheminement saisissant sur la corde raide de la passion, aux frontières de la folie, tenu de bout en bout par un...
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    Sur un fil narratif de haute-volée, Linda Lê livre un récit dense et intense qui explore «les territoires du rêve et de la réalité» incarnés par deux personnages que tout oppose. Un cheminement saisissant sur la corde raide de la passion, aux frontières de la folie, tenu de bout en bout par un subtil jeu de balancier.

    Jouant du glissement des situations et d'une riche palette de nuances, le nouveau roman de Linda Lê tisse une immense toile d'interrogations sur notre troublant rapport à autrui et sur notre difficile relation au monde. Qui trouvons-nous dans ceux que nous rencontrons et aimons ? Que percevons-nous d'eux ? Qu'attendons-nous d'eux ?

    Formidablement incarnée, cette toile saisissante, assemblée par un flux narratif de haute-volée aux enchaînements précis, étoffée par une progression romanesque soutenue et intense, ne manque pas non plus d'être habitée par notre rapport à littérature, territoire s'il en est du rêve et de la réalité.git sta

  • Couverture du livre « Lame de fond » de Linda Le aux éditions Points

    0.15

    Aurélie Baudrier sur Lame de fond de Linda Le

    De très belles choses dans ce livre : une belle écriture riche, des personnages intenses, des thématiques intéressantes (le deuil, la famille, l'immigration), un rebondissement en plein milieu du livre qui relance l'intérêt... Pourtant à force de trop de litanies je me suis parfois ennuyée.git sta

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