John Maxwell Coetzee

John Maxwell Coetzee

Né en 1940 en Afrique du Sud, J. M. Coetzee est romancier et traducteur. Ses romans, traduits dans plus de vingt-cinq langues, dont Michael K, sa vie, son temps et Disgrâce, sont disponibles en Points. Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2003.

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Né en 1940 en Afrique du Sud, J. M. Coetzee est romancier et traducteur. Ses romans, traduits dans plus de vingt-cinq langues, dont Michael K, sa vie, son temps et Disgrâce, sont disponibles en Points. Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2003.

Avis (14)

  • Couverture du livre « L'abattoir de verre » de John Maxwell Coetzee aux éditions Seuil

    yves MONTMARTIN sur L'abattoir de verre de John Maxwell Coetzee

    Sept textes composent ce livre, sept textes indépendants des uns des autres, comme des pièces d'un puzzle qui une fois assemblées dresse le portrait d'Élisabeth Costello une écrivaine Australienne à l'aube de sa vie, « Je suis celle qui aimait rire et ne rit plus. Je suis celle qui...
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    Sept textes composent ce livre, sept textes indépendants des uns des autres, comme des pièces d'un puzzle qui une fois assemblées dresse le portrait d'Élisabeth Costello une écrivaine Australienne à l'aube de sa vie, « Je suis celle qui aimait rire et ne rit plus. Je suis celle qui pleure ».

    Une femme têtue voir un peu déjantée qui se refuse d'abandonner sa maison de Castille malgré la pression de ses enfants John et Helen qui s'inquiètent de son isolement alors que sa santé décline, « La vérité vraie c'est que tu es en train de mourir, tu ne peux pas dire non au tic-tac de la pendule »

    Des références littéraires ou philosophiques sont mises en référence de chaque nouvelle. La fin de vie est donc un des thèmes principaux de ce livre, « Tout comme le printemps est la saison qui regarde l'avenir, l'automne est la saison qui regarde vers l'arrière. Les désirs conçus par un cerveau automnal sont des désirs d'automne, nostalgiques, entassés dans la mémoire. Ils n'ont plus la chaleur de l'été. »

    Mais l'auteur aborde aussi l'adultère et la notion de culpabilité, la beauté. Mais le plus déroutant sans doute est « L'abattoir de verre » qui donne son titre au livre. L'auteur s'interroge sur la place des animaux dans notre société et sur la souffrance animale, un parallèle audacieux avec le sort réservé à nos anciens.

    Des sept textes, celui qui m'a le plus intéressé s'intitule sobrement « Histoire », une femme heureuse en ménage prend un amant pour le plaisir d'être désirée, admirée.
    Si l'écriture douce amère est agréable à lire, je ne suis pas du tout entré dans l'univers de Coetzee.
    Je ne suis pas très friand des recueils de nouvelles, c'est un exercice difficile, bien souvent la qualité est inégale.

  • Couverture du livre « L'abattoir de verre » de John Maxwell Coetzee aux éditions Seuil

    Jean François SIMMARANO sur L'abattoir de verre de John Maxwell Coetzee

    Le prix Nobel Sud Africain de littérature est atypique. C’est sans doute ce qui lui a valu les honneurs très mérités de l’Académie de Stockholm. Son œuvre est parsemée d’exercices littéraires. Romans, Nouvelles, Fictions faussement documentaires, rapports épistolaires, l’ensemble toujours à la...
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    Le prix Nobel Sud Africain de littérature est atypique. C’est sans doute ce qui lui a valu les honneurs très mérités de l’Académie de Stockholm. Son œuvre est parsemée d’exercices littéraires. Romans, Nouvelles, Fictions faussement documentaires, rapports épistolaires, l’ensemble toujours à la frontière du discours philosophique.
    Une nouvelle fois avec « L’Abattoir de Verre », J.M.Coetzee s’adonne à un exercice de style, consistant ici à donner une unité à sept textes écrits au cours des dix dernières années.
    Le personnage principal de chacun est une femme, différente tout en étant la même. On découvre même au fil de l’eau qu’il s’agit du personnage de romancière croisée en 2006, Elizabeth Costello. A mi-parcours débute alors la confrontation d’une mère vieillissante avec ses deux enfants qui aborde avec grande délicatesse une réflexion sur le temps et la vieillesse. Ces dialogues Mère-fille puis Mère-fils qui pourraient être assimilés à des bavardages s’ils n’étaient pas aussi magnifiquement structurés et rythmés par l’intelligence, nous amènent très tranquillement vers un discours testamentaire. Pas de doute, Elizabeth Costello est bien le medium de l’auteur par lequel il distille jusqu’à une émouvante fin un traité sur le vivant, le non-vivant et l’indicible. . Autant dire que la légèreté n’est pas au rendez-vous. Sommes-nous des passeurs potentiels ou tout simplement de futures cendres ? Peut-on refuser d’être assisté et terminer une vie par des choix non conventionnels ?
    Le style, habituel chez Coetzee est concis, épuré au service d’un vocabulaire savant, dont résulte l’inimitable clarté du propos. On pourrait-être parfois chez Kundera. Mais avec un atterrissage peu romanesque sur la condition animale qui va éclairer le titre du roman, cet opus n’en est pas moins passionnant et vient rejoindre une famille qui se renforce depuis quelques années, dans laquelle il retrouve Jonathan Safran Foer, Vincent Message et Jean Baptiste Del Amo notamment.
    J’ai aimé ce que j’ai lu. Pas seulement parce que j’ai adhéré, mais aussi du fait qu’à l’heure où de grandes Bibliothèques Municipales organisent des hommages à de laborieux romanciers de gare, je me suis senti privilégié, grandi, vivant.




    Chronique des 100 pages (80)
    « L’Abattoir de Verre »
    J.M.COETZEE


    Exercice de style du prix Nobel de littérature Sud Africain qui essaie visiblement ici de donner une unité à une série de textes écrits au cours des dix dernières années.
    Le personnage principal de chacun est féminin, différent tout en étant le même. Le style, habituel chez Coetzee est concis, épuré au service d’un vocabulaire savant, dont résulte l’inimitable clarté du propos. Philosophie oblige.
    A ce stade de l’exercice nous savons d’ores et déjà que la légèreté sera rarement au rendez-vous et que les réflexions sur le temps, la vieillesse, le vivant et le non-vivant seront abordées et affrontées. Heureux d’avoir à observer le Maître poursuivre son travail jusqu’à la septième et ultime étape.

  • Couverture du livre « L'abattoir de verre » de John Maxwell Coetzee aux éditions Seuil

    Christophe ROBERT sur L'abattoir de verre de John Maxwell Coetzee

    Qui est vraiment Elizabeth Costello et quelle est sa part d’ombre et sa part de lumière ? En sept tableaux, et le mot ici prend tout son sens car il s’agit bien de composer l’image d’une femme, JM Coetzee nous permet d’approcher au plus près de l’intimité d’une femme âgée.

    Alors, les...
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    Qui est vraiment Elizabeth Costello et quelle est sa part d’ombre et sa part de lumière ? En sept tableaux, et le mot ici prend tout son sens car il s’agit bien de composer l’image d’une femme, JM Coetzee nous permet d’approcher au plus près de l’intimité d’une femme âgée.

    Alors, les nouvelles se succèdent, et comme un prisme, le focus se décale selon les âges et périodes de la vie d’Elizabeth pour éclairer différentes facettes de sa personnalité. Comme un puzzle il faut assembler le tout pour essayer d’entrapercevoir un début d’image.

    Que ce soit sa relation avec ses enfants, son travail d’écrivain, son approche de la vie, de la peur, de l’adultère, de la rédemption. Chaque nouvelle fait résonnance avec les autres. Et ce n’est qu’à la fin que l’on réalise le tour de force de l’auteur. D’abord car ces nouvelles ont été écrites à des périodes différentes (chaque nouvelle est datée) et ensuite car il y a le talent incroyable de l’auteur pour arriver à créer cette unité. Avec un style juste, précis, dépouillé du superflu, JM Coetzee taille ses textes comme des diamants. Il y a là le génie littéraire qui souffle sur ces sept textes et par ce souffle, cette grâce de l’écriture, par l’exigence du trait, épure chaque ligne.

    Il y a également la profondeur du propos et des échanges entre Elizabeth et ses enfants. On passe de la fascination à l’angoisse face à ces trois individus, campés dans leurs certitudes. Elizabeth se refuse à céder à ses enfants, ne veut pas être à leur charge et leur réclame au moins une vérité qu’ils ne peuvent lui livrer. Les enfants, inquiets de la santé de leur mère, la poussent à vivre avec eux. Les passages sur cette angoisse parent-enfant sont d’une beauté absolue. JM Coetzee dissèque dans ces échanges tout ce qui fait la relation familiale et avec une économie de mots et de détails qui rend encore plus forte la lecture.

    Un autre point fort de ce texte est de livrer les sentiments de chacun, de permettre à la mère de s’exprimer librement et aux enfants de comprendre. C’est bien ce qui fait la force d’Elizabeth, cette soif absolue de vérité, de justice et d’équité (tant au niveau de sa propre famille, que pour «l’idiot » du village, ou les chats errants etc). En contrepoint, il y l’extraordinaire écoute et la bienveillance des deux enfants, qui jamais ne vont contredire leur mère ou se confronter à elle. Mais cette bienveillance n’est au final que le corollaire de l’amour qu’elle leur porte, cet amour maternel, ce respect de la vie qu’elle a engendrée.

    J’ai été tout simplement absorbé par ma lecture : exigeant de son lecteur une attention absolue, l’auteur nous enferme dans la vie d’Elizabeth, nous cloisonne dans les chapitres de son existence et nous place à ses côtés en spectateur fasciné par son caractère. A dessiner le portrait d’une femme exceptionnelle, il fallait bien un style, cette épure qui justement nous dépouille de nos a priori et ne laisse que l’instant de grâce de la lecture.


    Explorateur de la rentrée littéraire 2018 – Mon avis de la page 100

    Le livre s’ouvre sur une courte nouvelle, sur l ‘histoire d’une femme qui n’arrive pas à cacher sa peur d’un chien. Mais s’agit-il bien ce cette peur là ? N’y a t-il pas quelque sentiment plus obscur ou symbolique dans son comportement.

    Puis, on passe sur une autre nouvelle, dans laquelle une femme adultère envisage tous les tenants et aboutissants de son aventure extra-conjugale.

    Composé donc de très courts textes, qui progressivement font corps, je reste, sur ce début du livre, subjugué par le style, précis et implacable.

    Une découverte véritable, et brillante. Un plaisir de lecture rare et précieux.

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