John Maxwell Coetzee

John Maxwell Coetzee

Né en 1940 en Afrique du Sud, J. M. Coetzee est romancier et traducteur. Ses romans, traduits dans plus de vingt-cinq langues, dont Michael K, sa vie, son temps et Disgrâce, sont disponibles en Points. Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2003.

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Né en 1940 en Afrique du Sud, J. M. Coetzee est romancier et traducteur. Ses romans, traduits dans plus de vingt-cinq langues, dont Michael K, sa vie, son temps et Disgrâce, sont disponibles en Points. Le prix Nobel de littérature lui a été décerné en 2003.

Avis sur cet auteur (15)

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    Couverture du livre « Disgrâce » de John Maxwell Coetzee aux éditions Points

    GeorgesSmiley sur Disgrâce de John Maxwell Coetzee

    J’aime beaucoup les arcs-en-ciel, ce qui n’a rien d’original, n’est-ce-pas ? C’est l’instant magique où une lumière céleste triomphe du mauvais temps qui l’a précédée. On a tous envie de figer cela dans une photographie parce qu’on sait que ça ne durera pas. C’est magique comme ce 24 juin 1995,...
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    J’aime beaucoup les arcs-en-ciel, ce qui n’a rien d’original, n’est-ce-pas ? C’est l’instant magique où une lumière céleste triomphe du mauvais temps qui l’a précédée. On a tous envie de figer cela dans une photographie parce qu’on sait que ça ne durera pas. C’est magique comme ce 24 juin 1995, où à Johannesburg, Nelson Mandela, revêtu du maillot Springbok, remet, dans la liesse générale, la Coupe du monde de rugby à quinze de ses compatriotes blancs (quatorze) et noir (un). Le monde entier découvre alors avec ravissement que les plus longues et terribles tragédies peuvent parfois se terminer en conte de Noël. La nation Arc-en-ciel, inventée par Desmond Tutu, est révélée au monde ce jour-là. Johnny Clegg, le « zoulou blanc » (Asimbonanga, vous vous souvenez ?) et ses musiciens de Savuka font chanter le stade, danser la planète tandis que les dingues de rugby détournent le regard pour essuyer une larme.
    Disgrâce date de 1999, la lumière s’est éteinte, Mandela commence à s’effacer, les lourds nuages noirs sont de retour, l’arc-en-ciel n’est plus qu’un souvenir et la nation éponyme voit ses différentes couleurs se séparer à nouveau pour recommencer à se déchirer.
    Dans un style froid, sec, distancié qui convient parfaitement au propos, le narrateur nous décrit la rapide descente aux enfers de cet enseignant vieillissant spécialiste de poésie romantique qui ne se résignait pas à renoncer au désir. Il y a bien l’amour tarifé mais si une jeune et jolie étudiante se laissait faire, ce serait tellement mieux… « Elle ne résiste pas. Elle se contente de se détourner. Elle détourne les lèvres, elle détourne les yeux. Elle le laisse l’étendre sur le lit et la déshabiller : elle lui vient même en aide en soulevant les bras et les hanches… Ce n’est pas un viol, pas tout à fait, mais sans désir, sans le moindre désir au plus profond de son être. Comme si elle avait décidé de n’être qu’une chiffe, de faire la morte au fin fond d’elle-même le temps que cela dure, comme un lapin lorsque les mâchoires du renard se referment sur son col. »
    C’est mal parti et ça va mal finir. Il y a la civilisation, ses collègues de l’université qui examinent la plainte de l’étudiante, qui condamnent avec formalisme et méthode le plaisir passé d’âge qu’elle avait pourtant laissé passer. Passé un certain âge, un âge certain plutôt, que reste-t-il à celui que les femmes plus jeunes attirent encore ? Offrir de l’argent ou de l’influence. Ce n’est pas moral, il en convient mais… « Est-ce que vous regrettez ? Est-ce que vous regrettez ce que vous avez fait ? Non, dit-il. C’était une expérience enrichissante. » Il avoue, reconnaît son forfait et disparaît. Il se réfugie chez sa fille, dans une ferme isolée, dans un espace où la peur a changé de camp, où les Blancs baissent la tête et rasent les murs comme le faisaient jadis les Noirs. Il y a la manière douce et sournoise du voisin qui étend son domaine et offre sa « protection », et il y a la manière brutale et barbare des trois violeurs. Il s’agit de souiller, de punir, de prendre une revanche. A présent, c’est sa fille qui a subi les derniers outrages (le titre anglais disgrace s’emploie également pour honte, souillure, outrage) et lorsqu’elle fait mine de s’en accommoder, comme le font, partout de par le monde, quelle que soit leur couleur de peau, ceux qui n’ont aucun espoir d’échapper à leurs tourmenteurs, il ne comprend pas, il ne voit pas le parallèle avec l’étudiante qui « avait décidé de n’être qu’une chiffe, de faire la morte ». C’est un roman d’un pessimisme très sombre qui traite des affres de la vieillesse concupiscente, de la solitude et de la violence de la société sud-africaine, à travers les non-dits et les explosions soudaines et brutales de barbarie qui peuvent frapper en totale impunité et à tout moment. Ajoutons-y, pour faire bonne mesure, la souffrance des animaux, innocents entre les innocents dont le sort terrible ne peut être adouci, avant la mort, que par un regard ou un caresse dispensée par celui qui, avant sa chute, ne leur reconnaissait aucun droit, aucune existence et qui, au fond de sa déchéance, dans un monde qui semble retourner à l’âge de fer (la quatrième de couverture qui utilise cette image n’exagère pas), n’a plus qu’eux pour exprimer la tendresse que même sa propre fille refuse. Le roman, qui se termine sur une dernière phrase accablante, est puissant, d’une richesse insoupçonnable au début de la lecture, et marque profondément le lecteur ainsi interpellé sur le monde qui vient et qui risque fort de ressembler peu ou prou à l’ex-nation arc-en-ciel. Ca ne donne pas envie de passer de prochaines vacances en Afrique du Sud mais convainc de poursuivre l’exploration de l’œuvre de J.M Cotzee.
    « Il y a dans le désespoir quelque chose qui nous rend incapable d'accepter de l'affection. »
    R. Goolrick – Arrive un vagabond.

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    Couverture du livre « L'abattoir de verre » de John Maxwell Coetzee aux éditions Seuil

    danielle cubertafon sur L'abattoir de verre de John Maxwell Coetzee

    C est un sujet très dure et je pense que le livre doit dur dur a lire l inceste est un sujet cruelle mais qui fait réfléchir un tres bon livre a decouvrir mais il doit etre très sang a lire je pense

    C est un sujet très dure et je pense que le livre doit dur dur a lire l inceste est un sujet cruelle mais qui fait réfléchir un tres bon livre a decouvrir mais il doit etre très sang a lire je pense

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    Couverture du livre « L'abattoir de verre » de John Maxwell Coetzee aux éditions Seuil

    yves MONTMARTIN sur L'abattoir de verre de John Maxwell Coetzee

    Sept textes composent ce livre, sept textes indépendants des uns des autres, comme des pièces d'un puzzle qui une fois assemblées dresse le portrait d'Élisabeth Costello une écrivaine Australienne à l'aube de sa vie, « Je suis celle qui aimait rire et ne rit plus. Je suis celle qui...
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    Sept textes composent ce livre, sept textes indépendants des uns des autres, comme des pièces d'un puzzle qui une fois assemblées dresse le portrait d'Élisabeth Costello une écrivaine Australienne à l'aube de sa vie, « Je suis celle qui aimait rire et ne rit plus. Je suis celle qui pleure ».

    Une femme têtue voir un peu déjantée qui se refuse d'abandonner sa maison de Castille malgré la pression de ses enfants John et Helen qui s'inquiètent de son isolement alors que sa santé décline, « La vérité vraie c'est que tu es en train de mourir, tu ne peux pas dire non au tic-tac de la pendule »

    Des références littéraires ou philosophiques sont mises en référence de chaque nouvelle. La fin de vie est donc un des thèmes principaux de ce livre, « Tout comme le printemps est la saison qui regarde l'avenir, l'automne est la saison qui regarde vers l'arrière. Les désirs conçus par un cerveau automnal sont des désirs d'automne, nostalgiques, entassés dans la mémoire. Ils n'ont plus la chaleur de l'été. »

    Mais l'auteur aborde aussi l'adultère et la notion de culpabilité, la beauté. Mais le plus déroutant sans doute est « L'abattoir de verre » qui donne son titre au livre. L'auteur s'interroge sur la place des animaux dans notre société et sur la souffrance animale, un parallèle audacieux avec le sort réservé à nos anciens.

    Des sept textes, celui qui m'a le plus intéressé s'intitule sobrement « Histoire », une femme heureuse en ménage prend un amant pour le plaisir d'être désirée, admirée.
    Si l'écriture douce amère est agréable à lire, je ne suis pas du tout entré dans l'univers de Coetzee.
    Je ne suis pas très friand des recueils de nouvelles, c'est un exercice difficile, bien souvent la qualité est inégale.

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    Couverture du livre « L'abattoir de verre » de John Maxwell Coetzee aux éditions Seuil

    Jean François SIMMARANO sur L'abattoir de verre de John Maxwell Coetzee

    Le prix Nobel Sud Africain de littérature est atypique. C’est sans doute ce qui lui a valu les honneurs très mérités de l’Académie de Stockholm. Son œuvre est parsemée d’exercices littéraires. Romans, Nouvelles, Fictions faussement documentaires, rapports épistolaires, l’ensemble toujours à la...
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    Le prix Nobel Sud Africain de littérature est atypique. C’est sans doute ce qui lui a valu les honneurs très mérités de l’Académie de Stockholm. Son œuvre est parsemée d’exercices littéraires. Romans, Nouvelles, Fictions faussement documentaires, rapports épistolaires, l’ensemble toujours à la frontière du discours philosophique.
    Une nouvelle fois avec « L’Abattoir de Verre », J.M.Coetzee s’adonne à un exercice de style, consistant ici à donner une unité à sept textes écrits au cours des dix dernières années.
    Le personnage principal de chacun est une femme, différente tout en étant la même. On découvre même au fil de l’eau qu’il s’agit du personnage de romancière croisée en 2006, Elizabeth Costello. A mi-parcours débute alors la confrontation d’une mère vieillissante avec ses deux enfants qui aborde avec grande délicatesse une réflexion sur le temps et la vieillesse. Ces dialogues Mère-fille puis Mère-fils qui pourraient être assimilés à des bavardages s’ils n’étaient pas aussi magnifiquement structurés et rythmés par l’intelligence, nous amènent très tranquillement vers un discours testamentaire. Pas de doute, Elizabeth Costello est bien le medium de l’auteur par lequel il distille jusqu’à une émouvante fin un traité sur le vivant, le non-vivant et l’indicible. . Autant dire que la légèreté n’est pas au rendez-vous. Sommes-nous des passeurs potentiels ou tout simplement de futures cendres ? Peut-on refuser d’être assisté et terminer une vie par des choix non conventionnels ?
    Le style, habituel chez Coetzee est concis, épuré au service d’un vocabulaire savant, dont résulte l’inimitable clarté du propos. On pourrait-être parfois chez Kundera. Mais avec un atterrissage peu romanesque sur la condition animale qui va éclairer le titre du roman, cet opus n’en est pas moins passionnant et vient rejoindre une famille qui se renforce depuis quelques années, dans laquelle il retrouve Jonathan Safran Foer, Vincent Message et Jean Baptiste Del Amo notamment.
    J’ai aimé ce que j’ai lu. Pas seulement parce que j’ai adhéré, mais aussi du fait qu’à l’heure où de grandes Bibliothèques Municipales organisent des hommages à de laborieux romanciers de gare, je me suis senti privilégié, grandi, vivant.




    Chronique des 100 pages (80)
    « L’Abattoir de Verre »
    J.M.COETZEE


    Exercice de style du prix Nobel de littérature Sud Africain qui essaie visiblement ici de donner une unité à une série de textes écrits au cours des dix dernières années.
    Le personnage principal de chacun est féminin, différent tout en étant le même. Le style, habituel chez Coetzee est concis, épuré au service d’un vocabulaire savant, dont résulte l’inimitable clarté du propos. Philosophie oblige.
    A ce stade de l’exercice nous savons d’ores et déjà que la légèreté sera rarement au rendez-vous et que les réflexions sur le temps, la vieillesse, le vivant et le non-vivant seront abordées et affrontées. Heureux d’avoir à observer le Maître poursuivre son travail jusqu’à la septième et ultime étape.