Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Joann Sfar

Joann Sfar
Dessinateur et scénariste de bande dessinée, romancier et réalisateur
de cinéma (César du meilleur premier film pour Gainsbourg, vie héroïque,
du meilleur film d'animation pour Le Chat du rabbin), Joann Sfar est
né à Nice en 1971. Intarissable raconteur d'histoires, il puise son
imaginaire délirant d... Voir plus
Dessinateur et scénariste de bande dessinée, romancier et réalisateur
de cinéma (César du meilleur premier film pour Gainsbourg, vie héroïque,
du meilleur film d'animation pour Le Chat du rabbin), Joann Sfar est
né à Nice en 1971. Intarissable raconteur d'histoires, il puise son
imaginaire délirant dans la fiction populaire (roman d'aventures, films
fantastiques.) et le folklore lié à ses origines juives qui imprègne ses
albums comme Kletzmer ou Le Chat du rabbin (la série qui l'a imposé
auprès du grand public, vendue à plusieurs millions d'exemplaires). Il
a publié chez Albin Michel L'éternel et Le plus grand philosophe de France.

Vidéos relatives à l'auteur

  • Joann Sfar, le Niçois en colère

    Bande dessinée ? Roman graphique ? Farniente ; le Niçois, le dernier roman de Joann Sfar, n’est en fait ni l'un ni l'autre. Pour en savoir plus, nous avons rencontré l'écrivain-dessinateur lors du Festival Quais du Polar 2018, dont lecteurs.com est...

  • Autour d'un verre avec Jul et sa "Planète des sages"

      Jul qui se défini comme dessinateur de presse, nous parle avec ferveur de son métier. Un entretien dans le quel transparaît sa passion, nous présentant le succès de "La planète des sages" ainsi que ses projets, succès à venir. Cela...

Articles en lien avec Joann Sfar (7)

Avis sur cet auteur (83)

  • add_box
    Couverture du livre « Petit Vampire T.2 ; Petit Vampire fait du kung-fu » de Joann Sfar et Sandrina Jardel aux éditions Delcourt

    Marilyne_fgeek sur Petit Vampire T.2 ; Petit Vampire fait du kung-fu de Joann Sfar - Sandrina Jardel

    Après s'être fait casser la figure, Michel veut apprendre le Kung Fu. Petit Vampire l'aide alors en lui présentant un moine Shaolin planqué dans un tableau du manoir.

    Les enfants ont adoré l'histoire ainsi que mes imitations des personnages. On a pris le temps à la fin de revenir sur la...
    Voir plus

    Après s'être fait casser la figure, Michel veut apprendre le Kung Fu. Petit Vampire l'aide alors en lui présentant un moine Shaolin planqué dans un tableau du manoir.

    Les enfants ont adoré l'histoire ainsi que mes imitations des personnages. On a pris le temps à la fin de revenir sur la morale. Bref on a adoré !

  • add_box
    Couverture du livre « Le niçois ; fashion week » de Joann Sfar aux éditions Dargaud

    Bd.otaku sur Le niçois ; fashion week de Joann Sfar

    « Les bijoux de la Kardashian »
    Toute ressemblance avec des personnages ayant existé n'est … absolument pas fortuite ! Joann Sfar s'est librement inspiré pour son personnage haut en couleur, Jacques Merenda, du politicien Jacques Médecin (qui fut maire de Nice de 1966 à 1990 et dut quitter ses...
    Voir plus

    « Les bijoux de la Kardashian »
    Toute ressemblance avec des personnages ayant existé n'est … absolument pas fortuite ! Joann Sfar s'est librement inspiré pour son personnage haut en couleur, Jacques Merenda, du politicien Jacques Médecin (qui fut maire de Nice de 1966 à 1990 et dut quitter ses fonctions et partir en Amérique du Sud pour échapper à la prison pour corruptions) dans deux de ses romans : « le Niçois » et « Farniente ». Il en fait pour la première fois un héros de bande dessinée. Ce premier album a pour cadre la Fashion Week et brode autour du fait divers qui défraya la chronique à l'automne 2016 : la séquestration de Kim Kardashian – baptisée ici Kim Kestechian –dans un hôtel de luxe parisien et le vol de ses bijoux pour un montant de 9 millions d'euros par un gang de papys braqueurs dont font ici partie le Niçois et son amoureuse Loulou Crystal.

    Ce n'est pas la première fois que Joann Sfar prend appui sur la réalité y compris pour le tome 2 du Niçois « Farniente » qui avait pour contexte le 14 juillet et les attentats de Nice ou qu'il s'intéresse à la célébrité puisqu'il s'agissait du sujet principal du biopic qu'il consacra à Gainsbourg dans « Gainsbourg vie héroïque». le rocambolesque cambriolage avait en outre déjà donné lieu à une adaptation en bande dessinée : « Les bijoux de la Kardashian » en 2019 écrite par deux journalistes d'investigation François Vignolle et Julien Dumond et dessinée par Grégory Mardon. Ces trois auteurs avaient pris le parti d'effectuer une reconstitution presque naturaliste et très détaillée du braquage car ils avaient eu accès aux différents PV d'audition et de surveillance et reconstitué au plus près la chronologie et le rôle de chacun dans l'affaire. Ils avaient aussi choisi de mettre en scène, sans misérabilisme, le décalage existant entre le monde pailleté de la starlette de la téléréalité et la banlieue grise des braqueurs. Enfin, ils s'intéressaient surtout à l'enquête de la BRB (brigade de répression du banditisme) dans une écriture documentaire et presque clinique accompagnée d'un dessin sans fioritures.

    Ce n'est pas ce que retient Sfar dans sa « Fashion Week ».Il déclare dans « Paris Match » qu'au moment du casse , il trouvait que « les gens riaient de choses pas drôles du tout : la fragilité de cette femme braquée par un flingue. Elle a sans doute vécu la pire nuit de sa vie. Mais par contre, tout ce qu'il y avait autour (l')a fait marrer. le fait que les gars soient partis en vélib, qu'ils aient fait tomber des bijoux, que l'un d'eux a frôlé la crise cardiaque en faisant du vélo à 60 ans ». Il apprécie donc le côté « bigger than life » de l'anecdote et va s'en donner à coeur joie dans un style à la Audiard.

    Les papys flingueurs

    On connaissait l'écriture truculente de l'auteur du « Chat du rabbin ». Ici , il va donner libre cours à sa verve comique et se mettre sous l'égide à la fois d'Audiard et de San Antonio . Ceci est perceptible dès la publicité de lancement de l'album qui parodie une Une de « Closer » ou de « Gala » et surtout dans la 4e de couverture qui présente les protagonistes dans des bandeaux à la manière du générique des « Barbouzes » avec leur surnom accompagné de quelques lignes savoureuses.

    Ses personnages sont haut en couleur. Il y a vraiment des textes parfois bien sentis et émaillés de punchlines à commencer par le monologue d'ouverture de Loulou Crystal qui fait preuve de beaucoup de gouaille. Chacun est doté d'une « parlure » qui lui est propre : qu'il s'agisse de Mamy Driver qui téléphone sans cesse à sa soeur au village, de Formidable Bouchacha qui est doté d'une politesse surannée, de Kabour le mac de l'hôtel qui parle comme un rappeur ou du Niçois qui manie un langage phallocrate qui fleure bon le Bébel des années 60.

    Ces caractéristiques de la voix off du journal de Loulou Crystal et des dialogues imagés des phylactères sont également mis en valeur de façon paradoxale par une technique traditionnellement sage : l'aquarelle. Ici ces dessins « lâchés » aux couleurs acidulées donnent à la fois une impression de rapidité , comme les croquis des carnettistes, et également de liberté.

    Enfin, on remarquera comme chez Audiard et Frédéric Dard, une tendance à la satire. Sfar n'épargne rien – à commencer par les chaînes d'info continu ou le service de sécurité parallèle de l'Elysée -- ni personne : les fashionistas comme Soko ,Cara Delavigne ou Beyoncé sont rebaptisées Koko (comme un perroquet aux formules creuses) ou deviennent Cracra Delapigne et Bifoncé. Il se livre même à l'autodérision et se met en scène comme l'un des bras cassés, chauffeur de VTC de luxe parce qu'il n'arrive pas à percer dans la bd , doté d'une coupe mulet que même Mel Gibson n'aurait osé abordé dans ses films des années 80.

    Sfar semble alors rimer avec jubilatoire… Cependant l'album ne tient pas ses promesses car si tous les ingrédients sont là, la mayonnaise ne prend pas et l'ensemble se transforme en une salade niçoise.

    Salade niçoise

    Ce gros album (160p), reste avant tout un objet littéraire hybride. Un peu comme « Gainsbourg hors champ » ce condensé de quarante carnets composés aussi bien de dessins réalisés au cours de la phase préparatoire du film que d'après nature, sur le plateau qui n'était ni véritablement le script, ni le story-board, ni même un résumé détaillé de la vie de Gainsbourg. Ici, on hésite en permanence entre roman illustré et bande dessinée avec une voix off omniprésente et envahissante : les cases sont littéralement mangées par le texte qui l'envahit et gêne la lisibilité.

    L'ensemble est beaucoup trop bavard et multiplie des intrigues inutiles : l'insuccès du chauffeur Sfar comme auteur de bande dessinée s'étire de façon lassante et répétitive, les amours saphiques de loulou Crystal n'apportent rien sauf un peu de voyeurisme bon marché. L'humour lui-même devient très lourd en se fondant sur le scatologique - ça ne pétarade pas mais ça pète allégrement, Loulou travaille pour la compagnie Tushipassankafé …- et digne des cours de récrés (on a même une référence au succès inter-préaux « un dimanche matin avec ma putain » !)

    Finalement tout cela aboutit à une pochade brouillonne alors qu'il y avait du potentiel dans l'anecdote, dans les portraits mais également dans l'histoire du poilu et des autres fâcheux qui rappelle la mécanique des films d'Audiard mais aussi les ressorts comiques de « Jo » avec de Funès. L'ensemble est desservi par un travail trop paresseux : les dessins fonctionnent en redondance et se contentent d'illustrer les propos. On aurait aimé davantage d'innovations dans le cadrage et dans le découpage .

    Paradoxalement, les premiers mots du texte en soulignent les défauts : Sfar joue sur l'homophonie et écrit à la place de « Loulou Crystal's Diary » ( le journal de Loulou Crystal) « Loulou Crystal's diarrhea » : (la diarrhée de Loulou Crystal). Et c'est vrai que malheureusement l'ensemble se transforme parfois en logorrhée verbale ! Il faudrait sabrer la voix off pour en garder l'essentiel et les bons mots ; resserrer les intrigues pour donner davantage de rythme ; varier les cadrages pour que ce soit inventif et déjanté.


    Sfar travaille déjà avec Marion Festraëts sur l'adaptation cinématographique de cet album. On est impatient de découvrir sa gestion du découpage et de l'ellipse, son dosage entre volubilité et place laissée à l'ambiance sonore ; ses choix de lumière et ses cadrages….bref, finalement « Fashion Week », la bande dessinée, constitue un beau brouillon pour le film qui va en être tiré. Je remercie Joann Sfar, les éditions Dargaud et Net galley de m'avoir permis de le lire.

  • add_box
    Couverture du livre « Les fabuleuses aventures d'Aurore t.1 » de Joann Sfar et Douglas Kennedy aux éditions Pocket Jeunesse

    Louis donne son avis sur Les fabuleuses aventures d'Aurore t.1 de Joann Sfar - Douglas Kennedy

    Autrefois dramaturge, hier essayiste, depuis longtemps romancier, Douglas Kennedy a bien des casquettes mais ne s'était encore jamais frotté, à ma connaissance, à l'exercice. Fidèle à lui-même, il n'a pas fait les choses à moitié et à décidé de confier les illustrations de cette première...
    Voir plus

    Autrefois dramaturge, hier essayiste, depuis longtemps romancier, Douglas Kennedy a bien des casquettes mais ne s'était encore jamais frotté, à ma connaissance, à l'exercice. Fidèle à lui-même, il n'a pas fait les choses à moitié et à décidé de confier les illustrations de cette première incursion dans le roman jeunesse à un artiste au talent aussi protéiforme que le sien : Joann Sfar. Cinéaste ("Gainsbourg, vie héroïque", "Le chat du rabbin") et écrivain ("Comment tu parles de ton père"), l'homme est surtout un grand bédéaste à qui l'on doit "Petit vampire", "Sardine de l'espace" et bien entendu "Le chat du rabbin". L'association de ces deux univers singuliers promettait sur le papier, elle fait des étincelles sur ce projet.

    Francophone, francophile, l'auteur américain a décidé de situer son récit dans nos contrées, en l'occurrence à Fontenay-sous-Bois, un choix surprenant qui montre l'audace de Kennedy, mais également son attachement pour notre pays. Pour l'anecdote, l'auteur est venu présenter son "Aurore" aux habitants de la ville durant la tournée promotionnelle.

    Si le lieu de l'intrigue joue la carte de l'originalité et que Douglas Kennedy s'aventure sur un terrain littéraire qu'il n'a jamais foulé, il a en revanche choisi d'aborder un sujet qu'il connaît bien : l'autisme. Son fils Max étant lui-même autiste, son expérience de père l'a sans doute grandement aidé lorsqu'il a donné vie à son Aurore. Son héroïne a un regard différent sur le monde, mais est d'une authenticité indéniable.

    Dans nos sociétés conformistes, normalisées, soucieuses que rien ne sorte du cadre, le regard de l'autre est aussi fondamental que discriminant. La différence inspire chez les êtres dénués d'empathie - et ils sont nombreux - le rejet, l'exclusion, occasionnent parfois des formes de harcèlement. Il en est question ici - pas uniquement à travers le prisme de l'autisme - mais le roman n'est pas pessimiste pour autant, bien au contraire ! Aurore est une enfant pleine de vie, originale, avec un mode de pensée et d'expression qui n'appartient qu'à elle, mais ce n'est pas une victime. La différence inspire chez les êtres dénués d'empathie - et ils sont nombreux - le rejet, l'exclusion, occasionnent parfois des formes de harcèlement. Non seulement, elle dispose du don de "voir derrière les yeux des gens" mais surtout elle a une imagination sans limite et un sens de l'amitié sans faille.


    Toutes ces qualités vont faire d'elle une enquêtrice hors pair, au flair enviable et aux raisonnements implacables. Si l'énigme en elle-même s'appuie avant tout sur la charge émotionnelle du sujet, l'originalité du personnage pourrait aisément justifier une série de romans jeunesse avec des enjeux plus dépaysants même s'il est important que le cadre inédit ainsi que la particularité d'Aurore demeurent au centre de chaque roman.

    "Les fabuleuses aventures d'Aurore", ce sont également différents niveaux de lecture, les clins d'œil à la Littérature, un imaginaire foisonnant mis en valeur par des illustrations qui subliment les moments clef du roman par un sens du détail et des couleurs. Tout cela donne lieu à une lecture agréable et si fluide qu'en à peine deux heures, le roman est terminé.

    Par son sujet, la qualité du récit comme des illustrations, ce roman est l'occasion de partager un moment de lecture en famille. Il y a en effet suffisamment de matière dans cette première aventure pour aborder avec les enfants plusieurs questions existentielles non dénuées d'intérêt.

  • add_box
    Couverture du livre « Le dernier juif d'Europe » de Joann Sfar aux éditions Albin Michel

    Cécile sur Le dernier juif d'Europe de Joann Sfar

    Complètement barré, ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit en refermant ce roman de Joann Sfar. Mais du barré qui me plaît, du barré qui ne se prend pas la tête.
    Un vétérinaire homosexuel sur le point de se marier avec son partenaire, son père qui n'en peut plus d'être juif et se...
    Voir plus

    Complètement barré, ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit en refermant ce roman de Joann Sfar. Mais du barré qui me plaît, du barré qui ne se prend pas la tête.
    Un vétérinaire homosexuel sur le point de se marier avec son partenaire, son père qui n'en peut plus d'être juif et se fait remettre le prépuce, un vampire en psychanalyse, une psychanalyste de monstres, une rabbine anglaise, tout ce petit monde va se réunir pour combattre le monstre de haine qui menace Paris.
    Lecture jouissive et enthousiasmante, même si je me suis parfois perdue dans les nuances de l'histoire.
    Le mouvement des gilets jaunes, le mécontentement général des derniers mois, les partis politiques, la haine sous couvert d'humour, Joann Sfar n'épargne rien ni personne. Mais il y a aussi beaucoup de tendresse dans ce roman, de la tendresse pour ses personnages dont on retrouve les portraits crayonnés entre les chapitres.
    Il y a également un petit clin d'œil à Mathias Malzieu, que j'ai particulièrement adoré.
    Finalement, en lisant Le dernier juif d'Europe, on se demande où on va et quand on y arrive on est bien.