Jean-Bernard Pouy

Jean-Bernard Pouy
Par Jean-Bernard Pouy, grand nom du polar, Serge Bloch, détourneur d'images et Anne Blanchard, ex-éditeur universitaire.

Avis (21)

  • add_box
    Couverture du livre « Ma ZAD » de Jean-Bernard Pouy aux éditions Gallimard

    Marie-Laure VANIER sur Ma ZAD de Jean-Bernard Pouy

    Pourquoi n'avais-je jamais ouvert un livre de Jean-Bernard Pouy ? Il n'en est pas à son premier pourtant ! Et quel délice, quelle langue! Bon, allez, autant le dire tout de suite, je me suis régalée.
    Si vous avez certainement entendu parler de la ZAD du barrage de Sivens et de...
    Voir plus

    Pourquoi n'avais-je jamais ouvert un livre de Jean-Bernard Pouy ? Il n'en est pas à son premier pourtant ! Et quel délice, quelle langue! Bon, allez, autant le dire tout de suite, je me suis régalée.
    Si vous avez certainement entendu parler de la ZAD du barrage de Sivens et de Notre-Dame-des-Landes (au fait, ZAD signifie Zone d'Aménagement Différé, devenue Zone À Défendre pour les zadistes), vous ne connaissez peut-être pas encore celle de Zavenghem (Hauts-de-France) où un projet de plateforme multimodale est prévu pour accueillir les innombrables conteneurs venant du port de Dunkerque. Cela signifierait aussi l'ouverture d'usines, des camions et, bien évidemment, du bétonnage en veux-tu en voilà...
    Adieu les salamandres, les crapauds et les fleurs des champs !
    J'oubliais... les fermes et les familles qui y vivent depuis belle lurette.
    Et ça tombe mal parce que la ferme de Camille est précisément à cinq kilomètres de ce lieu, et même si, au début, il a milité gentillet, comme ça, pour voir… maintenant, il se sent vraiment plus utile auprès des zadistes qu'ailleurs.
    Que je vous présente Camille Destroit : il bossait (oui car ça, c'était avant la ZAD), il bossait donc à l'hyper Écobioplus de Cassel où il était « responsable des achats frais » - il cherchait des fournisseurs locaux et bio de préférence - mais il s'est fait virer parce qu'il a eu des ennuis avec la justice (à cause de la ZAD). Quarante balais, plus de boulot, plus de nana (Marie est partie), on a mis le feu à sa grange et en plus, il vient de se faire tabasser par des crânes rasés : bref, le moral est totalement en berne.
    Or, il va rencontrer Claire, une zadiste, qui va l'aider à retrouver un semblant de sens à son existence et à reprendre la lutte contre l'ennemi juré : la famille Valter, Valter & frères, l'entreprise de BTP qui doit construire la fameuse plateforme multimodale (propriétaires aussi de l'Écobioplus, si vous voyez ce que je veux dire…)
    Et puis, Camille a le coeur qui bat pour Claire. Elle pourrait lui demander la lune, il irait la chercher. Et… c'est bien ça le problème….
    Quelles sont les vraies motivations de Claire ? Camille n'est-il pas en train d'être manipulé par cette belle rousse qui le trouble de plus en plus ? Qui est cette fille et d'où vient-elle ?
    Comme je vous le disais, j'ai vraiment beaucoup aimé Ma ZAD : le personnage de Camille, plutôt tourmenté, particulièrement attachant, et celui de Claire qui demeure longtemps assez mystérieux. Il y a un très bon suspense qui tient le lecteur jusqu'au bout du roman (qu'on lit d'une traite!) Et … la langue : Jean-Bernard Pouy est un jongleur : les mots volent, les expressions fusent, tout est poésie dans ce texte. Métaphores, jeux de mots, gouaille populaire, références culturelles se mêlent et s'entremêlent sur un rythme effréné et bien sûr, ajoutez à cela, une bonne dose d'humour, et des envolées perso contre tout ce qui énerve l'auteur au plus haut point ! En un mot : c'est JUBILATOIRE !
    Et les dernières pages vous laissent sur le cul, le ventre noué ! Vrai !
    Allez, je vous laisse avec Camille et son chat Glütz.
    Je les adore tous les deux. Vraiment !
    Un polar social et engagé qui donne envie de lever à la fois le poing et .. le coude !

    LIRE AU LIT le blog

  • add_box
    Couverture du livre « Ma ZAD » de Jean-Bernard Pouy aux éditions Gallimard

    Bill sur Ma ZAD de Jean-Bernard Pouy

    Camille Destroit, la quarantaine, est responsable des achats produits frais dans un hypermarché du nord de la France.

    Accessoirement il détourne une partie des produits pas vraiment plus frais et autres rebuts du supermarché, pour alimenter la ZAD voisine.

    Orphelin suite à l'accident de...
    Voir plus

    Camille Destroit, la quarantaine, est responsable des achats produits frais dans un hypermarché du nord de la France.

    Accessoirement il détourne une partie des produits pas vraiment plus frais et autres rebuts du supermarché, pour alimenter la ZAD voisine.

    Orphelin suite à l'accident de voiture qui a tué ses parents, il occupe la ferme familiale aux bâtiments bien trop grands pour lui seul ... et il se retrouve àhéberger les évacués par la force de la ZAD.

    Parmi eux, la jeune Claire qui fera battre un peu plus fort le cœur de Camille qui ira très loin pour elle ...

    A-t-il été manipulé ou s'est il monté la tête tout seul ... toujours est-il que ses aventures seront bien rocambolesques ...

    Un roman qui m'a réconciliée avec ce Papou que je devrais ré-écouter :)

  • add_box
    Couverture du livre « Ma ZAD » de Jean-Bernard Pouy aux éditions Gallimard

    ronan besnard sur Ma ZAD de Jean-Bernard Pouy

    Pouy est un génie.

    Quinze lignes après le 1er mot, vous êtes embarqués. Dans ce livre là comme dans les autres.

    Pouy est un génie, lisez le.

    Et si vous le croisez, remerciez le.

    Pouy est un génie.

    Quinze lignes après le 1er mot, vous êtes embarqués. Dans ce livre là comme dans les autres.

    Pouy est un génie, lisez le.

    Et si vous le croisez, remerciez le.

  • add_box
    Couverture du livre « Ma ZAD » de Jean-Bernard Pouy aux éditions Gallimard

    yannick provost sur Ma ZAD de Jean-Bernard Pouy

    Ma ZAD est un vrai roman populaire noir, bourré d’humour noir, gris, de jeux de mots à la con, à deux balles (personnellement j’adore) et bien entendu chargé à bloc d’humanisme, (on est tout de même loin de la morale bienpensante actuelle). Pouy reste un libertaire dans l’âme et à 70 balais a...
    Voir plus

    Ma ZAD est un vrai roman populaire noir, bourré d’humour noir, gris, de jeux de mots à la con, à deux balles (personnellement j’adore) et bien entendu chargé à bloc d’humanisme, (on est tout de même loin de la morale bienpensante actuelle). Pouy reste un libertaire dans l’âme et à 70 balais a la grosse niak.
    Sa Zone A Défendre est bien entendu une assertion, une critique de notre bonne société. Certes le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et les autres ZAD qui fleurissent sont d’actualité. Donc facile pour poser le décor. Mais c’est à travers les errements de son personnage principal Camille Destroit, un quadra qui ne s’est jamais vraiment battu que la critique arrive. Ce responsable des achats du rayon frais d’un hyper bio du le nord de la France a un karma de daube. Si les emmerdes volent en escadrille, il n’est pas prêt de redescendre. Le hangar où cette bonne âme stockait des bricoles pour ses copains zadistes part en fumée. Il est licencié dans la foulée. Sa copine le quitte et il se fait passer à tabac par des skins. Bref c’est le moment pour Camille de chercher un nouveau sens à sa vie pour ne plus être en proie à ses doutes, ses remises en cause. La jeune Claire est là pour lui insuffler énergie et nouvelles résolutions. C’est nécessaire, d’autant que les Valter brother’s sont bien décidés à exproprier les fermes qui entourent leur projet de construction de plateforme logistique gigantesque quitte à employer des bas besogneux aux méthodes discutables.
    Alors oui. C’est presque facile. Ça fleurte avec l’actualité. Mais c’est parfois jouissif. L’écriture de Pouy est toujours aussi franche. Elle se taille la part du lion dans un verbiage parfois burlesque. Je pouffe. Tu pouffes. Ces 200 pages digressent à tout va comme la vie de Camille. Ça se chicane, ça part en vrille, mais ça revient dans les clous. Car Pouy a de l’amour pour ses personnages. Ils sont leur cœur de ses livres. Ma ZAD, c’est celle de Camille. Ce personnage qui se sent renaitre, forgé d’espoir avec une naïveté déconcertante dans un environnement aussi obscur. Car c’est bien la force de JB Pouy. Associer la déconne littéraire au désenchantement. Savoir être sérieux à grandes lampées d’humour noir. Souvent incisif, parfois spontané, ce roman est subversif et offre à son auteur une nouvelle possibilité de transmettre ses idées.
    La plume de Pouy, pour peu qu’on la déflore un peu, qu’on lui ôte ses atouts de dérision immorale, de raillerie dévergondée et de joyeux foutraque, est aussi sérieuse qu’émouvante matinée. Sa verve sous une pointe de cynisme est robuste. Son éloquence montre une ferme résistance. Alors oui, ce livre a un côté « poil à gratter, je pète dans la soupe ». Il peut en gêner plus d’un. Mais, juste pour la maitrise du dernier chapitre pour l’envolée jouissive, rien que pour ça, Ma ZAD occupe bien le terrain.

Ils le suivent

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !