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J. M. Erre

J. M. Erre
J. M. Erre est professeur à Sète. Il est l'auteur, entre autres romans de Prenez-soin du chien (2006). Son dernier roman, Le Mystère Sherlock (Buchet/Chastel, 2012), a été remarqué par la critique et le public.

Articles en lien avec J. M. Erre (4)

Avis sur cet auteur (87)

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    Couverture du livre « Le bonheur est au fond du couloir à gauche » de J. M. Erre aux éditions Buchet Chastel

    Marie Jouvin sur Le bonheur est au fond du couloir à gauche de J. M. Erre

    Nous avons définitivement besoin de sourire dans l'infinie solitude du couvre-feu, n'est-ce pas ? J'ai lu le bonheur est au fond du couloir à gauche de J.M Erre publié aux éditions Buchet Chastel, et si vous ne trouviez rien d'agréable à la neurasthénie, il est toujours temps de changer...
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    Nous avons définitivement besoin de sourire dans l'infinie solitude du couvre-feu, n'est-ce pas ? J'ai lu le bonheur est au fond du couloir à gauche de J.M Erre publié aux éditions Buchet Chastel, et si vous ne trouviez rien d'agréable à la neurasthénie, il est toujours temps de changer d'avis.
    Cela fait des années que Michel H. est un grand mélancolique. Ce petit monde jonché d'égo bascule le jour où sa compagne Bérénice s'en va après trois magnifiques semaines de vie commune. Comment est-ce possible ? Elle ne l'avait insulté que deux ou trois fois de « taré », pas plus. Face à cette situation dramatique, Michel se donne douze heures pour reconquérir l'amour de sa vie, douze heures pour devenir heureux. Tout doit y passer, les marabouts, les guides de développement personnel, et pourquoi pas ce psychothérapeute québécois qui jure donner une technique infaillible afin de récupérer son âme-soeur, le tout pour seulement 49,99 euros ?
    J'ai ri, ri, et encore ri. En littérature, j'apprécie particulièrement les tons bien différents que l'on peut trouver lorsque l'on souhaite faire de l'humour. La palette est large. Ici, l'humour est léger tout en étant terriblement noir et décadent. Un coté « fin-de-siècle » qui me plait vraiment ( bonjour Michel Houellebecq ! ). le narrateur nous emporte avec lui dans sa folie, ou devrais-je dire… sa vision de la vie ?
    Pour les adeptes de psychanalyse, le déni vous est servi sous une cloche en argent, alors sortez vos écrits freudiens car c'est tout aussi jouissif qu'un pyjama chaud au sortir de la machine à laver. J'ai complètement adhéré à la psychologie de ce narrateur déroutant et fascinant à la fois. Une déraison absolue l'anime, sublimée par les multiples péripéties qui nous laissent en haleine tout au long du roman. L'intrigue est vivante, totalement burlesque, presque théâtrale. La satyre du feel-good comme arme de la pensée-néant en ravira sûrement certain(es).
    La mélancolie n'a jamais été aussi électrique que sous la plus de J.M Erre qui nous livre ici un roman loufoque, humoristique, et profondément vrai sur notre mal du siècle.

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    Couverture du livre « Le bonheur est au fond du couloir à gauche » de J. M. Erre aux éditions Buchet Chastel

    Marie Hélène Fasquel sur Le bonheur est au fond du couloir à gauche de J. M. Erre

    Bérénice - au nom prédestiné - nous entraîne dans une tragi-comédie lorsqu'elle decide de quitter Michel H. (eh oui, il ne la répudie pas) avec ces mots...
    "Michel , je te laisse mes bouquins."
    "C’est grâce à eux que j’ai trouvé la force de te quitter. Ils pourront t’être utiles, espèce de...
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    Bérénice - au nom prédestiné - nous entraîne dans une tragi-comédie lorsqu'elle decide de quitter Michel H. (eh oui, il ne la répudie pas) avec ces mots...
    "Michel , je te laisse mes bouquins."
    "C’est grâce à eux que j’ai trouvé la force de te quitter. Ils pourront t’être utiles, espèce de taré."
    Mais quid de la réaction du sus-nommé ?
    Eh bien, la voilà, dans toute sa splendeur :
    "Quand l’Amour s’en va, on ne réfléchit pas, on agit. Pas une seconde d’hésitation : je prends un Lexomil."
    Notre Michel, truculent anti héros, dépressif de naissance, incapable de comprendre les messages les plus simples (pour notre plus grand plaisir), prenant des décisions en se basant sur les citations les plus diverses de penseurs et écrivains célèbres, classiques ou moins classiques..., nous offre une plongée en apnée dans son monde intérieur farfelu.
    J’hésite à me lever, car Pascal a écrit : "Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre."
    Notre protagoniste va sur YouTube regarder des vidéos de campagnes électorales... Si, si !
    Nous le suivons donc dans une aventure étonnante, nous sommes fascinés par ses déductions fantaisistes et par les lectures étonnantes de sa dulcinée (ayant presque toutes trait au bonheur), et pour terminer : nous en redemandons !
    L'auteur nous embarque dans une histoire folle et en profite pour nous proposer des réflexions sur la littérature de divers styles et époques, sur les ouvrages de développement personnel, sur la crédulité de certains, sur la vie de couple, et bien sûr sur ce bonheur qui semble si élusif en France !
    J.M. Erre nous a habitués à un humour décapant et nous ne sommes pas déçus par ce nouveau roman surréaliste ! ( En tout cas au protagoniste extraordinaire et effectivement complètement "taré"... - anagramme de "raté" ? -).
    Un hommage affectueux à Michel Houellebecq, grand dépressif célèbre.
    Hilarant de la première à la dernière page !

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    Couverture du livre « Le bonheur est au fond du couloir à gauche » de J. M. Erre aux éditions Buchet Chastel

    Chantal YVENOU sur Le bonheur est au fond du couloir à gauche de J. M. Erre

    Le récit d’un doux dingue comme on les aime.


    La rupture a été brutale, mais dans la tête du narrateur, c’est juste un malentendu et reconquérir Bérénice nécessite simplement quelques ajustements. Google est ton ami, ou ton pire ennemi quand tu gobes tout au premier degré ! Des ouvrages de...
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    Le récit d’un doux dingue comme on les aime.


    La rupture a été brutale, mais dans la tête du narrateur, c’est juste un malentendu et reconquérir Bérénice nécessite simplement quelques ajustements. Google est ton ami, ou ton pire ennemi quand tu gobes tout au premier degré ! Des ouvrages de développement personnel laissés comme autant de pistes par sa douce, aux innombrables suggestions d’aide en ligne, le champ de possibles crée un large éventail de dérives. Avec une candeur désopilante, le héros (!) entame une descente aux enfers dont il est le seul à ne pas mesurer l’importance.

    C’est drôle, déjanté. On n’est pas loin de l’univers de Fabrice Caro dont les personnages affichent le même type de naïveté indestructible. Et pourtant avec un peu de recul, la solitude, l’exclusion sociale, la difficulté de vivre à deux tout cela transparaît dans un univers où les recettes que proposent la gluante toile d’araignée d’internet n’est qu’un leurre d’autant plus dangereux qu’attirant. L’humour est un bouclier efficace pour mettre en lumière nos failles, sans plomber l’ambiance.

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    Couverture du livre « Le bonheur est au fond du couloir à gauche » de J. M. Erre aux éditions Buchet Chastel

    Joëlle Guinard sur Le bonheur est au fond du couloir à gauche de J. M. Erre

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/02/le-bonheur-est-au-fond-du-couloir.html

    " N'ayez pas peur du bonheur; il n'existe pas " - Michel Houellebecq

    Enfant triste, adolescent cafardeux avant de devenir un adulte neurasthénique, Michel H., vingt-cinq ans, a toujours montré une...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/02/le-bonheur-est-au-fond-du-couloir.html

    " N'ayez pas peur du bonheur; il n'existe pas " - Michel Houellebecq

    Enfant triste, adolescent cafardeux avant de devenir un adulte neurasthénique, Michel H., vingt-cinq ans, a toujours montré une fidélité sans faille à la mélancolie. Il dit avoir pleuré tous les jours de son existence, en effet ses troubles de l'humeur sont apparus environ une demi-heure après sa naissance, lors de la première tétée. Il se qualifie lui-même de parasite velléitaire et de dépressif suicidaire. Lorsqu'après trois semaines de vie commune, sa compagne Bérénice le quitte en le traitant de taré, que peut-il faire ? Chercher des conseils pour réussir son suicide? Continuer à se gaver d'anxiolytiques et d'anti-dépresseurs? Trouver le chemin du bien-être intérieur pour récupérer Bérénice? Il se donne douze heures pour trouver la recette du bonheur sur internet, à la télé et enfin dans la lecture des traités de développement personnel traitant de l'art d'être heureux que Bérénice a laissés chez lui.

    Pendant ce laps de temps, il doit aussi faire face à ses voisins dont l'intrusif monsieur Patusse qui s'est donné pour mission d'assurer "la veille sanitaire et citoyenne" de l'immeuble en guettant le moindre de ses faux pas.

    Voilà un livre rare tant les sujets traités en littérature sont généralement graves. J'ai souvent du mal à apprécier les livres qui se veulent drôles et qui m'arrachent la plupart du temps à peine un sourire. J'ai trouvé ce roman de J.M. Erre jubilatoire, je me suis rarement autant amusée à la lecture d'un livre.
    Truffé de références littéraires et philosophiques, ce roman offre une délicieuse critique de notre société, il se moque des discours de campagne électorale, de la publicité, des experts de BFM, de la presse, de Macron ("notre guide Emmanuel"), des psy, de Houellebecq ("mon humoriste préféré"), de l'injonction du bonheur "réussir ses études, sa carrière, son couple, sa sexualité, ses enfants. Réussir sa réussite programmée." Il n'épargne rien ni personne mais s'attaque surtout aux manuels du bonheur qui vantent leurs méthodes pour accéder au bien-être par la diététique, le sport... Il nous offre des passages croustillants sur le best-seller international "Le rangement, c'est maintenant" selon lequel "à chaque objet éliminé, tes poumons psychiques s'ouvrent un peu plus à l'oxygène du bonheur."
    Une vision décalée et critique de certains aspects de notre société contemporaine passés au scalpel de l'humour noir. C'est drôle, fin, enlevé, très maîtrisé et bien écrit. Ça fuse à chaque page, il est impossible de noter toutes les trouvailles loufoques de l'auteur. L'intrigue et le rire tiennent sur la longueur de ce roman qui démarre sur les chapeaux de roue. Un régal d'humour intelligent. Un roman savoureux qui fait un bien fou.