Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Hiroki Takahashi

Hiroki Takahashi
Hiroki Takahashi est né en 1979 dans la province d'Aomori, décor de son roman. En parallèle de son activité de professeur, il est musicien dans un groupe de rock et, bien sûr, auteur. Il s'est fait connaître avec la trilogie Yubi no hone, qui retrace le quotidien de soldats japonais pendant la Se... Voir plus
Hiroki Takahashi est né en 1979 dans la province d'Aomori, décor de son roman. En parallèle de son activité de professeur, il est musicien dans un groupe de rock et, bien sûr, auteur. Il s'est fait connaître avec la trilogie Yubi no hone, qui retrace le quotidien de soldats japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, qui lui ont valu deux prix littéraires et une reconnaissance critique immédiate. Mais c'est Okuribi qui lui permet de décrocher le prix Akutagawa, un des plus prestigieux prix au Japon. C'est son premier roman à paraître en France.

Avis sur cet auteur (10)

  • add_box
    Couverture du livre « Okuribi » de Hiroki Takahashi aux éditions Belfond

    Eve Yeshé sur Okuribi de Hiroki Takahashi

    L’histoire s’ouvre sur un groupe étrange qui progresse dans la forêt, le jour où l’on déverse du feu dans la rivière comme un rituel pour invoquer les morts. Il s’agit d’un ouvrier, suivi par des collégiens, Ayumu fermant la marche, peu rassuré.

    Puis retour en arrière, on apprend comment...
    Voir plus

    L’histoire s’ouvre sur un groupe étrange qui progresse dans la forêt, le jour où l’on déverse du feu dans la rivière comme un rituel pour invoquer les morts. Il s’agit d’un ouvrier, suivi par des collégiens, Ayumu fermant la marche, peu rassuré.

    Puis retour en arrière, on apprend comment Amuyu est arrivé dans la région : il arrive de Tokyo car son père a été muté à Hirakawa, dans cette région un peu austère, ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il change d’école au gré des mutations paternelles.

    Ils sont logés dans une maison, un peu à l’abandon et peu à peu s’y installent et leurs meubles qui paraissaient incongrus au début finissent par se fondre dans le décor. Pour se laver, par contre, il faudra aller aux bains municipaux.

    Amuyu est présenté par le professeur principal aux autres élèves de la classe, qui comprend douze élèves, six garçons et six filles et Akira est chargé de lui faire visiter les lieux. Comme à chaque fois qu’il change d’école, Amuyu a du mal à s’adapter au départ car il est réservé voire timide, mais comment pourrait-il en être autrement vu qu’il change régulièrement d’établissement ?

    Pourtant, tout commence plutôt bien, Akira désigné comme délégué de classe le désigne pour être vice-délégué, une première dans son existence. Le tandem se met en place, mais Amuyu se rend vite compte qu’Akira est étrange : deux ans auparavant, en proie à un accès brutal de violence, il a frappé Minoru, un autre élève avec une plaque d’égout, lui laissant une cicatrice à la tête il avait dû d’ailleurs s’excuser…

    Néanmoins, Minoru semble toujours faire partie du groupe qui comprend également Fujima, Chikano et Uchida. Très vite, Amuyu se rend compte, que leurs relations sont bien plus complexes qu’il n’apparaît au prime abord. Akira a besoin de dominer et de créer des jeux étranges, combat de sumo, voler un couteau à cran d’arrêt…

    Il se sert d’un jeu de cartes aux figures étranges pour désigner celui qui fera plouf, autrement dit qui perdra et deviendra le souffre-douleur. Étrangement, cela tombe toujours sur Minoru, et comme c’est Akira qui tire lui-même les cartes on comprend vite qu’il triche…

    On assiste à une montée en puissance de la maltraitance au collège et cela dérive vers une violence de plus en plus forte qu’elle évolue de manière insidieuse. On passe des mots aux coups, on maltraite au passage une pauvre sauterelle qui n’avait rien demander en lui versant de l’acide sulfurique sur le corps et en faisant croire aussi à Minoru qu’on lui en verse sur la tête…. Pour atteindre l’apogée à la fête des morts, Okuribi, le 15 août, où tout va basculer, d’où le sous-titre du livre « Renvoyer les morts ».

    Tout évolue crescendo dans ce roman : le riz qui pousse au fil des saisons : marécage, puis les feuilles qui apparaissent puis les grains… sur fond de végétation qui change, les relations entre les individus avec les disputes entre les parents d’Amuyu, l’atmosphère se tend, et Hiruki Takahashi sait très bien manier les mots pour faire monter la puissance, la violence…

    Je me suis laissée happer par ce texte envoûtant, plein de poésie, écœurée par les actes des collégiens, par l’ignoble Akira et la relative apathie d’Amuyu, mais subjuguée, j’ai continué à lire alors que je déteste la violence, le harcèlement dans les romans…

    Le Japon est un pays qui me fascine depuis longtemps, mais jusqu’à présent, mes lectures se limitaient à Haruki Murakami que j’adore, ou Yasunari Kawabata, ou quelques lectures de maîtres Zen ainsi que dans un autre genre, Jiro Taniguchi et ses « quartiers lointains » ou Fuyumi Soryo et sa série « Cesare » sans oublier Ito Ogawa et quelques autres quand même, ne soyons pas trop modeste !

    Ce roman de Hiruki Takahashi est le premier à être traduit dans notre langue et il va rester un bon moment dans ma mémoire, il ne va pas être facile à oublier…

    Un grand merci à NetGalley et aux éditions Belfond qui m’ont permis de découvrir ce roman intense et hors du commun et son auteur. J’adore la couverture de ce roman, et en général toutes les couvertures des éditions Belfond…

    Je remercie aussi Frédéric qui a si bien parlé de ce roman dans son blog « La culture dans tous ses états et m’a donné envie de le lire.

    https://thedude524.com/2020/10/07/rentree-litteraire-2020-okuribi-renvoyer-les-morts-de-hiroki-takahashi-belfond/

    #Okuribi #NetGalleyFrance

    https://leslivresdeve.wordpress.com/2020/12/19/okuribi-de-hiroki-takahashi/

  • add_box
    Couverture du livre « Okuribi » de Hiroki Takahashi aux éditions Belfond

    nathalie vanhauwaert sur Okuribi de Hiroki Takahashi

    Okuribi est le premier roman de Hiroki Takahashi à être publié en français. Il a été traduit par Miyako Slocombe. Ce court roman a obtenu le prix le plus prestigieux au Japon, le prix Akutagawa.

    Ayumu est adolescent en troisième année au collège. Venant de Tokyo, il est habitué aux...
    Voir plus

    Okuribi est le premier roman de Hiroki Takahashi à être publié en français. Il a été traduit par Miyako Slocombe. Ce court roman a obtenu le prix le plus prestigieux au Japon, le prix Akutagawa.

    Ayumu est adolescent en troisième année au collège. Venant de Tokyo, il est habitué aux changements, sa famille suivant les mutations professionnelles de son père. Ils arrivent dans le Nord, dans le petit village rural de Hirakama comprenant une station service et un bain public. Le changement est énorme pour Ayumu. Ils sont dans une région agricole entourée de rizières, de la rivière et des montagnes.

    Au lycée, ils sont au nombre de douze en troisième, six filles et six garçons. De ce fait Ayumu ne peut ignorer ses camarades de classe dont Akira, le meneur de la bande qui n'a pas bonne réputation depuis l'incident de l'an dernier.

    Ayumu vient d'être élu délégué de classe, il va s'intégrer dans le groupe mais un malaise s'installe par rapport à Akira, celui-ci ira croissant lorsqu'il se rendra compte que Minoru est souvent victime de leurs jeux. Hasard, coïncidences ou jeux pipés ?

    En effet la question se pose car pour toutes leurs activités, ce sont les cartes et le jeu de Hanafuda qui déterminent qui subira l'épreuve. Les jeux sont de plus en plus cruels passant du vol d'un couteau à l'étalage, à des expériences de plus en plus violentes.

    Face à cette violence on retrouve beaucoup de poésie dans la description de la nature et des traditions ancestrales. L'action se passe en partie pendant les "Matsuris" de l'Obon, la fête des morts qui préconise le retour sur les terres ancestrales, c'est la période du 15 août où l'on suspend et allume des lanternes vers les sanctuaires pour permettre aux esprits de retrouver leurs proches.

    Ce récit à la plume épurée, sobre, au ton sec mais également poétique nous montre à merveille la dichotomie du japonais entre traditions et introspection. Ayumu voit la violence déployée par Akira contre Minoru mais ne parvient pas à réagir, il reste en retrait comme l'enseigne sa culture.

    L'écriture est douce même lorsqu'elle évoque la violence et l'on sent la tension monter de chapitre en chapitre et l'atmosphère pesante qui s'installe.

    Un roman qui nous parle du harcèlement scolaire, de la violence mais aussi de la culture et de la beauté du Japon.

    Ma note : 9.5/10

    Les jolies phrases

    Il leva les yeux : la neige venait des montagnes au nord-ouest, au-delà de la rivière, et semblait descendre en s'écoulant sur le hameau. Des enfants de l'école primaire levaient les yeux au ciel epuis le bord de la route et s'écriaient, excités : Le vent a fleuri ! Le vent a fleuri !Tout en les regardant du coin de l'oeil, Ayumu fut touché par la pauvreté de leur vocabulaire. Mais alors qu'il s'apprêtait à monter la côte qui menait à sa maison, les flocons de neige blancs dans le ciel bleu devinrent aussi gros que des pétales. Ce n'était pas forcément une erreur que de dire "Le vent a fleuri".

    Il se remémora les mots "jeunes pousses pleines de rêves" qu'il avait entendus lors de la cérémonie de fin de trimestre. Les jeunes pousses pleines de rêves avaient grandi et, à présent bien touffues, elles portaient les fruits trop mûrs de leur violence.

    Y a des mots qui errent près de temps en temps par ici, alors fais gaffe. Comme Ayumu restait muet, il ajouta :
    - Les mots qui errent près des monticules, des carrefours et des ponts, faut pas y tendre l'oreille. Parce que les mots, ils influencent les hommes.

    https://nathavh49.blogspot.com/2021/01/okuribi-renvoyer-les-morts-hiroki.html

  • add_box
    Couverture du livre « Okuribi » de Hiroki Takahashi aux éditions Belfond

    Bd.otaku sur Okuribi de Hiroki Takahashi

    “Okuribi Renvoyer les morts” deuxième roman de l’auteur Hiroki Takahashi est le premier à être traduit en français (par Miyako Slocombe). Il a obtenu le prix Akutagawa qui récompense des nouvelles ou des romans courts d’auteurs débutants. Et c’est bien entre le roman et la nouvelle qu’il se...
    Voir plus

    “Okuribi Renvoyer les morts” deuxième roman de l’auteur Hiroki Takahashi est le premier à être traduit en français (par Miyako Slocombe). Il a obtenu le prix Akutagawa qui récompense des nouvelles ou des romans courts d’auteurs débutants. Et c’est bien entre le roman et la nouvelle qu’il se situe, les anglosaxons le qualifieraient même de novella…

    Ayumu, quinze ans, doit régulièrement déménager au gré des mutations de son père. A chaque fois, il doit s’adapter à un nouveau logement, à une nouvelle école et s’y faire des amis. Pour sa dernière année de collège, sa famille quitte Tokyo et s’installe à Hiragawa une région rurale beaucoup plus au Nord. C’est une tradition dans l’entreprise ou officie le père : avant d’obtenir une belle affectation on doit passer par quelques années de purgatoire. L’enfant citadin découvre alors la campagne, des coutumes et des croyances ancestrales inconnues et globalement inquiétantes ainsi que le collège d’une toute petite ville de province et les façons rustiques de ses nouveaux condisciples. Le lecteur avec lui puisque tout le roman est en focalisation interne. L’adolescent qui n’a jamais eu de mal à s’intégrer dans de nouveaux groupes se retrouve dans une classe de douze élèves seulement d’un établissement qui fermera l’année suivante faute d’effectifs suffisants. Et si dans les grandes cités scolaires tokyoïtes, il est facile d’éviter les fauteurs de trouble c’est bien plus délicat quand la classe ne compte que cinq autres garçons ! Dès lors Ayumu ne peut que sympathiser avec la bande des collégiens de 3eme année menée par Akira qui a déjà été sanctionné l’année précédente pour ses accès de violence. Ceux-ci passent le plus clair de leur temps après les cours à se livrer à des jeux bizarres et cruels et Akira, qui se sert d’un paquet de cartes hanafuda pour choisir celui qui devra relever le défi, se débrouille toujours pour que le timide Minoru soit désigné par le sort … Ayumu a déjà été confronté à la violence spontanée et fugitive dans les établissements qu’il a fréquentés auparavant mais n’a jamais assisté à des brimades systématiques et organisées. Devant ce harcèlement, va -t-il persister à vouloir s’intégrer ou bien s’indignera-t-il ?

    Le « Ijime » ou « intimidation » est devenu un sujet privilégié de la littérature japonaise. On pensera ainsi à « Heaven » de Mieko Kawakami (paru chez Actes sud en 2016) mais, contrairement à ce dernier roman où le narrateur, nouvel élève au strabisme marqué, se fait harceler par sa classe toute entière, « Okuribi » va à rebours des scénarios classiques. Ici Ayumu, le nouveau dans la région, celui-ci qu’un ancien élève du collège surnomme « le relégué » dans l’incipit, ne sera pas la victime docile que l’on attend. C’est un observateur un peu philosophe qui par ses questionnements va forcer le lecteur à s’interroger sur l'existence du bien, du mal, sur le rapport des forts contre les faibles, la banalité et le non-sens du mal et de la violence, les victimes et les bourreaux, etc…

    Takahashi montre que le manichéisme n’a pas lieu d’être : Akira est à la fois bourreau et victime, Minoru semble atteint d’un certain syndrome de Stockholm puisqu’il accepte toutes les brimades avec un demi-sourire et prend parti in fine pour son bourreau tandis qu’Ayumu observe, mais désireux de s’intégrer, n’agit pas. Il y a une sorte de fascination des uns pour les autres, un peu d’homo-érotisme aussi (certaines pages aux bains publics semblent sorties d’une œuvre de Mishima). Moins qu’un roman d’éducation, c’est un roman d’initiation. Les adultes sont étonnamment absents comme s’ils évoluaient dans un monde parallèle. Les professeurs ne s’immiscent pas. Le narrateur quitte la candeur de l’enfance et atteint l’adolescence. Cette mue difficile est symbolisée par celle de l’insecte qui meurt avant même d’avoir réussi à s’extirper de son cocon et qui fascine les garçons.

    Cette transformation a lieu entre le mois d’avril (rentrée au japon) et le 15 août, le jour d’ « Obon », la fête des morts. Elle est donc accompagnée de celle de la nature. D’ailleurs, les superbes descriptions des cerisiers en fleur, des rizières verdoyantes et des paysages montagneux vus par les yeux du narrateur permettent une respiration au milieu de la tension croissante des jeux dangereux des collégiens tout en faisant ressortir encore plus brutalement cette violence adolescente et peut-être même la violence institutionnalisée de la société japonaise toute entière. Les brimades juvéniles éclairent en effet d’un jour nouveau la mutation forcée du père (on doit aussi « en baver » pour grandir au sein de l’entreprise) ou le silence des professeurs … Finalement Takahashi, qui ne tombe jamais dans le pathos, dénonce la responsabilité de chacun et pointe du doigt le poids des traditions : l’acmé de la violence se produisant un jour de festival. Il montre également ce que découvre Ayumu c’est la complexité de l’homme et du monde, le côté doux-amer des choses, la beauté et la cruauté de la vie.

    C’est un petit roman en pagination mais il est bien plus grand dans tous les échos qu’il provoque ; dans un style simple et dépouillé il donne à voir la beauté de la Nature et les abysses de la psyché humaine. Je remercie l’auteur, les éditions Belfond et Babelio de m’avoir permis de faire cette belle découverte.

  • add_box
    Couverture du livre « Okuribi » de Hiroki Takahashi aux éditions Belfond

    fflo sur Okuribi de Hiroki Takahashi

    Roman très court mais intense. Bien que déroutée par la fin, je ne suis pas prête de l’oublier!
    Tout commence à l’arrivée d’Ayumu, jeune collégien dans un village assez isolé du nord du Japon. La vie y est calme, on y vit au rythme des saisons dans de paisibles paysages poétiquement décrits....
    Voir plus

    Roman très court mais intense. Bien que déroutée par la fin, je ne suis pas prête de l’oublier!
    Tout commence à l’arrivée d’Ayumu, jeune collégien dans un village assez isolé du nord du Japon. La vie y est calme, on y vit au rythme des saisons dans de paisibles paysages poétiquement décrits. Enfant unique, la vie d’Ayumu est assez tristounette, il n’y a pas beaucoup d’échanges entre lui et ses parents. Il lui faut s’intégrer dans le petit groupe de garçons de son âge, même s’il se rend compte assez vite que certaines de leurs attitudes sont étranges.
    Les descriptions du quotidien à la campagne m’ont beaucoup intéressée. En compagnie du timide Ayumu j’ai eu la sensation de m’immerger dans la culture japonaise, toute en non-dits et retenue avec ses coutumes si différentes des nôtres. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman tout en pressentant que quelque chose de terrible allait arriver. L’auteur fait lentement monter la pression jusqu’au basculement final d’une grande violence.
    C’est un roman sur la perte de l’innocence. Ayumu est un collégien qui se cherche. Dans sa classe il ressent un malaise grandissant quand il réalise qu’un de ses camarades subit d’insidieux actes de malveillance de la part des autres. Des jeux cruels perpétuent une tradition de violence chez les jeunes japonais en particulier à l’occasion de la fête des morts. L’Okuribi est une cérémonie qui clôture les rites de cette fête.
    https://ffloladilettante.wordpress.com/2020/11/15/okuribi-renvoyer-les-morts-de-hiroki-takahashi/

Bibliographie de Hiroki Takahashi (1)

Thèmes en lien avec Hiroki Takahashi

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !