Guillaume Sire

Guillaume Sire
Guillaume Sire est né à Toulouse. Il poursuit des études en économie appliquée à Montréal. Avec Les Confessions d'un funambule, il signe, à vingt ans, son premier roman.

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Avis sur cet auteur (34)

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    Couverture du livre « Avant la longue flamme rouge » de Guillaume Sire aux éditions Calmann-levy

    Mes échappées livresques sur Avant la longue flamme rouge de Guillaume Sire

    C’est l’histoire de Saravouth, un enfant de onze ans à l’imagination prolifique qui grandit avec sa petite sœur au Cambodge, tous les deux choyés par leurs parents.

    Mais c’est aussi l’histoire d’un pays qui se déchire, de la barbarie des hommes, du sang qui coule et de milliers de vies...
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    C’est l’histoire de Saravouth, un enfant de onze ans à l’imagination prolifique qui grandit avec sa petite sœur au Cambodge, tous les deux choyés par leurs parents.

    Mais c’est aussi l’histoire d’un pays qui se déchire, de la barbarie des hommes, du sang qui coule et de milliers de vies anéanties.

    Un soir, dans la forêt, les tirs d’une mitraillette font basculer la vie du jeune Saravouth et sonne le glas de son enfance. Il se retrouve seul et blessé. Où est sa famille?

    Ce roman, c’est le récit d’une quête, d’une lueur d’espoir que Saravouth portera toujours en lui, de l’acharnement d’un enfant qui au péril de sa vie fera tout pour retrouver les siens.

    Mais ce livre, c’est aussi le fruit d’une rencontre dans les rues de Montréal entre Guillaume Sire et Saravouth, un homme exceptionnel à l’aura magnétique.

    Une histoire où le lecteur devient le témoin impuissant de la violence, des atrocités de la guerre qui ont touché le Cambodge dans les années 1970 à travers les yeux de Saravouth. Les mots de l’auteur m’ont ébranlée, heurtée de plein fouet. Un récit qui prend aux tripes, que j’ai achevé les larmes aux yeux.

    Une incroyable histoire de survie, de courage face à l’indicible. Une lecture d’une grande force.

    https://mesechappeeslivresques.wordpress.com/

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    Couverture du livre « Avant la longue flamme rouge » de Guillaume Sire aux éditions Calmann-levy

    Nathalie Chartier sur Avant la longue flamme rouge de Guillaume Sire

    Que dire d’un livre magique et merveilleux ? Comment ne pas dénaturer le récit et mon ressenti ?

    J’ai été éblouie par ce récit dès les premières pages, consciente de tenir entre les mains un livre rare. A la fois poétique, magique malgré la guerre et la barbarie.

    Nous sommes au Cambodge en...
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    Que dire d’un livre magique et merveilleux ? Comment ne pas dénaturer le récit et mon ressenti ?

    J’ai été éblouie par ce récit dès les premières pages, consciente de tenir entre les mains un livre rare. A la fois poétique, magique malgré la guerre et la barbarie.

    Nous sommes au Cambodge en 1971 ; Saravouth a 11 ans, il vit paisiblement à Phnom Penh auprès des siens, son père, sa mère, sa sœur.

    Le soir, sa mère lit des histoires aux enfants et les emmène dans des pays imaginaires. Saravouth est un garçon plein d’imagination, il s’est construit un Royaume Intérieur. Peter Pan, un château fort pour protéger les princesses, les douves, une pagode, son Royaume Intérieur ne cesse de se parer de splendides lumières, d’espèces merveilleuses aux noms étranges, des coquecigrues, des tapirs à monocle……

    Pourtant, le monde réel est menaçant, la guerre civile fait rage, c’est la montée en puissance des Khmers rouges et leurs lots d’atrocités. La folie des hommes brise et broie l’univers de Saravouth, elle charrie des monstres et la mort.

    Lorsque le pire est accompli, que Saravouth survit miraculeusement seul dans la forêt, le Royaume Intérieur devient son refuge. Pourtant grièvement blessé, pris en charge par une vieille femme, jamais il ne cesse de chercher sa famille.

    Durant son périple, il assistera au pire de ce que l’être humain peut faire, échappera à la folie. Il rencontrera des personnes formidables comme le Père Michel, missionnaire à la tête d’un orphelinat.

    La lecture est très éprouvante et insoutenable. Comment un enfant peut-il être confronté à de telles atrocités ? Et pourtant, Saravouth se laisse guider par son imaginaire, son Royaume Intérieur qui le porte. Il est rare qu’un texte célèbre avec autant de force la puissance des morts et de l’imaginaire.

    Saravouth a existé puisque l’auteur l’a rencontré en 2004, a échangé avec lui tous les jours durant trois ans.
    « Je ne suis pas mort » a-t-il dit à Guillaume SIRE «mais la mort, grâce à moi est vivante ».

    Saravouth devenu adulte n’aura jamais la certitude que ses parents et sa petite sœur sont morts, il a survécu à la guerre mais rien en lui n’a survécu.

    C’est une lecture inoubliable, un texte très fort né d’une rencontre. Comme conseillé par l’auteur, à prolonger en visionnant le documentaire « Odysseus’ Gambit » sur internet pour ne pas oublier, rendre hommage à cet homme exceptionnel, happé et marqué à vie par la guerre.

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    Couverture du livre « Avant la longue flamme rouge » de Guillaume Sire aux éditions Calmann-levy

    La Bibliothèque de Juju sur Avant la longue flamme rouge de Guillaume Sire

    Ce livre est un ciel immense. Je ne sais pas comment le dire autrement.

    Un ciel immense. Si bleu, au départ, avant qu'il ne s'embrase irrémediablement.

    Guillaume Sire, écrivain cerf-volant, tient au bout de ses doigts des mots bouleversants, des mots magnifiques et les fait tournoyer, au...
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    Ce livre est un ciel immense. Je ne sais pas comment le dire autrement.

    Un ciel immense. Si bleu, au départ, avant qu'il ne s'embrase irrémediablement.

    Guillaume Sire, écrivain cerf-volant, tient au bout de ses doigts des mots bouleversants, des mots magnifiques et les fait tournoyer, au gré du vent, légère brise puis tempête dévastatrice …

    Ce livre est indispensable, il me semble.

    Il commence comme un conte. Ou la littérature fait grandir un enfant solaire et éblouissant.

    Il s'appelle Saravouth. Et je ne l'oublierai jamais.

    Il s'appelle Saravouth. Il grandit, auprès de parents aimants et d'une petite soeur adorée. Mais en 1971, au Cambodge, l'innocence s'apprête à être ensevelie sous la barbarie. La guerre, ce mot dégueulasse, va venir larder de sa réalité d'éclairs impossible à oublier le ciel de Saravouth.

    Il s'appelle Saravouth et il va se battre, du haut de ses dix ans pour retrouver sa famille.

    Il s'appelle Saravouth et il n'aura d'autre choix que de devenir adulte. Seul, au milieu du désastre.

    Il dénonce et énonce une triste réalité. Celle que nous, chanceux d'ici et d'ailleurs, ne connaissons pas.

    Au-delà, ce livre est Beau. Ce livre est écrit à l'encre d'une poésie du désastre, au coeur de l'humanité. On s'y broie le coeur. On s'y brûle les ailes.
    Il commence comme un rêve d'enfant et s'achève sur la vision d'un homme hanté mais vivant.

    Vous l'aurez compris, ce livre fait désormais partie de ces ouvrages qui trôneront dans ma bibliothèque. Pour ne pas oublier. Pour tendre la main vers l'autre. Et pas uniquement pour la beauté du geste.

    Ce livre, incarné, où chaque mot paraît effleurer l'intérieur même de son lecteur, ne se lit pas à la légère. Ce livre ne s'oublie pas facilement. Il tape et cogne fort, encore longtemps après.

    Elle est là, la folle littérature, celle qui fait « trembler pour grandir ». Elle est là, entre les lignes de ce roman immense comme un ciel déchiré à jamais. Elle est là.

    Faites moi confiance, partez vite attraper la main de Saravouth. Et serrez-la, serrez-la jusqu'à ce que votre coeur explose …

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    Couverture du livre « Avant la longue flamme rouge » de Guillaume Sire aux éditions Calmann-levy

    Eve Yeshé sur Avant la longue flamme rouge de Guillaume Sire

    On fait la connaissance de la famille Inn en 1971, à Phnom Penh, alors que le Cambodge vacille, le prince Sihanouk ayant pris la fuite avec sa maîtresse, laissant le pays dans les mains d’un dictateur, soutenu par les Américains, le général Lon Nol complétement dérangé intellectuellement.

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    On fait la connaissance de la famille Inn en 1971, à Phnom Penh, alors que le Cambodge vacille, le prince Sihanouk ayant pris la fuite avec sa maîtresse, laissant le pays dans les mains d’un dictateur, soutenu par les Américains, le général Lon Nol complétement dérangé intellectuellement.

    « En 1971, Saravouth a onze ans. Sa petite sœur Dara en a neuf. Leur mère, Phusati, enseigne la littérature au lycée René-Descartes. Leur père, Vichéa, travaille à la chambre d’agriculture. »

    La vie, ou plutôt la survie (tout le monde surveille tout le monde) s’organise et très vite Saravouth imagine dans sa tête un lieu pour se réfugier, qu’il appelle le Royaume intérieur, peuplé de toutes les histoires, tous les livres que sa mère lui a lu depuis l’âge de cinq ans.

    « Après dix mois de travaux, il décida d’intituler son œuvre Le Royaume Intérieur. Aussitôt, il lui sembla qu’il fallait également donner un nom au monde où vivaient ses parents, Dara et les autres êtres humains. Ce serait L’Empire Extérieur. »

    L’arrestation de Bopha et Reth, des proches de la famille arrêtés en pleine messe, (célébrée par le père Michel, qui essaie de s’interposer) par « l’homme au complet bleu », aux ordres de Lon Nol. Personne n’a osé bouger, pas d’héroïsme à la Peter Pan.

    Dara cesse alors de se réfugier dans le Royaume intérieur et devient rebelle. Phusati ne récite plus de poésie, Vichéa pense qu’il faut partir, mais il n’a pas assez d’argent, et la mère de Phusati refuse de lui en prêter, sous prétexte qu’il n’y a pas de danger. Pourtant les sbires du dictateur, notamment Chamroun, le tiennent en ligne de mire, guettant le moindre faux-pas.

    Dara frappe un de ses camarades, à l’école où enseigne sa mère et refuse de s’excuser, les collègues en la soutiennent pas. Dara se renferme de plus en plus. Un jour la cuisinière disparaît, et lorsqu’on frappe à la porte, Phusati ne se méfie pas et ouvre : c’est l’homme au complet bleu avec « des policiers ». Il intime à la famille Inn de le suivre, prétendant les sauver.

    Phusati ne le croit pas mais Vichéa tente de faire confiance, ils sont ainsi embarqués et exécutés en pleine forêt. Saravouth a pris une balle dans la tête, et perd toute notion du temps. Il se « réveille » dans une hutte, où une vieille femme, Iaï, prend soin de lui, dans des conditions hygiène limites, avec des préparations pour aider la blessure au-dessus de son oreille droite à se refermer.

    Il compte les jours pour tenter de reprendre pied. Il compte en pensant à Pénélope et sa tapisserie, mais aucun son ne sort de sa bouche. Son Royaume intérieur a été abimé, donc il est difficile de s’y raccrocher. Il veut ses parents, entendre le bruit de la clé dans la serrure quand son père rentre du travail, ou les poèmes de René Char que sa mère lui récitait.

    Dorénavant, il va les rechercher sans cesse, dans le charnier où Iaï l’a trouvé, quand il peut enfin marcher, puis plus tard, quand il sera à l’orphelinat du père Michel et de Frère Bruno. Il explorera ainsi la ville où il est né, l’appartement de ses parents, noircissant des cartes de la ville…

    Mais la guerre est là, les communistes se rapprochent, les partisans du dictateur éliminent tous les gens qui ne lui plaisent pas : les Vietnamiens installés au Cambodge depuis longtemps, puis les catholiques, les ex partisans du roi … Il est soutenu par les USA, comme de bien entendu, Nixon les arme pour en finir avec les communistes, forcément sous l’influence de la Chine…

    Ce roman est un uppercut : Saravouth a à peine dix ans quand la guerre commence, et on va le suivre pendant environ cinq ans dans son pays en guerre. Pour survivre, il s’est construit un Royaume intérieur, inspiré de tous les livres que sa mère lui a lu, de Peter Pan à Ulysse, il y construit des palais, crée des forêts, des paysages, remplis d’arbres et de plantes aux noms qui font rêver (je suis nulle en botanique, alors je ne vais m’aventurer dans les descriptions…) il peut ainsi tenter de s’échapper de tout ce qui se passe autour, dans ce qu’il appelle l’Empire extérieur.

    Guillaume Sire décrit très bien, les étapes qui feront du petit garçon un adulte trop tôt, le déni de la mort de ses parents et de sa sœur qui l’aide à survivre, la difficulté à faire confiance en temps de guerre, où tout le monde dénonce tout le monde, ou l’armée cambodgienne revend aux communistes les armes offertes par Nixon…

    Il évoque, sans mettre de nom, ce qu’on appelle aujourd’hui le syndrome de stress post traumatique, et la douleur du survivant.

    Une scène touchante : Saravouth, lorsqu’il marche pendant des jours, à la recherche de ses parents, se retrouve dans une barque sur le Mékong, alors que cela tire de tous les côtés, que les autres passagers s’affalent les uns après les autres, et qu’il est lui-même blessé, essaie de prier, de se rappeler les paroles du Notre Père…

    On retrouve les génocides qui se répètent comme au bon vieux temps de la seconde guerre mondiale ; certes on connaît celui perpétré par les Khmers rouges, mais les Cambodgiens entre eux, ce n’était pas mieux.

    J’ai lu peu de romans sur cette guerre tragique, sur les Khmers rouges, sur toutes les guerres en Asie (la guerre de Corée, non plus) donc la capacité de résilience de ce gamin m’a donné envie de m’y intéresser davantage.

    L’écriture de Guillaume Sire est belle, alors qu’elle aurait pu être chirurgicale, vue l’a violence qui règne en permanence, un peu adoucie par le dévouement des deux prêtres, la camaraderie entre « les orphelins ».

    L’auteur rend hommage à la littérature, Homère, James Matthew Barrie, René Char, avec de jolies phrases pleines de poésie, sur les mots qui sont reliés entre eux par des « ficelles » qu’il faut attraper…

    Un immense merci, encore une fois, à NetGalley et aux éditions Calmann-Levy (que j’apprécie beaucoup) qui m’ont permis de découvrir ce roman et son auteur.