Djaïli Amadou Amal

Djaïli Amadou Amal

Djaïli Amadou Amal est une écrivaine camerounaise engagée contre les discriminations sociales et la condition de la femme dans le Sahel.

Son roman Munyal, les larmes de la patience, paru en 2017 chez Proximité, traite des questions des violences conjugales dans les mariages polygamiques. Ce roma...

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Djaïli Amadou Amal est une écrivaine camerounaise engagée contre les discriminations sociales et la condition de la femme dans le Sahel.

Son roman Munyal, les larmes de la patience, paru en 2017 chez Proximité, traite des questions des violences conjugales dans les mariages polygamiques. Ce roman lui permet, une fois de plus, d’irriguer de sa sensibilité le rude combat de l’émancipation de la femme dans le Sahel et en Afrique.

 

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    Couverture du livre « Munyal, Les larmes de la patience » de Djaïli Amadou Amal aux éditions

    Squirelito L'écureuil sur Munyal, Les larmes de la patience de Djaïli Amadou Amal

    Munyal, munyal, munyal. Patience dans la langue peule et un mot que Djaïli Amadou Amal a un jour refusé d’entendre, refusé de suivre, refusé le fait que les femmes soient éternellement la soumission des hommes et qu’elles doivent toujours être patientes. La patience a ses limites surtout quand...
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    Munyal, munyal, munyal. Patience dans la langue peule et un mot que Djaïli Amadou Amal a un jour refusé d’entendre, refusé de suivre, refusé le fait que les femmes soient éternellement la soumission des hommes et qu’elles doivent toujours être patientes. La patience a ses limites surtout quand le seul droit est celui d’obéir et de ne pas se plaindre.

    Djaïli Amadou Amal est née au Cameroun, de mère égyptienne et élevée dans la culture islamopeule. La plupart des filles ne vont pas à l’école car « l’école est perçue comme une institution chrétienne et les filles ne sont pas encouragées pour aller apprendre, par exemple dans une classe de 3°, 50 élèves et seulement 6 filles ». Djaïli Amadou Amal a essayé de braver les interdits en lisant des livres, en escaladant des murs pour aller à la bibliothèque du centre catholique, seul endroit avec des ouvrages à disposition ; elle rêvait d’être journaliste et de présenter un jour le 20H. A 16 ans, elle a présidé dans son collège un club journalistique et a même participé à un défilé : « j’ai eu six demandes en mariage car j’étais devenue un trophée ». Mais le livre demeurait sa bouée de secours et « mettre sur le papier ce que j’avais envie de dire, de dénoncer ».

    Dans "Munyal, les larmes de la patience", fiction inspirée de faits authentiques, elle décrit la violence sous toutes ses formes à commencer par les mariages forcés (et pourtant interdit dans l’islam), une femme ne s’appartenant jamais, elle est sous la « propriété » du père, de l’oncle… d’un homme. Le viol conjugal n’est pas reconnu comme un crime et la violence morale trouve un terrain de prédilection dans la polygamie. Si une femme ose se rebeller, elle va être accusée de sorcellerie, de folie ou déclarée comme étant sous l’emprise des djinns. Toute la société est complice y compris les autres femmes. Et si un homme défend une femme, il deviendra aussi une victime.

    Si le mariage est un échec, « ce sera à cause de la femme, toujours à cause de la femme. Dans une union une femme doit tout accepter, encaisser sans se plaindre ». Une violence perpétuée par les hommes mais aussi par les femmes, « les pères forcent mais les mères sont complices ».

    Ce roman est une façon magistrale de dénoncer le sort de milliers de femmes et d’essayer de briser le silence sur cette soumission et l’absence d’émancipation. Un récit poignant, écrit brutalement, à l’image du vécu. Par les mots, elle place directement le lecteur face à la détresse de ces jeunes épouses, privées totalement de liberté et à qui, pourtant, on répète inlassablement qu’elles « ont de la chance » ! La chance d’être forcée physiquement, la chance d’être battue, la chance d’être au service de l’homme 24h/24, la chance d’être interdite de crier lors de l’accouchement, la chance de partager le mari avec d’autres épouses, la chance d’être une éternelle mineure, la chance d’être victime d’un amalgame entre religion et traditions vernaculaires, la chance de subir les mauvaises interprétations de l’islam, la chance qu’un homme, un mari, un père ne se remette jamais en question. La chance… soit belle, soumise et tais-toi !

    Si l’écrivaine africaine s’arme de crayons de combat, c’est pour la femme, évidemment, mais aussi pour la mère qu’elle est devenue, refusant que ses filles soient un jour forcé par cette domination phallique. De la littérature comme exutoire à la création de « Femmes du sahel » en 2012 au Cameroun pour offrir une éducation à la femme et à la jeune fille et sensibiliser la société sur les mariages forcés et autres violences à l’encontre du genre féminin.

    Blog : https://squirelito.blogspot.com/2019/06/une-noisette-une-femmede-combat-djaili.html

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    Couverture du livre « Munyal, Les larmes de la patience » de Djaïli Amadou Amal aux éditions

    danielle cubertafon sur Munyal, Les larmes de la patience de Djaïli Amadou Amal

    Le titre en dit long il doit etre formidable j aimerais tant le lire

    Le titre en dit long il doit etre formidable j aimerais tant le lire

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