Denis Mukwege

Denis Mukwege
Né en 1955 dans l'ancien Congo belge, Denis Mukwege a étudié la médecine à Bukavu (Congo), avant de se spécialiser en gynécologie à Angers. De retour au Congo, il devient médecin-directeur de l'hôpital de Lemera, et commence à soigner les femmes victimes de la guerre civile. En 2008, il reçoi... Voir plus
Né en 1955 dans l'ancien Congo belge, Denis Mukwege a étudié la médecine à Bukavu (Congo), avant de se spécialiser en gynécologie à Angers. De retour au Congo, il devient médecin-directeur de l'hôpital de Lemera, et commence à soigner les femmes victimes de la guerre civile. En 2008, il reçoit le prix Olof Palme ainsi que le prix des Droits de l'Homme des Nations Unies, puis, le prix Sakharov en 2014. Il figure dans le Time 100 de 2016, parmi les cent hommes les plus influents au monde.

Avis (2)

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    Couverture du livre « Réparer les femmes ; un combat contre la barbarie » de Denis Mukwege et Guy-Bernard Cadiere aux éditions Mardaga Pierre

    Squirelito L'écureuil sur Réparer les femmes ; un combat contre la barbarie de Denis Mukwege - Guy-Bernard Cadiere

    Le Congo n’a pas connu de paix réelle depuis plus de deux siècles et depuis la fin des années 90 c’est une guerre, voire un quasi génocide qui se déroule dans cette partie du continent africain. Contrairement à d’autres conflits, pas de charniers, pas d’images de combats, ce sont des milliers de...
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    Le Congo n’a pas connu de paix réelle depuis plus de deux siècles et depuis la fin des années 90 c’est une guerre, voire un quasi génocide qui se déroule dans cette partie du continent africain. Contrairement à d’autres conflits, pas de charniers, pas d’images de combats, ce sont des milliers de tombes solitaires, des exactions, des massacres à petite dose mais dont le résultat est assourdissant : quatre millions de déplacés, six millions de morts et des milliers de vies anéanties par une arme devenue redoutable : le viol ! Des centaines de milliers de femmes ont le corps brisé, leur féminité envolée car non seulement il y a viol mais tout est étudié pour que l’appareil génital féminin soit entièrement détruit. Double peine pour ces femmes, ces jeunes filles, ces nourrissons (oui vous lisez bien) car après être victime des pires des cruautés, ces êtres sont rejetés très souvent par les autres car plus aucune procréation ne sera possible.

    Au milieu de ce pandémonium, un homme extraordinaire a décidé de vouer sa vie à non seulement réparer le corps des femmes mais aussi de les accompagner dans leur renaissance, un programme médical holistique pour apporter toute l’humanité dont ces victimes ont besoin. Il s’appelle Denis Mukwege. Menacé, plusieurs fois la cible de tentatives d’assassinat ou d’intimidation, il continue son chemin et nombre de personnes l’ont rejoint dans ce combat de tous les instants. Parmi eux, un autre médecin, Guy-Bernard Cadière, l’un des précurseurs de la chirurgie par laparoscopie (appelée également cœlioscopie). Il a établit un hôpital à Bukavu qui fait figure de précurseur tant pour les soins fournis que pour toute la logistique mise en place pour accompagner chaque patiente, c’est-à-dire, non seulement l’opérer mais lui proposer un parcours où elle pourra renaître de l’obscurité, certaines sont d’ailleurs devenus infirmières. Car il ne suffit pas de soigner, il faut apporter un soutien psychologique et matériel. Denis Mukwege est non seulement un médecin des corps mais aussi un médecin des âmes.

    Ce nouveau livre permet de découvrir à nouveau le travail plus que méritoire du médecin congolais mais aussi de s’imprégner de ses convictions, lui l’homme qui ne recule devant rien et dont le discours est sans ambages. Il raconte brièvement son histoire mais s’attarde surtout sur son métier et sur la géopolitique de son pays. Car cette guerre que l’on ne nomme pas est le fruit de sombres ententes entre multinationales, dirigeants nationaux et internationaux… et bandes armées : tous veulent au moindre coût toute la richesse du sous-sol qui regorge de minerais dont le fameux coltan qui est devenu indispensable pour la fabrication de tous les équipements électroniques. Mais pour s’accaparer de ce nouvel or noir, on intimide la population du Kivu (région du Congo où il est le plus présent), on réduit les travailleurs en esclaves des temps modernes, on sème la peur. Et le meilleur moyen est de cibler les femmes pour les réduire au néant et au rejet. Mais les hommes sont aussi victimes de ces « dragonnades » car s’ils résistent ils sont exécutés dans des atrocités sans nom.

    Si Guy-Bernard Cadière se destinait au départ pour la musique (il est saxophoniste), l’idée de se consacrer à la médecine a pris le dessus et surtout l’humanitaire ; il a été, entre autres, au Cambodge sous la bannière de Médecins sans frontières, puis il a rejoint au début du XXI° siècle son collègue lors d’opérations communes à l’hôpital de Panzi, épaulé d’ailleurs par son fils. Guy-Bernard Cadière sait parfaitement ce que lutter pour sa propre vie signifie, il a été atteint d’une leucémie et après une allogreffe il a retrouvé progressivement la voie de la santé. Des parcours qui forcent l’admiration.
    Un livre incontournable pour essayer de sensibiliser au maximum le monde sur ces crimes de guerre qui, hélas, sont présents dans d’autres parties du globe. Ces médecins, et l’ensemble du personnel qui œuvrent à l’hôpital de Panzi doivent recevoir le maximum de soutien et d’encouragements, ces derniers sont bien faibles au niveau des hautes instances internationales, l’actualité de ces derniers jours le rappelant : les Etats-Unis, la chine, la Russie ont vidé de sa substance le projet de l’ONU d’un tribunal pour les viols comme armes de guerre.
    Pourtant, quoi de plus noble que d’apaiser la souffrance (souffrance extrême vu les sévices horribles) de ces femmes, de ces petites filles, d’un peuple. Et quoi de plus beau que de permettre une renaissance après une descente aux enfers. Les sourires retrouvés de ces femmes en disent long, très long sur l’amour du prochain porté par ces médecins héros.

    Blog : https://squirelito.blogspot.com/2019/04/reparer-les-femmes-uncombat-contre-la.html

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    Couverture du livre « Plaidoyer pour la vie » de Denis Mukwege aux éditions Archipel

    Squirelito L'écureuil sur Plaidoyer pour la vie de Denis Mukwege

    1955 – Congo – Bukavu – Naissance de Denis Mukwege qui décidera dès 1963 de devenir "muganga", c’est à dire "une personne en blouse blanche qui distribue des médicaments".

    Que des médicaments ? Non. Il deviendra un chirurgien qui essaie de réparer les corps et un pasteur qui essaie de...
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    1955 – Congo – Bukavu – Naissance de Denis Mukwege qui décidera dès 1963 de devenir "muganga", c’est à dire "une personne en blouse blanche qui distribue des médicaments".

    Que des médicaments ? Non. Il deviendra un chirurgien qui essaie de réparer les corps et un pasteur qui essaie de conforter les âmes. Pour qui ? Pour ces femmes dont le vagin n’est qu’un objet pour assouvir une violence et une guerre de territoires. Pour ces femmes dont les accouchements ne sont pas synonymes de bonheur mais de malheur. Pour ces femmes qui atteintes de fistules sont bannies de la société.

    Dans "Plaidoyer pour la vie", Denis Mukwege raconte son parcours, ses motivations, sa foi et avant tout son combat, celui d’un médecin en colère contre les injustices, contre les silences assourdissants et méprisants des autorités de son pays face au sort que subissent des milliers de femmes. Après avoir vécu la tragédie du pays voisin, le Rwanda, ce viol comme arme de guerre qui sévit en RDC le révolte atrocement.

    Denis Mukwege a en lui une détermination inébranlable malgré les nombreuses menaces et tentatives d’assassinat. Une détermination qui s’est tissée par l’éducation reçue de ses parents, par de belles rencontres, par le désir de soulager les blessures, par le bonheur de voir des femmes sourirent à nouveau.

    Mais ce récit c’est aussi une description de la catastrophe humanitaire qui se déroule dans l’est de la RDC depuis 15 ans. C’est aussi un appel contre l’obstination d’un gouvernement qui continue à fermer les yeux.

    Denis Mukwege a obtenu une reconnaissance internationale mais qu’il ne veut pas utiliser à des fins politiques mais uniquement pour sensibiliser sur cette arme de guerre : le viol. Elle a déjà été utilisée par le passé (Bosnie), elle l’est actuellement au Congo, en Syrie.. des femmes vendues comme esclaves sexuelles, des femmes humiliées dans leur chair, des femmes devant endurer les pires violences dont les descriptions sont insoutenables... imaginez leur souffrance...

    A cette lecture que je recommande, j’ajouterais un autre ouvrage référence (1) pour mieux situer le contexte géopolitique de la République Démocratique du Congo (autrefois Zaïre et Congo belge) afin de mieux comprendre cette guerre qui ne cesse de semer terreur auprès de sa population, des conflits dus à ce passé colonialiste, puis une indépendance récupérée par des dictateurs sans scrupules. Un sol où le sang coule et un sous-sol où les richesses abondent...

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