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Claudio Morandini

Claudio Morandini
Auteur d'une demi-douzaine de romans, Claudio Morandini est reconnu comme l'un des écrivains les plus originaux en Italie, le créateur d'un univers littéraire qui lui est propre, ancré dans un registre oscillant entre le fantastique, le burlesque et l'irréel.

Avis sur cet auteur (2)

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    Couverture du livre « Les pierres » de Claudio Morandini aux éditions Anacharsis

    Colette LORBAT sur Les pierres de Claudio Morandini

    Chroniques villageoises mais d’un village très spécial, je devrais dire de deux villages, Sostigno le village du bas et Testagno, celui du haut. Nous sommes dans les Alpes italiennes et les villageois sont très attachés à leur particularité « Comment ils font ceux qui vivent en plaine, pour...
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    Chroniques villageoises mais d’un village très spécial, je devrais dire de deux villages, Sostigno le village du bas et Testagno, celui du haut. Nous sommes dans les Alpes italiennes et les villageois sont très attachés à leur particularité « Comment ils font ceux qui vivent en plaine, pour vivre en plaine ? » Bref, un village au bout du monde, isolé, où rien ne semble évoluer, un monde rural, pastoral, quasi immobile et normal
    Plusieurs décennies auparavant, Le village du haut n’était habité qu’en été, lorsque le troupeau montait à l’alpage. C’était alors la fête. « Aujourd’hui, on les envie, nos anciens. Il y a un demi-siècle encore, ils allaient et venaient une seule fois par an entre Sostigno, le village dans la vallée, et Testagno, le village sur les hauteurs, et ils passaient l’été là-haut, parmi les pâturages. »
    Depuis plusieurs années, les pierres, rochers, galets bougent, à leurs rythmes, provoquant des dégâts mineurs ou des catastrophes, elles semblent vivre leur propre vie. Les villageois organisent même des concours de vitesse. Croyez-moi, vu la lenteur de déplacement des galets, cela peut durer plusieurs mois ! « Nous, des pierres, on en trouve partout, dans nos potagers, dans nos prés, dans nos chaussures et même dans nos maisons ». Les géologues le disent tous « sous son allure imposante, c’est une montagne faible, ses roches toute d’écailles cachent une fragilité terrible ».
    Des histoires, il y en a et les villageois aiment à les raconter, dont celle de la maison des Saporana qui en a vu défiler du monde pour voir le mystère des pierres qui déboulent dans le salon avec force et fracas ! De l’ingénieur au charlatan en passant par le curé, Don Danilo qui n’a pas eu le temps de dégainer l’aspersoir que les pierres frappeuses ont frappé. Ces pages sur les charlatans sont un véritable délice de drôlerie. L’acmé du drame est la mort des troupeaux réfugiés, avec les habitants, à Testagno.
    Métaphores sur l’étranger, sur l’invasion, sur la fin des petits villages de montagne, peut-être sur les effets du réchauffement climatique, bien qu’il n’en soit jamais question.

    Le plus de ce livre est l’écriture de Claudio Morandini, son humour, la pétillance qu’il met à raconter cette histoire, merci à la traductrice Laura Bignon, et, par là, mon plaisir de lectrice. Outre les charlatans, il y a la « lapidation » du curé, la bataille des journaux, le journaliste phraseur qui veut son scoop et son explication sanglante… De temps à autre, l’auteur interpelle le lecteur, comme pour être certain de bien retenir son attention. Un livre surréaliste décrit avec un réalisme délicieux.
    Un plaisir de bonne lecture, partagée entre le besoin de continuer ma lecture et celui d’en garder pour plus tard (comme une gamine) et retrouver le plaisir.

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    Couverture du livre « Le chien, la neige, un pied » de Claudio Morandini aux éditions Anacharsis

    Marie-Laure VANIER sur Le chien, la neige, un pied de Claudio Morandini

    Je ne sais d’où me vient ce goût pour les textes qui évoquent la vie d’hommes volontairement coupés du monde, dans les alpages, bloqués l’hiver et profitant de la belle saison pour faire des réserves. Moi qui aime la ville et les gens, me voilà fascinée par les ermites perdus au beau milieu de...
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    Je ne sais d’où me vient ce goût pour les textes qui évoquent la vie d’hommes volontairement coupés du monde, dans les alpages, bloqués l’hiver et profitant de la belle saison pour faire des réserves. Moi qui aime la ville et les gens, me voilà fascinée par les ermites perdus au beau milieu de nulle part… Et à tous les coups, ça marche ! J’avais adoré le très beau livre de l’italien Paolo Cognetti Le Garçon sauvage (Carnet de montagne) qui raconte l’histoire d’un garçon de la ville qui décide de tenter l’expérience de la solitude dans les hauteurs de la Vallée d’Aoste.
    C’est encore d’un livre italien dont je vais vous parler et qui porte un titre qui m’a tout de suite conquise (pourquoi ? mystère !) : Le chien, la neige, un pied de Claudio Morandini chez Anacharsis. Comment définir ce texte ? L’auteur raconte dans une postface que l’œuvre est née d’une rencontre dans la montagne : en effet, un jour qu’il grimpait, il reçut soudain une volée de pierres et de pommes de pin. Il leva la tête et découvrit un homme au regard sombre qui l’observait d’un air pas très aimable. L’homme était accompagné d’un chien. Au retour de son excursion, l’auteur interrogea les villageois de la vallée : qui était cet homme, comment vivait-il ? Personne ne semblait le connaître ni même se préoccuper de lui. L’année suivante, l’auteur suivit le même sentier en espérant rencontrer l’homme qui l’avait intrigué. Mais il ne vit personne.
    De cette singulière expérience naquit une fiction : l’histoire d’Adelmo Farandola, un vieil homme qui, il y a bien longtemps de cela, avait voulu échapper à des militaires pendant la guerre. Alors, il s’était caché au cœur de la montagne, dans une espèce de galerie à peine plus large que son corps et avait attendu que les hommes en pardessus quittent la région. Et il n’était plus jamais redescendu.
    Chaque année, avant l’hiver, Adelmo a pris l’habitude de se rendre à l’épicerie du village. On se moque de lui car il perd un peu la boule et traîne une sacrée odeur. Il ne s’est pas lavé depuis un bon bout de temps. La crasse tient chaud…
    Il se charge de viande séchée, de saucisses, de vin et de beurre et remonte, lentement, jusqu’à son vieux chalet.
    Un jour, il sent une présence à ses côtés : c’est un pauvre chien affamé et infesté de tiques qui le regarde. Adelmo le chasse et finit par le laisser entrer. S’il crève de faim cet hiver, il pourra toujours manger le chien. Finalement, l’homme et l’animal se trouvent bien ensemble : ils marchent, sont à l’affût des moindres odeurs, observent la vie qui grouille sur la montagne. Un soir, le chien se met à parler à Adelmo. Il a faim et demande à manger.
    Le roman se fait conte ou l’homme devient fou. Peut-être bien les deux… On ne sait pas. J’aime bien cette hésitation.
    La nuit, tandis que le chalet est recouvert de neige, le bois craque, les bêtes hurlent, le silence est criblé de mille bruits inquiétants. « Les gens imaginent que la montagne enneigée est le royaume du silence. Mais la neige et la glace sont des créatures bruyantes, éhontées, moqueuses. » Adelmo parle aux bruits, se moque d’eux, les insulte…. Pour se rassurer certainement…
    L’hiver est long : « Suis-je fou ? » demande Adelmo à son chien. « - Disons que tu es un peu bizarre, oui. - C’est à cause des lignes à haute tension. Le chien lève la tête, ne les voit pas « Quelles lignes ? - Celles de quand j’étais petit. »
    Le printemps arrive, homme et bête sortent respirer un peu, observer les têtards, chasser le chamois. Le chien se plaint d’une odeur un peu forte. Un jour de dégel, sous un amas de neige, apparaît… un pied. Il faudra attendre encore quelques jours pour savoir à qui il appartient. Dans tous les cas, un pied, c’est toujours un peu embarrassant surtout quand on ne sait pas comment il est arrivé là…
    Le chien, la neige, un pied est une histoire étrange et fascinante, de celles que l’on se racontait autrefois le soir au coin du feu : une légende de la montagne et des êtres solitaires qui l’habitent. C’est un texte qui tient du conte et du récit fantastique. L’écriture (et sa merveilleuse traduction) évoque très subtilement ce monde fait de silence et de bruits ténus, la poésie qui émane de la beauté sauvage de la nature.
    Les dialogues entre l’homme et le chien sont à la fois irrésistibles de drôlerie et empreints d’une immense tendresse. C’est désespéré et cocasse à la fois.
    Un grand plaisir de lecture…

    Lire au lit: http://lireaulit.blogspot.fr/

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