Antoine Bello

Antoine Bello

Antoine Bello vit à New York. Il est l'auteur de deux livres remarqués, publiés aux Editions Gallimard : Les funambules et Eloge de la pièce manquante.

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Avis (59)

  • Couverture du livre « L'homme qui s'envola » de Antoine Bello aux éditions Gallimard

    Christelle Point sur L'homme qui s'envola de Antoine Bello

    Je ne voulais pas rester sur la petite déception que représentait pour moi « La disparition d’Emilie Brunet » en redonner vite sa chance à Antoine Bello. Et j’ai bien fait car « L’Homme qui s’envola » est un petit bijou. Walker a tout réussi dans sa vie, il est à la tête d’une entreprise de...
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    Je ne voulais pas rester sur la petite déception que représentait pour moi « La disparition d’Emilie Brunet » en redonner vite sa chance à Antoine Bello. Et j’ai bien fait car « L’Homme qui s’envola » est un petit bijou. Walker a tout réussi dans sa vie, il est à la tête d’une entreprise de messagerie florissante, il est marié à une femme merveilleuse, a trois beaux enfants en bonne santé, un maison magnifique et tout le monde chante ses louanges. Mais Walker a un problème avec le temps, il a un rapport assez schizophrène avec le temps qui passe, il enrage quand on le lui en fait perdre, et en même temps ça le mine de ne plus en avoir jamais pour lui seul tellement son planning est chargé. Germe un jour dans son esprit une idée extrême : simuler sa mort et disparaitre, jouir de la vie égoïstement comme il n’a jamais pu le faire. Il met son plan murement réfléchis à exécution mais il y a deux choses que le super entrepreneur n’avait pas prévu : qu’il se blesse sérieusement et que la compagnie d’assurance vie lance une enquête sur sa pseudo mort. Le détective privé qu’elle charge de cette enquête est redoutable et très vite, il acquiert la conviction puis la preuve que Walker est en vie. S’engage alors un jeu de chat et de souris qui ne laisse à Walker aucun répit. Construit en 3 parties, le roman de Bello se dévore tout seul, la première partie montre un Walker qui laisse l’idée de disparaitre l’envahir, prépare son plan (qui sur le papier est parfaite) et le met à exécution. Dans la deuxième partie, Walker comprends qu’il n’est pas aisé de survivre de la façon qu’il a imaginé et Sarah, sa femme, entame un deuil douloureux, jusqu’à ce qu’un détective lui prouve qu’elle n’est pas veuve, qu’elle a été abandonnée. Furieuse, elle engage le détective pour traquer son mari, ce qui fera l’objet de la troisième partie. Le chat chasse la souris dans toute l’Amérique, la souris se joue du chat, devient un peu parano puis de retourne contre lui. C’est un duel à distance entre deux notions, celle de la Liberté et celle de la Responsabilité et au-delà des techniques redoutables déployées par Nick pour tracer le fugitif (c’est instructif et passionnant, voire un peu anxiogène), c’est bien cette lutte entre deux hommes très intelligents mais qui n’ont pas la même conception de l’Honneur et du Libre Arbitre qui passionne. La fin, très belle, très douce et presque poétique, m’a beaucoup plu, alors j’ai longtemps cru que Bello se dirigeait vers une fin noire, cruelle et ironique. « L’Homme qui s’envola », un roman court, dont tous les personnages sont attachants, parfaitement construit et qui prouve encore une fois qu’Antoine Bello sait raconter des histoires folles, tout en les rendant passionnantes et curieusement crédibles !

  • Couverture du livre « Scherbius (et moi) » de Antoine Bello aux éditions Gallimard

    Musemania sur Scherbius (et moi) de Antoine Bello

    Il y a près de deux ans, j’avais découvert la plume d’Antoine Bello avec sa trilogie « Les falsificateurs » - « Les éclaireurs » - « Les producteurs ». Déjà à ce moment-là, j’avais vraiment apprécié me plonger dans ses livres. Il s’agit de littérature blanche mais en même temps, on a...
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    Il y a près de deux ans, j’avais découvert la plume d’Antoine Bello avec sa trilogie « Les falsificateurs » - « Les éclaireurs » - « Les producteurs ». Déjà à ce moment-là, j’avais vraiment apprécié me plonger dans ses livres. Il s’agit de littérature blanche mais en même temps, on a l’impression de se trouver dans un suspens, tant il est facile de tourner les pages vu l’envie qu’on a de connaître le fin mot de l’histoire. A l’époque, j’avais déjà eu l’impression que l’écrivain connaissait très bien dans quoi il nous embarquait, nous lecteurs et j’ai eu le même ressenti dans ce nouvel ouvrage.

    Maxime le Verrier est un jeune psychiatre qui, un jour, voit débarquer un bien drôle patient dans son nouveau cabinet fraichement installé au boulevard Saint-Germain : Scherbius. Manipulateur doué à bien des égards, ce dernier est un véritable caméléon maniant les identités en un tour de main. Alors que le psychiatre tente d’établir l’histoire réelle de son patient, leur relation va évoluer au fil des événements naviguant entre admiration, agacement, incompréhension, volonté de nuire,… Les apparences peuvent être trompeuses…

    Antoine Bello se joue des lecteurs et en connait véritablement beaucoup sur le thème principal : les maladies mentales et l’évolution de la psychiatrie depuis ses origines. On en apprend beaucoup à cette lecture sans en avoir l’impression et sans que cela alourdisse l’histoire (la psychiatrie en France, la mise en place du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux [DSM] aux Etats-Unis, en quoi consistent les troubles de personnalité multiple,…). On y suit ainsi le parcours psychiatrique de Scherbius en commençant par le diagnostic posé par son psychiatre puis la thérapie mise en place. J’ai apprécié en connaître plus sur le sujet sans que cela soit pour autant pompeux.

    Le livre se présente sous une forme bien originale puisque c’est comme si les six éditions du livre écrit par Maxime le Verrier avaient été rassemblées en un seul tome, séparées par leur couverture. Ainsi à six reprises on retrouve Maxime le Verrier dans son parcours professionnel qui va finalement se retrouver intimement lié au destin du fantasque Scherbius mais également dans des aspects beaucoup plus personnels de son intimité. On évolue au fil des années à leurs côtés sans qu’on ne se rende compte des années qui passent dans le récit.

    Qui est vraiment Scherbius ? D’où vient-il ? Est-il un affabulateur ou un imposteur ? L’intrigue se construit doucement au fil des pages de manière intelligente et inventive. C’est efficace et addictif, voilà pourquoi j’ai vraiment apprécié cette lecture. Avec une bonne dose d’humour, Antoine Bello a su traiter d’un sujet très sérieux (les maladies mentales) de manière instructive avec une écriture fluide, où il vous fera douter de tout. Au final, la véritable question est alors : mais qui manipule qui ?

    Chronique sur mon blog : https://musemaniasbooks.blogspot.com/2018/11/scherbius-et-moi-dantoine-bello-roman.html

  • Couverture du livre « Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet » de Antoine Bello aux éditions Gallimard

    Christelle Point sur Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet de Antoine Bello

    Rangé audacieusement dans le rayon « polar », ce roman d’Antoine Bello n’en est pas vraiment un, enfin pas tout à fait… Une jeune femme riche et en vue à disparu, et son amant professeur de yoga également. Le mari d’Emilie, une sommité spécialiste du cerveau, aussi prétentieux qu’infidèle, aussi...
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    Rangé audacieusement dans le rayon « polar », ce roman d’Antoine Bello n’en est pas vraiment un, enfin pas tout à fait… Une jeune femme riche et en vue à disparu, et son amant professeur de yoga également. Le mari d’Emilie, une sommité spécialiste du cerveau, aussi prétentieux qu’infidèle, aussi pédant qu’il est possible de l’être, est le premier et unique suspect. La chef de la police locale sollicite l’aide d’un de ses collègue retraité, Achille Dunot. La particularité d’Achille Dunot, à part d’être un fan absolu d’Agatha Christie, est qu’il a perdu la mémoire immédiate suite à un accident de bibliothèque : le lendemain il a systématiquement tout oublié de la veille. Du coup, il tient un cahier d’enquête au jour le jour qu’il nomme « Enquête sur la disparition d’Emilie Brunet », et qui constitue le roman tout entier. Assez original dans sa forme, le roman d’Antoine Bello l’est beaucoup moins sur le fond. Présenté sous forme d’un cahier d’enquête, il est parfois raturé, parfois des passages entiers sont noircis comme un vrai cahier et il nous faut bien 100 pages pour qu’on comprenne pourquoi ! Achille commence par raconter les entretiens qu’il a eu avec les protagonistes, puis un échange curieux s’ébauche entre lui et Claude Brunet, le suspect n°1. L’œuvre d’Agatha Christie et la fascination de Brunet puur le crime parfait en tant que tel (j’aurais presque pu dire « en tant qu’œuvre d’art ») déstabilise Achille, le met même en danger psychologiquement tant Brunet est un manipulateur, un séducteur vénéneux, un homme dont l’intelligence rivalise avec la perversité mentale. Ce duel psychologique, qui amènera Achille à douter de tout, est le vrai intérêt du roman, bien au delà d’une intrigue policière qui ne va nulle part, et dont on n’est de moins en moins sur qu’elle aboutira à quelque chose au fil des pages. Le problème du roman, outre cette intrigue fantomatique (et une fin fumeuse, à la limite du compréhensible), c’est que les longues digressions sur l’œuvre pléthorique d’Agatha Christie tirent en longueur, deviennent lassantes pour qui connait mal cet auteure, et on se demande au bout d’un moment si Bello parle de Christie dans le but d’éclairer la personnalité de Claude Brunet, ou juste pour le plaisir de décortiquer une auteure dont il semble très fan. Auquel cas, il aurait mieux valu qu’il lui consacre une biographie ou une étude littéraire plutôt que de se servir d’un roman-prétexte. A cause cela, essentiellement, J’ai trouvé le temps un peu long devant « L’enquête sur la disparition d’Emilie Brunet », c’est dommage…

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