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Chimamanda Ngozi Adichie

Chimamanda Ngozi Adichie

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Avis sur cet auteur (46)

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    Couverture du livre « Americanah » de Chimamanda Ngozi Adichie aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

    Lagos (Nigeria) Année 1990 - Ifemelu et Obinze se rencontrent au lycée et s'aiment mais, afin de poursuivre leurs études et rêvant de ce que l'ailleurs peut leur offrir ou leur faire miroiter, loin de leur pays d'origine gangrené par la corruption, le sous-développement et les luttes politiques,...
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    Lagos (Nigeria) Année 1990 - Ifemelu et Obinze se rencontrent au lycée et s'aiment mais, afin de poursuivre leurs études et rêvant de ce que l'ailleurs peut leur offrir ou leur faire miroiter, loin de leur pays d'origine gangrené par la corruption, le sous-développement et les luttes politiques, ils partent, elle aux Etats-Unis, lui en Angleterre. Cet exil va leur faire découvrir le fossé qui existe entre deux mondes mais également le regard, les aprioris et les comportements des blancs vis-à-vis d'eux, personnes de couleur venus d'ailleurs.

    C'est le parcours initiatique et d'apprentissage de deux nigérians en pays dit "développés" avec leurs espoirs, leurs désirs d'intégration mais sans jamais se renier, sans jamais oublier qui ils sont et d'où ils viennent. 

    C'est un roman dense, une fresque sociale, documentée sur les fonctionnements de deux sociétés d'un même monde et pour le faire, l'auteure utilise parfois un ton désinvolte et humoristique pour revenir sur les attitudes des deux bords : celles des africains cherchant à s'intégrer et s'identifier au pays qui les accueille mais également celles des blancs et leurs comportements vis-à-vis d'eux et parfois l'humour est grinçant.

    Et c'est justement le côté sociétal qui m'a le plus intéressée, comment vivent, découvrent et s'intègrent (ou non) deux jeunes pleins d'espoir, vivant leurs rêves et comment ceux-ci vont se confronter à une réalité qu'ils n'avaient pas imaginée, n'omettant pas de souligner la violence subie, les injustices mais aussi les espoirs portés, entre autres, par l'élection de Barack Obama. Assez privilégiés depuis leur enfance, ils devront faire face à l'exclusion, à la catégorisation et au désenchantement.

    C'est finement analysé, observé, sans concession sur deux sociétés éloignées dans leurs valeurs, leurs façons d'être, de vivre. C'est le choc de deux cultures, de deux mondes et Ifemelu et Obinze décideront en connaissance de cause du choix de rester ou rentrer chez eux . J'ai trouvé le personnage d'Ifemelu très lumineux, fort, féminin et lucide sur sa position et ses espoirs.

    Chimamanda Ngozi Adichie utilise comme fil rouge les cheveux et la présence d'Ifemlu dans un salon de coiffure comme point d'ancrage de l'histoire, comme symbole du choix fait par les femmes noires : nattés ou lissés, assumant son ethnie ou se dissimulant. C'est brillamment décrit, fluide, vivant mais percutant et ironique car l'auteure n'hésite pas à y glisser les contradictions et poncifs des populations des deux origines.

    Je l'ai écouté avec intérêt et plaisir, sourit parfois mais surtout interpelée souvent sur les positions de chacun des personnages, les interprétations à double sens des mots, attitudes ou expressions auxquelles on ne prête pas toujours attention et qui sont parfois lourdes de sens pour l'autre. 

    C'est un roman ambitieux, maîtrisé dans sa construction, avec une écriture fluide, vivante et qui met en lumière le chemin parcouru, principalement par son héroïne, de son pays natal à son pays idéalisé, avec pour chacun un regard perspicace et affuté.

    J'ai beaucoup aimé et je le recommande.

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    Couverture du livre « L'autre moitié du soleil » de Chimamanda Ngozi Adichie aux éditions Gallimard

    Sy Dola sur L'autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie

    Dans les années 60, au Nigeria, deux soeurs jumelles très différentes, satisfaites de leur vie, ont choisi une trajectoire bien différente.
    Olanna, professeur, belle jeune fille ouverte et aimable, contrairement aux voeux de ses parents qui souhaitent la voir épouser un homme susceptible à...
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    Dans les années 60, au Nigeria, deux soeurs jumelles très différentes, satisfaites de leur vie, ont choisi une trajectoire bien différente.
    Olanna, professeur, belle jeune fille ouverte et aimable, contrairement aux voeux de ses parents qui souhaitent la voir épouser un homme susceptible à terme d'être un soutien pour leur entreprise, fait le choix de s'installer à Nsukka avec son fiancé Obdenigbo, un intellectuel engagé et idéaliste qui travaille au sein de l'université.
    Kainene, plus discrète pour ne pas dire secrète mais au caractère bien trempé, soucieuse de plaire à ses parents, a fait le choix de travailler dans leur entreprise à Lagos. Elle entretient une relation avec Richard, un journaliste britannique un peu naïf et passionné de l'art local et notamment des ports cordés.
    Ce bonheur va prend fin quand une conflit entre la Haoussas, majoritairement au nord du pays et les Ibos, plus au sud éclate. Les Haoussas reprochant aux Ibos, avec l'appui des britanniques, de détenir tous les postes clés du pays. Dès lors, les Ibos seront pourchassés et massacrés.
    Olanna et Obdenigbo n'ont d'autres choix que de fuir, Kaneine et Richard ne les rejoindront qu'une fois Lagos aux mains des Haoussas. La communauté des Ibos fera donc sécession avec le Nigeria et créera le Biafra. Cet Etat ne sera par reconnu par la communauté internationale, sauf tardivement par la Tanzanie. Le Nigeria, avec l'aide des britanniques, fera blocus et empêchera les ponts aériens alimentaires de la Croix Rouge. Plus d'un million d'Ibos mourront dans l'indifférence générale des pays occidentaux. Parmi ces morts, un grand nombre d'enfants présentant un syndrome de malnutrition protéino-calorique sévère, dénommé le kwashiorkor.

    Les relations entre les différents protagonistes sont très fortes et chargées d'émotions. Ils sont tous dotés d'un caractère leur donnant la force de croire en un avenir meilleur et nous démontre que même si on trébuche, si on tombe, il faut se relever et continuer à avancer.

    Ce livre est aussi une belle leçon d'amour, de solidarité, d'entraide. Ce roman me réconcilie avec la nature humaine et me redonne de l'espoir car en ce moment on en a vraiment besoin. Il est aussi une leçon d'histoire car cela explique le rôle qu'ont eu les pays occidentaux et notamment le Royaume Uni dans ce conflit et comment l'Occident, par intérêts, a joué d'indifférence face à un peuple à l'agonie.

    Je sors de cette lecture en colère mais j'ai aussi honte d'être occidentale au vu du comportement qui fut le notre et que l'on continue à ce jour à se comporter en censeur, en supérieur vis à vis de l'Afrique. Je sors aussi grandie car j'ai appris beaucoup de choses et je vais faire des recherches pour avoir une meilleure compréhension de ce conflit. Et je tire mon chapeau à l'auteur qui a réussi à ne pas en faire un pamphlet contre le monde occidental mais à raconter une histoire ayant pour base un conflit entre ethnies d'une même pays

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    Couverture du livre « Americanah » de Chimamanda Ngozi Adichie aux éditions Gallimard

    Cécile sur Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

    Raceteenth ou Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu'on appelait jadis les nègres) par une Noire non américaine ; c'est le blog tenu par Ifemelu, nigériane vivant aux États-Unis depuis 13 ans.

    Ifemelu, qui ne s'était jamais sentie noire avant de poser le pied en Amérique, est...
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    Raceteenth ou Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu'on appelait jadis les nègres) par une Noire non américaine ; c'est le blog tenu par Ifemelu, nigériane vivant aux États-Unis depuis 13 ans.

    Ifemelu, qui ne s'était jamais sentie noire avant de poser le pied en Amérique, est une observatrice du quotidien.
    Ses articles de blog, à la manière de ceux de Carrie Bradshaw dans Sex and the City, interrogent de manière pertinente sur la question de la race et certains comportements quotidiens aux États-Unis.

    Le roman débute alors qu'Ifemelu vient de décider de rentrer au Nigeria. La jeune femme se remémore son passé, ses différentes histoires d'amour (avec un Noir non américain, avec un Blanc américain, avec un Noir américain) et la vision d'elle que chacune de ses liaisons lui a renvoyée.

    Lorsqu'elle est arrivée, l'Amérique était un rêve devenant réalité mais ce rêve vaut-il de remettre en cause sa perception d'elle-même, de s'interroger sur qui elle est ? Ifemelu n'en est plus si sûre.
    En fil conducteur de sa réflexion, sa relation avec Obinze, son premier amour, dont l'Amérique a, d'une certaine façon, sonné le glas.

    La structure du roman est intelligente, relater les pensées et les réminiscences de la jeune femme pendant qu'elle se fait tresser les cheveux, tout comme les propos d'Ifemelu.
    Le texte entier fait réfléchir de façon subtile et nous renvoie à la situation actuelle. Il prend même une résonance particulière en cette période troublée.
    J'en ai beaucoup parlé autour de moi et je pense qu'il m'a ouvert les yeux sur de nombreuses choses auxquelles je ne prêtais pas attention. Le "statut" des femmes noires sur les sites de rencontres en est un exemple.

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    Couverture du livre « Americanah » de Chimamanda Ngozi Adichie aux éditions Gallimard

    CaroGalmard sur Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

    Ce n'est pas 50 nuances de Grey, mais 50 nuances de noir.
    Merci à l'auteure de nous permettre de partager la peau noire d'Ifemulu, jusqu'au moindre pigment.
    L'héroïne découvre les nuances que prennent sa couleur, selon le pays où elle se trouve, les gens qu'elle fréquente, le niveau de...
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    Ce n'est pas 50 nuances de Grey, mais 50 nuances de noir.
    Merci à l'auteure de nous permettre de partager la peau noire d'Ifemulu, jusqu'au moindre pigment.
    L'héroïne découvre les nuances que prennent sa couleur, selon le pays où elle se trouve, les gens qu'elle fréquente, le niveau de réussite sociale qu'elle reflète. Elle construit et structure son identité lorsqu'elle part faire ses études aux Etats Unis. Là elle ressent qu'elle est très noire, en opposition aux blancs, aux asiatiques, aux hispano-américains, et même aux noirs américains.
    Elle décrit avec beaucoup de finesse toutes les subtilités et les codes de la société américaine, qui slalome allègrement entre un sentiment de néocolonialisme humanitaire et racisme ordinaire.
    Elle tente de se fondre dans la masse en lissant ses cheveux, en prenant un accent américain, puis elle assume ses origines avec ses cheveux naturels, que certains autres noirs réprouvent comme un manque de motivation à s'intégrer
    Ce n'est à aucun moment une critique, ni une plainte. Juste un état des lieux. Ifemulu ne condamne pas. Elle n'approuve pas non plus. Elle fait sa vie, en louvoyant entre les multiples obstacles qui se présentent sur sa route.
    Déjà quand en France on passe du nord au sud (expérience personnelle), on se rend compte qu'on est "l'étranger", "celui qui vient d'ailleurs". On doit revoir tous ces micro-codes qui régissent la vie sociale. Je vous passe le débat national entre chocolatine et pain au chocolat. Dans les années 90, je ne savais même pas ce qu'était une chocolatine quand on m'en a proposée dans une une boulangerie.
    Alors quand on arrive dans un autre pays avec une couleur (pas "celle qu'il faut") on a tout un cortège de petites vexations, mesquineries, peaux de banane, gentillesses mal placées, mouvements humanitaires rabaissants. Des couleuvres à avaler, avec le sourire et reconnaissance...
    J'ai particulièrement aimé la conscience aiguë de l'héroïne, sur la façon dont évolue la différentiation raciale. Certes, elle n'est plus obligée de changer de trottoir en croisant un blanc, comme dans les années 60, mais elle possède une robe de cette époque, qui a peut-être été témoin de scènes de discrimination fortes et choquantes.
    Et puis il y a la belle histoire d'amour de Ifemulu avec Obinze qui lui aussi construit son identité en Grande Bretagne. Ces deux là vont-ils se retrouver au-delà des années, des océans ? Je ne dévoilerai rien...
    Ce qui est sûr c'est qu'ils reviennent chez eux : au Nigeria. Ce pays que je ne connais pas du tout, j'ai eu plaisir de le découvrir au travers de leurs yeux aimants, leurs familles, leurs coutumes, leurs papilles, leurs amitiés.

    Alors, faut-il le lire ? Oui un énorme oui. Lecture extrêmement agréable et intelligente. Intelligente car elle parle en toute liberté d'un sujet que les gens prennent souvent avec des pincettes : la couleur. Au point que l'on n'ose plus décrire une personne selon sa teinte de peau, alors que cela ne devrait être qu'une caractéristique physique, comme la couleur des yeux, des cheveux.

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