Amos Oz

Amos Oz
Amos Klausner est né à Jérusalem en 1939 de parents immigrants juifs d'Europe de l'Est. Sa famille s'inscrit dans le mouvement sioniste et garde une certaine distance par rapport à la religion qu'elle trouve trop irrationnelle. À 15 ans, il adopte le patronyme Oz qui signifie, en hébreu, «force».... Voir plus
Amos Klausner est né à Jérusalem en 1939 de parents immigrants juifs d'Europe de l'Est. Sa famille s'inscrit dans le mouvement sioniste et garde une certaine distance par rapport à la religion qu'elle trouve trop irrationnelle. À 15 ans, il adopte le patronyme Oz qui signifie, en hébreu, «force». Oz étudie la philosophie et la littérature hébraïque à l'Université de Jérusalem. Depuis que son premier roman fut publié en Israël en 1966, Amos Oz n'a cessé d'écrire, offrant en moyenne un livre par an. C'est en 1971 qu'on le découvre en France avec son roman «Ailleurs peut-être». Amos Oz a reçu les prix les plus prestigieux de tous pays et ses livres sont traduits dans plus de trente langues à travers le monde.

Avis (5)

  • Couverture du livre « Judas » de Amos Oz aux éditions Gallimard

    Anne-Marie Lemoigne sur Judas de Amos Oz

    JUDAS s'ouvre sur ces phrases « L'histoire se déroule en hiver , entre fin 1959 et début 1960 . On y parle d'une erreur, de désir, d'un amour malheureux et d'une question théologique inexpliquée » .
    Cet incipit sous forme d'énumération mêle trois ingrédients suffisamment vagues et divers pour...
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    JUDAS s'ouvre sur ces phrases « L'histoire se déroule en hiver , entre fin 1959 et début 1960 . On y parle d'une erreur, de désir, d'un amour malheureux et d'une question théologique inexpliquée » .
    Cet incipit sous forme d'énumération mêle trois ingrédients suffisamment vagues et divers pour pouvoir figurer dans tout roman mais y ajoute un élément inattendu : la question théologique inexpliquée.
    Comment va-t-elle s'insérer dans le récit. Quelle sera sa place dans une intrigue qui s'annonce aussi comme portant sur la relation amoureuse ?

    Parlons d'abord du personnage principal : Schmuel Ash, un étudiant qui prépare un mémoire sur Jésus dans la tradition juive . Faute de ressources,il doit abandonner ses études et trouve un poste de garçon de compagnie auprès de Monsieur Wald , vieil homme infirme auquel il est chargé de faire la conversation et la lecture quelques heures par jour en échange du gîte, du couvert et d'un modeste salaire.
    Alors que Schmuel souffre d'avoir été plaqué par son ex-amie et ressasse son dépit et sa rancune à l'égard de celui qui l'a supplanté dans le cœur de sa belle, il rencontre l'attirante et mystérieuse Atalia qui vit chez Monsieur Wald .

    Vous avez comprenez mieux à présent l'incipit de ce roman qui va constamment entremêler le grave, le sérieux et le plus léger .
    La réflexion sur la religion au travers de la notion de trahison représentée par Judas, et plus largement sur l'histoire de la construction de l'Etat d'Israël viendra nourrir les chapitres de conversations de fin d'après-midi avec le vieil homme. Ces chapitres alterneront avec des séquences sur les tourments et les émois de ce pauvre Schmuel .

    Pauvre Schmuel , le héros du roman , plutôt un anti-héros.
    Enfant mal aimé , amant éconduit, étudiant indécis, amoureux maladroit, son allure n'a rien de celle d'un Don Juan. Sa démarche s'apparente à celle de Mr Hulot dans le film de Jacques Tati « la tête en avant, le torse à la traîne, les jambes pédalant pour ne pas être distancées »
    Amoz Os en fait un personnage attachant, à la fois comique et attendrissant par ses maladresses «  Vous n'êtes pas très marrant ou si vous l'êtes vous ne le faites pas exprès » lui  dit Atalia face à laquelle il est « tourneboulé et fou de désir »
    « Bavard impénitent, » il n'est pourtant pas capable de mener une vraie conversation, « les mots lui restent alors dans la bouche » Il compense par des discussions mentales, c'est ainsi qu'il débat intérieurement avec Ben Gourion ou s'imagine en Judas présentant sa défense face à ses accusateurs.
    A l'issue de ces quelques mois, période d'apprentissage dont il sortira mûri, ayant su se faire apprécier de Mr Wald, et se rendre utile à Amélia, Schmuel partira sur la route, vers une nouvelle vie

    JUDAS est tout à la fois un roman consacré à des questions graves qui engagent la destinée politique et religieuse de l'Etat d'Israël mais traversé régulièrement par des chapitres où Amas Oz jette un regard plein de malice et de tendresse sur tous les personnages qu'il met en scène. Il faut dire qu'il a l'art du portrait . En quelques phrases, par quelques traits bien choisis, il donne vie à chacun, traits qui réapparaîtront régulièrement, créant un comique de répétition .

    Le charme du roman est venu pour moi de l'alternance entre la réflexion géopolitique ou religieuse et la narration des aventures d'un protagoniste savoureux qui apporte de l'oxygène à la lecture .

  • Couverture du livre « Judas » de Amos Oz aux éditions Gallimard

    Jean François SIMMARANO sur Judas de Amos Oz

    En 1959 à Jérusalem, Shmuel jeune étudiant juif est en panne. En panne de tout. D'inspiration pour finir son mémoire, d'affection après le mariage surprise de sa petite-amie lassée, d'argent pour poursuivre ses études, d'énergie pour se lever de son lit et tenir debout. Une petite annonce va...
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    En 1959 à Jérusalem, Shmuel jeune étudiant juif est en panne. En panne de tout. D'inspiration pour finir son mémoire, d'affection après le mariage surprise de sa petite-amie lassée, d'argent pour poursuivre ses études, d'énergie pour se lever de son lit et tenir debout. Une petite annonce va alors lui permettre de vivre une parenthèse à la fois enchantée et dévastatrice. Dans un vieil appartement où il officie en tant que garde-malade, il va rencontrer la grande Histoire d'Israël et l'amour éperdu pour une quadragénaire aussi fatale qu'inaccessible. Son mémoire sur Judas, symbole d'incompréhension et de malentendu va bien évidemment servir de fil rouge à la narration et d'écho à la situation politique et géopolitique en fond d'écran.
    OZ avec son habituel talent nous occupe par la fiction qu'il déroule et dans le même temps éclaire les zones obscures de la naissance d'Israël, ne se privant pas de passer quelques messages pertinents. On se délecte d'une part de cette histoire d'amour impossible et aussi bien entendu de cette leçon d'Histoire empreinte d'intelligence et de lucidité grave.

  • Couverture du livre « Une histoire d'amour et de ténèbres » de Amos Oz aux éditions Gallimard

    Marie Kacher sur Une histoire d'amour et de ténèbres de Amos Oz

    J’ai beau être une lectrice passionnée, je dois avouer être toujours assez peu enthousiaste face aux bibliographies obligatoires de mes professeurs de littérature : de mauvais souvenirs datant du collège m’ont rendues plutôt réticente aux lectures scolaires. C’est donc assez peu motivée que je...
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    J’ai beau être une lectrice passionnée, je dois avouer être toujours assez peu enthousiaste face aux bibliographies obligatoires de mes professeurs de littérature : de mauvais souvenirs datant du collège m’ont rendues plutôt réticente aux lectures scolaires. C’est donc assez peu motivée que je me suis lancée dans ce roman, le seul de la liste qui me semblait un minimum intéressant. Et finalement, je suis véritablement ravie d’avoir dépassé mon appréhension première : ce fut une très belle lecture, même si ce n’est pas du tout le genre de livre que je lis d’ordinaire ! Pas évident à chroniquer car j’ai toutes les grilles de lecture données par ma prof en tête, mais je vais essayer de faire abstraction de ces considérations littéraires pour vous expliquer simplement ce qui m’a plu dans ce roman autobiographique.

    Nous suivons donc l’enfance du petit Amos, qui vit avec ses parents dans un quartier modeste de Jérusalem. Chapitre après chapitre, pièce après pièce, il reconstitue le puzzle de son enfance, qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Pour cela, il nous conte l’histoire complexe de sa famille, il remonte toujours plus loin dans le passé pour mieux saisir le fabuleux hasard qui lui a donné naissance. Pour cela, il nous conte l’histoire tumultueuse de son pays, il explique avec son regard et ses mots d’enfants les événements qui ont précédés et suivis la reconnaissance de l’Etat d’Israël par l’ONU. Et ces deux histoires s’entremêlent pour n’en former plus qu’une, celle du petit Amos qui grandit au milieu de tous ces événements nationaux et familiaux …

    A mes yeux, la force de ce récit, c’est sa narration : elle mêle avec brio l’innocence de l’enfance et la pleine conscience de l’âge adulte. Tout tourne sans cesse entre ces deux perceptions, ces deux visions du monde, qui n’en forment finalement qu’une puisqu’il s’agit simplement de la même personne à deux moments différents de sa vie. Il y a des choses que l’enfant ne comprend pas encore, ou pas parfaitement, et qui restent donc floues jusqu’à ce que l’adulte narrateur intervienne pour clarifier tel ou tel événement. Le lecteur se retrouve donc au cœur de cette rencontre, au milieu de cette confrontation entre les souvenirs d’enfance et la compréhension à posteriori de cette mémoire. Et finalement, il est aussi question de la construction d’une identité : comment les événements extérieurs, les rencontres, la vision que les autres ont sur nous, permettent-ils de faire qu’un enfant devienne un adulte unique et différent de tout autre ? Quelle est la force du passé sur le présent ? Tout ceci, cette histoire le montre bien.

    Je dois avouer ne pas vraiment savoir quoi ajouter : comme précise au début, ce n’est pas du tout mon genre de prédilection, aussi ne sais-je pas trop comment approfondir cette chronique. Je me contente donc de dire que ce fut une belle lecture, une histoire qui nous fait voir l’histoire plus concrètement, un récit de vie qui se lit très facilement. Il y a finalement plusieurs histoires dans cette histoire : celle d’Amos, celle de l’état d’Israël, mais aussi celle de la maman d’Amos, celle de sa maitresse, celle de son grand-père ... et j’en passe ! Bien loin de me décourager ou de me perdre, cette multiplication d’histoires m’a passionnée : finalement, ne serions-nous pas aussi les héritiers inconscients du vécu de nos parents, de nos grands-parents, et ainsi de suite ? Ne serions-nous pas la somme de toutes ces rencontres, de tous ces événements qui conduisirent à notre naissance ? Je conseille donc ce livre aux passionnés d’histoire ainsi qu’à ceux qui aiment les autobiographies.

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