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Malamute

Couverture du livre « Malamute » de Jean-Paul Didierlaurent aux éditions Au Diable Vauvert
Résumé:

Le vieux Germain vit seul dans une ferme au coeur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l'hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d'engin de damage dans la station voisine.
Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous... Voir plus

Le vieux Germain vit seul dans une ferme au coeur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l'hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d'engin de damage dans la station voisine.
Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous ses collègues masculins, habite la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans auparavant.
Mais bientôt, le village est isolé par une terrible tempête de neige qui, de jours en semaines puis en mois, semble ne pas vouloir s'achever. Alors l'ombre des Malamutes ressurgit dans la petite communauté coupée du monde...
JPDL revient avec un grand roman situé dans un village de montagne au coeur d'une forêt omniprésente qui réunit tous les éléments du succès du Liseur du 6h27 : tendresse et humour, réalisme magique et incroyable inventivité, personnages hauts en couleur et machines broyeuses, jeunesse et relations intergénérationnelles, noirceur et rédemption....
Dépeignant la nature et des gens d'aujourd'hui dans une maîtrise narrative impeccable, Malamute est un conte moderne plein de mystère et de poésie qui enchante au moins autant que le Liseur du 6h27.

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Articles (1)

Avis (8)

  • Le resume est bien passionnant , j aimerais bien le decouvrir, un sujet prenant , je pense que l on passe un bon moment à lire est a decouvrir ce site montagneux ,

    Le resume est bien passionnant , j aimerais bien le decouvrir, un sujet prenant , je pense que l on passe un bon moment à lire est a decouvrir ce site montagneux ,

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  • "Malamute" est le 4ème roman de JP Didierlaurent, auteur qui s'est fait connaitre grâce à son roman "Le Liseur du 6h27", plébiscité par de nombreux lecteurs en 2014. Il a commencé aussi son métier d'écrivain par l'écriture de nouvelles.
    


    Ce récit a pour décor une station de ski des Vosges...
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    "Malamute" est le 4ème roman de JP Didierlaurent, auteur qui s'est fait connaitre grâce à son roman "Le Liseur du 6h27", plébiscité par de nombreux lecteurs en 2014. Il a commencé aussi son métier d'écrivain par l'écriture de nouvelles.
    


    Ce récit a pour décor une station de ski des Vosges (département que connait très bien l'auteur puisqu'il est Vosgien) qui va être confrontée à des perturbations climatiques assez impressionnantes au cœur de l'hiver. 

On va faire rapidement la connaissance de Germain, un vieil homme de 84 ans qui vit seul depuis le décès de sa femme, à l'orée du village dans une maison un peu isolée. Il est plutôt bougon et du genre à n'en faire qu'à sa tête mais son organisme commence à lui jouer des tours ce qui inquiète fortement sa fille qui souhaite le mettre en maison de retraite. Mais pour lui, grand passionné des arbres, et qui ne peut vivre loin d’eux, ceci n'est pas envisageable. Il va donc accepter de cohabiter avec Basile un de ses petits neveux qu'il ne connait pas vraiment et qui aura la lourde tâche de veillée sur lui. Celui-ci est conducteur de dameuse dans la station.



    Arrive au même moment, au village une nouvelle voisine Emmanuelle qui cherche à en apprendre plus sur ses parents d'origine slovaques qui ont habité, dans les années soixante-dix, la maison qui jouxte celle de Germain. Son père à l'époque souhaitait faire des promenades avec des chiens de traineaux (les malamutes) mais tout ne s'est pas déroulé comme prévu.

On va donc suivre en parallèle l'histoire de la mère d'Emmanuelle au travers de son journal intime et la vie de nos trois protagonistes lors de cet hiver 2015. Progressivement on va se rendre compte qu'il y a de nombreuses zones d'ombre et que cela cache peut être de lourds secrets. Un certain suspens se met en place. Et il est très bien mené jusqu'au bout du roman même si on se doute d'une partie de la chute.



    C'est très bien écrit avec une écriture fluide, des chapitres courts. Il y a vraiment un bon rythme. On avance rapidement dans la lecture et on n'a pas envie de l’arrêter tellement on est embarquée dans cette histoire.
L'auteur nous dépeint les paysages avec une grande précision et avec aussi beaucoup de poésie.



    "Couvert de neige collante, le grillage du vieux poulailler s'étirait en une dentelle délicate, même les grands sapins n'étaient que rondeurs une fois dissimulés sous leur manteau."



    Cela m'a fait penser à certains auteurs américains de "nature writing". Le sujet de l'écologie y est abordé et nous pousse à la réflexion. Le récit est aussi ponctué, par moment de petites touches d'humour qui nous amènent à sourire, ce qui allège parfois cette atmosphère étouffante et angoissante.



    Je ne vais pas en dévoiler plus. Vous aurez plaisir à découvrir ce récit qui relate la rencontre de trois solitudes sur fond de thriller écologique. Je ne peux qu'en recommander sa lecture.

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  • Si j'ai commencé cette lecture dubitative, elle a finalement su m'intéresser davantage dans ses deux derniers tiers.

    En effet, le premier tiers du roman met tranquillement en place ses personnages et je commençais à me demander où l'auteur voulait en venir. Une petite impression de ne pas...
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    Si j'ai commencé cette lecture dubitative, elle a finalement su m'intéresser davantage dans ses deux derniers tiers.

    En effet, le premier tiers du roman met tranquillement en place ses personnages et je commençais à me demander où l'auteur voulait en venir. Une petite impression de ne pas avancer dans l'histoire, donc.

    Mais avec l'arrivée de la tempête de neige dans la petite station vosgienne, l'intrigue débute. Mon intérêt a grandi à mesure que la neige recouvrait les routes et les habitations, jusqu'à les engloutir. Ce petit effet huis-clos hivernal pendant lequel les personnages se découvrent réellement m'a plu. Le passé hante les uns et les autres dans une noirceur certaine, mais Jean-Paul Didierlaurent use également de pointes d'humour bienvenues. Son écriture fluide nous fait passer un agréable moment. Les pages se tournent vite.

    Les croyances ancestrales sont aussi de la partie, délivrant ainsi une petite ambiance ésotérique qui, couplée à une sorte de fin du monde, apporte un intérêt supplémentaire au récit.

    Le dénouement ne m'a pas réservé de grandes surprises, ayant deviné une partie des secrets de ce bon vieux Germain mais malgré tout, certaines révélations et scènes, si je puis dire, sont bien menées et laissent un léger frisson à la lecture.

    En bref, je suis un peu mitigée concernant ce roman mais le ressenti final est bon. Je garderai un agréable souvenir de cette lecture, pas forcément impérissable mais avec un intérêt pour certaines thématiques abordées. À lire au coin du feu, drapé(e) d'un plaid.

    Merci à Lecteurs.com pour cette lecture surprise dans le cadre du Cercle livresque ainsi qu'à la maison d'édition Au diable vauvert.
    Ma note : 7/10

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  • Lecture mi-figue mi-raisin pour ce roman.
    Les premières pages étaient pourtant prometteuses, fluides et entraînantes. Elles posent le décor montagnard et présentent le personnage de Germain, un vieil homme veuf et solitaire au travers duquel chacun peut identifier un aïeul. Beaucoup...
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    Lecture mi-figue mi-raisin pour ce roman.
    Les premières pages étaient pourtant prometteuses, fluides et entraînantes. Elles posent le décor montagnard et présentent le personnage de Germain, un vieil homme veuf et solitaire au travers duquel chacun peut identifier un aïeul. Beaucoup d'affection s'est développée pour cette homme bougon mais attachant.

    L'écriture de Jean-Paul DidierLaurent est très agréable. Sa façon de décrire le paysage et les scènes de vie de ses protagonistes est à la fois simple et maîtrisée. Cependant plus les chapitres se clôturaient, plus l'histoire s'alourdissait et perdait de son sens. On regard du titre, je m'attendais à des hordes de chiens de traîneau, à une certaine cause animale, à des valeurs que l'on porte aux malamutes malheureusement je n'ai pas retrouvé ce que j'escomptais

    En  définitive, Malamute est un récit dramatique jonché d'événements et de secrets douloureux qui manquent dans leur majorité de caractère. Le potentiel est là, on ressent cette petite flamme à la lecture des premiers chapitres, mais ce potentiel n'est malheureusement pas suffisamment exploité à mon sens

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  • Printemps 1976 : Pavlina et son mari Dargan, débarquent de Slovaquie en France, à Voljoux, pour démarrer une nouvelle vie avec leurs 4 Malamutes.
    Hiver 2015 : Germain habite à Voljoux, un petit village dans les Vosges qui l’hiver s’anime grâce à ses pistes de ski. Ayant accepté le deal de sa...
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    Printemps 1976 : Pavlina et son mari Dargan, débarquent de Slovaquie en France, à Voljoux, pour démarrer une nouvelle vie avec leurs 4 Malamutes.
    Hiver 2015 : Germain habite à Voljoux, un petit village dans les Vosges qui l’hiver s’anime grâce à ses pistes de ski. Ayant accepté le deal de sa fille Françoise, il accueille pour quelques mois Basile, un petit neveu éloigné, saisonnier venu pour damer les pistes.
    Un titre évocateur, un duo improbable et une bonne dose d'émotions !

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  • # Rentrée littéraire 2021

    Quand on entend le nom de Malamute, on pense d'abord à ce fameux chien dont le nom provient de Mahlemiuts (« hommes qui habitent l'endroit où il y a de grandes vagues »), des Inuits dans les hautes régions de l'ouest de l'Alaska. le malamute d'Alaska est un chien...
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    # Rentrée littéraire 2021

    Quand on entend le nom de Malamute, on pense d'abord à ce fameux chien dont le nom provient de Mahlemiuts (« hommes qui habitent l'endroit où il y a de grandes vagues »), des Inuits dans les hautes régions de l'ouest de l'Alaska. le malamute d'Alaska est un chien très important pour leur survie.
    Pour l'améliorer, des tentatives de croisements ont été faites avec des races européennes, comme le « Montagne des Pyrénées. »

    Après cette petite mise au point sur ces chiens, il est nécessaire de signaler que « Malamute » (Edition Au Diable vauvert) est le dernier livre de Jean-Paul Didierlaurent dont on connaît son premier ouvrage, « Le liseur du 6H27 » dans cette même collection (ainsi que d'autres).

    Nous suivons l'écrivain dans les Vosges, la vallée du Voljoux, dans un récit ayant lieu sur deux époques :

    * L'une en 1976 : Journal de Pavlina Radovic (traduit du slovaque). Son mari, Dragan et Pavlina ont décidé de vivre à Voljoux avec le projet de faire effectuer des promenades en traîneaux qui seraient tirés par des malamutes.

    * Autre époque : 2015 avec Germain Grosdemange (85 ans) qui accepte le « deal » de sa fille Françoise : un choix entre se faire aider par Basile (un lointain petit neveu) ou l'EHPAD. On devine la réponse car Germain est d'accord pour accueillir Basile qui va travailler sur les pistes enneigées pour les damer. Basile a vécu des moments très pénibles à la suite d'un accident ayant entraîné la mort d'une petite fille dont la luge s'était encastrée dans son engin de déneigement ? Depuis, il ne peut dormir que assommé par du Zolpidem.
    L'accueil de Germain est un peu froid devant ce grand gaillard de « petit neveu », il impose ses conditions mais il va peu à peu être moins désagréable, surtout que Basile y met du sien. Ainsi, leur cohabitation devient plus gérable.
    Chacun a ses propres souvenirs, ce qu'on découvre petit à petit.

    Au travail, on s'attend à ce que ce soit Pascal, le plus ancien, lui qui sait tout sur tout, qui soit choisi pour conduire un nouvel engin, un Kässbohrer PistenBully 600 Polar SCR, rutilant, le plus performant du moment. Au lieu de cela, que leur annonce-t-on ?
    Ils voient arriver une nouvelle recrue, une jeune femme, Emmanuelle (d'un fort caractère). Sur ce coup, étonnement garanti dans ce milieu masculin qui trouve que ce travail est pour eux. Pourquoi engager une femme ? Ils ne sont pas assez forts ou assez nombreux pour conduire « la Rolls des dameuses ? »

    On lit donc des moments présents avec Emmanuelle qui vit dans une ferme proche. Elle a changé son nom car ses parents étaient les Radovic, ceux qui entraînaient quatre malamutes (Louka, la seule femelle, la préférée de sa mère – Amorok – Chinook et Kodiak). Elle a pris le nom de Radot car le vrai est trop évocateur.

    Quant à Germain, il a un hobby : collectionner des tranches d'arbres dans sa cave (dont l'accès est strictement interdit à Basile) – Basile fait de son mieux et attendrit petit à petit Germain.
    Hélas, une violente tempête de neige arrive et isole le village du reste du monde pendant si longtemps que l'on se demande si elle va prendre fin : « Une hauteur d'homme, gamin. On passe le mètre quatre-vingts. »

    C'est à cette occasion que ressurgit le souvenir des chiens Malamutes, lorsque Basile se retrouve chez Emmanuelle qui a des photos de ses parents et des chiens. Et à cette occasion, explose une relation amoureuse.
    On va assister à l'arrivée de loups – à des bagarres entre des hommes – à la rencontre d'Emmanuelle avec Germain qui avale de la gnôle, rasade sur rasade en lui racontant la « fameuse » nuit de 1976 qui lui était revenue en mémoire en observant les tranches d'arbre pour leur donner un âge : « Un cerne de la même couleur de cendre que celui de 1976. La teinte d'une mort annoncée. "

    Mais il y a encore de nombreuses révélations à lire dans cette histoire où l'on découvre, au fil de la lecture, des événements auxquels on ne s'attendait pas, ainsi que l'évocation d'une certaine « Bête. »
    « Malamute » de Jean-Paul Didierlaurent ne peut que plaire aux amoureux du dépaysement, du climat très froid où l'on trouve parfois quelques touches d'humour et de poésie.

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  • Malamute nous emmène dans une vallée, celle de La Voljoux, dans le massif vosgien, où l'hiver peut se montrer rude en isolant ses habitants et où les dameurs pilotent d'énormes engins qui permettent de dégager et stabiliser la neige, à la fois source de vie grâce aux vacanciers et d'isolement...
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    Malamute nous emmène dans une vallée, celle de La Voljoux, dans le massif vosgien, où l'hiver peut se montrer rude en isolant ses habitants et où les dameurs pilotent d'énormes engins qui permettent de dégager et stabiliser la neige, à la fois source de vie grâce aux vacanciers et d'isolement quand celle-ci vous coupe du monde. Ici vit Germain Grosdemange, octogénaire grincheux, rustre, qui se voit contraint par sa fille d'accepter dans sa demeure un petit-neveu, Basile, la trentaine, qui va partager son temps entre veiller sur son grand-oncle et conduire des déneigeuses.

    Ils se côtoient mais sans trop échanger, chacun enfermé soit dans ses souvenirs et ses habitudes, soit dans le travail et les cauchemars que l'on apaise à coups de somnifères pour chasser les fantômes du passé. Mais durant cet hiver une tempête de neige d'une rare intensité va mettre à jour certaines ombres et faire résonner certains échos du passé.

    Un récit à deux époques :  en 1976, avec le journal d'une femme slovaque, Pavlina Radovic, mariée à Dragan, ancien légionnaire, et tout les deux viennent de s'installer à Valjoux avec pour projet de vivre de balades en traineaux tirés par des malamutes, projet qui va se confronter à des massacres de bétail. Près de quarante ans plus tard, en novembre 2015, l'arrivée d'une jeune femme, Emmanuelle, experte en conduite d'engins de déneigement et au tempérament volontaire va raviver les souvenirs et les consciences.

    J'ai découvert Jean-Paul Didierlaurent avec Le reste de leur vie et bien sûr Le liseur du 6h27 (lu avant la création du blog), deux romans que j'avais aimés car il y avait à chaque fois, la rencontre avec des personnages insolites avec ce qu'il faut d'originalité et parfois de dérision pour sortir de l'ombre des personnes que l'on ne voient pas ou plus. Comme dans les deux autres romans lus de lui,  l'auteur s'attache ici à des figures solitaires, aux caractères bien marqués que ce soit par leurs passés ou par leurs blessures en les isolant dans un paysage hostile créé par le froid et la neige mais que la solitude unit et relie.

    Une lecture plaisante, une écriture agréable et fluide qui vous emmène dans une vallée qui comporte ses zones d'ombre, où une Bête rôde et demande son tribu à son silence. Certains portent un lourd secret, d'autres croient au pouvoir d'une procession à la manière d'une danse chamanique qui va se retourner contre eux et les isoler du monde. Une immersion dans une vallée faite de contrastes entre blancheur et froid de l'hiver, au rythme du ballet des dameuses et de ceux qui dégagent et sécurisent routes et pistes dans un village replié sur lui-même, et la noirceur de certains souvenirs. 

    Pour les amateurs de dépaysement, d'intrigues et d'ambiance rurale sur fond d'événements climatiques, avec une pointe d'ironie et parfois d'images poétiques avec un Germain, ancien ouvrier forestier et collectionneur de tranches d'arbres comme des tranches de vie, portant sur elles les marques de vie et du temps comme des rides sur les visages, où les hurlements des loups et des chiens font écho aux souvenirs des hommes. 

    J'ai aimé même si je n'ai pas été surprise ni par ce qui se cachait en fond ni par le dénouement mais j'ai pris du plaisir à m'isoler avec les personnages au creux de la vallée de la Voljoux.

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  • Jean-Paul Didierlaurent, l’inoubliable auteur du Liseur de 6h 27, nous revient avec un récit très noir autour de trois solitudes qui vont remuer un lourd passé. Dans un massif montagneux pris par la neige, il va bouleverser leurs existences.

    Est-ce parce qu’il a été écrit durant le...
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    Jean-Paul Didierlaurent, l’inoubliable auteur du Liseur de 6h 27, nous revient avec un récit très noir autour de trois solitudes qui vont remuer un lourd passé. Dans un massif montagneux pris par la neige, il va bouleverser leurs existences.

    Est-ce parce qu’il a été écrit durant le confinement que ce nouveau roman nous plonge dans une atmosphère lourde, un huis-clos noir dans un massif couvert de neige? Toujours est-il que l’auteur du Liseur de 6h 27 décrit merveilleusement bien ce décor et cette ambiance oppressante.
    Tout commence par l’extrait d’un journal intime rédigé en 1976 par une femme qui a émigré des Balkans pour commencer une nouvelle vie dans les Vosges. Le projet de Dragan, son mari est d'élever des Malamute, chiens de traineau originaires de l’Alaska, pour proposer des balades aux touristes. Mais on en saura pas davantage pour l’instant, car on bascule en 2015, au moment où Germain est confronté à un choix cornélien. Ce vieil homme vit seul dans sa ferme et ne demande rien à personne. Sauf qu’il avance en âge et commence à avoir quelques soucis. De petits accidents qui inquiètent sa fille Françoise, installée à Marly-le-Roi. Aussi décide-t-elle de laisser son père choisir s’il va en EHPAD ou s’il accepte la compagnie de Basile, son lointain neveu, qui a accepté de veiller sur lui. «Entre la peste et le choléra, il avait choisi la peste», même s’il n’entend rien céder de sa liberté. Au volant de son van aménagé, Basile vient pour sa part tenter d'oublier le drame qu'il a vécu deux ans auparavant, lorsqu'une fillette s'est fracassée avec sa luge sur sa dameuse, lui qui est chargé de préparer les pistes aux skieurs. Alors que les deux ours essaient de s'apprivoiser, Basile fait la connaissance d’Emmanuelle, leur voisine. Une autre solitaire qui exerce le même difficile métier que lui, au volant de son engin de damage sophistiqué, un Kässbohrer PistenBully 600 Polar SCR pour les spécialistes. On ne va pas tarder à comprendre qu’Emmanuelle Radot est en fait la fille de Pavlina Radovic et qu’elle est revenue vivre dans la ferme où ses parents s’étaient installés quarante ans plus tôt.
    Si Germain se réfugie dans sa cave où il fait de la dendrochronologie, c’est-à-dire qu’il étudie des tranches d'arbres remarquables, les lisant «de la même manière que d’autres lisent les livres, passant d'un cerne à un autre comme on tourne des pages, sans autre prétention que celle d’interroger les géants sur la marche du temps, à la recherche d’une certaine logique dans ces successions concentriques», il se rappelle aussi qu’il a bien connu la mère d'Emmanuelle.
    Après le départ de Françoise, venue passer le réveillon auprès de son père, le temps s'était adouci au point que les habitants ont organisé une procession pour faire venir la neige. «Que la neige soit avec nous, que son règne vienne! Que la neige soit avec nous, que son règne vienne!»
    Leurs vœux seront exaucés bien au-delà de leurs attentes et c'est dans un enfer blanc que la part d'ombre de chacun va peu à peu se dévoiler.
    En insérant les extraits du journal intime de Pavlina tout au long du roman, Jean-Paul Didierlaurent fait remonter le passé à la surface du présent et dévoile des blessures encore vives. Et quand viennent les ultimes révélations, on est passé du roman blanc au roman noir. La parenté avec son compatriote vosgien Pierre Pelot est alors une évidence. Mêmes décors, mêmes histoires d'hommes confrontés au poids du passé, chargés de lourds secrets. Qui a écrit que la géographie, le climat dans lequel on vit était consubstantiel à l’œuvre que l’on écrit? Ajoutons-y une puissance de narration qui vous emporte et vous comprendrez que Jean-Paul Didierlaurent est ici au meilleur de sa forme!
    https://urlz.fr/foms

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