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Les envolés

Couverture du livre « Les envolés » de Etienne Kern aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072920820
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

4 février 1912. Le jour se lève à peine. Entourés d'une petite foule de badauds, deux reporters commencent à filmer. Là-haut, au premier étage de la tour Eiffel, un homme pose le pied sur la rambarde. Il veut essayer son invention, un parachute. On l'a prévenu : il n'a aucune chance. Acte... Voir plus

4 février 1912. Le jour se lève à peine. Entourés d'une petite foule de badauds, deux reporters commencent à filmer. Là-haut, au premier étage de la tour Eiffel, un homme pose le pied sur la rambarde. Il veut essayer son invention, un parachute. On l'a prévenu : il n'a aucune chance. Acte d'amour ? Geste fou, désespéré ? Il a un rêve et nul ne pourra l'arrêter. Sa mort est l'une des premières qu'ait saisies une caméra.
Hanté par les images de cette chute, Étienne Kern mêle à l'histoire vraie de Franz Reichelt, tailleur pour dames venu de Bohême, le souvenir de ses propres disparus.
Du Paris joyeux de la Belle Époque à celui d'aujourd'hui, entre foi dans le progrès et tentation du désastre, ce premier roman au charme puissant questionne la part d'espoir que chacun porte en soi, et l'empreinte laissée par ceux qui se sont envolés.

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Articles (1)

Avis (27)

  • Depuis sa sortie je désirais lire ce roman, le premier de Stéphane Kern, dont le tire m’intriguait quelque peu. Qu’est-ce qui pouvait bien se cacher derrière "Les envolés" ? Je ne le compris qu’à la lecture de l’ouvrage, ma dernière de l’année 2022, ouvrage que l’auteur m’avait dédicacé à...
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    Depuis sa sortie je désirais lire ce roman, le premier de Stéphane Kern, dont le tire m’intriguait quelque peu. Qu’est-ce qui pouvait bien se cacher derrière "Les envolés" ? Je ne le compris qu’à la lecture de l’ouvrage, ma dernière de l’année 2022, ouvrage que l’auteur m’avait dédicacé à Besançon avec une gentillesse hors du commun.

    "Tu as les yeux fermés, les bras ballants, la tête légèrement penchée…une série de diagonales… C’est l’un des piliers de la tour Eiffel…" Ce sont les premiers mots du roman, en italique et énigmatiques, premiers questionnements, premiers étonnements, où vont-ils m’entraîner ? Le premier chapitre me l’apprend : "4 février 1912…Il avait trente-trois ans. Il n’était pas ingénieur, ni savant. Il n’avait aucune compétence scientifique et se souciait peu d’en avoir. Il était tailleur pour dames. Il s’appelait Franz Reichelt." C’est ainsi que l’auteur nous raconte l’histoire de cet inventeur.

    Cet ouvrage est magnifiquement écrit. J’ai, en effet, trouvé l’écriture élégante parce que sans chichis. Les phrases sont courtes, joliment agencées, faites de mots simples mais choisis. La lecture en est limpide et agréable. Les personnages, réels ou de fiction, décrits avec minutie, sont attachants de par leur retenue, leurs forces ou leurs faiblesses. Les sentiments sont abordés avec beaucoup de délicatesse.

    Il est aussi magnifiquement construit qui alterne l’histoire de Franz Reichelt – dont je n’avais jamais entendu parler – avec des moments plus intimes dans lesquels l’auteur fait revivre ses proches, disparus, envolés. La délicatesse des propos, la sensibilité qui affleure, le peu de mots, de phrases, de pages, disent s’il en était encore besoin combien la qualité d’un écrit ne se mesure pas à l’épaisseur de l’ouvrage. Il y a dans ce roman un quelque chose de particulier, une douceur, qui m’a envoutée, émue, charmée. En plus de l’intérêt lié à la découverte des balbutiements du parachutisme, l’évocation des sentiments profonds de l’auteur est bouleversante et émouvante l’espérance d’une marque laissée par ceux que l’on a aimés et qui se sont évaporés.

    "Les envolés" est un premier roman tout en pudeur, d’une grande beauté et maîtrisé de bout en bout. J’attends déjà le suivant.

    https://Memo-emoi.fr

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  • Pour un moment d’éternité

    Étienne Kern a choisi, pour son premier roman, de retracer le parcours de Franz Reichelt. Car l'histoire de l'homme qui s'est jeté de la tour Eiffel en 1912 est bien plus riche que le fait divers filmé à l'époque. Elle dit aussi la puissance d'une conviction, la...
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    Pour un moment d’éternité

    Étienne Kern a choisi, pour son premier roman, de retracer le parcours de Franz Reichelt. Car l'histoire de l'homme qui s'est jeté de la tour Eiffel en 1912 est bien plus riche que le fait divers filmé à l'époque. Elle dit aussi la puissance d'une conviction, la force d'un rêve.

    Il s'appelait Franz Reichelt, avait émigré en France et était tailleur. Mais il est surtout connu pour avoir sauté un jour de février 1912 du premier étage de la tour Eiffel. La courte vidéo de ce drame a été visionnée des millions de fois, symbole tout à la fois d'un monstrueux accident et de la volonté farouche de vivre son rêve.
    Étienne Kern, qui vient de décrocher le Prix Goncourt du premier roman pour ce livre, a choisi de raconter comment il en était arrivé à faire ce choix. Et c'est passionnant.
    Sur ses pas, on découvre combien la France se passionnait alors pour les pionniers de l'aviation. «Chauffeurs de taxi, étudiants, coureurs cyclistes, des centaines de têtes brûlées se prenaient à rêver des nuages. C'était plus qu'un engouement, c'était une frénésie, un élan gigantesque comme après une longue absence. Les étagères sc tapissaient de revues spécialisées. Jamais les cœurs n'avaient vibré de plus d'émotions. Çà et là, des appareils construits dans des arrière-boutiques ou des cours de ferme s’élevaient laborieusement dans les airs avant de retomber.
    Partout, les pieds enfoncés dans le sol, des foules se rassemblaient, poussant le même cri de plaisir, les bras tendus vers tous ces héros, ces perdus, ces damnés qui lançaient de gros jouets vers le ciel sans savoir qu'ils y creusaient leur tombe.
    En ce temps-là, on ne parlait pas encore d'avions. On parlait d'aéroplanes.»
    Si Franz n'avait pas croisé la route de Antonio Fernandez, il n'aurait sans doute jamais envisagé de voler. Ce collègue, qui lui a mis le pied à l'étrier quand il est arrivé en France et ne parlait quasiment pas la langue, a rapidement fait fortune avant de se lancer dans la construction de l'un de ces aéroplanes. Lors d'une soirée passablement avinée, il va lui faire détailler son projet. Quelques jours plus tard, du côté de Nice, il mourra aux commandes de l'Aréal, son invention qui avait réussi à décoller, mais un câble défectueux a sans doute lâché et provoqué sa chute.
    Quelques jours plus tard sa veuve, accompagnée de leur fille que son père n'aura jamais vue, se présentera à sa boutique parisienne, vendue pour trois fois rien. Elle parviendra à se faire embaucher comme couturière et croisera par la suite la route de Franz. Ignorant leur amitié passée, Emma va accorder sa confiance à cette homme si attentionné. Franz, quant à lui, s'est lancé dans la confection d'un costume-parachute. Il veut ainsi rendre hommage à son ami Antonio et offrir une belle preuve d'amour à sa veuve. Qui se sent trahie, qui voit une seconde fois la folie s'emparer de son homme.
    Étienne Kern, en racontant les jours et les heures qui vont mener Franz à la mort, dit bien davantage que les journalistes qui ont alors relaté ce fait divers. Il dit les rêves des émigrés, il dit la chute de son grand-père et celui de son amie, de tous ceux qui sont partis trop tôt, des rêves plein les yeux.
    En insérant son histoire personnelle entre les chapitres, en racontant son enquête sur les pas de Franz Reichelt, le romancier donne à ce livre une dimension universelle. En rendant hommage à tous les envolés, il montre aussi que leurs espoirs continuent de nous accompagner, qu'ils sont au-dessus de leur tragique destin. Derrière la mort, il nous donne une émouvante leçon de vie.
    https://urlz.fr/jraJ

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  • C'est un roman tendre et délicat que nous propose Etienne Kern, inspiré d'un petit reportage du 04 février 1912 ou un homme Franz Reichelt s'élance du premier étage de la Tour Eiffel pour tester la combinaison-parachute qu'il a inventé. Malheureusement, celui-ci s'écrase cinquante mètres plus...
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    C'est un roman tendre et délicat que nous propose Etienne Kern, inspiré d'un petit reportage du 04 février 1912 ou un homme Franz Reichelt s'élance du premier étage de la Tour Eiffel pour tester la combinaison-parachute qu'il a inventé. Malheureusement, celui-ci s'écrase cinquante mètres plus bas au milieu de la foule hébétée . Pourquoi un accident si stupide ?
    A partir de cet événement et d'un carnet laissé par le malheureux, l'auteur retrace le parcours de Franz Reichelt, venu de Bohème pour devenir tailleur pour femmes à Paris. Même si sa petite boutique est plutôt prospère , il mène une existence triste et solitaire, ne pouvant oublier un amour perdu .Mais suite à une annonce promettant une forte récompense pour l'inventeur du parachute et souhaitant conquérir le cœur de Emma, il se lance dans la fabrication d'un costume pouvant se transformer en parachute.
    Ce projet devient une obsession et fait vaciller sa raison .
    En parallèle de ce récit, Étienne Kern intercale des pages personnelles évoquant des personnages proches de lui et ayant péri eux aussi par des chutes , comme son grand-père et une amie pour laquelle le livre est dédicacé.
    Ainsi , on alterne entre un récit réel du début du siècle et des souvenirs de l'auteur autobiographiques, procurant une réflexion intime sur les disparus, ceux qui se sont «  envolés ».
    Comme j'ai aimé la plume de l 'auteur : il manie avec grande élégance le style romanesque, nous offrant un texte lumineux et vivant grâce à de nombreuse pages descriptives mais légères sur la mode, l'aviation, la description des Années Folles à Paris, ou tout est possible et pourquoi pas voler ?
    En parallèle, il décrit avec minutie et grâce les affres de la solitude, des échecs successifs de Franz mais aussi ses frémissements d'amoureux. Celui-ci nous touche dans sa tendresse et son amour non partagé hormis par une petite fille .
    Il nous parle aussi de tous ces grands rêveurs inconnus, espérant laisser une trace dans la Grande Histoire des inventions .

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  • Franz Reichelt et Antonio Fernandez, tous deux tailleurs immigrés rencontrent des difficultés pour trouver un emploi. Ils finiront par être embaucher par le même employeur.

    Antonio, qui a des rêves de grandeurs, va prendre son envol et finira par faire fortune. Dès lors il se consacrera à son...
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    Franz Reichelt et Antonio Fernandez, tous deux tailleurs immigrés rencontrent des difficultés pour trouver un emploi. Ils finiront par être embaucher par le même employeur.

    Antonio, qui a des rêves de grandeurs, va prendre son envol et finira par faire fortune. Dès lors il se consacrera à son rêve : créer un aéroplane qu'il pilotera. Mais il trouvera la bord lors d'un essai laissant une jeune femme avec un enfant naissant.

    Franz, quant à lui, est plus effacé et se contente bien de son travail de tailleur pour dames. Jusqu'au jour où non seulement il retrouve la femme de son ami Antonio et prend connaissance du prix Lalanne qui récompensera de 5 000  francs l'inventeur d'un parachute adapté aux aviateurs remis lors de la démonstration qui aura lieu en février 1912.  Franz se met donc en tête, de remporter ce prix. Il va délaisser son travail pour se consacrer à ce concours. mais aura-t-il raison ?

    Ce roman est un mixte entre l'histoire de ce tailleur qui tente de mettre à jour son rêve et les souvenirs de l'auteur. Roman poétique, mélancolique où transparaît l'amour que l'auteur porte à ces deux doux rêveurs qui ont tout osé pour tenter de voir aboutir leurs rêves.

    J'ai été emmenée par cette écriture sensible pleine de compassion, chargée en amour et en amitié mais aussi par cette volonté farouche de Franz de faire aboutir son rêve dont le résultat n'a malheureusement pas été celui escompté. Je me suis pris d'affection pour cet homme qui n'a pas pris la mesure du risque de son rêve.

    C'est un de mes coups de coeur de la saison des 68 premières fois 2022 et je remercie les organisatrices pour ce beau travail de sélection.

    https://quandsylit.over-blog.com/2022/08/les-envoles-etienne-kern.html

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  • Le 4 février 1912, un homme se présente à l’aube au pied de la tour Eiffel. Il a obtenu de la préfecture l’autorisation de faire un essai de saut avec un parachute de son invention, saut qui sera effectué par un mannequin. Mais ce matin-là, Franz Reichelt décide qu’il sera le seul à tester sa...
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    Le 4 février 1912, un homme se présente à l’aube au pied de la tour Eiffel. Il a obtenu de la préfecture l’autorisation de faire un essai de saut avec un parachute de son invention, saut qui sera effectué par un mannequin. Mais ce matin-là, Franz Reichelt décide qu’il sera le seul à tester sa création, qu’il se jettera des cinquante-sept mètres du premier étage de la tour.

    Aucun suspense quant à l’issue de ce saut, premier mort filmé de l’histoire du cinématographe. Comment en est-il arrivé là ? Qui est-il ? Et pourquoi en parler aujourd’hui dans ce roman ?

    Subjugué par le photos de cet homme qui pose dans un étrange costume bouffant, avec des coutures, des armatures, et du tissus à ne plus savoir qu’en faire, Étienne Kern tente de comprendre qui il était et qu’elle idée folle lui est passée par la tête pour aboutir à ce jour funeste du 4 février.

    M., une amie de l’auteur, souffre d’une maladie grave. Il sont très liés, pourtant c’est par un tiers qu’il apprend qu’elle s’est jetée de son balcon pour en finir avec cette vie de souffrance.
    Ces deux envolés deviennent alors le fil conducteur de ce roman singulier.

    L’auteur pose de nombreuses questions. Pourquoi cet homme qui paraissait sensé décide ce jour-là de tenter lui même le saut qui causera sa perte ? Pourquoi personne dans son entourage n’a essayé de l’en empêcher ? Quelle folie prend ainsi ces hommes qui ont tenté l’impossible pour voler, créer ces merveilleuse machines qui paraissent folles aujourd’hui mais qui ont été les précurseurs de l’aviation contemporaine ?

    Le questionnement est intéressant, tout comme le parti pris d’évoquer ces inventeurs pas toujours heureux. J’ai aimé découvrir la folie et le désespoir qui se mêlent à la joie de la réussite, et cet homme qui n’a pas hésité avant de s’élancer vers sa mort. Le parallèle avec M., l’amie disparue est émouvant.

    chronique complète en ligne sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2022/06/14/les-envoles-etienne-kern/

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  • Franz Reichelt, tailleur pour dames venu d’Autriche-Hongrie pour vivre à Paris, a fabriqué un costume-parachute et, pour vérifier sa fiabilité, choisit de se jeter dans le vide depuis le premier étage de la Tour Eiffel. Evidemment, le test ne se passe comme il l’escomptait.
    Nous sommes en 1912,...
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    Franz Reichelt, tailleur pour dames venu d’Autriche-Hongrie pour vivre à Paris, a fabriqué un costume-parachute et, pour vérifier sa fiabilité, choisit de se jeter dans le vide depuis le premier étage de la Tour Eiffel. Evidemment, le test ne se passe comme il l’escomptait.
    Nous sommes en 1912, c’est la Belle Epoque, un temps où les immigrés, comme Franz, rêvent d’intégration et cherchent à toutes forces l’invention qui les sortira d’un quotidien difficile et les fera accepter par la société, quitte à y sacrifier leur vie.
    Ce premier roman est plein de délicatesse, de mélancolie et de fantômes aux espoirs déçus ; l’ombre du suicide y plane tout comme le rêve d’Icare une nouvelle fois battu en brèche. L’inventeur au plongeon malheureux a sa place aux côtés d’une amie ou d’un membre de la famille de l’auteur, perdus suite à des sauts ou des chutes dans le vide (d’où d’ailleurs le titre du livre « les envolés »).
    L’écriture fait preuve d’une précision historique bienvenue et il se dégage de l’ensemble une belle empathie pour le personnage principal qui, comme l’écrit l’auteur, est au final un « perdant magnifique, un peu à l’image de son époque, qui court à sa perte sans en avoir conscience puisque l’épisode se situe deux ans seulement avant la Première Guerre mondiale ».

    Lu dans le cadre des 68 premières fois, ce livre voyage auprès des lecteurs/lectrices engagé.e.s dans l'aventure

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  • En partant d'un fait divers oublié, le saut de Franz Reichelt, tailleur pour dames, depuis le premier étage de la Tour Eiffel pour expérimenter le costume-parachute de son invention le 4 février 1912, (la première mort en direct saisie par une caméra !) une mort tellement absurde et sidérante,...
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    En partant d'un fait divers oublié, le saut de Franz Reichelt, tailleur pour dames, depuis le premier étage de la Tour Eiffel pour expérimenter le costume-parachute de son invention le 4 février 1912, (la première mort en direct saisie par une caméra !) une mort tellement absurde et sidérante, l'auteur, essayiste dont c'est ici le premier roman, dérive doucement vers ses propres disparus. En parallèle de l'histoire de Franz, qui va se fourvoyer dans un rêve qui n'était pas le sien à l'origine, Étienne Kern commente ce que lui inspire la vie de cet homme. Il essaie de comprendre. Dans ces années bouillonnantes de la Belle Époque, la course au progrès est partout. Et nombreux sont les aviateurs casse-cous qui payeront de leur vie le rêve de voler. A travers le destin de Franz, l'auteur rend hommage aussi à tous ces hommes disparus, envolés comme d'autres plus proches de lui.

    "Tu étais tout ce qui m'obsède. Le souvenir des corps qui chutent. L'évidence de cette quatre-vingt-deuxième seconde qu'il faudra bien vivre un jour. Cette vérité si troublante: l'expérience du vertige n'est pas la peur de tomber mais le désir de sauter.
    Tu étais ces cauchemars qui me hantent depuis l'enfance: le sol qui s'ouvre, une plaque de neige qui glisse, une barrière lâche et m'entraine avec elle ou m'arrache ceux que j'aime."

    Peu à peu avec une infinie délicatesse, les envolés personnels de l'auteur arrivent dans les pages, ce grand-père qu'il n'a pas connu, qui a chuté d'un balcon dont la rambarde a cédé, et récemment cette amie gravement malade qui s'est défenestrée...

    C'est un roman sur le vide, autant celui dans lequel on se jette que celui laissé par ceux qui sont sortis de nos vies en mourant.
    C'est un roman très court plein de pudeur et de finesse qui distille un charme mélancolique puissant. La plume est belle et je me suis dit que si les essais de l'auteur sont aussi agréables à lire, je pourrais, moi qui n'en lis jamais, être tentée...

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  • Le 4 février 1912 au petit matin, un homme de trente trois ans a le pied posé sur la rambarde du premier étage de la tour Eiffel et regarde la trentaine de personnes, policiers, journalistes et curieux, rassemblée au pied de la tour, qui ont les yeux levés vers lui. Deux reporters commencent à...
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    Le 4 février 1912 au petit matin, un homme de trente trois ans a le pied posé sur la rambarde du premier étage de la tour Eiffel et regarde la trentaine de personnes, policiers, journalistes et curieux, rassemblée au pied de la tour, qui ont les yeux levés vers lui. Deux reporters commencent à le filmer…
    Cet homme s’appelle Franz Reichelt. Tailleur pour dames, il est venu de Bohème à Paris en 1900 tenter sa chance.
    Il y mène une vie simple et solitaire. Ce sont les débuts de l’aviation et un véritable engouement est né : « Ça et là, des appareils construits dans des arrière-boutiques ou des cours de ferme s’élevaient laborieusement dans les airs avant de retomber ». Si Franz n’est pas spécialement tenté par ces essais, il aime cependant laisser son regard errer vers les nuages, laissant ainsi refluer en lui les souvenirs d’un amour perdu. Lorsque Antonio Fernandez, son seul ami, véritablement fasciné lui, par l’aventure des airs, après être monté jusqu’à trente mètres à bord de son « Aéral » s’écrasa à la verticale, le 7 décembre 1909, laissant une jeune veuve et un bébé, la vie de Franz va quelque peu changer.
    La sécurité aérienne devenue une cause nationale, sept morts ayant endeuillé cette année-là, la Ligue aérienne et l’Aéro-Club décident d’offrir la somme de 5000 francs à l’inventeur d’un parachute adapté aux aviateurs.
    Franz se lance dans la compétition, voulant créer un parachute qui sauvera d’autres vies. Il met au point un prototype, un parachute intégré à la tenue du pilote.
    Même si plusieurs essais se sont révélés infructueux, le 14 février 1912, il décide de tenter un saut depuis les 57 mètres du premier étage de la tour Eiffel. Malheureusement, son appareillage, qui ne semble qu'à demi-ouvert, se replie sous lui et il tombe alors en chute libre durant quelques secondes avant de s'écraser sur le sol gelé.
    Le film de cette mort en direct ainsi que le testament laissé par Franz sont à l’origine du roman de Étienne Kern.
    C’est donc l’histoire vraie de cet homme, ni ingénieur, ni savant, mais inventeur, ce destin tragique que Étienne Kern nous confie dans ce roman, Les envolés, en y mêlant le souvenir de ses propres disparus et les traces qu’ils lui ont laissées. En effet, dans ce destin tragique, l’auteur va trouver des résonances avec son propre vécu, avec son grand-père et avec une amie suicidée, amie à qui il dédie le livre, qui sont morts eux aussi dans une chute.
    C’est un roman biographique et historique dans lequel, évidemment, l’imagination a sa place et il est souvent difficile de savoir si les scènes sont tirées de la vie de Reichelt ou pas. Bravo à l’auteur d’ailleurs, car j’ai été surprise par la réalité de certaines que je pensais fictives.
    En lisant ce roman j’ai été très émue par ce héros à la fois doux, simple, touchant et généreux.
    Les envolés, premier roman de Étienne Kern, à la fois sobre, beau, mélancolique et bouleversant m’a permis de découvrir la figure méconnue de Franz Reichelt à qui l’auteur rend hommage ainsi qu’à ses chers disparus.
    Portrait d’un inventeur au destin tragique, Les envolés est un roman court, très sensible au titre poétique, il est l’histoire d’une incroyable solitude et un beau témoignage d’amour à ces « envolés ».

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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