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Le lièvre d'Amérique

Couverture du livre « Le lièvre d'Amérique » de Mireille Gagne aux éditions La Peuplade
Résumé:

L'organisme de Diane tente de s'adapter doucement. Elle dort moins, devient plus forte et développe une endurance impressionnante. L'employée modèle qu'elle était peut encore plus se surpasser au travail. Or des effets insoupçonnés de l'intervention qu'elle vient de subir l'affolent. L'espace... Voir plus

L'organisme de Diane tente de s'adapter doucement. Elle dort moins, devient plus forte et développe une endurance impressionnante. L'employée modèle qu'elle était peut encore plus se surpasser au travail. Or des effets insoupçonnés de l'intervention qu'elle vient de subir l'affolent. L'espace dans sa tête se resserre, elle sent du métal à la place de ses os. Tout est plus vif - sa vision, son odorat, sa respiration. Comble de la panique, ses cheveux et ses poils deviennent complètement roux en l'espace d'une nuit.
Et puis les mâles commencent à la suivre.
Quinze ans plus tôt, Diane connaît un été marquant de son adolescence à l'Isle-aux-Grues, ces jours de grosse mer où Eugène bravait les dangers, la fascination de son ami pour les espèces en voie d'extinction et - comment s'en remettre - le soir de l'incendie.
Ce roman, une fable animalière néolibérale, s'adresse à celles et ceux qui se sont égarés.

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Avis (2)

  • Mélangeant les formes littéraires, Mireille Gagné nous interroge sur le surinvestissement professionnel et la pression de la perfection, sur notre mode de vie néolibéral qui nous asservit, nous éloigne de la nature et de nos instincts.

    Diane se surinvestit dans son travail mais ce n’est...
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    Mélangeant les formes littéraires, Mireille Gagné nous interroge sur le surinvestissement professionnel et la pression de la perfection, sur notre mode de vie néolibéral qui nous asservit, nous éloigne de la nature et de nos instincts.

    Diane se surinvestit dans son travail mais ce n’est jamais assez. Pour gagner en performance elle n’hésite pas à subir une intervention qui modifie sa génétique. A l’image du lièvre d’Amérique, dorénavant elle aura toujours les sens en éveil, elle aura besoin de moins en moins de sommeil. Les effets secondaires ne vont pas tarder à apparaître... Et si ce surinvestissement n’était qu’une façon de combler un vide, de maquiller des cicatrices ?

    Alors que le récit glisse de nos névroses modernes vers l’universalité des légendes algonquiennes, Le lièvre d’Amérique tente de rattraper « celles et ceux qui se sont égarés ».
    C’est bref, c’est tranchant, c’est malin, c’est à lire.

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  • Poignant, magistral, « Le lièvre d’Amérique » est un cri dans la nuit. Un livre claquant, inoubliable, d’une beauté d’écriture inouïe. Une nage éperdue dans l’eau glacée, rebelle de l’Isle-aux-Grues, terre natale de Mireille Gagné. La trame est liant, mouvement et vérité. Papier calque de cette...
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    Poignant, magistral, « Le lièvre d’Amérique » est un cri dans la nuit. Un livre claquant, inoubliable, d’une beauté d’écriture inouïe. Une nage éperdue dans l’eau glacée, rebelle de l’Isle-aux-Grues, terre natale de Mireille Gagné. La trame est liant, mouvement et vérité. Papier calque de cette nature rebelle, sauvage et dissidente. Diane est ici. L’enfance habillée de ressacs, de grondements. Grandissante dans cet été des quinze ans avec Eugène, son ami, si énigmatique et imprévisible. On ressent l’envergure sentimentale, d’approches, de regards, de découvertes des lieux secrets, cherchant des yeux les traces du lièvre d’Amérique. Métaphore de ce qui ne se prononce pas. Il est ici ; le lièvre mythique. On le voit, le sent, l’interpelle. Dans ces forêts sombres, le profond des pages ; décrit à merveille, cycle de cette fable parabolique. Que ce livre est majestueux ! Ecoutez ces enfants écueils. Diane perdue dans les émois d’un premier amour. « Diane se réveille ». La voici, adulte, solitaire, travaillant jusqu’au creux de la nuit. Noyée dans l’opératif, déchirée, perdue. Ombre d’Eugène, gouffre abyssal. Automate, perdue dans les profondeurs intestines d’un plus, toujours mieux, plus longtemps. « Pour calmer son anxiété de performance et économiser des secondes Diane compte perpétuellement le nombre de pas séparant son appartement de son travail de marches entre chacun des étages, de secondes entre son bureau et celui de la femme qu’elle déteste. » Cette satire des temps modernes, ce choc de contemporanéité est une parabole. Crissures sur la glace, miroir déformé, l’hédonisme refoulé. Un quotidien étranglé d’angoisses. Le lièvre d’Amérique court de plus en plus vite. S’échappe des mailles des diktats sociétaux. Diane, «… compte pour combler le vide mais le malheur ne se dénombre pas. » Diane est égarée dans son propre labyrinthe. Ne trouve plus sa voie. Ces questionnements, ce trop-plein d’activités sont une armure à briser. Va-t-elle trouver la croisée des chemins ? Suivre les empreintes du lièvre d’Amérique ? Diane va-t-elle renaître de ses cendres tel Le Phénix ? Eugène est-il le double de ce lièvre ? Ce récit est une merveille à l’aube née. Mireille Gagné est douée, très. Cette fable emporte les vents contraires. Assigne au passage des possibilités. On est pris de vertige au sommet des falaises. Les vagues frappent, mais les larmes sont rédemptrices. Ici, dans cette île bat le cœur d’une femme qu’on aime de toutes nos forces. Pelage de lièvre, mythe écarquillé, Eugène-Nanabozo. Dualité et retrouvailles. « Le lièvre d’Amérique » est initiatique, culte. Publié par les majeures Editions « La Peuplade ».

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