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L'archiviste

Couverture du livre « L'archiviste » de Alexandra Koszelyk aux éditions Aux Forges De Vulcain
Résumé:

K est archiviste dans une ville détruite par la guerre, en Ukraine. Le jour, elle veille sur sa mère mourante. La nuit, elle veille sur des oeuvres d'art. Lors de l'évacuation, elles ont été entassées dans la bibliothèque dont elle a la charge. Un soir, elle reçoit la visite d'un des... Voir plus

K est archiviste dans une ville détruite par la guerre, en Ukraine. Le jour, elle veille sur sa mère mourante. La nuit, elle veille sur des oeuvres d'art. Lors de l'évacuation, elles ont été entassées dans la bibliothèque dont elle a la charge. Un soir, elle reçoit la visite d'un des envahisseurs, qui lui demande d'aider les vainqueurs à détruire ce qu'il reste de son pays : ses tableaux, ses poèmes et ses chansons. Il lui demande de falsifier les oeuvres sur lesquelles elle doit veiller. En échange, sa famille aura la vie sauve. Commence alors un jeu de dupes entre le bourreau et sa victime, dont l'enjeu est l'espoir, espoir d'un peuple à survivre toujours, malgré la barbarie.

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Articles (1)

Avis (10)

  • C'est l'un des romans dont j'avais noté le titre sur ma liste à lire - forcément puisqu'il est question de l'Ukraine - sans avoir pu trouver ni le temps ni l'occasion de le lire : encore une fois Netgalley et la maison d'édition Aux forges de Vulcain ont exaucé mes vœux en le proposant à la...
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    C'est l'un des romans dont j'avais noté le titre sur ma liste à lire - forcément puisqu'il est question de l'Ukraine - sans avoir pu trouver ni le temps ni l'occasion de le lire : encore une fois Netgalley et la maison d'édition Aux forges de Vulcain ont exaucé mes vœux en le proposant à la lecture. Je n'avais pas non plus pris le temps de m’intéresser à Alexandra Koszelyk avant de lire ce quatrième titre hormis une rencontre zoom via vleel il y a quelques semaines de cela. A priori, ce n'est pas la première fois qu'elle évoque le pays d'origine de sa famille. A crier dans les ruines, son premier roman, qui a reçu toute une flopée de prix, avait quant à lui pris ses marques à Tchernobyl. La guerre en Ukraine semble cette fois avoir stimulé son imagination de romancière, concentrée autour de cette volonté sans faille du dictateur russe de changer et modeler la réalité selon son propre narratif.

    Je l'annonce de but en blanc : l'idée qui fut celle de Alexandra Koszelyk, je la trouve totalement géniale. K. notre fameuse archiviste, plongée dans la guerre, comme chaque Ukrainien, réfugiée au creux de ses archives de la bibliothèque, est surprise et contactée par un homme aux allures patibulaires. Celui-ci ne manque pas de l'intimider et de proférer un chantage odieux, en échange de la vie sauve de sa sœur, K. devra modifier les documents historiques de l'Ukraine que celui-ci lui transmet. Ce ne sont pas n'importe quels documents, ce sont un vitrail, des poèmes, des peintures, des photographies, des témoignages des plus grands artistes d'Ukraine. Modifier, effacer, réécrire l'histoire et l'identité de l'Ukraine pour de nouveau la rattacher à cette grande sœur toxique, dominatrice et envahissante, jamais nommée précisément dans le récit.

    À chaque visite du fâcheux individu, à chaque œuvre falsifiée, la mémoire et l'histoire, l'identité de l'Ukraine sont encore un peu plus profanées. Si Alexandra n'a pas souhaité s'attarder sur la violence des combats, les pertes, les blessés, les estropiés, les femmes violées, elle a choisi de se concentrer sur la culture ukrainienne, que la Russie, l'Empire ou la fédération, l'Union, s'emploie méthodiquement à annihiler depuis des siècles, à commencer par la langue ukrainienne, et ses villes qui viennent tout juste de retrouver leur identité vernaculaire : Kyiv, Kharkiv, Lviv... C'est ici une excellente occasion de découvrir les symboles forts du pays de ses racines que l'auteur se plaît à commémorer de façon très pittoresque et métaphorique, malgré tout, se refusant à tout prix à nommer l'ennemi voisin qui s'incarne en un sinistre Méphistophélès. De même, l'archiviste ne porte ni nom, ni prénom, tout juste un K. mystérieux - le K de Koszelyk ? - que pourrait porter n'importe qui aussi bien l'auteure que tout autre Ukrainien en charge de la mémoire de son pays.

    Il y a cette culture à préserver dans l'antre de l'archiviste K, il y a les combats extérieurs pour défendre le pays et ses habitants, où sa sœur Mila s'est retrouvée mêlée. Et si Alexandra Koszelyk y fait une brève excursion et ne manque pas de nous mettre un bon coup de semonce sur la tête - l'image de la mère et son bébé reste gravée -, la violence de cette culture victime des coups de griffe mesquins et sournois et répétés de l'homme au chapeau est aussi retentissante. Elle illustre l'inversion accusatoire d'un homme qui prend une prétendue dénazification du pays pour attaquer son autonomie. Elle illustre la méthode employée pour enlever toute aptitude et tout droit à revendiquer une identité propre à cette Ukraine, une méthode d’effacement qui s'applique aux individus. Ce n'est pas tant le dénouement qui me marquera, parce qu'on se l'imagine peu à peu au fur et à mesure de la progression de notre lecture, mais le processus qu'Alexandra Koszelyk a mis sur pièces pour illustrer ces méthodes de déculturation. Sans oublier cette forme de résistance, dont K. l'archiviste fait preuve. Une résistance qui nécessite un sacrifice plein et entier immédiat pour, peut-être, une libération future.

    Un récit qui remet à jour les symboles forts de l'Ukraine et les méthodes d'appropriation culturelle que se font fortes d'utiliser les pires dictateurs : s'il fallait le rappeler, le tout dernier épisode de rectification historique, sur la révolution de Maïden, démontre à quel point c'est aussi cette volonté de se rapprocher de l'Europe qui a mis le feu aux poudres d'un pays à l'impérialisme exacerbé. Ce qu'il faut retenir du récit de Alexandra Koszelyk, c'est cette forme impressionnante de résistance, dont font preuve les Ukrainiennes et Ukrainiens depuis le début du conflit, symbolisée par l'action en double de K. menée par un président qui s'est ainsi redonné une vraie forme de légitimité de leader solide et sans faille. Et cet espoir que la mémoire et l'intégrité du pays retrouvent son bien-fondé malgré l'acharnement du voisin à la reléguer aux oubliettes.

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  • J’ai acheté le dernier roman d’Alexandra lors d’un voyage à Brest, à la librairie Dialogues. Et c’est toujours une émotion de voir ainsi en bonne place les livres d’une copine de blog, devenue à présent une autrice confirmée, alors que je participais autrefois à son atelier d’écriture sur...
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    J’ai acheté le dernier roman d’Alexandra lors d’un voyage à Brest, à la librairie Dialogues. Et c’est toujours une émotion de voir ainsi en bonne place les livres d’une copine de blog, devenue à présent une autrice confirmée, alors que je participais autrefois à son atelier d’écriture sur internet. Quel chemin parcouru ! … Dans ce roman à la couverture bleue et jaune, Alexandra évoque l’Ukraine, le pays de ses ancêtres, malmené par la guerre. Son personnage principal est une jeune femme, K., archiviste. Souvent seule, veillant tard, passionnée par son travail, elle a pour tâche de protéger des œuvres d’art mises à l’abri. Le reste de son temps, elle le passe auprès de sa mère, dont la santé semble se dégrader, après sa dernière attaque cérébrale. Etant sans nouvelles de sa sœur jumelle Mila, K. a décidé de mentir, pour ne pas perdre espoir et préserver sa mère. Un jour, elle reçoit à la bibliothèque la visite de l’homme au chapeau, un personnage énigmatique, mais qui est sans conteste du côté de l’ennemi. Il lui demande de falsifier des documents ukrainiens importants, fondateurs, afin de tenter de modifier l’Histoire et la perception future de cette guerre. Pour arriver à ses fins, il utilise le chantage. Mila serait entre leurs mains. D’abord atterrée par ce qui lui est demandé de faire, K. découvre en elle des ressources dont elle n’imaginait pas l’existence… Même si le roman d’Alexandra Koszelyk se confronte, bien sûr, à la barbarie d’un pays envahi et traumatisé, il nous entraîne aussi dans ce qui fait sa beauté. En effet, les falsifications dont K. se charge nous permettent à chaque fois de découvrir un artiste, de voyager quelques temps avec lui dans sa poésie, ses rêves et sa vérité. Les fantômes de l’Ukraine veillent. Et j’ai vraiment adoré être ainsi emportée dans une atmosphère mêlant fantastique, démarche artistique et rêveries, et qui a littéralement fait battre mon coeur un peu plus vite. Ce livre est vraiment très beau, d’une grande force poétique, et rend hommage au courage plein d’espoir des ukrainiens.

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  • Dans l’Ukraine en guerre, de nos jours.
    K. est une jeune archiviste responsable de la bibliothèque municipale. Dès les premiers bombardements, les œuvres d’art des différents musées de la ville ont été abritées dans les sous-sols de la bibliothèque.
    Un jour, K. reçoit la visite de l’Homme au...
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    Dans l’Ukraine en guerre, de nos jours.
    K. est une jeune archiviste responsable de la bibliothèque municipale. Dès les premiers bombardements, les œuvres d’art des différents musées de la ville ont été abritées dans les sous-sols de la bibliothèque.
    Un jour, K. reçoit la visite de l’Homme au Chapeau, à la solde de l’ennemi, qui lui ordonne de falsifier les œuvres d’art entreposées dans les caves, pour en expurger toute trace de culture ukrainienne. Achever d’anéantir un peuple en annihilant ce qui fait son identité…
    Tout doit y passer : hymne national, poèmes, romans, tableaux, sculptures,… K. est atterrée, mais l’Homme au Chapeau s’est assuré de sa « collaboration » en exerçant sur elle un chantage abominable.
    Mais K. va trouver le moyen de résister, en intégrant dans les œuvres qu’elle doit « retoucher » d’infimes indices de cette falsification, destinés aux générations futures.
    « L’archiviste » est un conte tragique qui permet au lecteur de découvrir la culture et l’histoire ukrainiennes, par le biais des rêveries de K. qui l’emmènent au cœur même des œuvres qu’elle doit modifier et du processus de leur création, et qui lui font vivre de l’intérieur les événements plus contemporains de Tchernobyl, de la Révolution Orange et de Maïdan.
    Un roman onirique et touchant, un livre de résistance et un émouvant hommage à l’Ukraine.

    En partenariat avec les éditions Aux Forges de Vulcain via Netgalley.

    #LArchivisteukraineartpatrimoine #NetGalleyFrance

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  • Il y en a 3 qui retiennent mon avis de les découvrir danser dans la mosquée, et surtout celui la la démesuré du désir en premier pas mal et il reste aliénor mais j ai déjà lue se livre il est passionnant

    Il y en a 3 qui retiennent mon avis de les découvrir danser dans la mosquée, et surtout celui la la démesuré du désir en premier pas mal et il reste aliénor mais j ai déjà lue se livre il est passionnant

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  • Coup de ❤️

    Avec ce roman, Alexandra KOSZELYK décline le verbe RÉSISTER sous toutes ses formes.

    Il y a la guerre en Ukraine, celle qui occupe tous les médias aujourd’hui, mais qui puise sa source dans la grande Histoire. De tout temps, le régime soviétique s’est attaché à museler ce peuple,...
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    Coup de ❤️

    Avec ce roman, Alexandra KOSZELYK décline le verbe RÉSISTER sous toutes ses formes.

    Il y a la guerre en Ukraine, celle qui occupe tous les médias aujourd’hui, mais qui puise sa source dans la grande Histoire. De tout temps, le régime soviétique s’est attaché à museler ce peuple, l’affamer, l’exterminer aussi. Ce roman est l’opportunité d’explorer le passé de l’Ukraine et des événements qui ont marqué sa vie, de voir que le peuple ukrainien a dû RÉSISTER à l’envahisseur, l’assaillant russe, pour être ce qu’il est aujourd’hui. Comme j’aime que la littérature comble mes faille…

    Derrière le front, les combats, il est d’autres armes plus insidieuses, moins visibles et pourtant tout aussi puissantes, celles qui touchent au patrimoine culturel pour le réduire en miettes, le détruire, à moins de pousser la perversité jusqu’à l’instrumentaliser à des fins politiques, pour les siècles des siècles. L’art, comme composante de l’identité du peuple ukrainien, devient la cible à abattre. Alexandra KOSZELYK donne à voir l’itinéraire de quelques artistes dont les trajectoires se sont heurtées au pouvoir en place. Il y a Pavlo TCHOUBYNSKY, Alla HORSKA, Maria PRIMATCHENKO, GOGOL, Lessia OUKRAÏNKA, Marko VOVTCHOK, Sonia DELAUNAY... comme autant d’invitations à s’intéresser à leurs registres personnels.

    L'écrivaine concourt tout en beauté à la mémoire d’hommes et de femmes qui, à la force de leurs mots, leurs toiles, leur expression artistique ont su RÉSISTER.

    Si à l’évocation des guerres, les hommes sont souvent en première place, pour le meilleur comme pour le pire, Alexandra KOSZELYK choisit là de brosser des portraits de femmes qui elles aussi vouent ce qu’il reste de leur vie à RÉSISTER. Rien n’y est laissé au hasard. Au fil des incarnations de K, vous allez vous immerger dans une autre époque, vivre une autre vie, porter un autre costume, mesurer les enjeux du verbe EXISTER.

    Une seule lettre suffit à l’autrice pour nommer un personnage, lui donner le corps et l’âme d’une résistante, c’est dire l’immensité de son talent. La fin est grandiose et le message d’espoir intact. Le peuple ukrainien reste debout.

    Enfin, L’Archiviste est la façon très singulière mais aussi très puissante et personnelle d’Alexandra KOSZELYK de RÉSISTER, le pouvoir de « sa plume et son clavier ». Les mots sont à la fois sensibles et percutants. Elle signe là un acte militant, un acte politique fort. Touchée en plein ❤️

    Le rythme est soutenu, oppressant. Le foisonnement de la narration, un pur régal.

    Alexandra KOSZELYK continue de tisser sa toile d’écrivaine, ponctuant ce dernier roman de l’évocation des précédents.
    C’est du grand ART mis au service de la postérité du peuple ukrainien, quel plus beau dessein !

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  • Le roman se déroule en Ukraine, en temps de guerre. L’identité de l’ennemi et occupant n’est jamais mentionnée. Le personnage principale s’appelle K. C’est une jeune femme archiviste qui a participé au sauvetage du patrimoine ukrainien en cachant des œuvres dans les galeries souterraines de la...
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    Le roman se déroule en Ukraine, en temps de guerre. L’identité de l’ennemi et occupant n’est jamais mentionnée. Le personnage principale s’appelle K. C’est une jeune femme archiviste qui a participé au sauvetage du patrimoine ukrainien en cachant des œuvres dans les galeries souterraines de la bibliothèque où elle travaille. Un jour, l’Homme au chapeau arrive et lui demande de modifier certaines œuvres afin qu’elles ne transmettent plus les valeurs de la patrie ukrainienne. Pour l’obliger à falsifier ces livres, partitions, tableaux, etc., l’Homme au chapeau lui fait du chantage en faisant peser une menace sur sa mère souffrante et sa sœur jumelle Mila. Cette dernière est journaliste et photographe. L’Homme lui dit qu’elle est retenue prisonnière. L’Homme au chapeau est l’incarnation du Mal. A partir du moment où K modifie des œuvres, elle se transporte dans leur passé. Le lecteur plonge avec elle dans l’histoire de l’Ukraine. Tout un imaginaire surgit et des ombres apparaissent.
    Ce livre ne parle pas de la guerre mais de ce qui se passe dans les souterrains. A travers ces œuvres, on découvre des événements historiques comme Holodomor, une famine des années 1930 qui a durement touché les Ukrainiens, ou Tchornobyl qu’on connaît mieux. Ce qui est également passionnant, c’est que l’autrice nous fait aussi découvrir des artistes ukrainiens. Depuis la rencontre VLEEL, j’ai commandé un recueil de poèmes ukrainiens, notamment du poète Taras Chevtchenko qui est très présent dans ce roman. Les arts y ont une large place. On s’attache à K et on ressent sa souffrance devant cette tâche qui l’oblige à détruire sa culture et ses racines. Et on s’interroge, comme K, sur ce que l’on ferait ou pas pour sauver ce patrimoine inestimable. Aurait-on le courage de s’opposer à l’Homme au chapeau ?
    Les grands-parents d’Alexandra Koszelyk sont Ukrainiens. Elle voulait faire un livre digne pour le peuple ukrainien. Le passé et le devoir de mémoire sont essentiels car comme elle le dit : « l’histoire est importante pour savoir où l’on va ». Que peut-on transmettre aux futures générations quand tout a été détruit ? Les mots et le langage ont également une importance forte, notamment quand l’Homme au chapeau demande à K de changer les mots de l’hymne ukrainien. On peut faire le parallèle avec les fake news aussi. L’histoire pourrait se passer ailleurs. La guerre détruit une culture, on pense à la Syrie où des œuvres majeures ont été démolies.
    Vous l’avez compris, c’est un coup de cœur pour moi. Je suis ravie de retrouver la plume poétique aux mots justes de cette autrice chouchou. J’ai beaucoup aimé ce livre engagé qui résonne tout particulièrement dans l’actualité. Ce roman à dimension universelle est aussi un hommage à la résistance du peuple ukrainien.

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  • Un véritable pied de nez à la guerre qui tue et tente de tout effacer sur son chemin, mais qui dans le fond, ne peut rien détruire de façon durable face aux ressources et à l’inventivité des artistes, surtout s’ils sont de surcroît engagés et mystérieusement enclins aux contacts extra-sensoriels...
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    Un véritable pied de nez à la guerre qui tue et tente de tout effacer sur son chemin, mais qui dans le fond, ne peut rien détruire de façon durable face aux ressources et à l’inventivité des artistes, surtout s’ils sont de surcroît engagés et mystérieusement enclins aux contacts extra-sensoriels et aux visions…

    Venez faire un tour du côté de mon tout nouveau blog littéraire pour découvrir l'intégralité de la chronique de cet émouvant roman.

    http://ohpardontulisais.canalblog.com/archives/2022/11/22/39717733.html

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  • Engagé «  L’Archiviste » est un récit d’une contemporanéité implacable.
    « La nuit était tombée sur l’Ukraine ». L’impression d’être en transmutation dans ce pays en proie à la guerre. L’Histoire nous frôle, vivante et expressive, tourmentée, douloureuse et nécessaire.
    On ne lit plus. On...
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    Engagé «  L’Archiviste » est un récit d’une contemporanéité implacable.
    « La nuit était tombée sur l’Ukraine ». L’impression d’être en transmutation dans ce pays en proie à la guerre. L’Histoire nous frôle, vivante et expressive, tourmentée, douloureuse et nécessaire.
    On ne lit plus. On retient notre souffle, en pleine écoute d’Alexandra Koszelyk, pudique, altière et honorable. La fiction s’efface. Le symbole de la résistance prend place dans son summum. Ce livre est l’enjeu même du devoir de la littérature. Écrire pour signifier. Remettre d’équerre les faits. Dévoiler un roman, gémellaire de la réalité. Pouvoir hors norme, l’arme pacifique des bienfaiteurs de l’humanité. Ce livre est un témoignage au fronton des vérités.
    K. c’est elle. L’héroïne de ce grand livre tremblant et ténébreux. Jeune femme archiviste, dévouée à la culture, à la rémanence, au mot à apprendre par cœur. Elle sait. Elle devine son implication en advenir. Dans les labyrinthes d’une bibliothèque, elle rassemble les textes, archiviste qui devine l’heure de protéger les livres, les cartographies, les myriades de mots, socle de l’Histoire de son pays dont elle devine être un mobile de destruction pour l’ennemi. Le temps est à l’hiver, sa mère est vieillissante, malade et alitée. Sans soins, ni hospitalisation, elle est vulnérable et fragile. K. veille sur elle et retourne dans son appartement après le passage du crépuscule. Elle lui cache la guerre, la disparition de la sœur de K., sa jumelle, Mila. Où est-elle ?
    Un jour certain un homme frappe à la porte chez elle, l’Homme au chapeau.
    Il exige d’elle de bousculer l’Histoire. De transformer les textes fondateurs, de détourner la littérature vouée à l’Ukraine. Déformer immanquablement les diktats et effacer la mémoire d’un peuple.
    « Il ne s’agit pas de tout changer, vous l’aurez compris, mais seulement quelques parties, détourner quelques vers, mettre un mot à la place d’un autre, gommer un personnage sur un tableau, remplacer un chef d’État sur une photographie, détourner un objet folklorique de son usage premier. Vous voyez bien, ce n’est pas grand-chose ! Il ne s’agit même pas de destruction mais de réorganisation, voire de création ! De devenir l’autrice de cette nouveauté. »
    « L’Homme au chapeau » glaçant et menaçant, puissant et lâche, va venir dans la bibliothèque sans y être convié, dans une démarche machiavélique et guerrière.
    « Comment va votre pauvre mère ? »
    K. pressent un homme de proie, vil et sans scrupules. Un homme machine, hideux et dangereux. « Depuis la venue de cet homme, le sommeil tardait à venir. »
    K. va œuvrer. Affronter son bourreau dont les visites sournoises sont de surveillance, de pressions et de soumissions. Abattre l’éveil de K., détruire sa noble intelligence. Mais K. est intuitive, courageuse et loyale. Ses peurs se mutent en résistances. Une bataille entre elle et le bourreau s’enclenche. Il devine sa ténacité à sauver la mémoire de son peuple envers et contre tout. Les rencontres sont des menaces, des pions qui avancent et reculent. K. ne cède rien. Archive le sceau de son pays, bouge une syllabe et , « le dernier des cavaliers arriva, les autres l’encerclèrent et ils formèrent une troupe unie où chacun était un héros anonyme, comme ces essaims d’abeilles qu’aucune main ne peut séparer. »
    La bibliothèque est de souterrains, de voûtes et d’immobilité, comme figée dans ses douleurs. La trame est un drapeau ukrainien flottant au vent des aspérités.  Kolodomor, Tchornobyl, Maïdan, trois mots à défigurer qu’elle refuse mentalement. Torture et violence, l’Homme au chapeau, monstre froid et dont les ordres sont des barbaries latentes et douloureuses pour K. Les chantages du bourreau envers K. sont des blessures infinies. Elle doit combattre les paroles assassines et la haute intelligence de son bourreau. Malgré tout elle continue, ne quitte plus la bibliothèque de grilles et de serrures, de méandres et de silences. Elle est vouée à sa patrie envers et contre tout. Le masque.
    « K. regarde ses avant-bras : ses veines charriaient le mot liberté. »
    Ce livre est un témoignage emblématique. Un devoir d’écriture, un hommage d’une beauté inouïe malgré ses souffrances. Il y a ici, dans ce roman (à peine), les larmes d’un pays : l’Ukraine. Et la preuve d’un peuple prêt à tous les défis et les sursauts pour survivre et ne rien céder aux envahisseurs. « L’Archiviste » est poignant, crucial, « comme une œuvre totale dont la palette répond aux roulements du train, les deux se tiennent et se répondent. »
    Le pouvoir de la littérature en apogée. Un livre des résistances. Publié par les majeures Éditions Aux forges de Vulcain.

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