À crier dans les ruines

Couverture du livre « À crier dans les ruines » de Alexandra Koszelyk aux éditions Aux Forges De Vulcain
Résumé:

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s'aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C'est alors qu'un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa... Voir plus

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s'aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C'est alors qu'un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu'Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s'éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit dans un pays qui n'est pas le sien. Elle s'efforce d'oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu'elle a quitté vingt ans plus tôt.

Finaliste du prix Stanislas.
Sélection Jeunes Talents 2019 des librairies Cultura.

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Avis(7)

  • Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'élégance.

    C'est le terme. Exact.

    Dans le dictionnaire, je trouve cette définition. « Qualité esthétique de ce qui est harmonieux, gracieux dans la simplicité. »

    Alexandra Koszelyk possède de cette grâce innée, et dans ces mots, et dans ce...
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    Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'élégance.

    C'est le terme. Exact.

    Dans le dictionnaire, je trouve cette définition. « Qualité esthétique de ce qui est harmonieux, gracieux dans la simplicité. »

    Alexandra Koszelyk possède de cette grâce innée, et dans ces mots, et dans ce qu'elle est. Croisée en de rares occasions, elle m'inspire un grand respect, non, une grande émotion. Que je ne m'explique pas. Et tant mieux. Et peu importe.

    Dans ce premier roman, fou et fort à la fois, elle raconte une histoire d'amour, elle raconte un effondrement.

    La catastrophe de Tchernobyl.

    Des années après le drame, Lena revient sur les lieux de son enfance. En Ukraine, à Prypiat. Elle n'a pas oublié. Elle a juste un peu avancé. Depuis 1986. Depuis ce "Tchernobyl", cette tâche incongrue dans l'inconscient collectif. Cette folle erreur humaine. Ce drame incommensurable.

    Adolescente à l'époque, elle s'est vue séparée de son amour de jeunesse, Yvan, qu'elle a cru mort. Elle s'en va à la rencontre de son passé. de cette frontière entre ceux qui partent. Et ceux qui restent.

    J'ai lu ce roman. J'ai vu des choses. Peut-être des fantômes. J'ai entendu ce cri. En moi. En nous. Un cri d'une humanité folle.

    Ce roman lyrique, hypnotique comme le sont parfois les contes, documenté et enivrant, parle d'exil, de déchirures et d'abandon. Ce roman, qui ne ressemble à nul autre.

    Un premier roman donc qui se lit avec force. Qui se respire presque. Une plume qui envoûte et qui souffle court. Comme ce cri rentré qui a mis des décennies à pouvoir sortir. Sans maniérisme et sans vanité. Chaque mot est habité. Chaque phrase s'allume dans l'esprit de son lecteur.

    Il y a de la beauté chez Alexandra Koszelyk. Il y a de ce supplément d'âme.

    De l'élégance, vous dis-je, de l'élégance.
    Prenons-en de la graine.

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  • Avril 1986. Un Vésuve nucléaire fait irruption dans l’air ukrainien, Pipriat devient le Pompéi du XX° siècle mais par la main de l’homme : la centrale de Tchernobyl a explosé. Quelques mètres plus loin, dans une forêt, le destin de deux adolescents, Léna et Ivan, va basculer, leur fusion va...
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    Avril 1986. Un Vésuve nucléaire fait irruption dans l’air ukrainien, Pipriat devient le Pompéi du XX° siècle mais par la main de l’homme : la centrale de Tchernobyl a explosé. Quelques mètres plus loin, dans une forêt, le destin de deux adolescents, Léna et Ivan, va basculer, leur fusion va devenir fission. La famille de Léna décide de partir en Europe de l’Ouest, en France précisément, celle d’Ivan va rester sur les lieux de la catastrophe. De part et d’autre, ils vont crier dans les ruines, dans ce Plutonium contemporain, comme si le dieu des enfers avait ouvert les portes pour un crépuscule des âmes ; ils vont crier dans les ruines et cracher sur ce qu'ils avaient aimé tous deux...

    Léna va grandir loin d’Ivan, dans une famille qui rejette ses racines, puis étudier, travailler. Elle cherche à oublier et l'on pense aux vers d’Alphonse Allais qui se calquent à la perfection face au drame de l’exil :

    « Partir c’est mourir un peu
    C’est mourir à ce qu’on aime
    On laisse un peu de soi-même
    En toute heure et dans tout lieu »

    Alors Léna, vingt ans plus tard décide de retourner sur les lieux de son enfance pour tenter de renouer avec le passé et retrouver Ivan. De son côté, Ivan n’a cessé de penser à son amour de jeunesse, lui a écrit des lettres conservées dans une boîte… Est-ce que ces deux atomes vont pouvoir redevenir un seul noyau ?

    Alexandra Koszelyk signe un premier absolument flamboyant, une rencontre totale entre le lecteur et l’auteur rendue possible par une plume qui manie l’allégresse de la verve et jongle avec différents sujets qui peuvent sembler éloignés et, pourtant, ne vont en former qu’un.

    Ce sont tour à tour, une description de l’explosion nucléaire rarement écrite avec de tels mots, une ode à la nature et à l’écologie, une réflexion ouverte sur la folie technologique, les tourments de l’exil et enfin l’amour, cet amour contre vents et marées. S’ajoutent une richesse du verbe et les maintes références à la mythologie, pas seulement grecque et romaine mais également celte.

    Epopée romanesque où une ville ukrainienne va devenir une nouvelle Ithaque pour un roman qui dessine les errances humaines, le tragique mais aussi le rêve. Sans oublier l’espoir qui trace son destin face au danger et à la mort.

    https://squirelito.blogspot.com/2019/08/une-noisette-un-livre-crier-dans-les.html

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  • Un très beau roman sur la force de l'amour entre deux enfants, Léna et Ivan, 13 ans.


    Rien ne préparait Lena et sa famille, à tout abandonner du jour au lendemain !

    Tout quitter, en laissant derrière eux, ce qui leur est cher.

    Pour Léna, c'est renoncer à son meilleur ami, son école,...
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    Un très beau roman sur la force de l'amour entre deux enfants, Léna et Ivan, 13 ans.


    Rien ne préparait Lena et sa famille, à tout abandonner du jour au lendemain !

    Tout quitter, en laissant derrière eux, ce qui leur est cher.

    Pour Léna, c'est renoncer à son meilleur ami, son école, sa maison...
    Un tel déchirement signe la fin de l'insouciance et le début des désillusions.

    Fuir son pays, suite à l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

    Une catastrophe à l'échelle mondiale.

    Pour toute sa famille, c'est le déracinement et l'exil.

    Un nouveau départ en France mais Léna n'oubliera jamais son ami Ivan malgré leur séparation.

    Deux êtres liés aux destins inséparables, tous deux, ne vivent que pour des retrouvailles qu'ils espèrent prochaines.

    Seulement, le futur s'annonce autrement et auront-ils l'espoir de se revoir un jour...

    Je vous laisse évidemment le découvrir en lisant ce très beau récit.


    Léna se battra pour connaitre la vérité sur ce départ précipité et tabou, voulant absolument garder en elle, ses racines et son histoire personnelle.

    Un combat difficile dont elle fera preuve de ténacité et de courage pour trouver la force de revenir vingt ans plus tard en Ukraine.

    C'est une histoire forte, passionnante et poignante que nous conte l'auteure.

    A travers de ces deux personnages bouleversants, le lecteur suit le parcours de leurs vies diamétralement opposées.

    J'ai suivi avec beaucoup d’intérêt, l'histoire dramatique de Tchernobyl et ses conséquences catastrophiques sur tout un pays et son peuple.

    Crier dans les ruines est une magnifique histoire d'amour, magistralement orchestrée par Alexandra Koszelyk.

    Un texte vibrant
    Une lecture qui reste en mémoire, tant l'histoire est belle et poétique
    Un premier roman fort réussi
    qu'il faut découvrir vite...

    Un roman solaire à lire de la rentrée littéraire.

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2019/08/a-crier-dans-les-ruines.html

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  • "Une terre peut-elle pardonner d'avoir été oubliée ?" Jolie question. En tout cas, cette terre vit de façon magnifique sous la plume d'Alexandra Koszelyk qui ose un premier roman singulier, nourri de classicisme, de légendes et de drames antiques pour mieux transcender la réalité. Un roman...
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    "Une terre peut-elle pardonner d'avoir été oubliée ?" Jolie question. En tout cas, cette terre vit de façon magnifique sous la plume d'Alexandra Koszelyk qui ose un premier roman singulier, nourri de classicisme, de légendes et de drames antiques pour mieux transcender la réalité. Un roman d'amour, lumineux, une ode au pouvoir de la nature. Il y est question d'exil, de racines et de ces liens invisibles qui vous rattachent à votre culture, à votre terre et à votre enfance. De la capacité de la nature à se régénérer, à reprendre ses droits et à réinvestir les ruines et les espaces désertés. C'est un roman qui fait du bien.

    Pourtant, tout se noue lors de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents liés depuis leur enfance et dont la relation passe doucement du jeu à quelque chose de plus tendre. Ils ont le temps, pensent-ils, tout le temps. A Pripriat, fierté de l'URSS, l'activité tourne autour de la centrale. Lorsque le drame survient, la famille de Lena décide de fuir, tandis que celle d'Ivan reste sur place. Pour la jeune fille, ce sera l'installation en Normandie, près de Cherbourg. L'exil, la douleur de la séparation, la tristesse de croire qu'Ivan n'a pas survécu. La difficulté de réapprendre, une langue, des mœurs, et celle d'assister à l'assimilation rapide de ses parents, symbolisée par la transformation du prénom de sa mère, Natalia qui devient Nathalie apparemment sans aucun état d'âme. Ce vide, ce manque vont contribuer à la construire au même titre que ce qui la nourrit en parallèle, la littérature et plus particulièrement les contes, les légendes et les mythologies. Jusqu'à ce que, vingt ans après son départ forcé, elle se décide à retourner sur sa terre.

    Et c'est ce que j'ai adoré dans ce roman. Ces références qui imprègnent une culture, depuis les histoires qui ont bercé l'enfance de Lena, par la voix de Zenka, sa grand-mère adorée (quelle belle relation entre des deux-là !), jusqu'à celles qu'elle puisera dans le recueil qu'une enseignante bienveillante lui mettra entre les mains, les Contes et légendes du Cotentin, en passant par la petite dose de celtitude d'une amie de lycée à demi écossaise. Car, aux côtés des grands auteurs de la littérature russe puis française qui jalonnent le parcours de Lena, il y a ces légendes qui forgent une identité et vous attachent irrémédiablement à un territoire, aussi clairement que les parfums et les arômes des plats de votre enfance. Et qui dit territoire dit terre. Végétation. Sève.

    J'aime tout dans ce roman, même s'il m'a fallu quelques pages pour m'adapter aux phrases courtes d'Alexandra et à sa façon parfois fantasque d'enjamber le temps (mais le fantasque, j'aime aussi). J'aime ses références, le regard qu'elle porte sur ses personnages, la façon dont elle interroge le territoire que chacun porte profondément en soi. J'aime qu'elle mise sur l'amour, par-delà les ruines, cette force qui nous dépasse. Et qu'elle laisse le dernier mot à la nature, comme une promesse, la porte ouverte à l'imaginaire.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • 1986, Tchernobyl 2 adolescents s aiment et partagent tout... Mais un accident sans une centrale nucléaire vient balayer leurs espoirs... Les parents de Lean s'exile t à Paris en faisant croire à leur fille qu'Ivan est décédé. Ivan attend son retour et elle, elle s'efforce d'oublier son amour...
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    1986, Tchernobyl 2 adolescents s aiment et partagent tout... Mais un accident sans une centrale nucléaire vient balayer leurs espoirs... Les parents de Lean s'exile t à Paris en faisant croire à leur fille qu'Ivan est décédé. Ivan attend son retour et elle, elle s'efforce d'oublier son amour perdu mais ... Lena a dû s’acclimater à une nouvelle vie, à de nouvelles coutumes et règles . Lui a décidé de rester proche de la zone d’exclusion, sur la terre de ses ancêtres. Malgré tous ses efforts, Lena, adulte, voit resurgir son passé et décidé de retrouver le pays de son enfance.
    Ce livre évoqué de cet vécu par toute une generation sous l'angle de l’histoire de Lena, une « privilégiée » grâce à son père, qui a pu passer à l'ouest
    Sa famille veut oublier, elle, elle reste accrochée à son passé.
    Dans sa description minutieuse des états d’âmes de Lena, Mme Koszelyk nous transmet un message universel, intemporel sur ces familles arrachées de chez eux par la faim, l'éloignement, le déracinement et la guerre.
    Grâce à Lena, on comprend que ces etres vivent avec un manque toujours terré au plus profond, comme un deuil jamais vraiment terminé qui ne trouve sa conclusion que dans le dernier des soupirs.
    Mais la fin est belle et l'écriture est poétique, juste admirable !! Une auteure à suivre...

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  • « Quand Léna arrive à Kiev, elle ne s’attend à rien ou plutôt à tout. Des odeurs de son enfance, la musique de sa langue natale, les dernières images avant son exil. Mais de fines particules assombrissent les lumières de la ville, la grisaille embrume ses souvenirs. Des silhouettes la frôlent et...
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    « Quand Léna arrive à Kiev, elle ne s’attend à rien ou plutôt à tout. Des odeurs de son enfance, la musique de sa langue natale, les dernières images avant son exil. Mais de fines particules assombrissent les lumières de la ville, la grisaille embrume ses souvenirs. Des silhouettes la frôlent et semblent appartenir à un autre temps.» L’émotion sourd de toutes les pages du premier roman d’Alexandra Koszelyk, chant d’amour à une terre, à un serment de jeunesse, mais aussi récit d'une terrible déchirure.

    Les premières pages se déroulent en 2006, vingt ans après la catastrophe, au moment où Léna arrive à Kiev pour s’inscrire à une excursion vers Pripiat avec quelques touristes dont la curiosité est plus forte que le risque encouru. Mais pour elle, on va le comprendre très vite, ce voyage revêt un caractère autrement plus important: elle revient dans la ville où elle a passé son enfance, dans la ville où elle a connu Ivan, auprès de l’arbre sur lequel a été gravé la preuve de leur amour, là où elle a fait un serment qu’elle n’aura pu tenir.
    Le brutal arrachement à cette terre frappe aussi ses parents et sa grand-mère Zenka qui laisse derrière elle, dans le train de l’exil, «son chez-soi, sa langue, et des amis déjà enterrés». Dimitri, son père, a pu trouver un emploi à Flamanville, non loin de Cherbourg, où ses connaissances dans le domaine nucléaire sont appréciées.
    Suivent alors des pages fortes sur l’exil et sur la façon dont on peut essayer de surmonter ce déchirement. Léna trouve un réconfort dans la lecture : «Les livres n’étaient pas seulement des outils pour apprendre le français ou pour s’évader: ils comblaient cette absence qui la dévorait et étaient un pont de papier entre les rives de ses deux vies. La lueur d’une bougie blèche au fond d’une caverne.»
    La lecture et l’écriture. Car l’adolescente espère toujours que ses lettres trouveront Ivan qui, de son côté lui écrit aussi. Des lettres qu’il n’envoie pas, mais dans lesquelles il dit son espoir puis sa peine. Il raconte la vie à quelques kilomètres de ce maudit réacteur n°4 et le fol espoir né après la chute du mur de Berlin. Il raconte comment la douleur s’est transformée en colère: «J’ai longtemps espéré ton retour. En 1990, j’ai cru chaque jour que tu reviendrais. Tu sais ce que ça fait d’attendre? D’espérer? Quand ça s’arrête, on tombe de haut. Je croyais en toi, en ta force, en notre complicité. Mais ce n’était que du vent. Comme les autres. Tu es comme les autres. Dès que tu as franchi cette putain de frontière à la con, tu m’as oublié. Peu importe ce qu’on avait vécu. Pfft, du vent! Les promesses ne tiennent que le temps d’être dites.»
    On aura compris dès les premières pages que Léna n’a rien oublié. Mais peut-on effacer vingt ans de sa vie et retrouver ses racines?
    La plume sensible d’Alexandra Koszelyk – qui a eu la bonne idée d’aller, à l’instar de Jean d’Ormesson, chercher son titre dans les poèmes d’Aragon – donne à ce roman une profondeur, une humanité, une force peu communes. Si bien que je n’ai qu’une certitude en refermant ce roman: il ne sera pas inutile de crier dans les ruines, car le message sera entendu!
    https://urlz.fr/awq8

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  • Magnétique, puissant, « A crier dans les ruines » d’Alexandra Koszelyk est ce rare qui change la couleur du monde. L’écriture est œuvre. Ciselée, pragmatique, maîtrisée jusqu’à l’intelligibilité la plus extrême. On dévore le mot précis, habile et délivrant. Mature, doué, ce roman est la clé de...
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    Magnétique, puissant, « A crier dans les ruines » d’Alexandra Koszelyk est ce rare qui change la couleur du monde. L’écriture est œuvre. Ciselée, pragmatique, maîtrisée jusqu’à l’intelligibilité la plus extrême. On dévore le mot précis, habile et délivrant. Mature, doué, ce roman est la clé de voûte d’un édifice littéraire. On devine une force intrinsèque venue de cette terre originelle, emblématique, une fleur invisible, résistante et altière. « A crier dans les ruines » dont le titre est une magnifique allégorie. Cette histoire aux multiples chemins au-delà du sombre irrécusable est lucide. L’incipit : « Quand Léna arrive à Kiev elle s’attend à rien plutôt à tout. Des odeurs de son enfance, la musique de sa langue natale, les dernières images avant son grand exil…. Des silhouettes la frôlent et semblent appartenir à un autre temps…. » « Chaque feuille projette son éventail de couleurs, dans lequel reflète l’incendie qui a dévoré cette région un certain 26 avril 1986. » Pripiap, « La nouvelle Babel des années 1970… anéantie par l’accident nucléaire de Tchernobyl. » Léna et Ivan, sont une dualité cornélienne. Plus qu’un amour écartelé entre deux rives idéologiques, au cœur de cette histoire, l’analyse des conséquences de ce drame interplanétaire, voué à l’éternité revêt une finesse sociologique, géopolitique. L’habitus déformé tel un monstre dont les griffes acérées blessent voire tuent. L’histoire change de camp, son réalisme attise les flammes. Au-delà des faits, les paraboles mythologiques sont des formidables bouquets d’Eternelles, ces fleurs dont l’essence ésotérique plus que des cris sur les ruines sont cardinales et source de vie. L’auteure, enseignante, brillante, délivre subrepticement, ce langage des Sages. Celui qui octroie le miracle de la philosophie, de la mythologie à portée de conscience. La culture, avec un grand C, est un levier. « Cito, longe, tarde » »Tu sais ce qu’elle veut dire ? » « Vite, loin, tard. » « En gros : » « Fuis vite, loin, et reviens tard. » « Ses rêves furent teintés de la quête de Poliphile, des percées haussmanniennes, de la poésie des ruines. »Léna le blanc, Ivan le noir… « Il est des images que l’on garde à l’abri, dans le creux de nos cicatrices. Elles possèdent le goût de la glaise fraîchement retrouvée et le bruit de la pelle qui heurte les cailloux. » « A crier dans les ruines » est un hymne à « Ces femmes qui se sont un peu éloignées de la Zone, à quelques kilomètres. Elles le font pour les enfants, dont elles serrent le visage et le corps de leurs bras totem. » Ce roman est le symbole de l’avant et de l’après apocalyptique. Où les fantômes de Tristan et Iseut, Héloise et Abelard, Solal et Ariane s’épanchent vers Léna et Ivan, parabole d’un XX ième siècle irradié à jamais. Lire « A crier dans les ruines » est une nécessité venue d’Ukraine. Un appel à témoins littéraires. Lire ces lignes si délicates et humbles c’est communier avec le mémoriel. Marcher dans les ruines et s’arrêter dans l’astre du silence le plus intense. Ce roman grave, engagé, sensoriel, bénéfique puissamment vivant est une espérance en devenir. Une ode à la patience. Un cri salutaire. Les illustrations de la première de couverture, d’Eléna Vieillard, si pavloviennes et fidèles au sceau de Vulcain, sont un enchantement. Publié par les Editions Aux forges de Vulcain , « A crier dans les ruines » est un premier roman, majeur , né depuis des millénaires.

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