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La fille qu'on appelle

Couverture du livre « La fille qu'on appelle » de Tanguy Viel aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707347329
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Quand il n'est pas sur un ring à boxer, Max Le Corre est chauffeur pour le maire de la ville. Il est surtout le père de Laura qui, du haut de ses vingt ans, a décidé de revenir vivre avec lui. Alors Max se dit que ce serait une bonne idée si le maire pouvait l'aider à trouver un logement.

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Articles (1)

Avis (15)

  • Souvent attirée par les couvertures des romans, je ne l'ai pas été cette fois et pour cause, les Editions de Minuit ne pouvant faire plus neutre et passe-partout; en revanche, c'est le titre qui m'a intriguée comme si c'était le début de quelque chose qui peut être complété selon son...
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    Souvent attirée par les couvertures des romans, je ne l'ai pas été cette fois et pour cause, les Editions de Minuit ne pouvant faire plus neutre et passe-partout; en revanche, c'est le titre qui m'a intriguée comme si c'était le début de quelque chose qui peut être complété selon son imagination.
    En fait, j'ai eu l'explication très vite, dans les toute premières pages; je ne vous en dirai pas plus pour laisser vagabonder votre curiosité.
    Laura, 20 ans, nouvellement revenue de Rennes, fait une déclaration dans un commissariat d'une ville bretonne; elle raconte comment son père, Max, ancien champion de boxe, reconverti en chauffeur du maire, Quentin Le Bars, 48 ans, a demandé à son patron s'il pouvait intervenir pour que Laura puisse avoir un appartement. S'enclenche alors un mécanisme qui conduit Laura à accorder ses faveurs au maire contre un hypothétique appartement et dont elle et son père seront les victimes.
    Il s'agit d'un roman noir, social, ancré dans notre époque, notre société. Il est question d'emprise sexuelle mais aussi et surtout d'emprise de ceux qui ont le pouvoir politique ou de l'argent sur les "sans-dents" pour reprendre une fameuse déclaration présidentielle, sur ceux qui subissent leur vie, sur ceux qui sont en position de demandeurs, tributaires de l'arbitraire et du bon vouloir de ceux qui peuvent décider de leur vie en leur accordant, avec condescendance et peut-être parfois un certain mépris, un travail ou autre chose. Et c'est cette double emprise que j'ai trouvé intéressante.
    Ce roman est porté par une écriture magnifique, avec des phrases, il est vrai parfois un peu longues mais j'ai, cependant, été conquise par leur rythme et leur musicalité, par l'art de l'auteur de transformer quelque chose de trivial, d'écœurant en un très beau texte. J'ai aimé la présence de la mer vers laquelle se tournent Max et sa fille avant de prendre une décision importante, la mer qui leur transmet la force et le souffle. En revanche, j'ai fait une overdose de comparaisons introduites presque systématiquement par un nombre incroyable de "comme", "comme" si l'auteur voulait s'assurer que le/la lecteur/trice ait bien compris de quelle figure stylistique il s'agissait!

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  • À l'instar de Article 353 du code pénal, le précédent roman de Tanguy Viel, La Fille qu’on appelle est roman noir construit selon la même trame et dont les faits se déroulent quasi dans les mêmes lieux. D'ailleurs, le titre aurait même pu être un autre article du code pénal.

    Avis aux...
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    À l'instar de Article 353 du code pénal, le précédent roman de Tanguy Viel, La Fille qu’on appelle est roman noir construit selon la même trame et dont les faits se déroulent quasi dans les mêmes lieux. D'ailleurs, le titre aurait même pu être un autre article du code pénal.

    Avis aux lecteurs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être tout à fait fortuite.

    L’intrigue de La fille qu'on appelle se déroule dans une ville portuaire bretonne où le premier magistrat de la commune -qui deviendra ministre- se rend à tous ses rendez-vous, qu'ils soient publics ou privés, qu'avec son chauffeur. Alors lorsqu'on véhicule Monsieur le maire depuis des années, et que de surcroît on a participé à la gloire de son pays en remportant un championnat de boxe, on peut bien demander un service à son patron. Laura, la fille de Max, d'une beauté divine et ancien mannequin, est à la recherche d'un logement. Le maire pourrait tout à fait intercéder en sa faveur auprès de la commission logement. Il n'en demandait pas plus Max. Mais le maire lui, en demandera plus. Beaucoup plus. Non, à vrai dire, il ne demandera jamais rien. Ce n'est pas le genre. Et c'est là que le bât blesse justement.

    Il y a ceux qui ne demandent rien et qui obtiennent et ceux qui demandent et qui donnent. Les dominants et les dominés. Il y a ceux qui détiennent le pouvoir et qui en abusent et ceux qui sont abusés. La fille qu'on appelle c'est exactement cela en beaucoup plus subtil et moins caricatural. En effet, Tanguy Viel s'évertue à explorer les rapports de domination sociale, les jeux de pouvoirs qui conduisent à l'emprise sans oublier la cruciale question du consentement ou plus précisément cette fameuse zone grise. Vous savez celle qui vous amène à céder sans jamais consentir, celle qui vous paralyse et vous rend inerte. Et ce qui devait arrivé, arriva. Pas de surprise, pas de revirement, mais l'essentiel n'est pas là. Il réside dans le détricotage du mécanisme de domination pour mieux le décrypter. À travers la déposition de la victime mais surtout à travers le témoignage d'un observateur, Tanguy Viel analyse avec finesse les faits et le psyché de ses personnages. Il nous livre un roman court mais ô combien dense et percutant. Qu'il obtienne ou non le prix Goncourt, La fille qu'on appelle est un roman qui fait mouche. Belle lecture !

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2021/10/mon-avis-sur-la-fille-quon-appelle-de.html

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  • Laura c'est "la fille qu'on appelle", "call girl" à son insu, un peu paumée, mannequin dès son plus jeune âge, posant pour des magazines. Sur les conseils de son père, elle vient demander de l'aide au maire de sa petite ville de province pour qu'il lui trouve un logement. Tombée dans un piège,...
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    Laura c'est "la fille qu'on appelle", "call girl" à son insu, un peu paumée, mannequin dès son plus jeune âge, posant pour des magazines. Sur les conseils de son père, elle vient demander de l'aide au maire de sa petite ville de province pour qu'il lui trouve un logement. Tombée dans un piège, elle est dominée et manipulée par ce politicien retors bientôt propulsé ministre des afffaires maritimes.
    Max, c'est le père de Laura, ancien boxeur et chauffeur du maire, victime indirecte de cette sombre histoire.
    Franck, c'est le tenancier du casino, qui met des "filles" à la disposition du maire en toute impunité.
    Le policier, c'est celui qui recueille la déposition de Laura, quand au final elle ira porter plainte contre le maire.
    L'histoire, tristement banale mais un peu terrifiante d'une emprise sur fonds de consentement apparent, se résume à ce drame social où le pouvoir détruit des vies et s'en sort toujours.
    L'immense qualité de ce roman, c'est son écriture. Tanguy Viel décortique, analyse, décrypte les comportements, les pensées, les sensations avec une maîtrise totale de la langue et de ses subtilités, dans de longues phrases presque envoûtantes. Il réussit à mêler ce regard acéré qui va jusqu'au tréfonds de la pensée, tout en parsemant aussi son récit d'expressions factuelles, par lesquelles s'expriment directement les personnages et qui ponctuent le déroulement de l'histoire. Pas de dialogues, mais des phrases courtes, évidentes et réalistes.
    Réflexion sur l'abus de pouvoir, le consentement, l'emprise, la domination, les failles de la justice... Mais surtout une grande oeuvre littéraire et un auteur qui donne envie de lire ses autres romans !

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  • Encore un livre sur le consentement ? Non bien plus que cela !
    C’est un livre sur la machine qui se met en branle quand des puissants se croient tout permis, sur l’engrenage qui se referme sur celles (principalement des femmes) qui subissent sans oser dire, encore moins dénoncer, jusqu’au jour...
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    Encore un livre sur le consentement ? Non bien plus que cela !
    C’est un livre sur la machine qui se met en branle quand des puissants se croient tout permis, sur l’engrenage qui se referme sur celles (principalement des femmes) qui subissent sans oser dire, encore moins dénoncer, jusqu’au jour où une goutte d’eau fait déborder le vase et les poussent à franchir le seuil d’un commissariat.
    Et là c’est le début d’un combat à armes inégales, David contre Goliath, l’innocence contre la mauvaise foi.

    Laura a vingt ans, a abandonné ses études pour travailler dans « la mode ». Elle revient chez son père, Max Le Corre, champion de boxe devenu chauffeur du Maire, Quentin le Bars. Nous n’avons pas besoin d’imaginer ce qui va se passer, le premier chapitre nous plonge directement dedans. Nous sommes au commissariat et Laura dépose plainte contre le Maire.

    Premier livre de cet auteur pour moi et une belle découverte ! Un mélange de polar, de roman noir, à l’écriture incisive, directe quand le propos de Laura le nécessite et plus alambiquée, mais parfaitement maîtrisée, quand il s’agit d’expliquer les tergiversations des puissants. Car il est bien question d’abus de pouvoir ou de faiblesse selon la place que l’on prend, de trafic d’influence, mais surtout d’emprise, de consentement et de tout ce qui se joue dans les mots qui sont prononcés et couchés sur cette déclaration qui finira sur le bureau du procureur.
    Ce n’est pas tant l’engrenage qui est décrit que tout ce qui se passe à côté, les intérêts des uns et des autres, les calculs, les clichés, les sous-entendus qui est extraordinairement décrit et qui donne tant de relief à ce récit.

    Brillant !

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  • Quelques lignes suffisent pour reconnaître le style particulier de l’écriture de Tanguy Viel, même cinq ans après Article 353 du code pénal. C’est le même phrasé, la même mélodie.

    C’est aussi avec le même procédé que dans son roman précédent que l’on découvre l’histoire, pour un sujet tout...
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    Quelques lignes suffisent pour reconnaître le style particulier de l’écriture de Tanguy Viel, même cinq ans après Article 353 du code pénal. C’est le même phrasé, la même mélodie.

    C’est aussi avec le même procédé que dans son roman précédent que l’on découvre l’histoire, pour un sujet tout autre : Laura est au commissariat pour porter plainte. Elle déclare avoir subi l’emprise d’un homme politique connu, promu de la mairie au ministère. S’il n’y a pas eu viol à proprement parler, puisque jamais la jeune femme n’a pas clairement dit non, elle n’a pas eu le choix et veut en convaincre ses interlocuteurs. C’est d’autant plus difficile que cette jolie fille a posé quelques années plus tôt dans un de ces magazines que l’on ne peut atteindre dans les kiosques que si l'on est grand ou dressé sur ses pointes de pieds, et plus récemment, sa plastique parfaite a orné les panneaux publicitaires de la ville.

    Ce sont des prédateurs, des hommes puissants qui tirent les ficelles. Avec la question sous- jacente : est-ce le pouvoir qui génère les prédateurs ou est-ce cette appétence de la prédation qui les mène au pouvoir ?


    Le mécanisme de l’emprise qui est exploré avec beaucoup de finesse, mais le roman ne se limite pas à ça, car c’est aussi l’histoire d’une vengeance spectaculaire, qui va laver l’affront mais aussi dévoiler la pudeur d’un amour filial mis à mal pour de mauvaises raisons.

    Belle critique du cynisme des hommes de pouvoir mus par leurs instincts les plus bas et démonstration de la complexité de la notion du consentement.

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  • Une écriture magistrale, envoûtante, cérébrale qui enivre. Un don tout particulier pour donner du sens à un geste anodin, à une banale situation en utilisant les mots justes dans une phrase-pirouette. Au-delà de cette indéniable qualité pour ne pas dire talent (tant d'écrivains encensés ne...
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    Une écriture magistrale, envoûtante, cérébrale qui enivre. Un don tout particulier pour donner du sens à un geste anodin, à une banale situation en utilisant les mots justes dans une phrase-pirouette. Au-delà de cette indéniable qualité pour ne pas dire talent (tant d'écrivains encensés ne savent plus écrire !) il y a l'histoire de la fille qu'on tutoie et qui n'a pas été respectée. Un beau livre, court, fort, qui parle de l'essentiel sans perdre son temps.

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  • C'est comme une vague qui l'a soulevée et l'a déposée devant le perron du commissariat. Deux flics interrogent Laura qui vient de déposer plainte pour viol, proxénétisme et abus de faiblesse.
    À 16 ans, on était venu la chercher à la sortie du lycée pour faire des photos de mode, et bientôt son...
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    C'est comme une vague qui l'a soulevée et l'a déposée devant le perron du commissariat. Deux flics interrogent Laura qui vient de déposer plainte pour viol, proxénétisme et abus de faiblesse.
    À 16 ans, on était venu la chercher à la sortie du lycée pour faire des photos de mode, et bientôt son corps en sous-vêtements était visible sur toutes les affiches sur les murs des villes. de retour dans sa ville où Max son père est le chauffeur du maire Quentin le Bars, alors Max pense que peut-être Le Bars pourrait appuyer la demande de logement de sa fille. Laura va tomber sous l'emprise de cet homme et c'est cette histoire qu'elle vient raconter aux policiers.

    Un roman noir, social et psychologique, une réflexion sur le pouvoir, l'influence et le consentement, dans une petite ville bretonne où l'on s'arrange avec la morale. Comme toujours l'écriture de Tanguy Viel est simple mais efficace, très cinématographique, le lecteur a l'impression d'être derrière une caméra. Deux portraits dominent ce roman, celui de Laure bien sûr, une jeune femme fragile et celui de Max son père, ancienne gloire de la boxe, entièrement soumis à son employeur. L'auteur restitue les faits, démontre l'ambiguïté de la situation, sans mots inutiles avec détachement et réalisme. Tanguy Viel nous assène une fin inattendue comme un dernier coup de poing et le lecteur reste KO debout.

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  • Max La Corre, ancien champion de boxe est chauffeur du maire d'une ville de Bretagne.
    Quand sa fille Laura revient vivre près de lui, il demande au maire de l'aider à trouver un logement.
    C'est le début d'un engrenage.
    L'auteur nous rend spectateurs d'une histoire d'emprise et nous assistons,...
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    Max La Corre, ancien champion de boxe est chauffeur du maire d'une ville de Bretagne.
    Quand sa fille Laura revient vivre près de lui, il demande au maire de l'aider à trouver un logement.
    C'est le début d'un engrenage.
    L'auteur nous rend spectateurs d'une histoire d'emprise et nous assistons, hypnotisés, à la déclaration que fait Laura à la police, aux arrangements de gens influents, à la manipulation.
    Le procédé est un peu le même que dans « Article 353 du code pénal »
    Laura, comme Martial, font une déposition.
    Le sujet est d'actualité bien que datant de la nuit des temps : un personnage abusé, domination/soumission.
    C'est un livre noir à l'ambiance pesante.
    J'ai eu un peu de mal à entrer dedans.
    Longueurs des phrases pas toujours claires et nécessitant une relecture.
    Tout en admirant cette belle écriture et ces tournures de phrases, elles m'ont étouffée, presque asphyxiée (bon, d'accord, j'exagère un peu).

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