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Tanguy Viel

Tanguy Viel
Tanguy Viel est né à Brest en 1973. La Disparition de Jim Sullivan, son sixième roman, est paru en 2013.

Articles en lien avec Tanguy Viel (1)

Avis sur cet auteur (100)

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    Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

    Domi Mots sur Article 353 du code pénal de Tanguy Viel

    Le résumé de l’éditeur :
    Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement...
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    Le résumé de l’éditeur :
    Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer.
    Encore faut-il qu'il soit construit…

    Ce que j’en pense :
    Déroutant au départ, par le ton du narrateur, le Je de Martial Kermeur accusé de meurtre et son récit au juge d’instruction.
    On est ensuite piégé par le déroulement de l’histoire

    Face au juge, il se souvient, ajuste, raconte, déroule le film de sa vie : licenciement, départ de sa femme, survenue de Lazenec, retrace désespérément "la ligne droite des faits", le poids des échecs et des infortunes, ses rapports avec son fils ...... A propos de ce dernier, il dit :
    « Au départ, c’est moi qui l’emmenais, et puis peu à peu, c’est lui qui s’efforçait de venir avec moi, comme pour me faire plaisir, ou pire encore, ne pas crier partout sa pitié ou sa honte. (… ) Un fils, il n’est pas programmé pour avoir pitié de vous. »

    Avec ses mots à lui, sa sincérité, sa crédulité abusée, son incompréhension, son accablement.
    Et sous ces mots bruts, on perçoit sa sincérité, son humanité, son incapacité à comprendre la traitrise.

    On sort complètement des sentiers battus de la narration, avec la parole libre, parfois heurtée de Kermeur et c’est une véritable réussite.
    Un magnifique huit-clos

    Quant aux lecteurs curieux et impatients de comprendre l'article 353, il apparaît seulement en conclusion.
    Mieux vaut donc en ignorer le contenu pour ménager le suspense même si "nul n'est sensé ignorer la loi "!

    Un récit remarquable, une réflexion, une méditation sur le mal en l'homme, sa responsabilité individuelle, le destin et le mécanisme d'un scénario menant d'une manière implacable au drame !

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    Couverture du livre « Icebergs » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

    Dominique Jouanne sur Icebergs de Tanguy Viel

    S’éloignant de son œuvre romanesque, Tanguy Viel, de façon généreuse, érudite, intelligente et bienveillante, explore l’univers littéraire.

    Grand lecteur, il nous livre une plongée dans l’intimité de l’écriture.

    Il nous transporte talentueusement dans une rêverie mélancolique de la pensée...
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    S’éloignant de son œuvre romanesque, Tanguy Viel, de façon généreuse, érudite, intelligente et bienveillante, explore l’univers littéraire.

    Grand lecteur, il nous livre une plongée dans l’intimité de l’écriture.

    Il nous transporte talentueusement dans une rêverie mélancolique de la pensée parmi des feus écrivains classiques solitaires illustrés de pans biographiques, anecdotes et accompagnés de nombreuses citations sur leur rapport à l’écriture, la lecture et la pensée.
    Ces écrivains morts depuis longtemps continuent à transmettre sans discontinuer, à travers les années, un héritage fabuleux en ayant laissé à la postérité, un terreau toujours aussi riche et fertile à la créativité.

    Hermann Hesse, dans ‘Une bibliothèque idéale’, a écrit sur la culture : « c’est un objectif qu’il ne faut jamais perdre de vue, un parcours dans l’infini, une résonance dans l’univers, une coexistence dans l’intemporel. »

    Les livres ont quelque chose de marin. On n’en voit que la surface à la lumière et un peu sous l’eau encore transparente mais, comme les icebergs, ils ont ces racines et fêlures invisibles dans l’abysse de l’intimité profonde de celui ou celle qui écrit.

    Gertrude Kolmar écrivait : « Toi qui lis ceci, prends garde ; car, vois-tu, c’est un être humain que tu feuillettes.»

    Au paragraphe concernant les citations, Tanguy Viel écrit : « Il y a entre le livre de citations et le journal intime, une fraternité cachée. »
    L’auteur ne sait pas avoir la discipline de tenir un journal (comme le fit Robert Shields habité par une sorte d’obsession) mais il s’est plu à recopier et compiler de nombreuses phrases d’auteurs qui, pour certaines, lui ont presque donné le tournis, ainsi celle de Charles Du Bos : « Si l’homme n’était soutenu dans l’effort d’écrire par le voile d’illusions que tisse autour de sa pensée le travail même qu’il déploie pour l’exprimer, il verrait sa pensée nue et grelottante et il ne pourrait en supporter le vide et la vanité. »
    Nue et grelottante ! Et T. Viel dit : « (…) empêcher que la pensée se retrouve nue et grelottante, lui inventer mille reflets et masques divers qui finiront par être, au fond, la substance d’elle, sa mémoire et son épaisseur. »

    « Il faut déchirer la surface de la pensée pour que coule sur la page l’encre nécessaire à son inscription. »

    A propos de son ‘Journal’, Anaïs Nin a déclaré : « Si j’étais un véritable auteur de journal comme Peppys ou Amiel, je me contenterais de consigner, mais ce n’est pas le cas, je veux remplir les intervalles, transformer, étendre, approfondir, je veux cette floraison ultime qui vient de la création. »

    « Un beau vers, une phrase bien venue, c’est comme un objet d’art ou un tableau que j’aurais acheté ; un sentiment, où entrent à la fois la vanité du propriétaire, l’amour-propre du connaisseur et le désir de faire partager mon admiration. » Paul Valéry.

    Paul Valéry est né sur le port de Sète. Tanguy Viel y est allé mais plus rien de l’époque du défunt auteur n’est resté sinon la façade de l’immeuble reconstruit sans même les fenêtres par lesquelles P. Valéry enfant regardait l’activité portuaire qu’il a décrite dans son livre ‘Variétés’.

    Tanguy Viel aime les maisons d’écrivains. Dans le long paragraphe remarquable qu’il consacre à Montaigne, il décrit sa visite touristique à la tour de Montaigne, un lieu vidé et résonnant. « Il faut dire, quand on va visiter une maison d’écrivain, il est rare de ne pas amener avec soi l’ombre portée de l’homme dont on a construit l’image le long des heures passées à le lire (…) »

    A propos des titres, combien de fois, achetons-nous un livre à cause d’un titre qui rencontre quelque chose qui nous concerne.
    T. Viel voit dans une vitrine, un livre intitulé ‘Sur la fuite des idées’. « Dans cette librairie de la rue des Écoles, j’ai fini par acheter le livre en question, d’un certain Ludwig Binswanger. Je me souviens que, pour n’être pas déçu trop vite, comme un billet de loterie qui m’aurait accompagné quelques heures d’espoir avant le tirage, je n’ai pas ouvert le livre tout de suite, échaudé par d’autres titres aux promesses non tenues (…) »

    Finalement il a tiré un bon numéro et il nous fait découvrir Binswanger qui fut psychiatre dans une clinique de Kreuzlingen limitrophe à Constance et qui a eu comme patient le célèbre Aby Warburg dont le génie était lié à l’agencement de sa folle bibliothèque dont les 600.000 volumes était classés par affinité entre auteurs, comme des chuchotements de l’un à l’autre, créant ainsi le reflet d’une âme humaine.
    Aby avait proposé à son frère Max de prendre sa place à la direction de la banque en échange de quoi, Max lui achèterait tous les livres qu’il désirait. Max, alors, ne pensait pas avoir signé un si gros chèque en blanc…
    A l’avènement de Goebbels au Ministère de la Culture allemand, les livres classés selon la règle de ‘bon voisinage’ fixée par Aby, ce qui fut une œuvre colossale faite de l’encre des autres, partirent à Londres répartis dans 600 caisses en bois.
    La bibliothèque reconstituée à l’identique est toujours sur le sol anglais.

    Aby Warburg deviendra fou mais aura fait vivre l’histoire de l’art parce qu’il aura suivi les méandres de sa pensée, ce tout autant que le Facteur Cheval.
    Tout comme une écriture peut être compulsive, voire sans œuvre, mais restera un geste qui pourra être transmuté par la littérature ainsi furent les textes de Proust ou Montaigne.

    Icebergs explore cet espace sillonnant entre l’écriture et l’accueil de la littérature ouvrant sur la réussite d’une lecture possible.

    « Car chacun sait qu’au royaume de l’écriture, suivre sa pensée ne signifie pas s’en tenir au flux de chaque instant mais plutôt à son chenal d’étiage, là où se découvre encore un gué que le lecteur pourra emprunter.»

    Sans certitudes et encore moins de leçons, c’est avec grande humilité et réserve et aussi beaucoup de délicatesse et d’élégance que Tanguy Viel mène une enquête : Pourquoi écrit-on ? A quoi ça sert ? Qu’est-ce que l’écriture ?

    « (…) il y a une grande différence entre s’expliquer à soi-même certaines choses et les exposer aux autres.»

    Les bibliothèques nous font souvent penser à quelque chose de végétal, forestier, qui n’a de cesse de pousser, germer, renaitre, grandir, forcir… comme si les piles de livres, comme des troncs d’arbres, avaient des racines vivantes dans le plancher…
    T. Viel n’échappe pas à cela, comparant l’envahissement des livres à du lierre… La pensée, toujours elle, qui s’agrippe…

    La pensée est le fil conducteur d’Icebergs. Elle se promène parmi les auteurs, les livres, les écrits… Un lien se tisse.

    « Un monde inépuisable de pensées était là, dont je savais très bien avoir au fond la clé, — mais qui ne se décidaient jamais à me la tendre, parce qu’aucune de ces pensées n’étaient moi, bien qu’elles fussent tout ce qu’en fait je pensais. » Antonin Artaud.

    « Nul plaisir n’a saveur pour moi sans communication : il ne me vient pas seulement une gaillarde pensée en l’âme, qu’il ne me fâche de l’avoir produite seul, et n’ayant à qui l’offrir. » Montaigne

    Écrire ou lire, c’est faire croiser les cœurs…

    A propos des Essais de Montaigne, Emerson a écrit : « Les Essais sont un plaisant soliloque au hasard des sujets qui lui traversent l’esprit (…), il n’est jamais ennuyeux, toujours sincère et il a le génie d’intéresser le lecteur à ce qui l’intéresse. »

    On va rencontrer Virginia Woolf. Dans le ‘Commun des lecteurs’, elle écrit : « Le spectre traverse l’esprit pour sortir par la fenêtre avant que nous ayons pu lui jeter du sel sur la queue. »
    Elle évitera Freud (qu’elle édite !) mais finira par le rencontrer, à ne plus quitter ses œuvres et dire « J’ai tenté de retrouver mon centre en lisant Freud. »
    Cela n’a pas évité le drame fatal et final qu’elle avait planifié et décidé pour elle-même…

    Tanguy Viel, dans ce livre, nous fait partager quelques-unes de ses lectures signées :
    Cicéron; Freud ; Julien Gracq ; Robert Burton ; Christine de Pisan ; Hermann Hesse ; Montaigne ; Goethe ; Dante ; Thomas Bernhard ; Michaux ; Michel Foucault ; Paul Valéry ; V. Woolf ; Proust ; Borges ; Maurice de Guérin ; Rilke ; Pasternak ; Charles Du Bos ; Nietzsche ; Gertrud Kolmar ; Roland Barthes ; Aristote ; Antonin Artaud ; Descartes ; Anaïs Nin ; Sénèque ; Bergson ; Mallarmé ; Balzac ; Italo Calvino ; Malcolm de Chazal ; et Maurice Blanchot, celui « qui ouvrit l’espace de l’écriture à cette fragilité inquiète qu’il me semblait partager avec lui. Peut-être cette fragilité, ainsi projetée sur les livres, n’était-elle qu’un miroir tendu à ma propre adolescence (…) »

    Ce court essai très concentré en 120 pages est une bouffée d'air et d’érudition qui se lit « à sauts et à gambades».

    Merci à Tanguy Viel pour ce moment d’une « grande fraternité du chuchotement, où ne nous console au fond que de croiser d’autres errances. »

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    Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

    Michel Gardin sur Article 353 du code pénal de Tanguy Viel

    Article 353 du Code Pénal.

    C'est le titre de ce livre de Tanguy, Viel qui m'a amené sur les traces d'Antoine Lazenec promoteur immobilier dont le corps a été retrouvé sans vie en mer, Martial Kermeur ouvrier Breton qui floué a commis l'irréparable, et d'un juge d'instruction. Celui-ci...
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    Article 353 du Code Pénal.

    C'est le titre de ce livre de Tanguy, Viel qui m'a amené sur les traces d'Antoine Lazenec promoteur immobilier dont le corps a été retrouvé sans vie en mer, Martial Kermeur ouvrier Breton qui floué a commis l'irréparable, et d'un juge d'instruction. Celui-ci est amené à instruire à charge et à décharge cette enquête judiciaire et de rendre une ordonnance de renvoi total, partiel ou de non lieu. Tout au long de ce roman qui dès les premières lignes nous présente la personne mise en examen, nous prenons connaissance de l'affaire, je dirai-même des affaires, ses tenants et ses aboutissants. Au fur et à mesure que l'on progresse, le dossier s'épaissit. Cette histoire prend de plus en plus de consistance que ne laisser entrevoir l'auteur en préambule.
    173 pages il nous est donné lecture d' un article très important du code de procédure pénale l'article 353. C'est à partir de cet article que ce juge d'instruction va rendre son ordonnance. En effet dans cet article 353 du CPP, la loi ne demande pas de compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles. Elle leur prescrit de s'interroger eux mêmes dans le silence et le recueillement la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : Avez-vous une intime conviction ?
    Je ne suis pas sur que dans ces circonstances un autre juge saisi par le procureur de la République parvient à cette même conviction. Mais comme il est mentionné ci-dessus je vous laisse découvrir celle qui a emporté ce juge dans l'affaire Kermeur-Lazenec.
    Ne cherchez plus l'article 353 du code pénal il a été abrogé le 1er mars 1994.

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    Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

    Caroline NOEL sur Article 353 du code pénal de Tanguy Viel

    Alors qu’il vient de pousser par-dessus bord Antoine Lazenec à des miles de la rade de Brest, Martial Kermeur est arrêté par la police.
    Dans le bureau du juge commence sa confession des événements qui l’ont mené jusque-là.
    Article 353 du Code pénal est un roman habilement mené sous la forme...
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    Alors qu’il vient de pousser par-dessus bord Antoine Lazenec à des miles de la rade de Brest, Martial Kermeur est arrêté par la police.
    Dans le bureau du juge commence sa confession des événements qui l’ont mené jusque-là.
    Article 353 du Code pénal est un roman habilement mené sous la forme d’un huis clos. Dans cette tragédie, l’écriture de l’auteur vous harponne et, tant par les événements que la façon dont ils sont racontés, vous n’en ressortirez pas indemne. Magistral.