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La femme d'après

Couverture du livre « La femme d'après » de Arnaud Friedmann aux éditions La Manufacture De Livres
Résumé:

Une nuit d'août. Elle marche jusqu'à son hôtel après ce dîner sur la terrasse d'un appartement de Montpellier. Elle se sent légère, grisée par la promesse d'une nouvelle aventure avec un amant retrouvé vingt ans après leur dernier rendez-vous. Mais dans la nuit, elle entend des voix, des pas.... Voir plus

Une nuit d'août. Elle marche jusqu'à son hôtel après ce dîner sur la terrasse d'un appartement de Montpellier. Elle se sent légère, grisée par la promesse d'une nouvelle aventure avec un amant retrouvé vingt ans après leur dernier rendez-vous. Mais dans la nuit, elle entend des voix, des pas. Trois jeunes hommes s'arrêtent devant elle. Des mots échangés, une insulte, un regard qui refuse de se baisser. Les hommes repartent. On pourrait dire que rien ne s'est passé. Et pourtant, reste une angoisse sourde, une culpabilité et ces questions qu'elle ne peut s'avouer. Pourquoi elle ? Qu'est-ce qui lui a permis d'emporter ce duel fait de quelques mots, de réflexes et de pensées incontrôlables ? Pourquoi lui trotte dans la tête le soupçon indigne de n'avoir pas été assez désirable ?
La Femme d'après nous conte la mécanique implacable d'une agression qui aux yeux de tous passera inaperçue. En écho à cette scène, avec finesse et sensibilité, Arnaud Friedmann explore les blessures et les désirs qui marquent la vie d'une femme alors que commence l'automne de sa vie.

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Avis (8)

  • Besançon, 17 septembre, Livres dans la boucle. Il est le local de l’étape. Je ne le connais qu’à travers des échanges virtuels sur le tennis avec une amie commune et "La vie secrète du fonctionnaire" que j’ai aimé. "Il" c’est Arnaud Friedmann et selon cette amie, son petit dernier "La femme...
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    Besançon, 17 septembre, Livres dans la boucle. Il est le local de l’étape. Je ne le connais qu’à travers des échanges virtuels sur le tennis avec une amie commune et "La vie secrète du fonctionnaire" que j’ai aimé. "Il" c’est Arnaud Friedmann et selon cette amie, son petit dernier "La femme d’après" devrait aussi me plaire. Elle avait raison.

    Aussitôt acheté, l’encre de la dédicace à peine asséchée, et me voilà plongée dans l’histoire sombre de cette femme plus si jeune, divorcée et mère de deux filles. Elle a fait le chemin de Besançon à Montpellier pour retrouver l’amour de ses vingt ans. Il est tard, elle le quitte après avoir dîné chez lui et rentre à son hôtel. "Ils sont quatre, trois derrière, un qui se tient devant, qui met le cap sur [elle] comme si [elle] n’existai[t] pas. Ou que si justement. Comme si [elle] existai[t] trop." Ils échangent quelques mots, il la traite de "connasse". Elle ne baisse pas les yeux. Ils passent leur chemin. On pourrait dire que rien n’est arrivé et pourtant… Et pourtant cette "non-agression" aura un impact fort sur la narratrice, surtout lorsque le lendemain elle apprend que le corps d’une jeune fille a été découvert à quelques pas de la rencontre.

    L’intrigue finement racontée, la construction parfaite telle une tragédie en trois actes, l’écriture sèche, cinglante, précise, exempte de tout mot inutile, le rythme qui au fil des pages s’accélère petit à petit jusqu’à une fin "coup de poing" rendent le récit totalement addictif. Le talent de l’auteur est grand qui s’immisce dans l’âme féminine et en décrypte toutes les nuances. Cette femme qui ne porte pas plainte, "Est-ce qu’on porte plainte quand on s’est fait traiter de connasse ?", qui en vient presque à regretter de ne pas avoir été agressée parce que… parce que peut-être n’était-elle plus suffisamment jeune, plus suffisamment séduisante. Et surtout, qui s’interroge sur sa vie, confrontée au dédain de sa mère, à sa jeunesse qui s’en va, à ses pensées de plus en plus sombres. Une immersion totale dans la tête d’une femme. Une très belle réussite.

    Un grand merci à l’amie qui me veut du bien et m’a conseillé cette lecture toute en délicatesse et sensibilité.
    https://memo-emoi.fr

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  • Il est une heure du matin.
    Une femme seule traverse des rues désertes. Une femme dans la quarantaine. Encore séduisante. Et séduite ce soir-là par un amour de jeunesse.
    En face d'elle, quatre jeunes hommes.
    Le danger, elle ne le sent pas tout de suite. A cause d'une légère ivresse peut-etre....
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    Il est une heure du matin.
    Une femme seule traverse des rues désertes. Une femme dans la quarantaine. Encore séduisante. Et séduite ce soir-là par un amour de jeunesse.
    En face d'elle, quatre jeunes hommes.
    Le danger, elle ne le sent pas tout de suite. A cause d'une légère ivresse peut-etre. Celle du vin et celle du flirt. En tout cas, elle avance sans crainte...
    De cette agression, qui s'achèvera par un "connasse" retentissant, elle s'en sort indemne. Sans savoir ni comment, ni pourquoi.
    Une agression dont elle est incapable de se plaindre à la gendarmerie. Elle était menacée, elle le sait. Pourtant ils ne l'ont pas touchée. Pas molestée.
    Il faudrait des plaies, des injures un peu plus virulentes. Un vêtement déchiré. Quelque chose qui raconterait la violence réelle de cette rencontre.
    Le lendemain, elle apprend qu'une jeune femme a été tuée. Violée et tuée. Quelques rues plus loin. Elle avait vingt ans. Quatre individus. Et en double page, le portrait de celui qui a articulé connasse. Connasse. Connasse. Connasse.
    Le mot claque. Résonne. Comme un coup de feu.
    Le traumatisme et la culpabilité se teintent bientôt d'ambiguïté. Cette question, affolante. Affligeante dans cette situation. Pourquoi elle et pas moi ?
    Je n'ai pas pu lâcher ce livre. Je l'ai lu d'une traite, le souffle retenu, suspendu aux mots de cette quadra aux prises avec sa conscience. Dans tous les sens. L'auteur s'emploie à nous retranscrire les contacts, les bruits, les voix, les odeurs... avec une acuité parfois presque douloureuse.
    Cette agression révèle ou réveille quelque chose d'animal chez elle, qui prend racine tellement loin, dans son corps de fille. de mère. de femme.
    Subjuguée.
    Incapable de refermer le roman, même quand l'atmosphère devenait vicié, une atmosphère tellement bien rendue.
    Mais quel talent !

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  • « La femme d’après » d’Arnaud Friedmann a l’originalité de présenter l’histoire d’une non-agression, a contrario de nombreux autres livres. Sur une période de deux ans, toujours à Montpellier, on évolue avec l’héroïne principale, jamais nommée, marquée par une convergence fortuite, qui se...
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    « La femme d’après » d’Arnaud Friedmann a l’originalité de présenter l’histoire d’une non-agression, a contrario de nombreux autres livres. Sur une période de deux ans, toujours à Montpellier, on évolue avec l’héroïne principale, jamais nommée, marquée par une convergence fortuite, qui se termina en drame pour une jeune fille.

    L’auteur a choisi de se concentrer sur le choc, sur le traumatisme psychologique engendré par une rencontre imprévue qui se conclut pour l’une en une agression verbale et en un meurtre pour une autre.

    Lorsqu’un auteur masculin se met à la place d’une héroïne pour en conter son histoire, c’est toujours un peu dangereux car les sentiments risquent d’être exacerbés ou à l’inverse minimisés au regard de la réalité, surtout si le lecteur se trouve être une femme.

    Pourtant, Arnaud Friedmann s’interroge avec pudeur et empathie quant au destin de ce qui peut arriver à une femme et à la façon dont elle doit continuer à vivre. Ce qui ne dure qu’un faible éventail de minutes occasionne une obsession lancinante modifiant son destin et ce, malgré le fait qu’il n’y a aucune trace visible.

    Roman noir sur le regard de soi mais aussi quant à la force et à l’impact de celui des autres sur un individu, Arnaud Friedmann traite – au travers d’un fait divers – la mécanique de l’agression avec une plume efficace, sans détails inutiles. C’est toute une réflexion qui est mise en place avec comme point d’orgue, la condition féminine d’une héroïne mature.

    Les dernières pages du récit vous feront connaître une accélération soudaine, menant à un dénouement fou, vous permettant enfin de reprendre votre souffle.

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  • Échapper à un prédateur n'évite pas le traumatisme

    Arnaud Friedmann se met dans la peau d'une femme agressée la nuit à Montpellier en rentrant à son hôtel. Un épisode traumatisant qui va faire basculer sa vie. La femme d'après ne sera plus jamais la même qu’avant.

    En 1986, quelques jours...
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    Échapper à un prédateur n'évite pas le traumatisme

    Arnaud Friedmann se met dans la peau d'une femme agressée la nuit à Montpellier en rentrant à son hôtel. Un épisode traumatisant qui va faire basculer sa vie. La femme d'après ne sera plus jamais la même qu’avant.

    En 1986, quelques jours avant la catastrophe de Tchernobyl, la narratrice a eu une brève liaison avec Jacques. Vingt ans après, cette mère célibataire revient à Montpellier pour le retrouver. Peu après minuit, alors qu'elle regagne son hôtel, elle est interpellée par quatre jeunes hommes qui lui expliquent qu'elle ne devrait pas sortir ainsi seule. Si les phares d'une voiture qui passe poussent les jeunes à fuir, le choc est violent, le traumatisme entier. D'autant qu'elle apprend un peu plus tard qu'une jeune fille de 20 à 23 ans a été agressée durant cette même nuit avant d'être assassinée non loin de là où elle marchait. Elle se torture l’esprit, cherche une explication, croit comprendre qu'elle était trop vieille aux yeux des quatre jeunes hommes. La demi-journée qu’elle va passer à la plage avec Jacques ne lui mettront pas de baume au cœur, bien au contraire. Ces retrouvailles ne sont pas celles espérées. Elle décide alors de regagner Besançon où l'attendent ses deux filles.
    Mais au kiosque de la gare, c'est le choc. À la une du Midi-Libre cette Une «L'assassin a avoué» accompagnée d’une photo de son agresseur. Elle défaille.
    Quand elle revient à elle, son TGV est déjà parti. Elle décide alors de regagner son hôtel et de prolonger son séjour d'une semaine supplémentaire. Mais elle ne retrouvera l’apaisement ni dans les bras de Jacques, ni en regagnant la Franche-Comté. Peut-être aussi parce que ni sa mère ni ses filles ne lui prêtent une oreille attentive.
    Un an plus tard, après avoir reçu l'autorisation de rendre visite à l'assassin dans sa prison de Villeneuve-lès-Maguelone, elle revient séjourner à Montpellier. Elle pense alors qu’affronter cet homme pourra l’aider à comprendre.
    Arnaud Friedmann réussit à parfaitement mettre en scène le traumatisme subi et sa transformation en un trouble obsessionnel qui va finir par emporter la raison de cette femme dans un épilogue glaçant. En la suivant au fil de ses séjours montpelliérains, on voit son esprit dériver vers un besoin incessant de rejouer la scène de l'agression, de l'analyser sans cesse, d'essayer de trouver des réponses à ses interrogations. Et comme elle ne peut les obtenir, elle va finir par sombrer. Une trajectoire que l'auteur restitue dans son implacable logique, dans sa troublante et terrifiante vérité.
    https://urlz.fr/ht8j

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  • https://www.instagram.com/p/CcNXGbDqgVn/"Tu me réponds, connasse?"

    En rentrant à son hôtel, après avoir passé la soirée avec Jacques, son amour de jeunesse, qu'elle n'avait pas vu depuis 20 ans, elle se fait agresser par quatre jeunes gens. Trois sont spectateurs, le quatrième est le meneur....
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    https://www.instagram.com/p/CcNXGbDqgVn/"Tu me réponds, connasse?"

    En rentrant à son hôtel, après avoir passé la soirée avec Jacques, son amour de jeunesse, qu'elle n'avait pas vu depuis 20 ans, elle se fait agresser par quatre jeunes gens. Trois sont spectateurs, le quatrième est le meneur. Elle entame un pseudo dialogue, parle de ses filles, lui montre même des photos d'elles... Elle sait ce qui l'attend. Mais le destin en décide autrement et ils passent leur chemin...

    Cet homme, cette agression la hantent...

    Et elle est d'autant plus bouleversée que le lendemain, elle apprend qu'une jeune fille de 20 ans a été retrouvée assassinée, à quelques rues de là...

    Pourquoi elle? Pourquoi elle et pas moi?
    Est-elle fautive, dans la mesure où elle a essayé de les dissuader?
    Elle s'est sentie agressée, mais au final était-ce une agression?
    Qu'aurait-elle dit en allant porter plainte?

    Tout tourne en boucle dans son esprit : les mots du meneur, son haleine, les effluves d'alcool, le timbre de sa voix qu'elle ne saurait décrire mais reconnaîtrait sans douter une seule seconde.

    "D'où vient que ces idées nouvelles se multiplient depuis ce qui n'est pas arrivé, l'autre soir?"

    Elle devient alors obsédée par ce non-événement et par le meurtre d'une autre. Elle développe non seulement de la culpabilité, mais aussi une obsession de son corps et de son âge, ressassant à l'infini le fait qu'elle ait échappé au pire probablement parce qu'elle n'est plus aussi jeune qu'elle le pense, plus assez désirable.

    C'est là que le malaise intervient, on la suit dans ses interrogations, ses obsessions, ses provocations, les réponses qu'elle se fait, les regards qu'elle interprète, l'envie puis le dégoût qu'elle ressent pour le corps des hommes. Elle sombre petit à petit dans une sorte de folie douce et de désespoir jusqu'à l'uppercut final!

    C'est finement observé, finement écrit, à aucun moment je n'ai senti que la plume était celle d'un homme. J'ai été happée par cette lecture, que j'ai dévorée et que j'ai beaucoup aimée!

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  • « Il y a l’air tiède du milieu de la nuit, quelques moteurs en écho, le bourdonnement des télévisions à l’intérieur des immeubles, puis soudain des voix. »
    L’incipit donne le ton. « La femme d’après » est contemporain, vif, serré comme un café fort, superbement maîtrisé.
    Une femme, la...
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    « Il y a l’air tiède du milieu de la nuit, quelques moteurs en écho, le bourdonnement des télévisions à l’intérieur des immeubles, puis soudain des voix. »
    L’incipit donne le ton. « La femme d’après » est contemporain, vif, serré comme un café fort, superbement maîtrisé.
    Une femme, la narratrice, fil rouge de ce récit psychologique, féminin, le « je » comme un aimant.
    C’est la nuit. L’urbanité d’une ville endormie, presque. Elle vient de retrouver dans le nid d’un hôtel son amour de jeunesse. Pas de côté, se prouver que tout peut se renouer malgré les années irrévocables. D’un âge certain, entre les rives de la jeunesse et ses charmes, la bascule vers l’âge avancée, elle est ici.
    Elle traverse un parc, entend des voix qui se rapprochent immanquablement. L’angoisse crescendo, elle se heurte de plein fouet au danger. Quatre jeunes hommes s’arrêtent devant elle. La peur armure, la nuit complice de ses faiblesses, elle va affronter le meneur qui la traite de connasse plutôt que de salope. Elle montre au cador de ces garçons, les photos de ses filles. Trop vieille pour être violée ou trop déroutante pour ce meneur à qui elle propose aussi une cigarette ?
    Le choc est titanesque. Agressée dans le sombre de sa féminité, elle rentre seule à l’hôtel, le droit de passage de ces derniers est pour elle l’ultime affront et dans un même tempo un soulagement.
    « S’ils m’ont suivie, ils peuvent me voir pleurer. De ça, je me vengerai. Plus tard. »
    Arnaud Friedmann est dans cette capacité d’un mimétisme hors pair. L’écriture est une chevelure, les traits doux et la trame à l’identique d’un corps ployé par les angoisses existentielles propres à la féminité.
    Elle va sombrer dans les méandres des conséquences de cette agression qu’elle mettra sous la chape des silences douteux.
    Pourquoi a-t-elle échappée à cette agression ?
    Le récit enfle, se gorge d’un crime commis sur une jeune fille la même nuit. Elle connaît l’assassin et son haleine mentholée.
    « La femme d’après » est sombre, sociologique, démonte un à un tels des diktats, les fantasmes d’une femme angoissée et fragile en proie à la folie.
    « C’est parce que tu as pas eu peur. Ça s’est vu, que t’avais pas peur. Je respecte ça. »
    Ce roman d’une infinie douleur, intranquille, poignant est l’ombre tenace d’un thriller. Le portrait d’une femme, emblème des errances, des souffrances, des écueils liés à la perte de l’estime de soi, canevas d’un roman perfectionniste tiré au cordeau. Un séisme mental jusqu’au point final. Inoubliable. Publié par les majeures éditions La Manufacture de livres.

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  • L'histoire commence au milieu d'une nuit d'été, une nuit de celles pour lesquelles on pourra dire qu'il y a un avant et un après.
    Celle-ci avait pourtant bien commencée, « elle » avait retrouvé un amour de jeunesse et c'est le coeur empli de promesses qu'elle rentrait à son hôtel. Mais voilà,...
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    L'histoire commence au milieu d'une nuit d'été, une nuit de celles pour lesquelles on pourra dire qu'il y a un avant et un après.
    Celle-ci avait pourtant bien commencée, « elle » avait retrouvé un amour de jeunesse et c'est le coeur empli de promesses qu'elle rentrait à son hôtel. Mais voilà, le destin va placer sur son chemin un groupe de 4 jeunes hommes, passablement éméchés et dont les intentions ne font aucun doute… pourtant l'agression n'aura pas lieu. le lendemain elle apprend qu'une jeune femme a été retrouvée morte quelques rues plus loin. A partir de là, elle ne va cesser de s'interroger : Cette jeune fille n'est-elle pas morte à cause d'elle ? Pourquoi pas elle ? Pourquoi l'avoir traité de « connasse » et pas de « salope » ? Qu'y a-t-il chez elle qui dissuade ? N'est-elle pas assez désirable ? Pire, est-elle trop vieille ?
    A partir de là, sa vie ne sera plus la même, car de cette nuit, elle va développer une véritable obsession...

    Dans ce livre il va donc être question des répercussions de cette « non-agression », du fait d'accepter que son image puisse changer avec le temps et de cette dépendance que nous pouvons avoir vis à vis du regard des autres.

    Je dois bien vous avouer que je ne m'attendais pas à cela, cette lecture est très perturbante, elle nous amène à réfléchir, mais je pense que c'est le but. C'est donc assez noir, peut-être un peu trop pour moi qui ne suis pas une férue de ce type de lecture. Cependant, il faut bien admettre que c'est un livre qui ne laisse pas indifférent, aussi je suis persuadée qu'il plaira énormément aux amoureux du genre.

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  • Arnaud Friedmann est un passionné de tennis. Quel rapport avec la littérature ? Je vais y venir. Il est aussi un maître de l’ambiguïté, capable de se glisser avec une justesse captivante dans l'esprit d'une femme et d'en décortiquer minutieusement les impulsions électriques qui le traversent....
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    Arnaud Friedmann est un passionné de tennis. Quel rapport avec la littérature ? Je vais y venir. Il est aussi un maître de l’ambiguïté, capable de se glisser avec une justesse captivante dans l'esprit d'une femme et d'en décortiquer minutieusement les impulsions électriques qui le traversent. C'était déjà le cas dans Le tennis est un sport romantique, le roman par lequel j'ai fait sa connaissance et d'où on ressortait sans être sûr de rien quant à la version de l'histoire proposée par son héroïne. Ici, il franchit un cap supplémentaire dans la plongée psychotique, l'air de rien. Ça se fait progressivement, à la première personne du singulier. Le lecteur est directement projeté dans l'esprit de la narratrice, d'abord primesautier avant que la tension et le malaise ne gagnent, sans ostentation, mais sur un fil que l'on sent prêt à se rompre au gré d'un crescendo bien maîtrisé. Arnaud Friedmann est un joueur de fond de court. Patient. Méthodique. Il construit son point pas à pas, gagne méthodiquement du terrain avant d'asséner le coup fatal. Imparable.

    Tout se joue en quelques secondes. A Montpellier, alors qu'elle quitte le domicile d'un amour de jeunesse revu vingt ans plus tard et que flotte le doux parfum d'une promesse de renouveau, la narratrice croise la route de quelques jeunes en goguette qui l'interpellent, un poil menaçants. Elle fait face, ils s'éloignent. Mais le charme est rompu. Le lendemain elle apprend dans la presse qu'une jeune fille a été retrouvée morte à quelques mètres de ce même endroit, a priori l’œuvre de ceux qu'elle a croisés. Un drôle de sentiment s'empare d'elle. Pourquoi est-elle passée entre les mailles ? Pourquoi n'ont-ils pas "voulu" d'elle ? Leur a-t-elle paru trop vieille ? C'est le début d'un questionnement obsessionnel qui va l'amener à revenir deux étés de suite sur les lieux et à faire face aux failles encore béantes sur lesquelles elle s'est construite. Pourquoi cette "non-agression" bouleverse-t-elle autant cette femme de cinquante ans, mère de deux adolescentes, à l'apparence solide et sans histoire ? Que remue cet événement au plus profond d'elle-même ? C'est tout l'objet du minutieux travail d'Arnaud Friedmann qui vient saisir la fragilité de la psychologie d'une femme au milieu du gué, soumise à tant d'injonctions contradictoires depuis l'enfance et dont la vulnérabilité est soudain exposée dans toute sa complexité. C'est très finement observé, mené. La bascule est progressive, le malaise diffus. Cette femme intrigue, agace, émeut, effraye. On marche sur des œufs, la folie affleure, on ne sait jamais très bien ce qui se joue exactement. Jusqu'à la rupture. Ou pas.

    Les dernières pages sont haletantes, une ultime accélération de coup droit laisse le lecteur sur place. Le match est plié, avec la manière.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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