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Des diables et des saints

Couverture du livre « Des diables et des saints » de Jean-Baptiste Andrea aux éditions L'iconoclaste
Résumé:

C'est une histoire d'orphelin et d'amour. Celle d'un vieil homme qui joue divinement du Beethoven sur les pianos publics. Il se fait appeler Joe, pour Joseph. On le croise un jour dans une gare, un autre dans un aéroport. Il gâche son talent de concertiste au milieu des voyageurs indifférents.... Voir plus

C'est une histoire d'orphelin et d'amour. Celle d'un vieil homme qui joue divinement du Beethoven sur les pianos publics. Il se fait appeler Joe, pour Joseph. On le croise un jour dans une gare, un autre dans un aéroport. Il gâche son talent de concertiste au milieu des voyageurs indifférents. Il attend.
Mais qui, et pourquoi ?
Alors qu'il a seize ans, ses parents et sa soeur disparai ssent dans un accident d'avion. Il est envoyé dans un pensionnat religieux des Pyrénées, Les Confins. Tout est dans le nom. Après Les Confins, il n'y a plus rien. Ici, on recueille les abandonnés, les demeurés.
Les journées sont faites de routine, de corvées, de maltraitances. Jusqu'à la rencontre avec Rose, une jeune fille de son âge. La vie n'est alors que rêves de fugues.
Jean-Baptiste Andrea a un talent fabuleux pour parler de cet enfant intérieur que nous portons tous en nous.
Ses héros ont l'âge des douleurs et des révoltes. Avec Des diables et des saints, il achève magistralement sa trilogie autour de l'enfance.

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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/des-diables-et-des-saints-de-jean.html

    Joseph, 68 ans, joue divinement du Beethoven sur les pianos publics dans les gares, les aéroports. Il pourrait se produire sur scène mais il préfère attendre, mais qui, et pourquoi ? "...
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    COUP DE CŒUR

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/des-diables-et-des-saints-de-jean.html

    Joseph, 68 ans, joue divinement du Beethoven sur les pianos publics dans les gares, les aéroports. Il pourrait se produire sur scène mais il préfère attendre, mais qui, et pourquoi ? " Qu'est-ce qu'un homme comme vous fait là ? " En réponse à cette question qui lui est maintes fois posée Joseph entreprend de raconter son histoire.

    Le 2 mai 1969 alors qu'il n'avait que quinze ans ce jeune garçon d'un milieu aisé de la banlieue parisienne est foudroyé : ses parents et sa petite sœur périssent dans un accident d'avion sous ses yeux. Il se retrouve orphelin, seul au monde, rejeté par son meilleur ami comme si sa souffrance était contagieuse.

    Le 21 juillet 1969, jour des premiers pas de l'homme sur la lune, Joseph est envoyé aux "confins" un orphelinat installé dans un ancien prieuré proche de Tarbes qui accueille une quarantaine de garçons de cinq à dix-sept ans. " Tout est dans le nom. Après les Confins, il n'y a plus rien.". Il arrive là en même temps que Momo, un jeune garçon simplet. Tous deux vont réussir à être admis dans la société secrète de la Vigie constitué de Fouine, Souzix, Sinatra et Edison. Les jeunes garçons se retrouvent sur le toit de l'orphelinat le dimanche soir à l'abri des regards des sœurs, de l'abbé directeur, de Grenouille le surveillant "chien de berger pervers" et d’Étienne l'intendant.

    L'abbé directeur prend Joseph comme secrétaire particulier, c'est ainsi qu'il fait la connaissance de Rose. Depuis son plus jeune âge Joseph manifeste d'extraordinaires dons pour le piano, il va donc donner des cours de piano tous les samedis à la jeune fille à la demande de son père, un des donateurs des Confins. Rose est une jeune fille arrogante et prétentieuse, les deux jeunes gens se détestent, elle parce qu'il est orphelin, lui parce qu'elle joue affreusement mal. "La haine, comme la prière, se nourrit de silence."

    Jean-Baptiste Andréa confirme avec ce troisième roman son incontestable talent de conteur et sa plume imminemment poétique, cette histoire m'a embarquée dès les premières pages. Il a choisi cette fois le thème de l'enfance orpheline qu'il traite de façon très sensible sans aucun misérabilisme. " Sans passé, sans avenir, sans avant et sans après, un orphelin est une mélodie à une note. Et une mélodie à une note, ça n'existe pas." Il décrit des enfants qui choisissent de ne pas se faire remarquer, de disparaitre, d'être une ombre pour survivre, des enfants qui se retrouvent entre les mains d'adultes maltraitants physiquement et moralement dans un établissement où les maltraitances sont camouflées en accidents. Malheureusement ils ne peuvent pas attendre plus de bienveillance de la part des autres orphelins qui ne sont pas tendres entre eux. Dans l'impossibilité de s'enfuir, les jeunes imaginent des stratagèmes pour s'en sortir... J'ai été particulièrement frappée par le fait qu'à cette époque pas si lointaine, dans ce milieu, être orphelin était considéré comme une maladie, une tare, que personne n'éprouvait d'empathie pour eux.
    Jean-Baptiste Andréa met en scène des personnages très forts, Joseph est particulièrement émouvant, dans sa relation avec Momo, dans son choix de Michael Collins, le troisième homme d'Apollo 11, comme héros dont la voix l'accompagne, dans ses souvenirs de ses cours de piano avec le professeur Rothenberg, dans sa culpabilité par rapport à la disparition de sa famille... Il y a finalement peu de personnages dans ce roman, l'auteur ne se disperse pas et choisit de se centrer sur quelques enfants et quelques adultes. C'est une jolie histoire d'amour et une belle histoire d'amitié entre enfants blessés par la vie qui sont obligés d'appliquer le chacun pour soi malgré les liens qui les unissent " Même abîmés, même déchirés, nous avions ce soi qu'il fallait préserver."
    L'ensemble est très fluide sans temps morts ni longueurs avec une belle montée en puissance jusqu'au final particulièrement fort. On peut souligner le sens de la formule de Jean-Baptiste Andréa, pour exemple lorsque Joseph veut, comme son vieux professeur et sa femme qui ont vieilli ensemble, se friper avec la fille qu'il aime... ou lorsqu'il parle de Momo le qualifiant d'orphelin de lui-même, " Il y a pire que d'être orphelin de ses parents, c'est d'être orphelin de soi."
    Un beau coup de cœur pour ce roman dont j'imagine aisément l'adaptation cinématographique tant l'écriture est visuelle et le fond musical omniprésent.

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