Yeonmi Park

Yeonmi Park

Yeonmi Park est une militante des droits de l'homme qui s'est échappée de Corée du Nord en 2007 et qui vit actuellement en Corée du Sud. Elle travaille maintenant en tant que militante, journaliste et conférencière. Elle s’est rendue célèbre dans le monde entier lors du sommet One Young World de ...

Voir plus

Yeonmi Park est une militante des droits de l'homme qui s'est échappée de Corée du Nord en 2007 et qui vit actuellement en Corée du Sud. Elle travaille maintenant en tant que militante, journaliste et conférencière. Elle s’est rendue célèbre dans le monde entier lors du sommet One Young World de Dublin en 20141, et elle milite dans des programmes de télévision pour la cause des réfugiés nord-coréens2.

Articles en lien avec Yeonmi Park (2)

Avis sur cet auteur (11)

  • add_box
    Couverture du livre « Je voulais juste vivre » de Yeonmi Park aux éditions Lgf

    Cathy13600 sur Je voulais juste vivre de Yeonmi Park

    En 2017, je visionnais inopinément le discours de Yeonmi Park prononcé lors du sommet One Young World de Dublin en 2014 dans lequel cette jeune dissidente revenait sur sa vie en Corée du Nord et la façon dont elle a réussi à s’en y échapper en 2007 à l’âge de treize ans.
    Dans la foulée, je...
    Voir plus

    En 2017, je visionnais inopinément le discours de Yeonmi Park prononcé lors du sommet One Young World de Dublin en 2014 dans lequel cette jeune dissidente revenait sur sa vie en Corée du Nord et la façon dont elle a réussi à s’en y échapper en 2007 à l’âge de treize ans.
    Dans la foulée, je découvrais, qu’une fois adulte, cette dernière avait pris la plume pour raconter ce périple dans un livre intitulé « Je voulais juste vivre », publié aux éditions Kero le 25 février 2016. Intéressée par le synopsis qui m’était offert, je m’empressai de le photographier dans le secret espoir de l’acquérir un jours prochain.
    Vingt-quatre mois plus tard environ, je vous retrouve avec plaisir pour chroniquer cette œuvre qui n'est malheureusement pas une fiction mais bel et bien la retranscription sur papier d'un vécu abominable et douloureux.
    "Une lecture poignante, passionnante, empreinte d'optimisme, qui se lit d'une traite !" d’après le blog Chaise longue et bouquins. « Percutant », « Une femme courageuse » selon Amazon. Sur la Fnac, une internaute écrit « Témoignage vivant et éclairant ». Comme vous pouvez le constater en lisant ces commentaires, ce récit autobiographique est tellement auréolé d'une jolie réputation et d'avis extrêmement positifs, voir dithyrambiques que je ne pouvais être que motivée à l'idée de me plonger dans cette lecture des plus personnelles. Quelques heures difficiles mais paradoxalement belles d'évasion se profilaient.
    Malheureusement, dès les premières pages avalées, j’ai su que ce témoignage, attractif sur le plan documentaire, n’allait pas m'enthousiasmer au niveau humain. D'emblée, j'étais étonnée. Je m'attendais à mieux. Il était quasi certain qu'une désillusion s'annonçait. Finissant toujours un livre entamé, je persévérais néanmoins.
    L'ayant définitivement posé, je confirme ma primo-impression. J'en ressors avec un sentiment mitigé et finalement il ne me laissera pas un souvenir impérissable.
    Mon avis étant subjectif et en aucun cas le seul à prendre en compte, je m'adresse à l'auteure en lui disant que je suis vraiment désolée d'avoir un tel jugement sur son travail mais je me dois d'être honnête envers celles ou ceux qui me suivent.
    Je vais tenter, à présent, de vous exposer les raisons qui font que j'en suis arrivée à cette conclusion.
    Avant de continuer, je dois avouer qu’avant de me précipiter dans cette aventure, je ne connaissais quasiment rien (comme beaucoup d’entre nous je pense) de ce régime communiste, hormis le fait qu’il fonctionne en vase clos selon une logique totalitaire et dans lequel les droits de l’homme sont les moins respectés au monde.
    Lorsque nous ouvrons ce bouquin, nous faisons la connaissance d’une enfant de treize ans dont la courte existence est déjà frappée du sceau du désespoir. Pourquoi tant de désolation ? Parce qu’après des années de privations et de harcèlement, cette pré-adolescente, prénommée Yeonmi, n'a qu'une solution : fuir son pays, la Corée du Nord. Elle ne se doute pas que le chemin vers la liberté va l'entraîner en enfer. Par une nuit glaciale, elle réussit, accompagnée de sa mère, à traverser le fleuve Yalu qui marque la frontière entre la Corée du Nord et la Chine. Elles laissent derrière elles leur pays natal et ses horreurs : la faim, la délation constante et surtout une répression impitoyable et le risque permanent d'être exécutées pour la moindre infraction. Mais leur joie n'est que de courte durée. Rien ne les a préparées à ce qui les attend entre les mains des passeurs. Après plus d’une décennie d'épreuves inhumaines et un périple à travers la Chine et la Mongolie, Yeonmi atteint finalement la République de Corée.
    De quoi sa vie était-elle exactement faite en République Populaire Démocratique de Corée ? Vénérait-elle la famille Kim et plus particulièrement Kim Jong-il et Kim Jong-un ? Comment s’est-elle construite sous le joug de l’oppression et de la tyrannie ? Comment a-t-elle enduré la misère et le malheur pendant tant d’années ? Quels ont été véritablement les éléments déclencheurs à son évasion ? Quel échappatoire a-t-elle trouvé pour sortir de son pays natal ? Comment s’est déroulé ce long et dangereux voyage vers la liberté ? A quoi a-t-elle été confrontée ? A-elle été aidée ? Manipulée ? Soumise ? Quelles ont été ses premières impressions, ses premières sensations arrivée à destination ? l’intégration, l’adaptation à sa nouvelle patrie a-t-elle été aisée ? Comment se sont composées et se composent maintenant ses journées ? En clair, est-elle heureuse ? Ne regrette-elle rien ?
    Ces questions non exhaustives vous tenaillent ? plongez à votre tour dans l’histoire de ce transfuge nord-coréen et vous saurez. Vous serez au fait de nombreux aspects invraisemblables et ahurissants de cet Etat qui couvre la partie nord de la péninsule coréenne.
    Texte divisé en trois parties : « La Corée du Nord », « La Chine », « La Corée du Sud » dans lesquelles la jeune femme nous donne un aperçu d’un chemin de vie que, nous occidentaux, ne pouvons concevoir. C’est un révélateur sur une facette du monde où se côtoient les pires horreurs, la souffrance et l’ignominie en tout genre. C’est une confession qui pousse à la réflexion, qui met les choses en perspective, qui nous interroge sur l’importance de nos soucis existentiels.
    La force essentielle du premier tiers réside dans le fait qu’il nous permet de comprendre les us et coutumes de ce royaume despotique. Rien n'est caché ou édulcoré. La vraie nature de cette dictature est montrée. La faim, le froid, la peur, l’endoctrinement, le statut social érigé selon un système de castes, la délation, les menaces gouvernementales deviennent ainsi nos compagnons de lecture. Notre réfugiée dépeint avec force et détails ses conditions de vie. Elle n’hésite pas à dénoncer, à dire ce qu’elle aime mais aussi ce qu’elle déteste de la R.P.D.C.
    Cette partie didactique m'a beaucoup plu. C'est instructif, nous ouvre les yeux et surtout nous autorise à nous satisfaire pleinement de notre situation.
    Le second tiers qui parle du passage et de la réalité du quotidien en Chine revient sur une période emplie de désillusions, d’humiliations, de sacrifices, de débrouillardises et de non-renoncement. C’est encore abject et torturant à parcourir.
    Le dernier tiers met l’accent sur cette odyssée vers La Corée du Sud, via La Mongolie. Enfin sur place et en sécurité, la jeune adulte entame une deuxième vie. Une aventure faite de rencontres, de découvertes impensables jusqu’à présent. Elle nous fait part de son ressenti quant à son acclimatation. Elle évoque le processus d'installation, sa scolarisation, sa socialisation. Son Intégration en quelque sorte. Trame intéressante, synonyme d’espoir qui nous montre que la route vers la liberté est néanmoins complexe car semée d’embûches.
    Le point négatif, quant à lui, concerne la manière dont l’histoire est racontée. Yeonmi utilise un langage simple et détaché. C’est livré sans fioritures, sans pathos. Je la félicite mais cela induit un manque d’émotion, d’humanité. J’ai eu du mal à rentrer et à m’impliquer dans ce récit trop factuel à mon goût. Je saisis ce besoin de distance, de froideur. Cependant, cette écriture m’a considérablement gênée. J’ai eu quelquefois la sensation d’avoir entre les mains un papier journalistique plutôt qu’une autobiographie.
    Yeomni est très mature pour son âge. Elle s’est indéniablement endurcie devant l’adversité. Son opiniâtreté n’a que la mort pour limite.
    Malgré le portrait élogieux que je viens d’en faire, je n’ai eu que peu d’empathie pour cette jeune personne. Vous m’en voyez désolée.
    En résumé, j’ai terminé une lecture, qui bien qu’informative, ne m’a pas emportée. Je vous confirme que cet opus est effectivement intéressant à découvrir, bouleversant par les épreuves endurées par notre protagoniste mais il ne m’a pas impressionnée ou émue comme ce à quoi je m’attendais.
    N’y voyez aucune condescendance ou manque de respect de ma part. La magie n’a pas opéré tout simplement. Je ne regrette toutefois pas bien que je n’en garderai pas un excellent souvenir. Je voulais le lire. Je l'ai lu.
    Vous avez, néanmoins, ma plus grande considération Madame Park ! J'ai admiré votre ténacité, votre force de caractère, votre courage. Tous mes vœux vous accompagnent. Je ne peux imaginer, même si j’essayais, ce que ce peut être de vivre dans un tel endroit. Moi, citoyenne française, profitant de nombreuses libertés, droits, bénédictions et joies qui ne seront probablement jamais menacées ni enlevées à moi. Qu’il fait bon vivre dans une démocratie !
    A entreprendre ? : Avis circonspect. J'aimerais vous répondre avec conviction et assurance mais je ne peux me prononcer véritablement.
    - Si vous êtes un adepte du genre, je ne recommande pas forcément. D'autres ouvrages axés sur ce thème sont plus attirants.
    - Si vous débutez dans cette catégorie « histoires vraies », lancez-vous. Pour un premier essai, ce livre-témoignage facilement accessible est à lire. S’il ne restera pas dans mes annales littéraires, il n’en n’est pas moins important.

  • add_box
    Couverture du livre « Je voulais juste vivre » de Yeonmi Park aux éditions Lgf

    Sandrine Fernandez sur Je voulais juste vivre de Yeonmi Park

    Yeonmi Park n'a que 13 ans lorsqu'une nuit de mars 2007, elle entraîne sa mère de l'autre côté du fleuve Yalu, frontière naturelle entre la Corée du Nord et la Chine. Poussée par la faim et les mauvais traitements infligés à sa famille par le régime des Kim, l'adolescente rêve aussi de ce qui...
    Voir plus

    Yeonmi Park n'a que 13 ans lorsqu'une nuit de mars 2007, elle entraîne sa mère de l'autre côté du fleuve Yalu, frontière naturelle entre la Corée du Nord et la Chine. Poussée par la faim et les mauvais traitements infligés à sa famille par le régime des Kim, l'adolescente rêve aussi de ce qui n'est encore pour elle qu'un concept abstrait : la liberté. Confiante et naïve, peu habituée à penser par elle-même, Yeonmi ne sait pas que cette traversée va la faire passer d'un enfer à l'autre. En Chine, les clandestines nord-coréennes sont une marchandise pour les trafiquants d'êtres humains. Violées, maltraitées, vendues dans des fermes à des ''maris'' qui les traitent en esclaves, elles doivent en plus se cacher des autorités susceptibles de les renvoyer vers la Corée, un camp de travail ou de rééducation, la torture et la mort. Ce parcours va être celui de Yeonmi et de sa mère. Dans leur malheur, les deux femmes ont tout de même la ''chance'' d'être entre les mains d'un homme qui a conservé un fond d'humanité. Il les aide à faire venir leur mari et père même si celui-ci, atteint d'un cancer, n'aura pas le temps de profiter de sa liberté. Reste Eunmi, la sœur aînée de Yeonmi qui les a précédées dans l'exil. A-t-elle été arrêtée en Corée du Nord ? Est-elle en Chine ou déjà en Corée du Sud ? Le chemin sera long pour l'adolescente avant d'accéder à la vraie liberté, de réunir sa famille, de s'adapter à une société aux antipodes de tout ce qu'elle a connu et de dire sa vérité au monde.

    Triste et émouvant, mais aussi hallucinant et incroyable, le témoignage de Yeonmi Park est nécessaire pour découvrir et comprendre le pays le plus fermé et la dictature la plus sévère du monde. Son difficile parcours est la dénonciation d'un régime qui prive son peuple de ses droits les plus élémentaires, l'affame, lui lave le cerveau et le maintient sous le joug d'une terreur permanente.Ils sont peu nombreux ceux qui ont le courage de fuir, d'abord parce qu'ils mettent en danger leur famille restée sur place, ensuite parce qu'ils n'ont aucune idée de ce qu'il y a en dehors de leurs frontières et aussi parce que les garde-frontières ont ordre de tirer à vue sur les fuyards. Pour ceux qui partent, les obstacles s'accumulent. Il faut survivre à la Chine, peu disposée à accueillir les réfugiés, survivre aux trafiquants, survivre au passage en Corée du Sud et à la suspicion d'espionnage, survivre au centre d'apprentissage de la démocratie, survivre à la difficile intégration, survivre à l'ostracisme, survivre à l'abondance. Oui, Yeonmi Park est une survivante qui a fait de son passé une force pour devenir une féroce militante des droits de l'homme, une ennemie déclarée du régime de Pyongyang. Une lecture instructive et nécessaire.

  • add_box
    Couverture du livre « Je voulais juste vivre » de Yeonmi Park aux éditions Lgf

    Florel sur Je voulais juste vivre de Yeonmi Park

    Il y a deux ans à peu près, j’avais déjà eu grâce à un roman réaliste "La vie rêvée de Jun Do" une première approche de ce qui se passait en Corée du Nord, pays fermé à l’extrême et dirigé par une famille horrible. Ce livre m’avait fait découvrir déjà beaucoup de chose en plus de venir affirmer...
    Voir plus

    Il y a deux ans à peu près, j’avais déjà eu grâce à un roman réaliste "La vie rêvée de Jun Do" une première approche de ce qui se passait en Corée du Nord, pays fermé à l’extrême et dirigé par une famille horrible. Ce livre m’avait fait découvrir déjà beaucoup de chose en plus de venir affirmer ce que je savais déjà, mais aujourd’hui le livre de Yeonmi Park vient compléter ce sombre tableau. D’une part parce que Yeonmi Park va nous faire découvrir la véritable dimension psychologique que prend le régime dictatorial sur les coréens du nord à force de propagande, en plus de nous faire découvrir le mode de fonctionnement de la société, et d’autre part parce qu’elle va nous faire découvrir l’après Corée du Nord que l’auteure vivra avec sa famille suite à sa fuite de ce pays où il est interdit de se plaindre des magnifiques conditions de vie…

    Ce livre raconte donc des histoires, c’est un témoignage qui parle de plusieurs vies, mais à l’inverse du témoignage nombriliste qui raconte juste pour raconter - genre de livre que l’on voit souvent -, ce bouquin cherche avant tout à dénoncer les crimes que la Corée du Nord fait subir à ses habitants mais aussi à dénoncer la position de la Chine sur les réfugiés Nord-Coréens, qui par manque de reconnaissance se trouvent être victimes du trafic humain et réduits à l’état de rien afin d’échapper au renvoi dans le paradis socialiste de Corée du Nord.

    Dans ces pages, l’auteure, pour aborder ces différents sujets que sont ; l’exclusion, la misère, la maladie, la peur, la souffrance, l’injustice, la survie, la fatigue, la propagande, etc., part de son enfance, remonte à ses ascendants, raconte les trafics de son père pour faire vivre sa famille qui souffre comme tout le pays de la famine puis son arrestation et les conséquences que cela entraîne. (Et là on a une belle image de la Corée du Nord.)
    Elle raconte encore son histoire de fille vendue, mais aussi sa nouvelle vie libre où l’adaptation fut difficile quand dans toute ta vie les autres ont tout choisi pour toi, quand tu n’as pas appris à penser par toi-même et quand en plus tu dois rattraper des années de retard d’éducation.

    Bref. Vous vous en doutez, ce livre n’est pas facile à lire, il y a tellement de choses exécrables et tristes dedans. Tellement de combat. Mais quand même, à la fin quelle joie de la voir se battre et tenir tête à la famille Kim qui en fait une personne anormale et dangereuse dans sa propagande.
    Cependant cette joie est en demi-teinte, en effet combien de personnes sont encore des esclaves en Chine ? En Corée du Nord ? Combien sont arrêtées arbitrairement pour une rumeur ? Pour avoir rêvées d’une vie meilleure ? Combien de jeunes prennent des risques pour vivre une jeunesse joyeuse ? Une jeunesse qui veut porter des jeans, regarder des films. Combien meurent dans des camps de rééducation ?...

    Au final, ce livre n’est pas bouleversant, il est révoltant. Et même si je ne vois pas en quoi un livre ferait changer les choses, surtout quelque chose d'aussi grand et tenace, c’est malgré tout un livre que je conseille pour savoir. Et pour ma part et parmi tous les vœux que je souhaite faire, je souhaite qu'un jour la Chine et la Corée du Nord connaissent enfin la liberté. Oui, je souhaite en même temps que cette jeune fille, rejoignant ainsi le souhait de Tian'anmen, que ces dictatures tombent pour un régime meilleur.

    http://voyagelivresque.canalblog.com/archives/2016/07/27/34123936.html

  • add_box
    Couverture du livre « Je voulais juste vivre » de Yeonmi Park aux éditions Lgf

    Léane Belaqua sur Je voulais juste vivre de Yeonmi Park

    Les biographies, ce n'est pas mon truc. Il en va de même pour les autobiographies. Pourtant, je me suis précipitée sur ce livre. La culture asiatique me fascine depuis toujours, et la Corée du nord est un pays qui m'intrigue particulièrement. Je savais qu'il s'y passait des choses affreuses mais...
    Voir plus

    Les biographies, ce n'est pas mon truc. Il en va de même pour les autobiographies. Pourtant, je me suis précipitée sur ce livre. La culture asiatique me fascine depuis toujours, et la Corée du nord est un pays qui m'intrigue particulièrement. Je savais qu'il s'y passait des choses affreuses mais je n'avais aucune idée de la nature de ces horreurs. De plus, j'avais vu le discours terriblement émouvant de cette survivante sur Youtube. Mais entendre quelques paroles et lire un témoignage comme celui-là sont deux choses distinctes.

    Yeonmi Park nous raconte dans ce livre son histoire. Elle est partagée en trois parties. La première relate sa vie en Corée du Nord. La seconde aborde son passage en Chine. Enfin, la dernière dévoile sa vie en Corée du sud. En Corée du Nord, nous découvrons la vie de la population. L'auteur nous décrit la réalité sans fioritures ni plaintes. Le manque de nourriture, l'endoctrinement, les risques d'être dénoncé pour une pensée, l'absence d'hygiène, les maladies, les difficultés financières, le contrôle permanent du parti, ... C'était vraiment déroutant de découvrir tout cela à travers les yeux d'une enfant. D'autant plus que jamais elle ne se plaint vraiment. Les faits sont juste décrits. Parfois, c'est la peur qui est décrite et les espoirs de survie, mais il n'y a pas d'appitoiement. Du moins, Yeonmi Park ne s'appitoie jamais sur son sort. Malgré l'horreur, sa famille trouve du bon dans la vie. Ils ne meurent pas de faim, ils sont ensembles, ... Une phrase m'a marquée "Quand on n'a rien, il suffit de peu pour être heureux". C'est celle qui résume probablement le mieux cette partie... La déchéance de son père lorsqu'il se fait attraper pour son commerce illégal entraîne sa famille encore plus bas qu'elle ne l'était déjà. La situation devient tellement horrible que la seule solution qui apparaît est la fuite. Sauf que cette fuite n'est pas aussi simple que prévue. Les femmes en fuite ne sont pas plus libres en Chine qu'en Corée du Nord. Violées, vendues plusieurs fois, sans papiers, elles n'ont pas un statut enviable... Je ne peux pas vous raconter toute l'histoire, d'une part parce qu'elle me bouleverse, d'autre part parce qu'il est important de lire le véritable témoignage.

    Etrangement, je n'ai pas pleuré avant les dernières pages de ce témoignage bouleversant. Tout au long du récit, je me suis demandée où allait s'arrêter l'horreur et jusqu'où cette fille d'un courage extraordinaire allait devoir aller pour sauver sa vie et sa famille. Les choses sont dites abruptement mais sans vulgarité. Yeonmi Park ne cherche pas à attendrir qui que ce soit. Elle cherche juste à éveiller les consciences et à donner une chance aux nord-coréens en fuite. Raconter son histoire, comme elle-même le dit, est une façon d'en finir avec son passé et d'être utile aux autres. Je n'ai pleuré qu'à la fin, parce que l'histoire, d'une certaine manière, se finit bien, parce que cette femme extraordinaire en vient à dépasser les espoirs de tout le monde, parce qu'elle découvre la liberté, parce qu'elle choisit faire partager son expérience inhumaine pour les autres plus que pour elle.

    Verdict : ♥♥♥♥♥ Coup de coeur pour ce livre dont on sort bouleversé. Je répète mon admiration pour cette femme. Malgré les risques et les menaces, elle continue son action en faveur des droits de l'homme et elle vit désormais librement. Elle a appris à penser et nous offre dans ce livre un hymne à la liberté. A lire absolument.

    Je termine cette chronique un peu particulière par une citation : "Le vocabulaire en Corée du Sud était tellement plus riche que celui dont nous disposions, et lorsqu'on possède plus de mots po ur décrire le monde, on peut approfondir sa réflexion et former une pensée complexe. En Corée du Nord, le régime ne veut pas que l'on pense, et il déteste la subtilité. Tout est noir ou blanc, il n'y a pas de nuances de gris."