Virginia Woolf

Virginia Woolf

Virginia Woolf est née en 1882. Mariée à l'économiste Leonard Woolf, elle a fondé avec lui la maison d'édition Hogarth Press. Ses romans et ses articles ont fait d'elle l'une des figures les plus importantes de la littérature de l'entre-deux-guerres. Sujette à des crises nerveuses fréquentes et c...

Voir plus

Virginia Woolf est née en 1882. Mariée à l'économiste Leonard Woolf, elle a fondé avec lui la maison d'édition Hogarth Press. Ses romans et ses articles ont fait d'elle l'une des figures les plus importantes de la littérature de l'entre-deux-guerres. Sujette à des crises nerveuses fréquentes et craignant de perdre la raison, elle mit fin à ses jours en 1941. Elle était membre du Bloomsbury Group, un groupe d'artistes auquel appartenaient E.M. Forster et J.M. Keynes.

Avis sur cet auteur (28)

  • add_box
    Couverture du livre « La chambre de Jacob » de Virginia Woolf aux éditions Archipoche

    BERNARD DOMINIQUE sur La chambre de Jacob de Virginia Woolf

    Bonjour , années 1920, Virginia Woolf nous présente de multiples personnages dans leur quotidien . Ici Jacob en est le fil conducteur . On découvre Jacob de son enfance à sa vie d'universitaire, il croise les chemins de personnes sur lesquelles l'autrice s'arrête un bref instant , nous ...
    Voir plus

    Bonjour , années 1920, Virginia Woolf nous présente de multiples personnages dans leur quotidien . Ici Jacob en est le fil conducteur . On découvre Jacob de son enfance à sa vie d'universitaire, il croise les chemins de personnes sur lesquelles l'autrice s'arrête un bref instant , nous décrivant une pensée , un geste , un regard , une discussion entre des tierces personnes ; une femme ouvre sa fenêtre , Jacob passe alors devant cette fenêtre ,son nom est livré soudainement sans qu'elle n'ait jamais de lien avec l'histoire qui nous intéresse ...Nous entrons dans l'intimité de cette personne comme dans celles de nombreuses autres ...Jacob se rend dans une soirée , il discute avec ses amis mais ce qui reste le plus marquant , reste la description que Virginia Woolf fait du décor et des individus qui se déplacent dans le champ de vision de notre protagoniste même si celui-ci n'y prête pas davantage attention .
    Des fils se tissent et se défont . C'est comme si nous avions une vue d'ensemble de la routine de personnes sans lien parfois les unes avec les autres , mais elles se trouvent au même moment au même endroit que Jacob ., Imaginez que nous nous baladions en ville , ainsi que le fait le personnage principal, et autour de nous vit une véritable fourmilière à laquelle nous ne prêtons pas nécessairement attention mais l'autrice , Si et en se servant Jacob , elle nous guide au milieu de la vie de gens qui pour un temps , si bref soit-il , se retrouveront sur le chemin du jeune homme et nous fait partager des petits bouts de leur quotidien , de leur intimité ...C'est étourdissant , envoûtant , on avance pas à pas , on court parfois , on est triste , on sourit ...Mais rien de précis ne se dessine , un peu comme ce monde qui tourne autour de nous sans qu'on ait toujours le temps de se pencher dessus , préoccupés d'abord par notre propre existence ...Belle journée . Merci de m'avoir lue

  • add_box
    Couverture du livre « Une chambre a soi » de Virginia Woolf aux éditions 10/18

    STOLL AUDEBEAU BENEDICTE sur Une chambre a soi de Virginia Woolf

    Un très beau livre de Virginia Woolf sur la condition des femmes.
    Ce livre écrit en 1929 n'est plus tout à fait d'actualité dans la culture occidentale.

    Un très beau livre de Virginia Woolf sur la condition des femmes.
    Ce livre écrit en 1929 n'est plus tout à fait d'actualité dans la culture occidentale.

  • add_box
    Couverture du livre « Une chambre a soi » de Virginia Woolf aux éditions 10/18

    eprisede-paroles sur Une chambre a soi de Virginia Woolf

    Réel pivot entre une analyse introspective de la place de la femme dans le domaine littéraire et un rapport calibré sur la condition féminine occidentale, cet essai présente une cartographie étiologique à la fois pragmatique et audacieuse des différentes sources du mutisme des femmes. Virginia...
    Voir plus

    Réel pivot entre une analyse introspective de la place de la femme dans le domaine littéraire et un rapport calibré sur la condition féminine occidentale, cet essai présente une cartographie étiologique à la fois pragmatique et audacieuse des différentes sources du mutisme des femmes. Virginia Woolf promène alors le·a lecteur·rice dans une ballade activiste revigorante suivant plusieurs angles d’attaque, qui oscille entre une douce ironie et une prodigieuse acuité relative à cette origine aphasique. C’est au moyen d’une plume éveillée, parfois académique, mais teintée de malice que l’auteure dresse un rapport économique, social et psychologique perspicace sur la servitude des femmes depuis plusieurs siècle et qui demeure, de manière consternante, hautement actuelle. Si les contraintes sont raisonnablement singulières à chaque époque et culture -le joug financier masculin, l’exigence de la probité britannique ou bien la privation d’un espace privé-, l’affligeante coercition reste brûlante et révoltante. Malgré un premier chapitre énigmatique et peu accessible pouvant alors être un frein à la poursuite de la lecture, le livre est l’occasion de faire hommage aux femmes de la littérature que l’auteure cite à de multiples reprises, mais également de faire un traité apologétique de la figure androgyne si chère à Virginia Woolf -et de ce fait celle-ci garde un propos mesuré sur la responsabilité des hommes- qui en fera le corps principal dans son ouvrage Orlando. In fine, cette dernière, à la sagacité et l’humour étonnant-e-s, propose un hymne à l’écriture constituant un véritable outil pour combattre la soumission, sinon masculine, sociétaire.

  • add_box
    Couverture du livre « Journal d'un ecrivain » de Virginia Woolf aux éditions 10/18

    Mumu Dans le Bocage sur Journal d'un ecrivain de Virginia Woolf

    J'ai découvert assez récemment Virginia Woolf avec Un lieu à soi et depuis je suis très admirative de son écriture, de son univers mais aussi de la femme..... J'ai lu Mrs Dalloway, Vers le phare, Orlando des romans tous très différents, d'une écriture exigeante, précise, ciselée et j'ai encore...
    Voir plus

    J'ai découvert assez récemment Virginia Woolf avec Un lieu à soi et depuis je suis très admirative de son écriture, de son univers mais aussi de la femme..... J'ai lu Mrs Dalloway, Vers le phare, Orlando des romans tous très différents, d'une écriture exigeante, précise, ciselée et j'ai encore sur mes étagères des romans à découvrir : Les Années, Nuit et jour ainsi que Je te dois tout le bonheur de ma vie de Carole d'Yvoire, une sorte de biographie du couple Woolf.

    Léonard Woolf est à l'origine de la publication de ce journal en 1953 soit 12 ans après son suicide. Elle tenait en effet un journal depuis 1915 jusqu'au 9 Mars 1941 soit 19 jours avant sa mort. Il y est essentiellement noté son travail d'écriture et si on lit Virginia Woolf il est particulièrement intéressant de découvrir, comme par exemple pour Mrs Dalloway ou Vers le Phare, toutes les options qu'elle a envisagées.

    Pour qui s'intéresse à l'écriture, au métier d'écrivain, on ne peut être qu'admiratif pour l'acharnement avec lequel elle remet cent fois son travail sur le métier, à chaque moment de ses jours et de ses nuits,  de façon obsédante :

    Comme j'aimerais  - je me disais cela pendant la promenade en auto cet après-midi - écrire de nouveau une phrase ! Que c'est merveilleux de la sentir prendre forme et se courber sous mes doigts ! (11 Mars 1935) - (p376)

    Le journal commence en Aôut 1918. Elle ne le tient pas toujours régulièrement, suivant son humeur (très changeante), son travail d'écriture et de critique, ses lectures, les voyages qu'elle fait. Certaines années elle ne consigne que peu de choses, parle souvent de ses migraines qui peuvent la terrasser pendant plusieurs jours. Elle souffre en effet de différents maux : migraines, vertiges, manque d'appétit, mais je pense aussi des phases de mélancolie ou d'épuisement qui la terrassent parfois plusieurs jours

    Mais comment pourrait-il en être autrement quand on voit l' énergiequ'elle déploie pour arriver au but qu'elle s'est fixée : son esprit est toujours en alerte sur un sujet, un mot, une tournure de phrase, une observation, un sentiment,  la façon de réduire  au maximum pour en extraire la moelle. Quand elle est dans une période de création, son esprit est accaparé par ses personnages : tout est utile à la mise en place de ceux-ci, des lieux, des attitudes, elle les définit très précisément, revient sur un geste, une action jusqu'à trouver le juste équilibre. Elle se sert bien sûr de son imaginaire, mais aussi de ses rêves, de ses rencontres, de ses promenades dans la nature, vitales pour elle.

    Quand à mon prochain livre, je vais me retenir de l'écrire jusqu'à ce qu'il s'impose à moi ; jusqu'à ce qu'il soit lourd dans ma tête comme une poire mûre, pendante, pesante, et demande à être cueillie juste avant qu'elle ne tombe. Les Ephémères continuent à me hanter, arrivant comme toujours, sans crier gare, entre le thé et le dîner, pendant que L. fait marcher le gramophone. J'esquisse une page ou deux, puis me contrains à m'arrêter. (p222)

    Elle passe pour un même roman par des phases d'euphorie, de découragement, d'indifférence, se promettant à chaque fois que ce sera le dernier mais une fois le livre édité (et parfois même avant) elle a déjà en tête le prochain. C'est une infatigable auteure, une créatrice jamais satisfaite, jamais pleinement heureuse.

    Je suis un peu dégoûtée d'Orlando. Je commence à être assez indifférente à ce que pensent les gens. La joie de vivre est dans ce qu'on fait (une fois de plus je cite tout de travers.) Je veux dire que c'est le fait d'écrire et non d'être lue qui me stimule. Et comme je suis incapable d'écrire pendant qu'on me lit, le cœur me manque toujours un peu, et puis je reprends le dessus, mais je ne suis pas aussi heureuse que dans la solitude.(Samedi 27 Octobre 1928) - (p215)

    On comprend également la précarité de son travail et ses angoisse. Elle calcule régulièrement :

    combien de livres espère-t-elle vendre,
    combien vont-ils lui rapporter ses livres,
    ce qu'elle fera de cet argent,
    l'importance des lieux où elle vit, son attachement à ceux-ci
    J'ai particulièrement aimé sa verve, son franc parler quand elle aborde le thème de la littérature mais aussi le regard qu'elle porte sur le monde et la société qui l'entourent et l'avantage du journal intime c'est que l'on peut y déposer toutes ses pensées sans crainte. C'est un objet très personnel et elle s'en sert parfois comme d'un exutoire aux sentiments, à l'impatience, la colère qui l'envahissent. 

    J'ai commencé ma lecture il y a plusieurs mois, découvrant quelques pages chaque jour (enfin presque). J'ai trouvé ma lecture passionnante : Virginia Woolf relate avec précision le colossal travail que demande l'écriture, ses exigences. Un roman pouvait lui prendre plusieurs mois voir années sachant qu'elle utilise principalement la plume (et ensuite la machine à écrire), compte les mots, les réduit, les triture. Un premier jet, puis une relecture puis une remise en forme et toujours le doute qui l'assaille : Son livre se vendra-t-il ? Quelles seront les critiques ? Qu'en pense Léonard (dans lequel elle a totalement confiance).

    Je voudrais que ce livre contienne : satire, comédie, poésie, narration ; mais quelle forme peut contenir tout cela ? Devrais-je introduire une pièce de théâtre, des lettres, des poèmes ? Je crois que je commence à saisir l'ensemble. Et cela doit finir avec la pression de la vie normale et quotidienne qui continue. Et il faut y faire entrer, mais sans prêcher, des millions d'idées : histoire, politique, féminisme, art, littérature, en bref la somme de tout ce que je sais, sens, méprise, raille, aime, admire, déteste, etc..... (25 Avril 1933) - (p311)

    Elle parle également de ses lectures : en Août 1933 elle analyse la forme des romans de Dostoïevski et Tourgueniev,  lit régulièrement Shakespeare (une référence pour elle),  Henry James, Dickens etc..... C'est une auteure mais aussi une dévoreuse de littérature, amoureuse des livres :

    Quel immense et fertile plaisir me donnent les livres ! En rentrant, j'en ai trouvé la table toute chargée.  Je les ai tous regardés et renflés. Je n'ai pas pu m'empêcher d'emporter celui-là et de le mettre en perce (?) Je crois que je pourrais vivre heureuse ici et lire jusqu'à la fin des temps. (24 Août 1933) - (p331)

    Elle est aussi exigeante avec ses lectures qu'avec son travail d'écrivain, analysant, recherchant la perfection dans l'écriture des autres. Voici ce qu'elle écrit le 23 Juin 1937 de la lecture d'Amour pour Amour de Congreve :

    Cela ne vaut rien d'écrire après la lecture d'Amour pour Amour. Un chef-d'œuvre. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point c'était bon. Et quel stimulant que de relire ces chefs-d'oeuvre ! Cette langue anglaise dure et superbe. Oui. Il faut toujours tenir les classiques à portée de sa main afin d'éviter le facile. (p446)

    22 ans de sa vie, de son travail d'écrivain mais aussi son regard sur le monde qui l'entoure et plus particulièrement son inquiétude avec l'arrivée d'Hittler et le début de la deuxième guerre mondiale, avec les bombardements sur l'Angleterre avant de décider de mettre fin à ses jours.

    Il y a de nombreuses touches d'humour et la preuve en est, les dernières phrases qu'elle a écrites le 9 Mars 1941 dans son journal :

    Et maintenant, je m'aperçois, non sans plaisir, qu'il est sept heures, et que je dois préparer le dîner. Haddock et chair à saucisse. Il est vrai, je crois que l'on acquiert une certaine maîtrise de la saucisse et du haddock en les couchant par écrit. (p574)

    Ce journal est un magnifique recueil pour tout passionné(e) de lectures, de littérature, du travail d'écrivain, de la recherche des mots, de la construction d'un récit. C'est également des chroniques sur plus de 20 ans de la vie anglaise, so british, avec ses cottages, son art de vivre, son flegme, ses tea-times etc.... J'ai aimé, beaucoup, cela me confirme mon attirance pour cette auteure et pour la littérature anglaise.