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Stefan Hertmans

Stefan Hertmans

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Avis sur cet auteur (14)

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    Couverture du livre « Une ascension » de Stefan Hertmans aux éditions Gallimard

    Nathalie Vanhauwaert sur Une ascension de Stefan Hertmans

    En 1979, Stefan Hertmans fait l'acquisition d'une maison dans le quartier aujourd'hui branché de Patershol, Drogenhof à Gand. Une maison laissée à l'abandon que nous allons visiter de fond en comble.

    Il l'occupera 20 ans et apprendra par un livre "Zon van een 'foute' Vlaming" - fils d'un...
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    En 1979, Stefan Hertmans fait l'acquisition d'une maison dans le quartier aujourd'hui branché de Patershol, Drogenhof à Gand. Une maison laissée à l'abandon que nous allons visiter de fond en comble.

    Il l'occupera 20 ans et apprendra par un livre "Zon van een 'foute' Vlaming" - fils d'un flamand fautif - écrit par son ancien professeur Adriaan Verhulst, qu'elle fut occupée par un SS flamand : Willem Verhulst.

    Interpellé, Stefan va rassembler de nombreux témoignages; ceux des enfants Adriaan, Letta et Suzanne mais aussi de nombreux documents d'archives. Il va rédiger une enquête impressionnante pour nous donner la lecture de ce "docu-roman".

    L'écriture de Stefan Hertmans est vraiment très belle et agréable à lire, utile pour "digérer" toutes les informations. C'est un peu ardu au départ mais très vite, on est emporté par le style et l'écriture et on veut comprendre qui était Willem Verhulst.

    Un drôle de gars qui a perdu un oeil enfant, sa mère aussi. Victime de moqueries à l'école de la part des francophones de surcroît, est-ce cela qui le poussera à devenir plus tard un nationaliste ?

    Il perdra sa première épouse Elsa, une juive allemande, ironie du sort. Sa vie aurait-elle été différente si elle n'était pas décédée si jeune ?
    6 mois après sa mort, il épousera Mientje (Harmonia Wijers), une protestante hollandaise très croyante, pacifiste, serviable, toujours dévouée pour les autres. Elle est horrifiée par le devenir de son mari, reste fidèle et dévouée, elle s'occupera des trois enfants.

    Très tôt, Wim intégrera les mouvements nationalistes flamands, euh plus exactement flamingants. Il dira vouloir "défendre l'identité culturelle flamande". Stop à l'enseignement francophone, à ces "Belgicistes" comme ils les nommaient. Ses idées, son pays c'est vers l'Allemagne qu'il doit se tourner.

    Il montera très vite les échelons de la hiérarchie, pour devenir "un héros de pacotille", un sacré froussard en fait, pourtant un des plus grands collaborateurs de Flandre durant la 2ème guerre.

    Il deviendra entre autre, directeur de la radio-diffusion gantoise, chargé de la propagande, militant du DINASO, sur base de la culture, il pactisera avec l'ennemi, portera fièrement l'uniforme et la casquette à tête de mort, mettra dans son salon, 'la chambre mortuaire', le buste de Hitler sur la cheminée, deviendra un Waffen SS, espion de la Sicherheisdienst, dressera des listes et continuera à grimper dans la hiérarchie.

    Ce livre m'a permis de mieux comprendre mon pays, l'origine linguistique de l'idée du séparatisme qui anime encore le Nord du pays. Comprendre la Flandre, sa réussite, son passé de collaborationnisme, l'Histoire avec un grand H. Comprendre qu'à l'origine de la première guerre, l'enseignement était francophone, l'origine de la haine contre la langue française , contre la Belgique.

    Un roman excessivement bien documenté, agrémenté de photos. L'auteur reste neutre, ne prend jamais position, il expose les faits et les ressentis complexes de l'âme humaine. Il me fait prendre conscience de la difficulté d'être femme, enfant, membre de la famille de collaborateurs, d'être partagé entre l'amour d'un proche et l'horreur de ses actes. et également de comprendre certaines rancoeurs toujours en vigueur.

    Ma note : 9.5/10


    Les jolies phrases

    Ces Allemands, ils ne sont amicaux qu'en apparence. Goethe n'a-t-il pas dit : "En allemand, on ment quand on est poli "? Une discussion s'engage au cours de laquelle le vieux pasteur se montre implacable, triste et désemparé; il n'a rien de positif à dire sur Willem. Même sans se salir les mains, on peut commettre des crimes, rugit-il.


    Mais tout uniforme la fait frémir. Comment dormir l'un près de l'autre quand les rêves de chacun ont suivi leur propre voie obscure ? La nuit est une crapule. Les enfants respirent d'une innocence qui humidifie légèrement leurs lèvres, ils balbutient des absurdités dans leur sommeil. Que fait de nous la guerre, cher pasteur Wartena? Pourquoi mon bien-aimé est-il un étranger dans mon lit ?



    Plus je me plonge dans les mémoires d'Adri, plus je remarque les aspects qu'il n'a pas pu, ou pas voulu approfondir. Comme si la culpabilité était héréditaire et qu'il n'avait pas la force de porter le fardeau dont il s'était chargé : un fils aux épaules lestées du poids mort de son père. La douleur réside dans le silence entre les mots de son témoignage.


    Pourquoi me fallait-il à tout prix voir cet endroit de mes propres yeux ? Peut-être la visite d'un lieu de souvenir, même si c'est celui d'autres personnes, est-elle une manière de laisser l'histoire s'apaiser.


    J'ai toujours eu un faible pour l'odeur d' humidité et de délabrement dans les vieilles maisons. Peut-être parce que né peu après la guerre, j'ai dû encore traverser, en tenant la main de ma mère, des habitations endommagées par les bombardements, et que l'odeur de pierre humide et de moisi est devenue pour moi celle de la célèbre madeleine de Proust. Quand on est enfant et qu'on n' a pas encore de souvenirs, même l'odeur de délabrement est une source de bonheur.

    Le présent s'évanouit, les bruits de la rue bruxelloise s'atténuent, les papiers font entendre un bruissement, devant moi s'ouvre un éventail en langue administrative alambiquée et derrière, comme à travers la poussière de l'Histoire qui s'envole, un homme vient à ma rencontre, il porte des lunettes avec un verre dépoli devant son oeil gauche, on ne le voit pas très bien dans l'obscurité mais on le sait, et il porte aussi un uniforme noir avec, par-dessus, le long manteau en cuir noir, il est deux heures et demie du matin et, suivi d'une dizaine de militaires tenant leur arme en joue, il tambourine à la porte d'un grand bâtiment sur le quai au Blé, un institut francophone, une enclave pour une caste en voie de disparition, mais c'est la nuit, personne ne le voit, de la brume s'élève du canal le long du bâtiment.

    Rien n'est plus funeste pour la joie de vivre que le sentiment secret de devoir toujours se justifier devant un juge intime qu'on ne connaît pas. Il voit tout et condamne tout ; ce n'est jamais assez bien, on est toujours le perdant, quoi qu'on fasse ; il est insaisissable - il ressemble parfois à un ancien amour, puis à l'ami qui vous a trahi ou à la femme aux yeux perçants qui se moque de vous dans la pénombre ; tantôt le démon est rieur, ironique, se montre même patient face à vos imperfections, puis soudain vous parle, avec une immense condescendance, de ce que vous voulez éviter à tout prix, alors que c'est justement ce qui se passe, par votre faute en plus, votre grande faute, votre faute inepte, ineffaçable ; tantôt c'est un citoyen d'une élégance fatale qui vous tourne le dos parce que vous venez de faire quelque chose d'idiot qu'il est le seul à avoir vu; il vous guette quand vous ouvrez les yeux le matin et vous laisse vous endormir en haussant les épaules, parce que vous avez tout simplement fait ce que vous avez fait, sans savoir agir autrement.

    https://nathavh49.blogspot.com/2022/10/une-ascension-stefan-hertmans.html

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    Couverture du livre « Une ascension » de Stefan Hertmans aux éditions Gallimard

    Dominique Sudre sur Une ascension de Stefan Hertmans

    En 1979, alors qu'il se promène à Gand, en Belgique, l'auteur tombe sous le charme d'une maison qu'il décide d'acheter. Il y passera vingt ans avec sa famille. Alors qu'il l'a déjà revendue il découvre qu'un certain Willem Werhulst l'a également habitée avec toute sa famille, des années...
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    En 1979, alors qu'il se promène à Gand, en Belgique, l'auteur tombe sous le charme d'une maison qu'il décide d'acheter. Il y passera vingt ans avec sa famille. Alors qu'il l'a déjà revendue il découvre qu'un certain Willem Werhulst l'a également habitée avec toute sa famille, des années auparavant.
    Mais ce qui lui donne le vertige, c'est que cet homme à priori ordinaire a intégré la SS et a été très fortement impliqué dans une collaboration intense avec le IIIe Reich. S'ensuit une période d'enquête, de recherches, de rencontres pour comprendre celui qui a habité cette maison. Comment et pourquoi l'auteur n'a t-il lui-même rien senti, imaginé , compris, entre ces murs.
    Qui étaient Mientje, l'épouse et Letta, Adri et Suzy les enfants de cet homme ? Des complices aussi pervers que lui, des victimes de sa personnalité à une époque où il était plus sûr de se taire.
    Comment ont ils supporté le mal, en adoptant la même attitude, en l'ignorant, les enfants étaient-ils au courant des agissements du père... Leur mère était-elle soumise, consentante, ou forcée à vivre sous le même toit sans accepter ces dérives.
    Des questions auxquelles il tente de répondre en nous présentant un homme ordinaire, un mari, un père, mais aussi un SS convaincu et zélé.
    Peu à peu, à travers une somme d'actions bénignes à priori, dans le contexte sombre de la seconde guerre mondiale, il nous montre les changements qui s'opèrent en Willems.
    Comment ce père de famille est devenu celui qui espionne, fait des listes, note les noms de ceux qui pourront être ensuite arrêtés, avec autant de régularité et d'assiduité. Autant de noirceur n'a t-elle pas laissé de traces dans cette maison? Sont elles porteuses des actes et des mots qui se déroulent entre leurs murs ? A travers les textes, archives, écrits des enfants, témoignages, l'auteur brode un contexte, des mots, attitudes, relations dans le couple, tout l'art de l'écrivain est de faire vivre le passé.
    Passionnant, instructif, émouvant, révoltant. Une lecture pour comprendre.

    https://domiclire.wordpress.com/2022/01/24/une-ascension-stefan-hertmans/

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    Couverture du livre « Une ascension » de Stefan Hertmans aux éditions Gallimard

    Nicolemotspourmots sur Une ascension de Stefan Hertmans

    Décidément, Stefan Hertmans excelle à faire parler les pierres. Il avait déjà puisé dans les pavés moyenâgeux du village de Monieux dans le sud de la France la matière du superbe roman qui m'a fait connaître sa plume, Le cœur converti. Cette fois, c'est une vieille maison d'un quartier de Gand...
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    Décidément, Stefan Hertmans excelle à faire parler les pierres. Il avait déjà puisé dans les pavés moyenâgeux du village de Monieux dans le sud de la France la matière du superbe roman qui m'a fait connaître sa plume, Le cœur converti. Cette fois, c'est une vieille maison d'un quartier de Gand tombé en désuétude qui le met sur les traces d'un odieux personnage qui jeta toutes ses forces dans la collaboration avec les SS lors de l'occupation de la Belgique à partir de 1940. Une maison que l'auteur a habitée pendant vingt ans avant de réaliser qui elle avait abrité et d'entreprendre des recherches minutieuses pour reconstituer les faits et gestes de Willem Verhulst puis nous les restituer avec la sensibilité aigüe du romancier.

    Pour celles et ceux qui, comme moi ignorent à peu près tout de l'histoire chahutée de la Belgique, partir dans les traces de cet homme revient à ébaucher le parcours d'un nationaliste flamand marqué dès l'enfance par le très fort antagonisme entre ceux qui parlent le français et ceux qui parlent le flamand, avec même une cour de récréation séparée en deux dans l'école anversoise où il suit sa scolarité. Stefan Hertmans mène son enquête comme un biographe et comme un historien, à travers les nombreuses archives, les écrits laissés par Verhulst et les membres de sa famille (c'est incroyable le nombre d'individus qui tenaient leur Journal à cette époque) mais également les témoignages de ses deux filles devenues des vieilles dames. Et ce qu'il s'attache à mettre en évidence est quelque chose sur quoi le commun des mortels ne prend pas le temps de s'arrêter, ce que représentent vraiment certains actes et pourquoi il est important de le faire savoir. Ce que signifie "être du mauvais côté", au-delà des mots. Il aimerait interroger les murs, il pousse même jusqu'à aller visiter la carrière de Comblanchien, village de Bourgogne dont fut extrait le marbre qui orne la cheminée de la maison et sur laquelle fut posé un buste en plâtre d'Hitler.

    "Un buste de... ? Ici, dans cette maison ? Mais c'était quel genre de personnes ? Les avait-il connues, monsieur notre notaire ? Absolument, a-t-il dit en hochant la tête, et très bien même, monsieur. Il a reniflé, songeur. Ce n'étaient pas de mauvaises personnes, vraiment, enfin, à l'exception du père, mais bon, lui non plus n'était pas une mauvaise personne au fond..."

    Hum, oui, voilà. L'enquête montre qu'il fut un vrai salaud, collabo enthousiaste et volontaire, il sera emprisonné après la guerre, condamné à perpétuité mais remis en liberté conditionnelle à partir de 1953 grâce à l'influence de son fils aîné dans les milieux maçonniques tellement honnis, ironie du sort. Il touchera même une pension de guerre octroyée par l'Allemagne aux anciens collaborateurs (!!!), principe dont j'ignorais tout. Stefan Hertmans frissonne à l'idée de l'avoir peut-être croisé sans le savoir alors que son enquête met au jour des lieux qu'ils ont fréquentés tous les deux. Il est aussi et beaucoup question d'une famille partagée entre honte, liens filiaux et maritaux, dont l'auteur restitue la dignité avec empathie.

    Ce que les lieux portent en eux est un questionnement universel - personnellement je ne peux ôter de mon esprit les images des bâtiments parisiens ornés des drapeaux à croix gammées - le temps a passé mais les empreintes sont toujours là, enfouies dans la mémoire de millions de pierres que Stefan Hertmans et peut-être d'autres n'ont pas fini de fouiller. Ici, le résultat est sidérant et fascinant.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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    Couverture du livre « Le coeur converti » de Stefan Hertmans aux éditions Gallimard

    Dominique Sudre sur Le coeur converti de Stefan Hertmans

    Vers 1100, Vidgis Adelaïs vit en Normandie. Issue d’une riche famille de Vikings chrétiens installés à Rouen, la belle aux cheveux blonds et aux yeux bleus croise le regard fier et noble de David, devant la Yeshiva (école juive). Son cœur d’adolescente ne fait qu’un tour, l’amour frappe les deux...
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    Vers 1100, Vidgis Adelaïs vit en Normandie. Issue d’une riche famille de Vikings chrétiens installés à Rouen, la belle aux cheveux blonds et aux yeux bleus croise le regard fier et noble de David, devant la Yeshiva (école juive). Son cœur d’adolescente ne fait qu’un tour, l’amour frappe les deux jeunes gens malgré l’interdiction formelle de mésalliance entre religions. A cette époque, l’alliance avec un ou une juive est impossible, et renier sa religion pourrait conduire Vidgis droit au bûcher.

    Elle réussira à rencontrer celui qu’elle décide de prendre pour époux. Face à la fureur de son père, Vidgis et David sont contraints à la fuite, poursuivis sans relâche par des chevaliers attirés par la rançon promise par le père.

    Ils traversent la France, Évreux, Orléans, Bourges, Clermont-Ferrand, le chemin est long et difficile pour arriver jusqu’à Narbonne. Ils vont par les chemins isolés, soumis aux intempéries et aux risques perpétuels d’agression, de vols, de viols, d’être découverts, trahis, capturés. Enfin, la belle Vidgis, devenue Hamoutal est officiellement baptisée par son beau-père le Grand Rabbin de Narbonne. Convertie à la religion juive, la belle devra apprendre les règles de sa nouvelle religion et abandonner ses croyances chrétiennes.

    C’est à cette époque que le pape Urbain II, soucieux d’asseoir son pouvoir, exhorte les chrétiens à reconquérir le tombeau du christ à Jérusalem. Il lance la première croisade. Les armées se forment, disparates, composées de chevaliers, de paysans, de va-nu-pieds. Fort d’une promesse d’Indulgence, les massacres de mécréants ne sont pas rares. Les Croisés provençaux qui font route vers Constantinople s’arrêtent près du petit village de Monieux, demande abris et vivres. Un véritable pogrom s’ensuit, pillages des maisons, massacres dans la synagogue, enlèvements d’enfants, rien ne sera épargné à la communauté juive du paisible village. David est assassiné. Hamoutal, restée seule avec son dernier né prend la route vers Jérusalem. Elle s’arrêtera en Égypte.

    C’est dans la Gueniza d’une synagogue du Vieux Caire que sera retrouvé le document qui atteste de son existence, de sa conversion, puis de sa fuite et de son séjour en Égypte.

    chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2018/09/06/le-coeur-converti-stefan-hertmans/

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