Philippe Lancon

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Avis (9)

  • Couverture du livre « Le lambeau » de Philippe Lancon aux éditions Gallimard

    Jean-Paul Degache sur Le lambeau de Philippe Lancon

    J’étais impatient de lire Le Lambeau. Depuis la reparution de Charlie Hebdo, après le 7 janvier 2015, j’ai lu avec beaucoup d’attention et d’émotion chacune des chroniques de Philippe Lançon, chroniques pour lesquelles il avait conservé le cadre originel : Dans le jacuzzi des ondes.

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    J’étais impatient de lire Le Lambeau. Depuis la reparution de Charlie Hebdo, après le 7 janvier 2015, j’ai lu avec beaucoup d’attention et d’émotion chacune des chroniques de Philippe Lançon, chroniques pour lesquelles il avait conservé le cadre originel : Dans le jacuzzi des ondes.

    Depuis longtemps, il avait délaissé les médias pour traiter la culture, domaine où il excelle mais là, chaque semaine, il a confié ses souffrances, ses doutes, sans délaisser d’autres sujets. Chaque semaine, je l’ai donc lu et apprécié mais là, sur plus de 500 pages, Philippe Lançon est encore plus impressionnant, livrant un texte d’une qualité incroyable au ton si juste et tellement précis.
    C’est le récit de quelques années d’une vie avec des retours en arrière indispensables qui permettent de mieux comprendre l’homme, l’écrivain assoiffé de culture. Ses voyages, ses reportages sont évoqués mais, ce matin du 7 janvier 2015, il pouvait aller aussi bien à Libération qu’à Charlie. Il choisit l’hebdomadaire dans lequel Philippe Val, directeur à l’époque, l’avait convié à écrire, car il veut assister à la première conférence de rédaction de l’année et revoir Wolinski. Il a sur lui un livre de jazz : Blue Note qu’il veut montrer à Cabu, ce qui lui sauvera la vie car il aurait croisé les tueurs dans l’escalier… La réunion étant déjà commencée, il s’assoit entre Bernard Maris et Honoré : « Nous étions une bande de copains plus ou moins proches dans un petit journal désormais fauché, presque mort. »
    Avec les trois dessinateurs et le journaliste déjà cités, il y avait Fabrice Nicolino, Elsa Cayat, Tignous, Laurent Léger et Franck Brinsolaro, le garde du corps de Charb qui était en retard. À Charlie, il avait connu Cavanna et il parle de son enterrement, le 6 février 2014.
    Philippe Lançon s’insurge à raison contre le manque de solidarité après la publication des caricatures de Mahomet, en 2006 : «…honte professionnelle et morale. Elle a contribué à faire de Charlie, en l’isolant, en le désignant, la cible des islamistes. » Voilà où on en arrive après tant de lâcheté ! Les pages qui suivent, pour l’attentat, sont écrites avec une simplicité et une rigueur admirables. C’est terrible de délicatesse et de tragique. Il était un homme dissocié en deux : « celui que je devenais » et « celui qui n’était pas tout à fait mort. » Entre les corps de Bernard Maris et de Tignous, mort le stylo à la main : « nous avions été les victimes des censeurs les plus efficaces, ceux qui liquident tout sans avoir rien lu. »
    « J’étais un blessé de guerre dans un pays en paix. » Philippe Lançon m’a fait partager ses sensations, ses souffrances, ses espoirs, son désespoir et sa vie en milieu hospitalier avec une protection policière permanente. Heureusement, famille et amis sont là et son frère agit remarquablement pour organiser sa vie à La Pitié-Salpêtrière. Il nous parle aussi de Gabriela, de Marilyn, son ex-femme qu’il a connue à Cuba, une île qu’il évoque souvent.
    Surtout, il parle de celles et ceux qui soignent, de Chloé, la chirurgienne qui greffe un morceau de son péroné pour remplacer la mâchoire emportée par la balle : « Elle était la fée imparfaite qui, penchée sur mon berceau, m’avait donné une seconde vie. » C’est elle qui fait ce lambeau, cette autogreffe qui va tant le faire souffrir et nécessiter beaucoup d’autres passages au bloc opératoire.

    En plus, Philippe Lançon fait visiter les Invalides où il se retrouve en rééducation avant de réapprendre à sortir à nouveau. Tout est dit avec discrétion, sans apitoiement, faisant de ce livre LE LIVRE DE L’ANNÉE tant par l’écriture que par sa richesse, ses sujets traités et son humanité.

  • Couverture du livre « Le lambeau » de Philippe Lancon aux éditions Gallimard

    Isabelle Hubsch sur Le lambeau de Philippe Lancon

    Quel livre ! Un futur référent sans doute dans le vécu post-attentat . La reconstruction et la résilience de Mr Lançon sont remarquables . C'est une lecture dont j'ai été à chaque page marquée et bouleversée . L'élégance, la fluidité de son style ainsi que les parallèles littéraires...
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    Quel livre ! Un futur référent sans doute dans le vécu post-attentat . La reconstruction et la résilience de Mr Lançon sont remarquables . C'est une lecture dont j'ai été à chaque page marquée et bouleversée . L'élégance, la fluidité de son style ainsi que les parallèles littéraires n'enlèvent rien à cette lecture mémorable.

  • Couverture du livre « Le lambeau » de Philippe Lancon aux éditions Gallimard

    Anita Millot sur Le lambeau de Philippe Lancon

    Comment raconter l’inconcevable ?
    Philippe Lançon, victime gravement blessée, défigurée mais survivante, de la tuerie abominable dans les locaux du journal “Charlie Hebdo” le 7 janvier 2015, nous offre ici un témoignage magnifiquement écrit, un témoignage sur l’avant et l’après, d’une...
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    Comment raconter l’inconcevable ?
    Philippe Lançon, victime gravement blessée, défigurée mais survivante, de la tuerie abominable dans les locaux du journal “Charlie Hebdo” le 7 janvier 2015, nous offre ici un témoignage magnifiquement écrit, un témoignage sur l’avant et l’après, d’une puissance littéraire inexprimable.
    Impossible de ne pas me sentir bouleversée par les mots choisis, d’une immense délicatesse et d’une profonde pudeur. Sa souffrance est palpable à chaque phrase (j’avais presque l’impression d’avoir été présente auprès de ces hommes et femmes frappés aussi cruellement.)
    Et puis vient pour le journaliste le temps de la peur, de la culpabilité d’être toujours là, de la lente reconstruction dans les hôpitaux …
    Le lecteur est à deux doigts de toucher la douleur physique de Philippe Lançon, et sa douleur psychique aussi : “je n’avais pas de chagrin, j’étais le chagrin” …
    Un très beau texte, qui va à l’essentiel, la lecture d’une tragédie dont vous ne ressortez pas indemne …

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