Philippe Lancon

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Avis (5)

  • Couverture du livre « Le lambeau » de Philippe Lancon aux éditions Gallimard

    Carine sur Le lambeau de Philippe Lancon

    C'est juste horrible, et horriblement juste. Philippe Lançon a repris le chemin de l'écriture (qu'il n'avait en fait jamais quitté avec son ardoise et son feutre) pour nous livrer sa vie avant, pendant et surtout après le 7 janvier 2015. Journaliste à Libération et Charlie Hebdo, il est un...
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    C'est juste horrible, et horriblement juste. Philippe Lançon a repris le chemin de l'écriture (qu'il n'avait en fait jamais quitté avec son ardoise et son feutre) pour nous livrer sa vie avant, pendant et surtout après le 7 janvier 2015. Journaliste à Libération et Charlie Hebdo, il est un survivant de l'attentat dans lequel Cabu, Wolinski et bien d'autres sont morts. Un roman très dur sur l'humanité, la solidarité, la vie brisée, les rêves avortés...Une vie qui tourne autour de Chloé, la chirurgienne, une branche à laquelle Philippe s'accroche et se raccroche....Une bouée!

  • Couverture du livre « Le lambeau » de Philippe Lancon aux éditions Gallimard

    régine berlinski sur Le lambeau de Philippe Lancon

    C 'est le témoignage de Philippe Lançon, rescapé de l'attentat de Charlie -Hebdo...Je refuse de résumer le contenu, ni même d'en faire un bref compte-rendu. Je laisse à celle ou celui qui ouvrira ce livre toute sa liberté d'interprétation. Chaque mot, chaque phrase, chaque page est un point de...
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    C 'est le témoignage de Philippe Lançon, rescapé de l'attentat de Charlie -Hebdo...Je refuse de résumer le contenu, ni même d'en faire un bref compte-rendu. Je laisse à celle ou celui qui ouvrira ce livre toute sa liberté d'interprétation. Chaque mot, chaque phrase, chaque page est un point de suture et de greffe qui va lui redonner un visage réparé et doucement mais aussi douloureusement l'éloigner de l'homme qu'il aura été avant le 7 janvier.. C'est bien plus qu'un témoignage, c'est le cri silencieux d'un survivant qui désormais doit apprendre à vivre avec ce qu'il reste de lui et sans ceux qui ne sont plus… Je m'incline face à cet écrit bouleversant !

  • Couverture du livre « Le lambeau » de Philippe Lancon aux éditions Gallimard

    yves MONTMARTIN sur Le lambeau de Philippe Lancon

    La veille il est allé au théâtre, il a d'abord été reporter, il est devenu critique par hasard, il travaille à Libération et à Charlie, un petit journal désormais fauché, presque mort, une bande de copains, libres, insouciants il vient d'apprendre qu'il a été retenu pour enseigner la littérature...
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    La veille il est allé au théâtre, il a d'abord été reporter, il est devenu critique par hasard, il travaille à Libération et à Charlie, un petit journal désormais fauché, presque mort, une bande de copains, libres, insouciants il vient d'apprendre qu'il a été retenu pour enseigner la littérature un semestre à Princeton. Nous sommes le 7 janvier 2015. La rapidité du massacre, comme la lave qui a saisi les habitants de Pompéi, une petite salle saturée de sang, de corps emmêlés de poudre, la cervelle de Bernard Maris étalée à côté de lui. Cinq minutes d'horreur qui liquident tant d'années de souvenirs. A la place de son menton et de la partie droite de la lèvre inférieure, un cratère de chair détruite et pendante, un monstre, on ne distingue plus la chair de l'os, une bouillie.

    Philippe Lançon nous raconte ses 282 jours d'hôpital protégés par quatre policiers armés, les multiples opérations, tant qu'il y a du bloc il y a de l'espoir. La douleur, il ne peut ni manger, ni boire, ni sourire, ni parler, il est comme un moine trappiste, il communique avec une ardoise et un feutre, il essaye de hiérarchiser ses maux, soutenu et accompagné par les soignants, les amis, la famille,Marilyn Gabriela, les femmes qu'il a aimées, les collègues, il est un élément d'une chaine humaine, celle des tisserands qui vont l'aider à refaire la tapisserie déchirée. Ses blessures sont aussi les leurs. Il est un blessé de guerre dans un pays en paix. Chloé, la chirurgienne, la branche à laquelle comme un naufragé il se raccroche et tout le personnel de l'assistance publique, des gens héroïques qui travaillent avec un matériel fatigué pour un maigre salaire et qui cachent leurs propres blessures. le patient est un vampire, il est égoïste, il n'a que très peu à offrir, tout est tourné vers son combat mental et chirurgical. Il a des sentiments pour ses amis, mais plus d'amour pour personne, il n'est plus possible de relancer la machine à aimer.

    Nous partageons son quotidien et toutes les étapes de sa reconstruction, la greffe d'un péroné sur ce qui reste de mâchoire pour combler le déficit d'os. L'arrivée de la nuit, l'heure de l'angoisse où les souvenirs d'enfance et de jeunesse défilent alimentant les rêves ou les cauchemars attenants avec de faux souvenirs et la confusion, heureusement il y a la sonnette d'appel comme un doudou qui tranquillise la vie du patient. Six mois de rééducation à l'hôpital militaire des invalides. Entre les séances de Kiné, il écrit ses articles pour Libération et Charlie. Les livres lus, les films regardés dans la chambre, la musique de Bach, les premières sorties dans les jardins, au théâtre, au cinéma avec toujours deux policiers à ses côtés. le bonheur du premier aliment ingéré par la bouche, un simple yaourt après deux mois d'alimentation exclusivement par sonde, une renaissance , un retour vers la vie. L'inquiétude de devoir quitter l'hôpital, la liberté enfin de marcher seul, sans aide, sans policier, et puis lors d'un séjour à New York l'annonce de l'attaque au Bataclan, des morts, des blessés, et il sent que tout recommence. Et cette question qu'avons-nous manqué ? Que n'avons-nous pas su faire ? Philippe Lançon nous pose cette question, lui il n'a pas la réponse et les balles qu'il a reçues ne la lui donnent pas davantage.

    Un livre très intime, parsemé de portraits puissants, les autres malades, tous rescapés d'une horreur, les soignants, les amis, Cabu, Wolinski, Tignous, son frère, ses grands-mères, jamais on n'a senti une telle proximité avec la douleur, l'auteur sait avec un talent rare nous faire pénétrer littéralement dans son corps brisé, mais aussi au coeur du service hospitalier français. Même si parfois on a l'impression de certaines longueurs, mais c'est du vécu de Lançon dont il s'agit, ce livre inclassable ne peut laisser indifférent ni pas sa forme, ni par son fonds.

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