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Maxime Gorki

Maxime Gorki
Alekseï Maksimovitch Pechkov (1868-1936), élevé dans la pauvreté, exerça de nombreux petits métiers avant de se consacrer, à partir des années 1890, à l'écriture sous le pseudonyme de Gorki, l'« amer ». Romancier des vagabonds et des déclassés, ses idées révolutionnaires le conduisirent en prison... Voir plus
Alekseï Maksimovitch Pechkov (1868-1936), élevé dans la pauvreté, exerça de nombreux petits métiers avant de se consacrer, à partir des années 1890, à l'écriture sous le pseudonyme de Gorki, l'« amer ». Romancier des vagabonds et des déclassés, ses idées révolutionnaires le conduisirent en prison, puis à l'exil à diverses reprises. Auteur de romans (dont le plus connu est La Mère), de contes, de nouvelles et de pièces de théâtre (dont Les Bas-Fonds, adapté au cinéma par Jean Renoir et Akira Kurosawa), il s'éteignit en URSS, qu'il avait regagnée en 1929.

Avis sur cet auteur (6)

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    Couverture du livre « Le bourg d'Okourov » de Maxime Gorki aux éditions Syrtes

    Géraldine C sur Le bourg d'Okourov de Maxime Gorki

    En février dernier, les Éditions des Syrtes ont publié ce titre de Alexis Pechkov, plus communément connu sous son nom de plume Maxime Gorki : il s'agit d'une édition, traduite par Zinovy Lvovsky, traducteur franco-russe déporté et décédé à Auschwitz, et révisée par Jean-Baptiste Godon, lauréat...
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    En février dernier, les Éditions des Syrtes ont publié ce titre de Alexis Pechkov, plus communément connu sous son nom de plume Maxime Gorki : il s'agit d'une édition, traduite par Zinovy Lvovsky, traducteur franco-russe déporté et décédé à Auschwitz, et révisée par Jean-Baptiste Godon, lauréat du Prix Russophonie 2007 pour la traduction d'Au diable vauvert de Evgueni Zamiatine. Certains passages n'avaient, en effet, jamais été traduits en français, en particulier les passages relatifs aux Allemands de Russie. La première traduction du Bourg d'Okourov date de 1938 et a été publiée sous le titre Tempête sur la ville. Cette première édition fut amputée de ces passages et placée sous la « liste Otto » qui recensait tous les ouvrages interdits en France par la propagande nazie. Cette nouvelle édition plus fidèle à l'oeuvre d'origine s'appuie ainsi sur la publication des Oeuvres Complètes de Maxime Gorki.


    Maxime Gorki est connu pour avoir donné vie au réalisme socialisme russe. Exilé à deux reprises en Italie, la réputation de l'homme est marquée par son engagement social, qui empiète largement sur son engagement en littérature. Il s'est aventuré dans l'exploration et l'étude des moeurs des classes populaires de son pays. Ce qui explique son activisme auprès des Bolcheviques. le bourg d'Okourov n'est pas son oeuvre la plus connue, la plus épaisse, néanmoins, elle contient les thèmes chers à l'autodidacte russe : l'étude des moeurs sociales, les mécanismes de dominations des bourgeois sur les plus démunis, la liberté, sa valeur, son prix, son coût, l'autoritarisme et cet idéal d'un homme nouveau. Est passé au microscope Okourov, cette ville en forme de croix, divisée en deux : à Chikhane les beaux quartiers de la bourgeoisie, les commerçants qui prospèrent, fonctionnaires, membres du clergé, à Zaretchie les gens moins fortunés, qui survivent d'une façon ou d'une autre. À Okourov, on ne se mélange pas, évidemment.

    Le charme de ce livre, c'est d'abord celui de découvrir toute cette micro-société dont chaque personnage porte une fonction, le poète, l'usurier, le-s commerçant-s, le poivrot de service, la fille de joie, ses clients, en total reflet avec les sociétés des villes de l'époque. Cela m'a fait penser à la façon dont Balzac explore ainsi ses personnages dans ses romans. Si le village est bien découpé en deux, la maison close, quant à elle, est en marge du faubourg, mais au centre du roman, le seul endroit qui attire bourgeois comme prolétaires. Gorki en fait l'élément central, le seul lien qui unit les deux parts d'Okourov. Aussi bien les bourgeois que les autres fréquentent les filles de la maison, Pacha, Rosa et Lodka. le seul point en commun entre les gens de Chikhane et Zaretchie, c'est celui de l'amour, la sexualité, mais aussi le réconfort qui rassemblent les uns et les autres dans cette même condition humaine dans les bras de ces filles. Scène centrale du roman par bien des côtés.

    Si la Russie est un pays immense, aux frontières presque irréelles, le bourg d'Okourov est un véritable microcosme qui se suffit à lui-même, porteur de frontières invisibles mais réelles qui semblent maintenir ses habitants à l'intérieur du bourg. Cette opposition de deux-mondes, outre la dimension financière, me semble opposer une vision traditionaliste de la Russie, avec son église à coupoles multicolores, et une vision plus moderne, avec son église d'une blancheur plus simple. Gorki livre une vision de la Russie divisée en deux catégories : ceux qui vivent confortablement, le reste qui est exploité, qui dépérit ou qui s'alcoolise. Gorki a restitué cette guerre des classes, ou le plus fort a asservi les plus pauvres. le contraste entre les deux mondes est saisissant : tandis que du côté de Chikhane, les rues fleurent bon le luxe, chez leurs voisins, c'est un retour au Moyen-âge, les familles y sont frappées par l'impôt, amassé par l'inspecteur. Les habitants du faubourg évoluent à la limite de l'anarchie, dans une zone de non-droit que moujiks des forêts environnantes et bourgeois des beaux quartiers évitent soigneusement.


    Il y a Tiounov, le borgne, le philosophe, le sage, et il y a le poète Dima, l'un et l'autre comme porte-parole de l'auteur : le premier qui déclame, le second qui écrit les vérités, peut-être celles que porte Gorki, le premier une vision large et nationale, une vision qui englobe la russe et le peuple. le second s'exprime par le biais de ses vers, décrivant la vie à Zaretchie et ses habitants, qui bien souvent déplaisent. La sagesse de l'un compense la franchise de l'autre. On découvre la parole politique qui annonce l'avènement du bolchevisme à travers Tiounov. Alors que Tiounov le borgne, l'idéologue, passé par Moscou et la prison, le plus expérimenté de tous, vient professer la parole du russe travailleur, celui qui construit, utile à la société, cette idée de l'homme pur, sage, loin de ce que représente le bourgeois, qui en parasite profite d'une société qu'il n'a pas construite et dont il ne fait que profiter.


    L'imaginaire Okourov, ses drames, ses conflits, est un aperçu de cette Russie scindée divisée en deux et dont les deux parties, bourg contre faubourg, se méprisent : La révolution bolchevique est déjà là, ne serait-ce que dans les esprits qui s'échauffent de cette classe de russe qui meurt de faim et d'ennui, avec des relents xénophobes envers cette communauté allemande, dont les sonorités des noms résonnent comme une fausse note qui agresse l'oreille. L'expression qu'utilise Tiounov à plusieurs reprises d' »homme prédestiné » m'a particulièrement marquée : si l'on en croit sa biographie en russe, Gorki aurait été marquée par l'idée du rêve Nitzschéen d'homme nouveau, qui surpasserait en force et en intelligence, dans un premier temps. Cette conception d'un homme nouveau aurait évolué avec le temps et il s'incarnerait en la personne d'un homme simple, tourné vers la vie, tourné vers la protestation sociale. Voilà qui ressemble beaucoup à Tiounov. Sans oublier Dima, dont l'image du poète, le rêveur mal dégrossi, qui a le malheur d'énoncer leurs quatre vérités aux interlocuteurs, est bien malmenée : portée à dérision par l'auteur, il fournit de savoureux passages, qui donnent à ce roman un pléochroïsme intéressant, où l'humour et le sarcasme côtoient drame et tragédie.


    Je ne connaissais pas Gorki, j'ai pris le parti de débuter avec un roman court, rapide et agréable à lire, mais qui annonce la révolution de 1917 alors même que son auteur est en exil après une première tentative avortée de révolution lors de sa rédaction. C'est une première approche appréciée que je compte bien approfondir.

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    Couverture du livre « La mère » de Maxime Gorki aux éditions Le Temps Des Cerises

    LALIE.01 sur La mère de Maxime Gorki

    Désolée, car ce n'est peut-être pas le moment (quoique en littérature…) mais j'ai une chronique qui attend depuis pas mal de temps, celle de « La Mère » (« мама ») de l'écrivain russe Maxime Gorki (« Максим Горький : 1868-1936). En fait, Maxime était le prénom de son père et Gorki = « amer » en...
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    Désolée, car ce n'est peut-être pas le moment (quoique en littérature…) mais j'ai une chronique qui attend depuis pas mal de temps, celle de « La Mère » (« мама ») de l'écrivain russe Maxime Gorki (« Максим Горький : 1868-1936). En fait, Maxime était le prénom de son père et Gorki = « amer » en russe.

    « La Mère » est un petit roman (140 pages, préfacé par François Eychart : "La Mère » offre un des plus beaux portraits de femme de la littérature mondiale. .. ), qui décrit l'évolution intellectuelle d'une mère de famille (Pélagie), ouvrière dans un faubourg industriel de la Russie pré-révolutionnaire. Son fils, Pavel (ou Paul) Vlassov est un militant socialiste.

    Nous sommes en 1906. La Mère est d'abord effrayée par les idées de son fils : elle ne le comprend pas – puis elle tombe sous le charme des camarades de Pavel : ils sont pleins de fougue – ils ont des idéaux – et ressentent de l'amour pour l'humanité.

    Ce roman décrit la vie quotidienne, l'organisation, les divers débats qui pouvaient avoir lieu au sein d'une section du Parti ouvrier socialiste-démocrate de Russie, mais aussi la nature des relations entre camarades. Même s'il n'y a pas deux militants identiques en termes de personnalités, les révolutionnaires paraissent relativement idéalisés.

    On trouve la description de l'évolution psychologique, philosophie et même politique de la Mère, alors qu'au départ, elle est une femme sans éducation, sans personnalité particulière et prie ses icônes matin et soir.

    Finalement, elle découvre qu'elle a des ressources qu'elle ne soupçonnait pas – bref, elle s'humanise et finit par s'identifier avec l'organisation des camarades.

    Dans ce roman, Maxime Gorki nous propose de remarquer le passage de l'état de prolétaire soumis, à celui d'un niveau supérieur : le socialisme révolutionnaire. Mais son talent se trouve dans le fait de ne relater aucun débat politique. Quand le terme « socialisme » est utilisé, il laisse planer un doute.

    Ce récit comporte de nombreux débats idéologiques sans le moindre détail politique.
    En fait, ce que l'on retrouve le plus c'est le rôle et l'idéal du révolutionnaire – les raisons de sa révolte – son attitude face aux forces de l'ordre, au fatalisme des travailleurs non-révolutionnaires, aux mouchards….

    Il y est plutôt question de la façon dont le révolutionnaire doit se comporter. Maxime Gorki parle du sacrifice – de la lutte contre l'injustice et bien d'autres débats. Et toutes ces questions touchent bien à des réalités politiques évoquées à peine.

    On peut dire qu'avec « La Mère », Maxime Gorki a écrit un plaidoyer en faveur du socialisme révolutionnaire pouvant toucher les gens, les convaincre du bien-fondé du programme socialiste, pas par la théorie marxiste mais par la force des sentiments et des valeurs.

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    Couverture du livre « La mère » de Maxime Gorki aux éditions Le Temps Des Cerises

    Jean-Luc Martin sur La mère de Maxime Gorki

    J'ai vibré. Il y a longtemps.

    J'ai vibré. Il y a longtemps.

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    Couverture du livre « Les bas-fonds » de Maxime Gorki aux éditions L'arche

    Elizabeth Pianon sur Les bas-fonds de Maxime Gorki

    Dans l'atmosphère étouffante d'un asile de nuit, des êtres rejetés par la société tsariste essaient malgré tout d'exister. Mais pour eux le bonheur semble rester hors d'atteinte. Seul un vieil idéaliste essaie de transmettre un message de pensée positive et d'espoir.
    J'ai un peu de mal à lire...
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    Dans l'atmosphère étouffante d'un asile de nuit, des êtres rejetés par la société tsariste essaient malgré tout d'exister. Mais pour eux le bonheur semble rester hors d'atteinte. Seul un vieil idéaliste essaie de transmettre un message de pensée positive et d'espoir.
    J'ai un peu de mal à lire du théâtre, mais cette peinture de la société russe vue d'en bas est terriblement bien rendue.