Marek Halter

Marek Halter
 Marek Halter est né en 1936 à Varsovie, d'une mère poétesse yiddish et d'un père imprimeur. Depuis son premier livre, Les fous et les rois, paru en 1976, Marek Halter construit une ?uvre littéraire dense et internationalement reconnue.

Articles en lien avec Marek Halter (1)

Avis sur cet auteur (27)

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    Couverture du livre « L'inconnue de Birobidjan » de Marek Halter aux éditions J'ai Lu

    GeorgesSmiley sur L'inconnue de Birobidjan de Marek Halter

    Comment évoquer des sujets tragiques (le sort des Juifs européens au XXème siècle, les meurtres de masse du stalinisme, les procédés répugnants du McCarthysme) sans (trop) tomber dans le pathos ? Marek Halter réussit brillamment l’exercice en composant, à travers l’histoire de Marina, jeune et...
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    Comment évoquer des sujets tragiques (le sort des Juifs européens au XXème siècle, les meurtres de masse du stalinisme, les procédés répugnants du McCarthysme) sans (trop) tomber dans le pathos ? Marek Halter réussit brillamment l’exercice en composant, à travers l’histoire de Marina, jeune et jolie comédienne dont le destin bascule le soir où elle croise la route et l’obscène brutalité d’un des plus grands assassins de l’histoire. Elle fuit le Kremlin, résiste aux terribles années de guerre, à la terreur des polices politiques, au mensonge élevé à un art et au désespoir qui borne le quotidien, pour finir entre les griffes du sénateur McCarthy et de ses acolytes l’accusant d’être une des espionnes ayant dérobé le secret de la bombe au profit de Staline. Au-delà de l’intrigue consistant à savoir si elle échappera ou non à la chaise électrique, le lecteur fasciné découvre l’univers cauchemardesque de l’Union soviétique des années 30-50 et comment la perversité du monstre régnant par la terreur le conduisit à déporter dans une contrée désertique au climat sibérien la majorité des Juifs d’Union soviétique avec leur quasi-assentiment.
    Ca se lit comme un polar mais, hormis les deux personnages principaux et leur belle histoire d’amour, tout le reste est (malheureusement) vrai, tragiquement vrai à un point tel qu’on finit par se dire que, si certains ont pu écrire que la France était, par le nombre de ses habitants et la longueur de son histoire, le plus grand ossuaire du monde, la Russie et ses satellites soviétiques constituent sans doute le plus grand déversoir de larmes et de désespoir de la Terre.
    « Parfois, un enfant qui était allé faire une course revenait et ne retrouvait plus sa famille. Tous disparaissaient du jour au lendemain, accusés de trotskisme, de défaitisme, d'insulte au bolchevisme. Une parole, une phrase, un rire vieux de vingt ans suffisait à vous condamner. Parfois, tous les ouvriers d'une usine étaient arrêtés au prétexte de sabotage. Des deux mille délégués au XXVIIème congrès du Parti de janvier 1934, mille huit cents ont été assassinés dans les deux années qui ont suivi. Même Kirov, le puissant maire de Leningrad qui s'y était fait applaudir, a été assassiné. Staline est allé pleurer sur son cercueil. Ensuite, selon sa volonté, le NKVD s'en est pris à l'Armée rouge. Soixante-dix mille officiers, capitaines, commandants et généraux ont été exterminés... La pire des pestes nous rongeait : la peur. Certains ne pouvaient plus voir leur reflet dans un miroir. Ceux qui ne supportaient pas se suicidaient. Cela semblait si apaisant, de mourir. C'était mieux que de vivre avec cette peur. Les suicides, on ne les comptait plus. Chaque fois que j'apprenais un nouveau suicide, je pensais à Nadedja Allilouïeva.
    Mais quand on n'avait pas le courage du suicide, il était difficile de ne pas devenir un monstre. La peur vous pourrit l'âme. On ne ressent plus rien d'autre. L'envie vous vient de caresser vos bourreaux... »
    Et au fin fond de la Sibérie, dans ce Birobidjan perdu au milieu de nulle part, où règnent, comme partout dans l’immense pays, le mensonge, la peur, les rancoeurs et les haines ordinaires qui se payent au prix fort, on trouve aussi un peu de chaleur humaine, d’entraide, de mains tendues qui allègent un tout petit peu le poids du malheur.
    Un roman passionnant, bien écrit et très émouvant. Une construction habile pour rendre hommage, à travers l’histoire d’amour de cette héroïne bien résiliente, à cette page d’histoire méconnue du Birobidjan, premier état juif du XXème siècle, et à ces millions de victimes silencieuses qui méritent vraiment qu’on ne les efface pas de nos mémoires.

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    Couverture du livre « Je rêvais de changer le monde ; mémoires » de Marek Halter aux éditions Robert Laffont

    yves MONTMARTIN sur Je rêvais de changer le monde ; mémoires de Marek Halter

    Né à Varsovie en 1936, juste avant le tremblement de terre qui va lui arracher ses racines avec pour unique projet survivre, Marek Halter revient dans ce livre sur sa vie. Dès le début, il s'interroge : « Je me demande si le lecteur arrivera à me suivre. » Et effectivement parfois je me suis...
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    Né à Varsovie en 1936, juste avant le tremblement de terre qui va lui arracher ses racines avec pour unique projet survivre, Marek Halter revient dans ce livre sur sa vie. Dès le début, il s'interroge : « Je me demande si le lecteur arrivera à me suivre. » Et effectivement parfois je me suis perdu dans son récit tant il y a de rencontres, de moments historiques.

    Peintre devenu écrivain à 40 ans, Marek a été de toutes les luttes, de tous les combats. Infatigable pèlerin de la paix entre Juifs et Palestiniens, sa vie ne sera faite que de mobilisations, de manifestations, d'indignations. On le retrouve partout où les droits de l'homme sont bafoués, que ce soit pour libérer un dissident emprisonné ou dénoncer les enfants africains qui meurent de faim. Marek Halter est avant tout un homme de dialogue.

    « Parler avec ses amis est facile, disais-je, il faut apprendre à parler avec ses ennemis. »

    « Un jour à la télévision le journaliste Jacques Chancel me posa la question piège : êtes-vous prêt à parler avec tout le monde ?
    –Oui !
    - Et Hitler ? Si Hitler vous avait proposé une rencontre, vous l'auriez acceptée ?
    - Je n'aurais pas hésité une seconde. Mais, justement Hitler aurait préféré, plutôt que de m'inviter, me voir sous la forme d'une petite savonnette. »

    Au détour des pages, le lecteur croise Yves Montand, l'abbé Pierre, Sartre, Marguerite Duras, Simone Veil, Soljenitsyne, le sculpteur César Chagall, Aragon, Golda Meir, Nasser, Arafat et bien d'autres encore, artistes, intellectuels, hommes d'État. À chaque fois, Marek Halter nous dresse un portrait précis de son interlocuteur. Et puis la mort qui rôde, les amis qui disparaissent frappés par la maladie ou par le fanatisme, la fin douloureuse de Clara sa compagne de lutte.

    « J'ai toujours vécu comme si je devais mourir le lendemain. Mais, maintenant que la mort rôde tout près de moi, menace un être qui, à force, est devenu mon double, ce lendemain est de plus en plus présent. Angoissant. »

    L'auteur a toujours voulu être reconnu, être aimé, séducteur sans aucun doute, il aime les femmes et leur reconnaît un rôle primordial.

    « Personnellement, j'ai trouvé des oreilles plus attentives auprès de mes interlocutrices qu'auprès de mes interlocuteurs. Ce n'est pas parce qu'elles n'ont rien à dire, mais parce qu'elles ont compris, mieux que les hommes que, pour être entendu, il faut savoir écouter. »

    Difficile de résumer ce livre de mémoires, tant la vie de Marek Halter a été riche, c'est l'Histoire qui se déroule de 1936 à nos jours, si Marek Halter rêve de changer le monde, autant le dire il y a encore beaucoup de travail ! Tout au long de ces 572 pages, je ne me suis jamais ennuyé tant Marek Halter reste un formidable conteur. le seul bémol peut-être une propension à se mettre en avant, à toujours vouloir avoir le beau rôle.

    « La mémoire n'est pas l'Histoire. le temps polit les événements, comme la mer les galets. »

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    Couverture du livre « Je rêvais de changer le monde ; mémoires » de Marek Halter aux éditions Robert Laffont

    NADIA D'ANTONIO sur Je rêvais de changer le monde ; mémoires de Marek Halter

    Ayant reçu de #Lecteurs.com un livre de #Marek Halter : « Je rêvais de changer le monde - Mémoires », je leur adresse un grand Merci ainsi qu’aux #Éditions Robert Laffont/XO.

    Comment parler d’un livre tel que « Je rêvais de changer le monde - Mémoires » de Marek Halter ? Le personnage est...
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    Ayant reçu de #Lecteurs.com un livre de #Marek Halter : « Je rêvais de changer le monde - Mémoires », je leur adresse un grand Merci ainsi qu’aux #Éditions Robert Laffont/XO.

    Comment parler d’un livre tel que « Je rêvais de changer le monde - Mémoires » de Marek Halter ? Le personnage est tellement célèbre et son ouvrage tellement dense, qu’à sa lecture, j’ai rempli des pages et des pages de notes devant l’immense quantité d’informations. Je vais finalement, me contenter d’une simple chronique et garder mes notes pour m’en servir de résumé personnel. De toute façon, comment faire autrement ?

    Marek Halter est né à Varsovie, le 27 janvier 1936, « En pleine tempête de neige, paraît-il. C’était le 27 janvier, jour de naissance de Mozart, disait ma mère qui aimait la musique. Depuis 1945, c’est aussi devenu le jour de commémoration de la libération des camps.» (p.13)
    Il rajoute que : « J’ai toujours vécu comme si je devais mourir le lendemain. Mais maintenant que la mort rôde tout près de moi, menace un être qui, à force, est devenu mon double, ce lendemain est de plus en plus présent. Angoissant. (…) Une question me taraude : comment le retarder ? (…)  Revenez plus tard ! Vous voyez bien que je suis occupé » !» (p.7)
    Quant à évoquer ses Mémoires, sa réflexion est décrite dans ces quelques lignes : « Ah, s’il savait que je viens d’entreprendre l’une de mes plus périlleuses aventures : raconter ma vie. Plonger mes mains dans la marmite bouillante de la mémoire. Affronter des personnages depuis longtemps disparus, mais dont les contours flottent encore dans ce vaste espace qui sépare mes souvenirs de la surface lisse du papier sur lequel glisse ma plume. » (p.8)

    La carrière de Marek Halter a débuté par la peinture. Ses tableaux étaient grandement appréciés à tel point qu’il a même exposé en Argentine ! Le succès lui souriait, puis un jour, comme il écrivait quelques articles dans des journaux, un ami lui a demandé pourquoi il ne se mettrait pas à se lancer dans des romans. Alors, ce rescapé de Varsovie, intellectuel très engagé, a écrit « La Mémoire d’Abraham », encensé et a continué par de nombreux autres ouvrages. On lui compte à ce jour, une quarantaine d’écrits, une œuvre immense qui a été traduite en plus de vingt langues.

    Pour ses Mémoires, l’écrivain a avoué que l’élément déclencheur a été la mort – qu’il s’était rendu compte qu’il était fragile quand sa femme Clara est tombée gravement malade et s’est retrouvée alitée pendant deux ans. Alors qu’il écrivait, elle se trouvait dans leur chambre et de temps en temps, il allait lui lire quelques pages de son ouvrage : mais l’entendait-elle ?
    Dans ce livre, nous assistons à un destin incroyable. Véritable conteur, Marek nous relate tellement de rencontres pour son combat pour la paix au Proche-Orient, pour la liberté d’expression, que l’on sort de cette lecture, totalement abasourdi, l’esprit bouillonnant d’avoir lu de tels faits aussi importants les uns que les autres.
    Et comment citer certains personnages sans en léser une foule d’autres ? Il faudrait des pages et des pages pour les énumérer… Peut-être peut-on se hasarder à dire qu’il a rencontré Staline – Golda Meir (et son sacré caractère) – Sadate – Nasser – Perón – Arafat – Che Guevarra – Vladimir Poutine – le Pape Jean-Paul II…. Des personnages très nombreux et influents du monde littéraire et artistique ou politique…

    Ce livre est le propre « voyage » de l’auteur, presque un siècle d’Histoire, une œuvre gigantesque mais ô combien instructive et passionnante. De plus, grand ami de différents Présidents de la République en France, comme François Mitterrand (qui fut si souvent à ses côtés) – Giscard d’Estaing – Nicolas Sarkozy – il a même rencontré Emmanuel Macron…
    Dans les presque 570 pages de cette saga d’un « combattant du siècle », souvent controversé mais également admiré, il dit croire au « pouvoir du verbe » - qu’il faut apprendre à parler – que « c’est en parlant qu’on partage l’espoir ». Pour lui « la mémoire est notre seule éternité. » (p.282)
    Il nous relate des événements dramatiques qui ont marqué le XXe siècle – qu’il s’est mobilisé avec son épouse pour le Mur de la Paix, inspiré par Clara avec le mot « Paix » écrit dans une trentaine de langues.

    L’auteur a une mémoire invraisemblable car il est arrivé à nous raconter ses débuts jusqu’à aujourd’hui – il relate des dialogues avec de nombreux personnages. Bien sûr le livre ne s’est pas fait en seulement quelques jours, on s’en doute bien, mais pour ma part, j’en suis restée entièrement étonnée. De plus, il n’a pas hésité à joindre quelques traits d’humour (par exemple des proverbes chinois ou des anecdotes), dans cette ambiance tragique.

    Puisqu’il m’est impossible de nommer TOUS ces faits marquants, je vais conclure en disant que cette vie a été incroyablement dominée par sa lutte incessante contre les opprimés et son désarroi pour sa femme pour qui il ne peut rien, lui qui a vaincu tant d’obstacles.
    Un ouvrage à lire sans rien omettre car tout est significatif mais un livre à relire pour y dénicher certains faits qui auraient pu passer inaperçus au premier abord.

    Je termine par ces hommages relevés : « Au nom d’auteur à succès de Marek Halter s’attache l’aura d’un combattant de la liberté, défenseur farouche des droits universels de l’être humain.
    Cette singularité, qui le classe parmi les grands écrivains engagés de notre temps, rend captivants ses Mémoires… Merci, Marek ! » (Alexis Lacroix, L’express)

    « Une page d’histoire et d’humanité. » (Jacques Pessis, Le Figaro)

    « [Un] formidable conteur. » (Chloé Ronchin, CNEWS)

    Quant au mien c’est : « Bravo Marek !

    Mais je n’oublie pas de remercier à nouveau Lecteurs.com et les Éditions Robert Laffont/XO qui m’ont offert ce magnifique récit que je relirai un peu plus tard car à mon avis, une seule lecture ne suffit pas. Il y a certainement des points à relire à nouveau étant donné la masse d’informations.

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    Couverture du livre « Les femmes de l'islam t.1 ; khadija » de Marek Halter aux éditions J'ai Lu

    Anne NICOLLE PUECH sur Les femmes de l'islam t.1 ; khadija de Marek Halter

    Je n'ai pas mis la 5ème étoile bien que ce livre devrait être absolument être lu, mais il y a trop de romanesque et de longueurs qui pourrait nuire au sens.
    C'est l'histoire de Khadijà bint Kowaylid, veuve d'un roche marchand de Mekka pour Muhammad Ibn 'Abdallah, humble caravanier issu d'une...
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    Je n'ai pas mis la 5ème étoile bien que ce livre devrait être absolument être lu, mais il y a trop de romanesque et de longueurs qui pourrait nuire au sens.
    C'est l'histoire de Khadijà bint Kowaylid, veuve d'un roche marchand de Mekka pour Muhammad Ibn 'Abdallah, humble caravanier issu d'une autre puissante tribu. Nous assistons à l'histoire de Mekka et de le Révélation.
    C'est un livre abordable et formidable par les connaissances qu'il vulgarise et par la compréhension des débuts de cette religion.
    Que disent réellement les imams radicaux présents depuis le début, assoiffés de puissance terrestre et tous les fanatiques qu'ils fabriquent du vrai Muhammad Ibn 'Abdallah et de ses voyages quotidiens dans la montagne,