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Luc Blanvillain

Luc Blanvillain
Professeur de lettres et passionné de lectures, Luc Blanvillain s'est rapidement spécialisé dans les romans jeunesse. Il a été publié par de nombreux éditeurs : Milan poche, Plon, L'école des loisirs, Le Seuil, Hachette.

Articles en lien avec Luc Blanvillain (6)

Avis sur cet auteur (56)

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    Couverture du livre « Le répondeur » de Luc Blanvillain aux éditions Quidam

    Sophie Songe sur Le répondeur de Luc Blanvillain

    Baptiste est un petit imitateur qui use modestement les planches d'un théâtre associatif, quand il reçoit la visite surprise d'un célèbre romancier. Pierre Chozène a une requête à lui faire, originale. Pour se consacrer en toute quiétude à son prochain roman, Baptiste devra se faire passer pour...
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    Baptiste est un petit imitateur qui use modestement les planches d'un théâtre associatif, quand il reçoit la visite surprise d'un célèbre romancier. Pierre Chozène a une requête à lui faire, originale. Pour se consacrer en toute quiétude à son prochain roman, Baptiste devra se faire passer pour lui, au téléphone. Le début pour eux, d'une aventure qui ne devrait pas manquer de piquant...

    Quand Baptiste accepte le défi de Pierre chozène, il n'a absolument pas conscience dans quoi, il met les pieds. Avec sérieux, il scanne le personnage, récupère une "bible" explicative, et se jette très vite à l'eau. Proches et professionnels vont s'entretenir ainsi avec sa doublure qui si plus vrai que nature, ne manquera pas de prendre quelques libertés.

    Le déroulement est incisif, séducteur. Les débuts de Baptiste sont timides et emprunt de scepticisme. On s'amuse des balbutiements maladroits. À travers les échanges qu'il observe avec ses interlocuteurs, il en apprend plus sur l'homme qu'il copie. On assiste à des situations délicates, cocasses, compliquées. Il y a une forme de complicité qui lie les deux hommes par le truchement, le secret. La séduction, l'amour font aussi partie intégrante de la raison et du décor. L'incongruité s'estompe et n'est plus progressivement vide de sens.

    "Un imitateur, une doublure, un prête voix, un fantôme, un larbin sonore, un serveur vocal. Non seulement, il avait choisi la profession la moins gratifiante, la moins reconnue, mais il n'était pas fichu de l'exercer et, pire que tout, il l'avait dévoyée."

    L'écriture est riche, pertinente, cultivée. Chozène est l'archétype du romancier taciturne qui gagne à donner un peu de matière à ses relations sociales. Baptiste doute de lui, se retranchant dans les excès de son personnage. Le mélange est à la hauteur du succès suscité et de nos espérances. On se délecte des quiproquos, des impertinences joyeuses. Mais derrière les facéties aussi hasardeuses que fructueuses, on sent poindre une once de gravité. Culpabilité, aveux, mea-culpa s'invitent eux aussi sur scène.

    La parodie est savante, surjouée. Baptiste démontre ici que l'imitation, si elle nécessite du travail et du talent, il n'en faut pas moins une ouverture du cœur !

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    Couverture du livre « Le répondeur » de Luc Blanvillain aux éditions Quidam

    Fabienne DEFOSSE sur Le répondeur de Luc Blanvillain

    Le répondeur est son second roman adulte de Luc Blanvillain. Une réflexion sur la création littéraire et artistique à l’ère de la tyrannie des smartphones.

    Baptiste sait l'art subtil de l'imitation. Il contrefait à la perfection certaines voix, en restitue l'âme, ressuscite celles qui se sont...
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    Le répondeur est son second roman adulte de Luc Blanvillain. Une réflexion sur la création littéraire et artistique à l’ère de la tyrannie des smartphones.

    Baptiste sait l'art subtil de l'imitation. Il contrefait à la perfection certaines voix, en restitue l'âme, ressuscite celles qui se sont tues. Mais voilà, cela ne paie guère. Maigrement appointé par un théâtre associatif, il gâche son talent pour un quarteron de spectateurs distraits. Jusqu'au jour où l'aborde un homme assoiffé de silence. Pas n'importe quel homme. Jean Chozène. Un romancier célèbre et discret, mais assiégé par les importuns, les solliciteurs, les mondains, les fâcheux. Chozène a besoin de calme et de temps pour achever son texte le plus ambitieux, le plus intime. Aussi propose-t-il à Baptiste de devenir sa voix au téléphone. Pour ce faire, il lui confie sa vie, se défausse enfin de ses misérables secrets, se libère du réel pour se perdre à loisir dans l'écriture. C'est ainsi que Baptiste devient son répondeur. A leurs risques et périls.

    Voici bien longtemps que je n'avais pas lu un roman aussi jubilatoire ! Le répondeur est une vraie bonne comédie doublée d'une satire sociale qui met en exergue notre hyperconnexion. C'est simple, ce roman pétille d'intelligence, sans compter sur sa très grande qualité d'écriture.

    En effet, non seulement l'idée de départ est originale, les personnages sont très bien travaillés et particulièrement attachants mais de surcroît, l'écriture est magnifique. Drôle et caustique à souhait agrémentée d'un vocabulaire riche voire, très soutenu. Aucun doute Luc Blanvillain a une plume incisive qui fait mouche. Un réel régal pour le lecteur !
    Quant au genre, comment dire ? Il est pluriel. Le répondeur embrasse le burlesque, le tragique, la caricature. Un vrai vaudeville des temps modernes qui réunit éloquence et critique de notre Société hyperconnectée mais paradoxalement en rupture de communication. L'imposture, la superficialité des relations dans le milieu artistique en général et littéraire en particulier, sont des thèmes également abordés avec brio et finesse. C'est simple, impossible de s'ennuyer tellement on va de rebondissement en rebondissement et que l'intrigue est parfaitement ficelée.

    Nan mais allô quoi, entendez mon message, lisez Le répondeur puisque je vous dis que ce roman est drolatique, vif, ironique, intelligent, fin, un poil déjanté et admirablement bien écrit !
    Jouissif, tout simplement.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2020/08/mon-avis-sur-le-repondeur-de-luc.html

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    Couverture du livre « Le répondeur » de Luc Blanvillain aux éditions Quidam

    Cigale Tenor sur Le répondeur de Luc Blanvillain

    J’ai gagné ce roman original en participant à un tirage au sort organisé par Lecteur.com de la Fondation Orange que je remercie infiniment : j’ai pris du plaisir à découvrir cet auteur et ce roman.
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    Baptiste, jeune imitateur extrêmement doué, ne rencontre pas le succès. C’est compréhensible...
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    J’ai gagné ce roman original en participant à un tirage au sort organisé par Lecteur.com de la Fondation Orange que je remercie infiniment : j’ai pris du plaisir à découvrir cet auteur et ce roman.
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    Baptiste, jeune imitateur extrêmement doué, ne rencontre pas le succès. C’est compréhensible : il se cantonne habituellement à contrefaire des voix qui ne passionne pas ses contemporains. Malraux, Gide, Céline, Mendès ou Zitrone ne remplissent pas les salles de spectacle aujourd’hui... Mais un grand écrivain, Chozène (anagramme d’Echenoz) lui propose un arrangement : Baptiste répondra au téléphone à sa place, en prenant sa voix ; ainsi l’écrivain pourra enfin se concentrer sur le livre difficile sur lequel il travaille sans être dérangé par divers fâcheux. L’employeur de Baptiste lui fournit un classeur, une « bible », où le jeune homme trouvera les renseignements essentiels sur ses futurs interlocuteurs, et il lui confie son portable. C’est entendu, on essaye !
    ***
    C’est sur ce postulat bien improbable que Luc Blanvillain va baser son roman, Le Répondeur. Avec la bénédiction de Chozène qui le rémunère généreusement, Baptiste va petit à petit s’immiscer dans la vie de l’écrivain et réussir à se faire passer pour lui, non sans commettre quelques impairs et des gaffes plus ou moins graves, même avec les renseignements, parfois très succincts, contenus dans la bible confiée par le grand homme. Il ne résistera pas à jouer les caméléons, s’essaiera à d’autres voix, à ses risques et périls. Ce sera l’occasion pour lui de fréquenter un microcosme parisien possédant ses codes, jouant des coudes pour les premières places, se renvoyant l’ascenseur ou, au contraire, écrasant sans remord un susceptible gêneur. Si on est bien ici dans la fantaisie, on n’est pas forcément dans la légèreté… C’est l’occasion de décortiquer les relations humaines (filiales, amicales, professionnelles), d’épingler l’hypocrisie ou l’ambition des uns, de faire ressortir la veulerie et la lâcheté des autres. En plus de l’écrivain misanthrope on verra apparaître son père, ancien instituteur atrabilaire, sa fille, peintre talentueuse et passablement névrosée, son ex-femme, dépressive et légèrement érotomane, son éditeur, sa maîtresse, un journaliste ambitieux que rien n’arrête, et Fanny, une amie de Baptiste, aussi mal dans sa peau que généreuse. Et lui, Baptiste, comment va-t-il se sortir de cette histoire qui se transformera forcément en impasse ? Vous ne croyez quand même pas que je vais vous le dire ! J’ai bien aimé ce roman à la fois fantaisiste et sérieux, plein d’humour et de profondeur. L’écriture de Luc Blanvillain m’a plu, malgré quelques préciosités ici où là. La recherche du mot juste, le goût de la métaphore originale, l’ancrage dans le présent et les nombreuses allusions littéraires, des yeux d’Elsa aux oaristys, m’ont conquise.

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    Couverture du livre « Le répondeur » de Luc Blanvillain aux éditions Quidam

    Anne R sur Le répondeur de Luc Blanvillain

    Un écrivain de renom demande à un imitateur de se faire passer pour lui au téléphone car il a besoin de temps pour avancer sur son nouveau livre. C'est ainsi que la quatrième de couverture présente ce roman. En réalité, cela va beaucoup plus loin que cela car Jean Chozène, l'écrivain, confie à...
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    Un écrivain de renom demande à un imitateur de se faire passer pour lui au téléphone car il a besoin de temps pour avancer sur son nouveau livre. C'est ainsi que la quatrième de couverture présente ce roman. En réalité, cela va beaucoup plus loin que cela car Jean Chozène, l'écrivain, confie à Baptiste, l'imitateur, son téléphone. Une telle situation pourrait susciter des cris d'effroi chez certains d'entre nous car à une époque où l'on fait presque tout avec son téléphone, le geste de confier son mobile à un inconnu relève du suicide social. Baptiste est un imitateur un peu particulier puisqu'il se spécialise dans les voix qui n'intéressent pas grand monde (il appelle cela "l'imitation de niche" : Céline, Gide, Mendès-France...). Il se produit dans un petit théâtre de quartier, il vivote. Alors quand il est contacté par le célèbre mais discret Jean Chozène (une sorte de Jean-Paul Dubois) qui propose de le rémunérer pour contrefaire sa voix, il n'hésite pas longtemps. L'écrivain lui confie une sorte de bible constituée de fiches sur les personnes susceptibles de l'appeler (sa fille, son ex-femme, son père, son éditeur, son attachée presse, son traducteur...), l'état de ses relations avec elles et quelques instructions.

    Difficile de dire si en faisant cela, Jean Chozène se fiche des éventuelles conséquences ou s'il est très naïf. Mais il est évidemment très illusoire de penser qu'une personne peut prendre le contrôle de votre vie téléphonique à partir de quelques fiches bristol. Car au-delà de la voix que Baptiste intègre rapidement, il y a des intonations, des silences, des expressions qui sont difficiles à inventer, des souvenirs qui ne peuvent être intégralement reportés. L'arrangement trouve également ses limites puisque cela supposerait que l'écrivain n'ait aucun contact physique avec ses interlocuteurs. Or comment empêcher quelqu'un de débouler chez soi alors que l'on vient de se disputer avec lui ?Pourtant le subterfuge fonctionne et Baptiste se laisse prendre au jeu, et ce, d'autant plus que Jean Chozène refuse d'être informé de ce qui se passe, de ses discussions. D'un rôle passif où il ne fait que prendre les appels / répondre, il passe rapidement à un rôle actif où il passe lui même les appels et prend peu à peu le contrôle de la vie sociale de l'écrivain. Il corrige les imperfections, les insuffisances et avec l'aval de Jean Chozène, il en profite pour tenter de se construire une carrière artistique. Il y a également la fille de l'écrivain, Elsa, qu'il manipule habilement de sorte à ce qu'elle s'intéresse à lui, à son "vrai lui" en tant que Baptiste.

    Ce roman est très original de par son sujet, très actuel. Il traite à la fois des difficultés que l'on peut rencontrer à communiquer, les non-dits, les impasses psychologiques dans lesquelles l'on peut se trouver. C'est également un roman sur le milieu littéraire, sur l'édition, sur la création. L'idée est si originale que l'on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour savoir ce que Baptiste va faire de cet incroyable pouvoir et l'on pourrait presque regretter qu'il ne soit pas allé plus loin...

    Chronique complète sur : https://riennesopposealalecture.blogspot.com/2020/07/le-repondeur-de-luc-blanvillain.html