John Steinbeck

John Steinbeck
1902-1968
D'ascendance prussienne et irlandaise, J. Steinbeck naît à Salinas, petite ville de Californie, dans une famille modeste de quatre enfants. Il étudie à l'université de Stanford, en exerçant parallèlement de petits métiers: commis de vente, employé de ferme. Il abandonne ses études, quitt... Voir plus
1902-1968
D'ascendance prussienne et irlandaise, J. Steinbeck naît à Salinas, petite ville de Californie, dans une famille modeste de quatre enfants. Il étudie à l'université de Stanford, en exerçant parallèlement de petits métiers: commis de vente, employé de ferme. Il abandonne ses études, quitte Los Angeles pour New York mais s'adapte mal à la ville. Après un échec dans le journalisme, il retourne en Californie et prépare son premier roman, La Coupe d'or, qu'il publie en 1929. Six ans plus tard, il connaît son premier succès populaire avec Tortilla Flat, chronique truculente de la vie des paisanos peu recommandables mais unis par la fraternité. Il prolongera cette veine anarchisante avec Rue de la Sardine et Tendre Jeudi. Ses autres romans parlent de l'inhumanité du développement économique et de la misère des journaliers. Déçu dans ses convictions socialistes, il finira par se rallier au "rêve américain" tout en se rapprochant de la nouvelle génération de l'Ouest et des Beatniks.
En 1948, il est élu à l'Académie Américaine des Arts et des Lettres et en 62, il reçoit le Prix Nobel de Littérature.Son oeuvre est généreuse et son originalité réside dans cette langue populaire, souvent cocasse, qu'il a su restituer; dans l'amitié et la solidarité qu'il a peint de façon émouvante.

Articles en lien avec John Steinbeck (1)

Avis sur cet auteur (59)

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    Couverture du livre « Des souris et des hommes » de John Steinbeck aux éditions Gallimard

    LeoLabs sur Des souris et des hommes de John Steinbeck

    Le fantasme utopique de l'American Dream". Qu'est-ce que j'aime ces histoires rurales d'Amérique profonde! Des histoires de "Red Necks" comme on dit. Associez-y la plume merveilleuse de Steinbeck, et vous avez un chef d’œuvre intemporel. C'est court et aussi touchant que profond, que ce soient...
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    Le fantasme utopique de l'American Dream". Qu'est-ce que j'aime ces histoires rurales d'Amérique profonde! Des histoires de "Red Necks" comme on dit. Associez-y la plume merveilleuse de Steinbeck, et vous avez un chef d’œuvre intemporel. C'est court et aussi touchant que profond, que ce soient des personnages ou bien de la morale que l'on peut déduire du récit. Incontournable est le mot final.

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    Couverture du livre « Des souris et des hommes » de John Steinbeck aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Des souris et des hommes de John Steinbeck

    Quel beau et dramatique roman de John Steinbeck que j'ai eu très envie de relire pour retrouver la force, la limpidité et l'efficacité de l'auteur à relater les histoires. Déjà  avec Les raisins de la Colère, dans une forme beaucoup plus longue, l'auteur mettait sa plume au service des plus...
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    Quel beau et dramatique roman de John Steinbeck que j'ai eu très envie de relire pour retrouver la force, la limpidité et l'efficacité de l'auteur à relater les histoires. Déjà  avec Les raisins de la Colère, dans une forme beaucoup plus longue, l'auteur mettait sa plume au service des plus démunis, des victimes collatérales de l'économie avec justesse et implacabilité. Ici il fait des plus faibles, des plus fragiles les victimes désignées.

    George et Lennie sont du même village et le premier a pris sous son aile le second quand la tante de celui-ci est décédée. Lennie est un colosse à la force herculéenne mais au cerveau fragile, ne s'attirant que des ennuis malgré la bienveillance de George. Des souris et des hommes évoque principalement leur amitié "à la vie, à la mort" mais aussi la loi du plus fort, le pouvoir du plus fort sur le plus faible, quel qu'il soit. Lennie se retrouve parfois être le plus fort quand il broie les vies des petits animaux qu'il aime tant, sans méchanceté, simplement parce qu'il ne maîtrise pas ses réactions, ses actions, sa force.

    C'est également un roman sur l'espérance car les deux hommes ont un rêve : avoir une ferme où Lennie pourrait s'occuper des lapins, c'est son obsession. Il est très attaché aux animaux, les plus fragiles, les plus petits, peut-être parce qu'il se sent à leur niveau. En attendant ils vont de ferme en ferme, comme saisonniers, au gré des travaux des champs et des villes qu'ils doivent parfois quitter dans l'urgence suite aux "accidents" provoqués par Lennie. Mais tous les personnages ont des rêves et chacun finalement s'accommode de la réalité, engendrant parfois des actions aux lourdes conséquences.

    Mais le monde n'est pas fait pour les fragiles, les faibles et dans ce court roman, l'auteur, à travers ses différents personnages, exposent les racines du mal : la solitude, l'incompréhension, la mise à l'écart des différents de toute sorte.

    A nouveau John Steinbeck mêle l'histoire d'un pays, d'une société, ses tourments aux destins des hommes mais aussi à leurs espoirs. Tous les personnages ont des facettes multiples et quand on les écoute on entend pour presque pour chacun, derrière les apparences, des désillusions, des douleurs, du désespoir.

    On comprend très vite que c'est une histoire qui va mal finir, peu à peu les pions se mettent en place, implacablement, la tension monte et tel le chien de Candy vieux et inutile, Lennie va devoir s'enfuir et George va lui offrir le plus beau mais le plus difficile des gestes d'amour

    "T'en fais pas, dit Slim. Y a des choses qu'on est obligé de faire, des fois. (p189)"

    C'est une narration tout en dialogues, comme dans un souffle, c'est très rapide, efficace, découpée en plans cinématographiques, les images viennent vite, on ressent toute la fragilité de Lennie, la compassion de George mais aussi les rancœurs des autres personnages, certes assez caricaturaux pour ce qu'ils représentent : le noir, le mal, le vieillard, la femme tentatrice, mais que c'est poignant.

    C'est ma deuxième lecture de ce roman, lu il y a très longtemps, dont je possède également le DVD et à chaque lecture c'est la même émotion qui me serre le cœur, me noue la gorge et même s'il n'y a pas mystère sur l'issue, que l'on se doute de l'issue, il y a à chaque fois la même charge émotionnelle.

    Il y a dans les romans de John Steinbeck un regard sur la société de son époque mais qui finalement reste d'actualité car presque universel, mais aussi une qualité d'écriture, une force allant à l'essentiel et qui a le pouvoir de susciter en nous (tout du moins en moi) une vague d'émotions.

    Un des grands classiques de la littérature américaine, une référence dans les thèmes de l'amitié, de la différence, de la fragilité mais aussi du rapport entre les êtres, leurs espérances et le mal qui rôde. On garde longtemps en soi cette lecture, on y revient comme moi, en sachant qu'elle sera chargée en émotions mais sa construction, son implacable déroulé et le regard neutre comme un constat, porté par l'auteur sur le monde, sur ses acteurs en font une tragédie à l'implacable issue.

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    Couverture du livre « Des souris et des hommes » de John Steinbeck aux éditions Gallimard

    Maju Twin Books sur Des souris et des hommes de John Steinbeck

    Nous avons ici un court roman de cinq chapitres correspondant à cinq unités de lieu à l'image des cinq actes d'une pièce de théâtre. Nous suivons deux amis très différents en quête de travail dans les ranchs californiens : Lennie, un gars simplet mais grand et fort et George, son compagnon de...
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    Nous avons ici un court roman de cinq chapitres correspondant à cinq unités de lieu à l'image des cinq actes d'une pièce de théâtre. Nous suivons deux amis très différents en quête de travail dans les ranchs californiens : Lennie, un gars simplet mais grand et fort et George, son compagnon de route, petit mais rusé. C'est un concentré d'émotions et de tendresse servi par une plume tirée au cordeau. Steinbeck a le don de dire beaucoup de choses en peu de mots, chaque phrase est juste et rien n'est superflu.

    C'est tout d'abord une magnifique histoire d'amitié ! le personnage de Lennie est terriblement attachant malgré ses « bêtises » à répétition et le lien qui unit les deux protagonistes est très touchant. George a un rôle très protecteur envers Lennie, on ne sait rien de leurs passés respectifs mais on sent que ces deux-là ont vécu des histoires fortes qui les ont liés à jamais. Dès le début, on pressent que leur destin est inéluctable, l'auteur instille subtilement et progressivement une tension dans le récit. Je l'ai lu un peu en apnée me demandant quand Lennie allait déraper malgré les mises en garde de George. Bref, un duo de personnages très réussi qui a su conquérir mon petit coeur de lectrice, sans aucun doute !

    Dans ce roman, l'auteur aborde aussi la dure réalité des travailleurs itinérants dans les années 30 aux États-Unis. Les deux personnages rêvent de pouvoir acheter leur petit lopin de terre, de vivre de leurs cultures et d'élever des lapins mais l'auteur laisse entendre cyniquement dès le début qu'ils seront contraints de demeurer dans leur condition d'ouvriers agricoles. Les événements s'enchaînent subtilement jusqu'au final cruel. Je n'ai envie que d'une chose : enchaîner avec Les raisins de la colère, l'autre succès de l'auteur américain !

    Chronique à lire aussi sur https://thetwinbooks.wordpress.com/2019/03/28/des-souris-et-des-hommes-john-steinbeck/

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    Couverture du livre « La perle » de Jean-Luc Cornette et John Steinbeck aux éditions Futuropolis

    Missbook85 sur La perle de Jean-Luc Cornette - John Steinbeck

    Je tiens à remercier les éditions FUTUROPOLIS pour l’envoi de ce magnifique roman graphique ! Adepte du roman du même nom de John Steinbeck, il est pour moi une œuvre incontournable de la littérature américaine. Fidèle à l’original, le dessinateur et scénariste belge Jean-Luc Cornette a su...
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    Je tiens à remercier les éditions FUTUROPOLIS pour l’envoi de ce magnifique roman graphique ! Adepte du roman du même nom de John Steinbeck, il est pour moi une œuvre incontournable de la littérature américaine. Fidèle à l’original, le dessinateur et scénariste belge Jean-Luc Cornette a su apporter sa touche personnelle dans un graphisme moderne aux traits puissants. Alors revisitez » La perle « grâce à cette bande dessinée de Jean-Luc Cornette, publiée en ce début d’année 2019 aux éditions Futuropolis.
    Au bord du Golfe de Californie, dans un petit village indien, vit Kino, sa femme Juana et leur fils Coyotito. Pêcheur, il rêve de trouver dans les profondeurs de l’océan, la perle qui les sortira de leur pauvreté. Un matin, le petit Coyotito se fait piquer dans son lit par un scorpion. Juana tente alors d’aspirer le poison mais Coyotito reste faible. Elle ordonne à Kino d’aller chercher le docteur. Mais ce dernier, exécrable personnage, refuse de se déplacer pour des pauvres qui ne pourront pas le payer.
    p. 26 : » J’ai autre chose à faire que de soigner les piqûres d’insectes des petits indiens. Je suis docteur, pas vétérinaire. «
    Déterminé, Kino décide de prendre tous les risques pour tenter de trouver la Perle, sous le regard impuissant de Juana. Soudain, le destin de leur côté, Kino remonte à la surface avec au creux de sa main une perle de taille conséquente. Mais parallèlement, l’état de Coyotito s’aggrave.
    p.29 : » Coyotito, mon fils, on va te soigner grâce aux perles. «
    Les autres pêcheurs s’approchent…La nouvelle se repend dans toute la ville : Kino a trouvé la Perle ! Il se prend alors à convoiter les rêves les plus fous.
    p. 90 : » Mon fils ira à l’école. Il lira les livres. Il aura la connaissance des choses et on sera des hommes libres. Voilà ce que fera la perle. «
    Tout le monde est jaloux de cette trouvaille, et sans le savoir Kino devient l’ennemi de tous. Kino, sûr de lui, va en ville dans le but de vendre sa Perle. Mais les acheteurs la refuse car elle est bien trop grosse. Ils lui en propose un prix dérisoire. Seulement Kino veut plus d’argent et veut la vendre au prix fort… A trop vouloir, ne risque-t-il pas de tout perdre ?
    p. 77 : » – Cette perle, c’est le péché. Elle est maudite. Elle va nous détruire. C’est l’esprit du mal, Kino. Il faut la rejeter à la mer. «
    Véritable conte philosophique, La Perle décrit les effets de la pauvreté et de la richesse, la confrontation du bien et du mal, en évoquant les vices de l’homme. Jean-Luc Cornette adapte subtilement ce chef-d’œuvre, grâce à l’utilisation d’une palette de couleurs à l’intense évocation réaliste. Le coup de crayon est nerveux et efficace. Bien que minimaliste sur le texte, il n’en reste pas moins l’essentiel. Une adaptation inédite, de grande qualité, qui redonne un souffle à ce roman inéluctable ! Et grâce à ce support plus adapté au jeune public, il devient le prétexte d’un moment de partage, à la découverte de cette œuvre !