Francois Cheng

Francois Cheng
François Cheng est un écrivain, poète, calligraphe chinois, naturalisé français. Élu à l'Académie française en 2002, son oeuvre est couronnée de nombreux prix littéraires, au croisement de la pensée, l'art et la spiritualité.

Articles (1)

  • Portrait de François Cheng, voyages d’un Immortel en harmonie
    Portrait de François Cheng, voyages d’un Immortel en harmonie

    « Quand je trace le mot « harmonie », je rentre dans l’harmonie », écrit François Cheng dans son ouvrage de calligraphie chinoise, « Et le souffle devient signe », réédité treize ans après sa première parution. Le « poète-romancier-essayiste », selon la formule qui lui est régulièrement attribuée, reconnaît calligraphier tous les matins pour « plonger en soi, se mettre en quête de vérité et de beauté […] ces créations dessinent en quelque sorte le portrait de mon âme. ».

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Avis (15)

  • Couverture du livre « Le Dit de Tianyi » de Francois Cheng aux éditions Lgf

    Nadia D'ANTONIO sur Le Dit de Tianyi de Francois Cheng

    Que de poésie dans ce livre de François Cheng : « Le Dit de Tian-yi », qu a reçu le Prix Femina en 1998.
    François Cheng est un écrivain, un poète et un calligraphe né en Chine, naturalisé Français en 1971. A présent, il est membre de l’Académie Française et ses ouvrages sont nombreux (j’ai...
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    Que de poésie dans ce livre de François Cheng : « Le Dit de Tian-yi », qu a reçu le Prix Femina en 1998.
    François Cheng est un écrivain, un poète et un calligraphe né en Chine, naturalisé Français en 1971. A présent, il est membre de l’Académie Française et ses ouvrages sont nombreux (j’ai d’ailleurs fait une liste récemment pour une quarantaine d’entre eux mais je n’avais pas pu tout publier).

    Pour cette lecture proposée par mon club de lecture, j’ai commencé par relever en page 7 :
    « Durant la première moitié des années cinquante, j’avais eu, à plusieurs reprises, l’occasion de rencontrer Tian-yi. J’avais été frappé par son visage « anxieusement ouvert » et par sa peinture. (…) C’est presque un quart de siècle après, en 1979, que je reçus de façon totalement inattendue une brève lettre de Tian-yi, me demandant de reprendre contact avec lui … La Chine venait de sortir de la Révolution culturelle et tentait, tant mal que bien, de panser ses plaies. On assistait à une période de « repentance » et d’ »ouverture ».

    Ce Dit de Tian-yi peut-être lu comme une biographie puisque l’auteur, dans les pages 441 à 442, écrit :
    « Enfin je vois Tian-yi transporté par camion militaire jusqu’à une immense bâtisse, genre d’asile pour malades mentaux et handicapés physiques, dans la ville de S. A partir de là, il devient anonyme. (…) Je le vois s’accrocher, comme à une planche de salut, à de gros rouleaux de papier qui servent à tous les usages. Sur ces papiers grossiers, qui sentent la terre et l’herbe, il se met à écrire nuit et jour, laissant le rouleau se dérouler indéfiniment sous sa main pareil à un long fleuve qui n’en finit plus de s’écouler, à une de ces peintures anciennes sur rouleaux qui portent le titre : Le Fleuve Yangzi sur dix mille li. Il consigne par écrit tout ce qu’il a vécu sur terre, une terre inouïe de dénuement, inouïe de richesse. (…) En restituant morceau par morceau les événements d’une existence, cet être nommé Tian-yi, si banal, si singulier, finit par permettre au courant d’une eau vive de retirer ses parties séparées, lesquelles étaient en réalité d’un seul tenant ».

    Je reconnais que cette explication peut paraître un peu longue mais je l’ai trouvée nécessaire car, pour moi, c’est ce que signifie le mot « Dit » qui m’importait. En genre littéraire médiéval il était celui de « Poésie » mais ce n’est pas facilement définissable. Dans cet ouvrage, apparemment, il veut dire plus clairement « Récit ».

    A présent, il me reste à écrire quelques mots sur ce livre d’un genre à part. L’auteur se fait donc le porte-parole de Tian-yi pour ce roman très poétique mais qui comporte aussi une grande philosophie. D’un côté c’est la vie de Tian-yi vue par lui-même et d’un autre, ce sont les événements politiques qui ont fait bouger la Chine et le monde également au XXème siècle.
    Mais c’est aussi l’histoire d’un amour mêlé de passion et d’amitié. Les trois personnages concernés sont Yumei dont Tian-yi est amoureux mais une idylle se noue avec le troisième, Haolong que Yumei va d’ailleurs préférer tout en gardant aussi son amour pour Tian-yi : affaire bien compliquée et qui plonge ce dernier dans le plus grand désarroi si bien qu’il préfère partir.

    On assiste aussi à toute une série d’événements importants : le régime communiste – les souffrances endurées ainsi que les pires humiliations. L’amour fou de Tian-yi pour Yumei est d’une grande intensité : « « Dès notre première rencontre, en mon for intérieur j’appelle Yumei « l’Amante ». J’éprouve l’étrange sensation que j’ai toujours vécu en sa compagnie, qu’elle m’est consubstantielle, plus intime que mon propre corps » -
    C’est une formidable fresque que nous livre François Cheng, mêlant la passion dévorante - les descriptions de vie avilissantes – l’amitié - l’art (avec la peinture occidentale) – les Gardes Rouges qui régissent les camps de détention – la douleur… En fait, c’est l’existence d’un être particulier et l’Histoire avec un grand « H ».
    On retient peut-être surtout cette étonnante histoire d’amour, ce que Tian-yi appelle « notre destin à trois ». On découvre les fondements de l’enseignement taoïste, la Voie…

    L’écrivain a voulu donner une version romanesque mais certains faits ne peuvent pas être cachés. Ainsi, dans sa vie d’homme terrestre, Tian-yi ne peut pas connaître la plénitude, mais il démontre dans son récit qu’on peut l’atteindre sur le plan de la fresque, ce qu’il fait avec « l’œuvre de sa vie ».

    Le style de l’ouvrage est agréable à lire malgré les complexités de certaines réflexions. J’ai eu un peu de mal à « entrer » dans ce livre mais une fois chose faite, je n’ai pu qu’être intéressée par tous les développements qui en découlent dans cette Chine de Mao alors que grondent la guerre sino-japonaise et la Révolution culturelle. C’est une œuvre très riche et complète mais qui demande beaucoup d’attention. Tout est important. Il ne faut pas seulement s’attacher à la grande histoire d’amour qui règne dans toute la lecture mais il faut aussi faire attention à l’Histoire : la grande et la petite sont étroitement liées.

    Je préfère ne pas en raconter plus pour laisser place à tout ce mystère et je laisse la conclusion à l’auteur avec les dernières lignes qui donnent une excellente leçon :

    « En attendant, il suffit au témoin qui n’a plus rien à perdre, toutes larmes ravalées, de ne pas lâcher la plume, de ne pas interrompre le cours du fleuve. L’invisible souffle, s’il est de vie, ne saurait oublier ce qu’il a connu sur cette terre, fureurs et saveurs confondues. Il porte en lui assez de nostalgie pour qu’il n’effectue pas, lui aussi, sa marche du retour, quand il voudra, où il voudra ». (page 443).

  • Couverture du livre « De l'âme » de Francois Cheng aux éditions Albin Michel

    Squirelito L'écureuil sur De l'âme de Francois Cheng

    Doit-on parler de l’âme ? Comment définir l’âme sans y ajouter l’esprit ? Est-ce un sujet désuet que d’évoquer l’âme ? Quelle est la place de l’âme dans les traditions spirituelles ? L’âme est-elle la vrai vie ? Peut-elle renaître ?

    Des questions que l’on se pose, parfois, souvent sans...
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    Doit-on parler de l’âme ? Comment définir l’âme sans y ajouter l’esprit ? Est-ce un sujet désuet que d’évoquer l’âme ? Quelle est la place de l’âme dans les traditions spirituelles ? L’âme est-elle la vrai vie ? Peut-elle renaître ?

    Des questions que l’on se pose, parfois, souvent sans jamais pouvoir y répondre. Une énigmatique amie de François Cheng lui écrit car elle vient « de se découvrir sur le tard une âme » et elle s’interroge. L’auteur académicien, héritier du taoïsme, lui répond par la voie de 7 lettres, dont une entièrement consacrée à la pensée de la philosophe et humaniste Simone Weil, apportant un éclairage somptueux sur la « part la plus cachée et la plus secrète de chaque être ».

    Si l’âme a un élan pour s’élever et qu’elle transparaît dans un regard, elle est sans aucun doute dans la plume de François Cheng qui, sans angélisme, délivre un hymne à l’amour de l’humanité et à la beauté de la vie « combien la beauté de la vie est un don précieux qui demande à être chéri, révélé, transfiguré, porté au plus haut degré de sa capacité de communion ». Et ce même même sous un ciel sombre car une lumière veille dans l’espoir « au plus noir de la nuit, la moindre lueur est signe de vie ».

    Mais la beauté et la bonté ne se réduisent pas à quelques bons sentiments. La bonté est d’une extrême rigueur car la nature humaine est le lieu de « cohabitation d’un ange et d’un démon en constante interaction ». L’humain peut s’élever mais aussi succomber... Et pourtant à quoi bon chercher à briller, à « scruter les failles de l’autre pour mieux le faire chuter ». Si le désir est de porter la vie, se ressaisir, diriger son regard vers un coucher, un lever de soleil ou le reflet de la lune et ainsi rencontrer l’univers dans sa magnificence.

    L’un des miracles de ce livre est de dépeindre l’âme sans aucune trace de prosélytisme. Le lecteur est laissé libre de ses choix, de sa spiritualité (ou non spiritualité). Une grande tolérance envers celui qui y croit ou qui n’y croit pas comme aurait dit Aragon, un souci d’honnêteté présente à chaque paragraphe, le philosophe laissant souffler ainsi un air pur dans l’harmonie de ses réflexions et désirant « nouer un dialogue positif même avec ceux qui nient l’existence de l’âme ».

    François Cheng nous emmène également faire un tour au sein des traditions spirituelles : pensée chinoise (tradition taoïste), pensée hindoue (avec la sublime métaphore de l’âme comme oiseau migrateur), pensée bouddhiste (la plus radicale dans son agnosticisme face à l’âme), la pensée grecque dont celle d’Aristote et son concept des 3 âmes (âme nutritive pour les animaux et les plantes, âme sensitive pour les animaux et âme pensante pour l’humain) et enfin les pensées monothéistes : judaïque, musulmane et chrétienne. De quoi vous donner envie de plonger de toute votre âme dans cette sagesse de ces philosophies éternelles et une délicieuse surprise que de voir être mis en exemple la référence du soufisme avec le poète persan Farîd-ud-Dîn Attâr et sa « Conférence des oiseaux » qui est devenue le livre de chevet de votre serviteur.

    Cet essai renferme tout ce que l’on attend d’un livre : réflexion, évasion, positivisme, curiosité (la lecture entraîne la lecture), beauté, poésie. Une triade entre noblesse du sentiment, élégance de l’écriture, tolérance de l’esprit... où les mots transcrivent la hauteur d’âme de son auteur. Ouvrage que l’on peut qualifier de manuel d’espoir et de consolation, un recueil pour les jours lumineux, un recueil pour les jours obscurs, une compilation pour continuer sa route sur le chemin de la vie malgré les larmes qui arrosent votre parcours « si la mort creuse un immense chant de désolation, elle ouvre en même temps une immense aire de communion aussi réelle que le ciel est étoilé ».

    En refermant cet écrin littéraire où les mots sont des pierres précieuses, j’entends les vers de Paul Verlaine mis en musique par Reynaldo Hahn :

    « Un vaste et tendre
    Apaisement
    Semble descendre
    Du firmament
    Que l’astre irise
    C’est l’heure exquise »

    et pourquoi pas avec la voix de Dietrich Fisher Dieskau, baryton allemand cité à la fin de l’œuvre de François Cheng pour ses interprétations de Beethoven... et pour sa fraîcheur d’âme ».

    L’âme est la vie. Ce livre aussi... « Un immense réservoir de gisements inexplorés ».

    http://squirelito.blogspot.fr/2017/04/une-noisette-un-livre-delame.html

  • Couverture du livre « De l'âme » de Francois Cheng aux éditions Albin Michel

    Maitre Hibou sur De l'âme de Francois Cheng

    Très beau livre, de beaux moments de poésie...
    un embellissement pour notre propre âme !!!
    A lire absolument, plaisir assuré....

    Très beau livre, de beaux moments de poésie...
    un embellissement pour notre propre âme !!!
    A lire absolument, plaisir assuré....

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