Erwan Larher

Erwan Larher

Né à Clermont-Ferrand, Erwan Larher, après avoir travaillé dans l'industrie musicale, a tout quitté pour se consacrer à sa vocation d'écrivain. Après Qu'avez-vous fait de moi ? et Autogénèse (Michalon, 2010, 2012), il a publié L'Abandon du mâle en milieu hostile et Entre toutes les femmes (Plon, ...

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Né à Clermont-Ferrand, Erwan Larher, après avoir travaillé dans l'industrie musicale, a tout quitté pour se consacrer à sa vocation d'écrivain. Après Qu'avez-vous fait de moi ? et Autogénèse (Michalon, 2010, 2012), il a publié L'Abandon du mâle en milieu hostile et Entre toutes les femmes (Plon, 2013, 2015). Largement salué par la critique, L'Abandon du mâle en milieu hostile a reçu les prix Claude-Chabrol et Louis-Barthou (de l'Académie française).

Son dernier roman « Le livre que je ne voulais pas écrire » vient de paraître.

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Avis (22)

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    0.25

    Jean-Paul Degache sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Il a fallu du temps et beaucoup d’insistance de la part de ses proches et de ses plus fidèles amis pour qu’Erwan Larher, romancier ayant publié déjà cinq ouvrages, se décide à écrire sur ce qu’il a vécu au Bataclan, ce 13 novembre 2015. Le titre choisi est sans équivoque : Le livre que je ne...
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    Il a fallu du temps et beaucoup d’insistance de la part de ses proches et de ses plus fidèles amis pour qu’Erwan Larher, romancier ayant publié déjà cinq ouvrages, se décide à écrire sur ce qu’il a vécu au Bataclan, ce 13 novembre 2015. Le titre choisi est sans équivoque : Le livre que je ne voulais pas écrire.

    C’est bien qu’il l’ait fait et je trouve qu’il apporte beaucoup après le texte publié par Antoine Leiris, Vous n’aurez pas ma haine, journaliste dont l’épouse avait été assassinée ce soir-là.
    Les hésitations d’Erwan Larher sont palpables dès les premières pages. Il parle d’abord de son amour pour le rock puis donne la parole à un ami, ou un proche pour « Vu du dehors », interventions qui jalonnent le récit, avant de parler du groupe qui jouait ce soir-là : Eagles of Death Metal (EODM).
    C’est une amie, Poopy, qui lui avait fait découvrir le groupe lors de Rock en Seine 2009. Lorsqu’il apprend qu’EODM repasse par Paris, il achète sa place sans hésiter. Il invite même trois amis à se joindre à lui mais ils ne sont pas libres ce soir-là.
    Il laisse volontairement passer la première partie pour venir s’installer, dans la salle, à droite de la console entourée de barrières métalliques : « À partir de là, commence une histoire que je ne voulais pas raconter. »
    Erwan Larher le reconnaît : «Pas une victime comme les autres dans un monde qui s’y entend pourtant à les engendrer… » S’il se décide enfin, ce n’est ni un récit, ni un témoignage car « Réalisme et véracité ne sont que cousins éloignés ». Il a enfin laissé parler ses sentiments, son ressenti, ajoutant : « Vous n’en saurez jamais rien des HURLEMENTS, quelle que soit la plume. »
    Il réussit même à se mettre dans la tête d’un des terroristes qui va « tuer au nom d’un dieu qui jusqu’ici n’a pas fait grand-chose » pour lui. Avec beaucoup de sensibilité, de réalisme, il parle de leur vie sans jamais excuser leurs crimes.
    Cette balle qui traverse son corps, épargne sa vie mais va causer des mois de souffrance : « Blessé, pas paralysé. Tu éprouves du soulagement. Du soulagement, c’est absurde. » Recroquevillé contre une barrière, il pense à Sigolène, dans les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 et qui a écrit « Le Caillou ». Il se répète sans cesse : « Je suis Sigolène, je suis un caillou. »
    Lorsqu’un des assassins crie : « Vous direz à François Hollande que c’est pour venger nos frères tombés en Syrie. », il ajoute : « Je n’ai jamais rien entendu de plus tragique. » Le silence se fait enfin. Il est dans un état second : « Pas grave, on est sauvés. En fait, c’est le début de ton calvaire. »
    On le sort sans ménagement après une longue attente : « Tu lâches prise, couché à même le sol, ciel d’encre au-dessus, grelottant, vidé de tes forces, exsangue, gelé, incapable de parler. Résigné. »
    Erwan Larher n’oublie pas l’humanité de ce jeune pompier qui vient le réconforter, les autres victimes, ceux qui souffrent plus encore et salue le dévouement du personnel hospitalier.
    Jusqu’au bout, ce livre est prenant, émouvant, instructif aussi, très utile par les temps que nous vivons : « La littérature n’arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari. »

    Un grand MERCI à Dominique qui, à Manosque, nous a parlé, pour la première fois, de ce livre si important.

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    0.2

    Julien Rampin sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Erwan Larher est écrivain.

    Erwan Larher était au Bataclan en ce 13 novembre 2015.

    Deux faits n'ayant rien à voir l'un avec l'autre.

    Et pourtant, c'est parce qu'il est écrivain qu'il devra écrire ce livre.

    Un ouvrage bouleversant. Evidemment pour les faits qu'il raconte mais surtout...
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    Erwan Larher est écrivain.

    Erwan Larher était au Bataclan en ce 13 novembre 2015.

    Deux faits n'ayant rien à voir l'un avec l'autre.

    Et pourtant, c'est parce qu'il est écrivain qu'il devra écrire ce livre.

    Un ouvrage bouleversant. Evidemment pour les faits qu'il raconte mais surtout dans la manière dont il raconte. Sans pathos. Sans clichés. Sans tous ces hors propos nauséabonds qu'on a souvent dû subir dans les journaux, les médias, les profils Facebook, juste après les attentats de Paris. C'est un témoignage, personnel et universel. C'est un baume. Qui n'explique pas l'inacceptable. Qui ne donne pas dans la récupération. Dans le message militant ou dans le sensationnel. Mais c'est l'histoire d'un type plutôt sympa au mauvais endroit au mauvais moment. Et des conséquences que ça aura. Pour lui. Pour ceux qui l'aiment. Pour les gens en général.

    C'est un hommage aux soignants, dans les hôpitaux qui ont, qui font tant.

    C'est un livre qui restera.

    Le livre que personne ne devrait avoir à lire mais que tout le monde se doit de lire.

    Pour se souvenir qu'un soir, tout peut basculer …

  • Couverture du livre « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher aux éditions Quidam

    0.25

    Fabienne DEFOSSE sur Le livre que je ne voulais pas écrire de Erwan Larher

    Voici deux ans que l'indicible s'est produit. Comment l'oublier ? Cet évènement nous a tous bouleversés. Il y ceux qui l'ont vécu de l'intérieur et les autres. Il y a ceux qui en ont écrit des livres et celui qui ne voulait surtout pas en écrire un. Pourtant lui est écrivain. Ecrivain et amateur...
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    Voici deux ans que l'indicible s'est produit. Comment l'oublier ? Cet évènement nous a tous bouleversés. Il y ceux qui l'ont vécu de l'intérieur et les autres. Il y a ceux qui en ont écrit des livres et celui qui ne voulait surtout pas en écrire un. Pourtant lui est écrivain. Ecrivain et amateur de Rock. Le 13 novembre 2015, il était au Bataclan. Il, c'est Erwan Larher. Le livre que je ne voulais pas écrire est le livre qu'il a fini par écrire après une discussion dans le TGV avec ses amis Alice Zeniter et Manuel Candré. Ce livre réunit histoire intime et drame collectif, ce n'est ni un roman, ni un témoignage, c'est juste un livre que l'on n'aurait jamais dû avoir à lire, mais puisqu'il existe maintenant, il doit être lu de tous.

    Le livre que je ne voulais pas écrire s'ouvre sur l'histoire d'un môme qui découvre la musique, celle qui sera un exécutoire pour l'enfant sage et obéissant qu'il est. Cette musique, c'est le Rock. C'est son amour pour cette musique qui le mènera à la violence. Non pas parce qu'elle l'aura rendu violent, mais parce qu'un soir, des années plus tard, ce môme qui a grandi se trouvera au mauvais endroit, au mauvais moment. Cette violence arrivera un 13 novembre 2015 à 21h40, ou 42, ou 47, difficile de se mettre d'accord. Ce môme est devenu romancier. Il invente des histoires, des intrigues, des personnages, et, il l'espère, une langue pour dire et questionner le monde, l'humain. Ce qui lui est arrivé est une tuile pour le romancier qui partage sa vie. De cette mésaventure, il ne voulait pas écrire de livre. Il ne voulait pas l'écrire parce que selon lui, ce soir-là, il n'a rien fait qui mérite d'être su, connu, médité, relayé ou commenté par ses semblables. Et puis, au cours d'une conversation le mot magique a été prononcé. Ce mot c'est "Partager".

    Pour mettre une certaine distance avec la terreur et le chaos intérieur qu'il a connus ce soir là, Erwan Larher a décidé de s'extraire de lui-même, d'utiliser l'autodérision et l'humour pour raconter l'irracontable. Cette approche fait de ce livre un OLNI, un objet littéraire comme le nomme son auteur. Le livre que je ne voulais pas écrire nous fait sortir des sentiers battus de la littérature. Oubliez les codes. Ce livre est polyphonique, alternant le "je", le "tu" et le "il", mêlant la voix de l'écrivain qui a vécu les évènements de l'intérieur à celle des amis, vu du dehors. Erwan Larher va même jusqu'à s'immiscer dans les pensées des assaillants. Les mots sont toujours justes, parfaitement choisis. L'auteur parvient à partager la peur, la souffrance, le chaos, les HURLEMENTS, sans jamais verser dans le pathos. Une vraie performance.

    Puis une fois secouru, vient le temps des soins, celui de la reconstruction et de la reconquête de son intimité. De l'intérieur à ce qu'il y a de plus intime, il n'y avait qu'une balle. Une balle reçue à bout portant dans les fesses. Cette balle a anéanti la virilité d'Erwan Larher. Avec beaucoup de pudeur et d'humour il partage son angoisse dans ce qu'il a de plus intime. Il en est terriblement touchant parce que face à la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, ceux qui ont perdu l'usage de leurs membres, la perte du sien, n'est rien et tellement à la fois. Ses réflexions, sa mise à nu sont subtilement dosées.

    L'écriture d'Erwan Larher et son approche font de cet objet littéraire un livre intelligent, fin. Tout n'est que respect pour les victimes, pour tous ceux qui sont intervenus sur les lieux, pour le personnel hospitalier à qui Erwan Larher rend un hommage vibrant. L'auteur échappe au piège du sensationnalisme et du pathos grâce à la sincérité, la sobriété et la subtilité de ses propos. Le livre que je ne voulais pas écrire prend le contrepied de ce qu'il aurait pu être. Il parle moins de mort et de haine que de vie et d’amour, moins de barbarie que d’humanité, il prive les terroristes de leur victoire.

    Le livre que je ne voulais pas écrire est l'un des cinq finalistes du Prix Hors Concours, dont j'ai intégré l'Académie des lecteurs. Je ne surprendrais personne en révélant avoir voté pour cet objet littéraire parfaitement identifié. Il est pour moi une bien belle révélation de cette dernière rentrée littéraire. J'espère qu'il sera primé lundi prochain...

    https://the-fab-blog.blogspot.fr/2017/11/mon-avis-sur-le-livre-que-je-ne-voulais.html

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